en lignes:
«Une perversion de
l'information»
Directeur de recherche au CNRS, Dominique Wolton s'insurge contre la marchandisation de
l'information.
Par Christophe
ALIX jeudi 04 août 2005 (Liberation.fr - 17:48)
Que vous inspire cette communication made in Orange?
D'abord c'est un contre-sens complet de faire payer une information comme cela. Les choses se disent
gratuitement, pour tous, pas en exclusivité à un un opérateur de télécommunications. Deuxième information, annoncer son retour sur un site Internet n'est pas plus démocratique, tout le
monde n'y a pas accès.
Les opérateurs mobiles peuvent-ils devenir des sources d'informations?
Orange n'est pas un média, pas un opérateur de presse, ni l'AFP. Ce genre de choses relève d'une perversion de l'information et est une grave entorse à la déontologique classique de la
presse. Cet exemple de débordement de l'information par le marché est révélateur d'un phénénomène qui s'accentue de plus en plus. Après Orange, pourquoi pas demain un média Areva ou
Total, première entreprise de France?
Comment remettre en cause cette évolution?
Il faudrait mettre au point une sorte de convention internationale de même nature que celle sur les prisonniers de guerre qui serait signée par les grands acteurs de la presse, les Etats
et les organisations internationales comme l'ONU ou l'Unesco, etc. Cela ne résoudrait pas tout, loin de là, mais cela contribuerait au moins à fixer un cadre général pour tous et à poser
des garde-fous. Le diamant pour tous aujourd'hui, c'est l'information mais il faut le protéger. Tout n'est pas une marchandise.
depeche (agence fourchet pierre) 28/09/2005 4:00
suite a des coupes budgetaires operees a l’irresponsabilite des bienheureux, la choativite du blog va etre endommagee et surtout sa maintenance releguee a des heures tardives le week end
ou aleatoirement et parcimonieusement en semaine. je vous prie de pardonner. cela permettra sans doute aux integristes de ne plus se formaliser sur le caractere archiviste de
celui-ci...
Réseau terroriste ch. webmaster: Al-Qaeda recruterait dans les domaines de la production vidéo, de
l'édition, et de la couverture éditoriale.
Par
LB jeudi 06 octobre 2005 (Liberation.fr - 17:19)
l'annonce a été mise en ligne sur le site Internet du Asharq al-Awsat, un journal islamique basé à Londres: Al-Qaeda a "des besoins en personnel"
dans les domaines de la production vidéo, de l'édition, et de la couverture éditoriale pour se faire l'écho de l'action des
"militants" en Irak, dans les Territoires palestiniens, en Tchétchénie et dans d'autres zones où elle est active. Selon l'agence Reuters qui rapporte jeudi l'information, le journal précise
que le "Global Islamic
Media Front", une "agence de communication en ligne liée à Al-Qaeda", contactera les personnes intéressées
par email. Mais l'article ne précise pas
comment manifester
son intérêt pour cette proposition. Il n'est pas non plus fait mention du montants des indemnités envisagées pour la fonction.
L'annonce, qui peut aussi se révéler être un canular, ne se retrouve pour l'instant sur aucun des autres sites liés à Al-Qaeda ou à des groupes affiliés. Mais le "Global Islamic Media
Front" semble très actif actuellement. Selon l'AFP, il vient ainsi de lancer sur l'Internet un bulletin vidéo d'informations hebdomadaire sur leurs "exploits" et les "atrocités" commises,
selon eux, par leurs ennemis. Cette même "enseigne" avait produit "Top Ten", un film diffusé en août portant sur une sélection de dix attaques anti-américaines en Irak.
Poste un peu trop restante (Reuters) - Vendredi
14 juillet 2006 - 11:01
La police a découvert dans la cave d'un postier berlinois de 36 ans 90 cartons remplis de milliers de lettres non distribuées dont certaines
remontaient au mois d'avril, rapporte vendredi le journal Bild.
Le postier s'est défendu en arguant qu'il était débordé par le volume de courrier qui lui était confié par la Poste et qu'il avait stocké chez lui toutes ces lettres en attendant de les
distribuer plus tard avec des amis.
Il
sera poursuivi pour violation de correspondance.
Libération ne
peut être tenu responsable du contenu de ces liens.
alors, vous essayez durant les premieres heures de garde a vue de solidariser l’etude d’une
gouvernance de la
necessite.a seule ame male est comme,
j'ai ete contacte a plusieurs reprises pour
chanter dans des restaurants.
merci.
Un siècle dit éclairé
Le titre même de ce cours annonce son contenu : le XVIIIème fut le siècle des «lumières» , métaphore dont Michel Onfray nous brosse l’origine, ce fut aussi un siècle d’obscurantisme, durant lequel se multiplient sectes, théories sans fondements, escrocs philosophiques, anti-philosophes… Les «lumières» officielles ont leurs limites: tâches d’ombre chez Voltaire, Diderot, Kant, Rousseau restés très conservateurs par certains cotés. A coté, on trouve les «ultras des lumières» qui s’autorisent à tout critiquer : Meslier,
Rousseau, Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, Folio.
Kant, La philosophie de l'histoire, Médiations
Kant, Doctrine du droit, Vrin
Foucault, Qu'est-ce que les Lumières?, Bréal
Didier Masseau, Les ennemis des philosophes. L'antiphilosophie au temps des Lumières, Albin Michel.
Robert Darnton, La fin des Lumières. Le mesmérisme et la révolution, Odile Jacob.
Louis Sala-Molins, Les misères des Lumières. Sous la raison, l'outrage, Robert Laffont
Les ultras des Lumières
Cela ne constitue pas une part avouée des «lumières» officielles. On trouve des salons cachés, des manuscrits clandestins, car on n’écrit pas librement sur la religion ou la monarchie ainsi apparaît une critique plus libre du catholicisme et le déisme. Les ultras font un siècle plus radical: athéisme, matérialisme, hédonisme révolutionnaire, communisme.
Voltaire, Dictionnaire philosophique, Garnier Flammarion.
Morelly, Oeuvres philosophiques, Coda.
Olivier Bloch, Le matérialisme du XVIII° siècle et la littérature clandestine, Vrin.
Robert Darnton, Pour les Lumières. Défense, illustration, méthode, Presses Universitaires de Bordeaux.
Ginaluca Mori et Alain Mothu, Philosophes sans Dieu. Textes athées clandestins du XVIII° siècle, Honoré Champion.
Jonathan Israel, Les Lumières radicales. La philosophie de Spinoza et la naissance de la modernité (1650-1750), Ed. Amsterdam
Jean Meslier, curé athée
On commence ici une série de quatre leçons portant sur la personnalité et la philosophie de Jean Meslier (1664-1729), le précurseur des ultras, communiste révolutionnaire, philosophe au XVIIème siècle. Il est l’homme d’un seul ouvrage: le testament, dont Michel Onfray nous décrit ici l’architecture compliquée et les théories de base.
Romans grecs et latins, Pléiade.
A. Neyton, Les clés païennes du christianisme, Les Belles Lettres.
Patrick Graille et Mladen Kozul, Discours antireligieux français du XVIII° siècle, L'Harmattan.
Georges Minois, Histoire de l'athéisme, Fayard
Feu sur les christicoles!
« Il n’y a point de dieu » (II-150) serait le résumé le plus approprié de ce second séminaire à propos de Jean Meslier. S’en suit une déconstruction du christianisme commençant par ses textes sacrés : sources contradictoires non fiables, en continuant par les miracles, Jésus, les dogmes et la morale chrétienne.
Romans grecs et latins, Pléiade.
A. Neyton, Les clés païennes du christianisme, Les Belles Lettres.
Patrick Graille et Mladen Kozul, Discours antireligieux français du XVIII° siècle, L'Harmattan.
Georges Minois, Histoire de l'athéisme, Fayard
Questions du public (1/4)
Echanges entre Michel Onfray et le public de l'Université populaire.
Une ontologie matérialiste
On continue ici l’étude des thèses de Jean Meslier. Ainsi son « testament » fait un éloge de la pitié envers tout le monde vivant, homme et animal. Il n’y a qu’une différence de degré entre eux. Après une étude historique du matérialisme, il nous donne sa vision du monde : le réel, la nature, l’être, la matière. Michel Onfray conclut sur : l’âme matérielle, une éthique du bonheur, et une politique : le communisme.
Elisabeth de Fontenay, Le silence des bêtes, Fayard
Robert Darnton, Le grand massacre des chats, Robert Laffont
Peter Singer, Comment vivre avec les animaux?, Les empêcheurs de penser en rond
Peter Singer, La libération animale, Grasset
Luc Ferry, Le nouvel ordre écologique, Grasset
E. Hardouin-Fugier, E. Reus, D. Olivier, Luc Ferry ou le rétablissement de l'ordre, Tahin party
Malebranche, De la recherche de la vérité in Oeuvres, Pléiade, Gallimard
L'égalité des jouissances
Après une recherche des origines du mal, un constat des défaillances de la monarchie et de l’église, Jean Meslier en appelle à la révolution : résistance, action, construction d’un monde égalitaire, respectueux du droit naturel. Meslier meurt en 1729 ; trahit par Voltaire, Meslier est cependant lu par tout le 18ème siècle, son nom est gravé sur une obélisque en 1919 à Moscou.
La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Garnier Flammarion
Fénelon, Oeuvres, Pléiade
Thoreau, La désobéissance civile, Mille et une nuit
Pierre Bourdieu et as., La misère du monde, Seuil
La Mettrie alias Mr Machine
Julien Offray de
Pierre Lemée, Julien Offray de
Raymond Boissier,
Raymond Boissier, La politique du médecin de Machiavel. Un pamphlet médical au XVIIIème siècle, chez l'auteur
Nérée Quépat, Essai sur
Claude Morilhat,
Un matérialiste primesautier
Dans cette conférence, Michel Onfray expose l’œuvre proliférante de la mettrie. Il y relève des défauts, des contradictions, une grande diversité des registres, la dissimulation de ses thèses. Michel Onfray propose la réduction de l’œuvre de la mettrie à trois titres sûrs : « discours préliminaires » (1751), « l’Homme machine » (1747), et « l’anti-Sénèque ou le discours sur le bonheur» (1750). La mettrie passe pour athée, mais ce n’est pas si clair dans ses écrits (cf. les contradictions). Michel Onfray expose ensuite le matérialisme radical de
Jean Didier Vincent, Celui qui parlait presque, Odile Jacob
Jean Pierre Changeux et Paul Ricoeur, Ce qui nous fait penser. La nature et la règle, Odile Jacob
Friedrich Albert Lange, Histoire du matérialisme, Coda
Marc Silberstein, Guillaume Lecointre, Les matérialismes (et leur détracteurs), Syllepse
Catherine Malabou, Que faire de notre cerveau?, Bayard
Questions du public (2/4)
Echanges entre Michel Onfray et le public de l'Université populaire.
Le repos dans le crime
C'est à un exposé du matérialisme de
Il se pose comme le médecin qu'il est, il diagnostique, mais ne se pose pas comme maître à penser.
En présence de délinquant jouissant du mal, il l'invite au repos dans le crime. Il considère qu'une prévention est possible: éducation, pédagogie. Il vient à un idéal ascetique, il oppose aux stoïciens son épicurisme léger, son bon sens hédoniste:... vivre d'abord, philosopher ensuite.
Vladimir Jankélévitch, La mauvaise conscience, Aubier
Foucault, Surveiller et punir, Gallimard
Foucault, "Il faut défendre la société", Gallimard/Seuil
corpus revue Corpus, n° 5/6
Beccaria
Maupertuis le pittoresque
Le XVIIIème siècle fut marqué par l'importance, au niveau tant scientifique que philosophique, de la cour de Frédéric II de Prusse. Il fît venir La Mettrie, Voltaire, Helvetius, Maupertuis... Aujourd'hui, Michel Onfray nous expose la vie et l'oeuvre de ce dernier. C'est d'abord un scientifique: expédition polaire, principe de moindre action, génétique. Mais c'est également un philosophe: Essai de philosophie morale, De l'esprit, Système de la matière. C'est aussi un hédoniste.
Maupertuis est né à Saint Malo en 1698, il entre à 25 ans à l'Académie des sciences; Il découvre et introduit en France les travaux de Newton. Il met en place des expéditions scientifiques: polaire, au Pérou; Il en revient discrédité à cause de son libertinage. Il part à Berlin. Il Il continue à être l'objet de pamphlets; Il se querelle avec Descartes, les Cassini, puis Koenig et Voltaire, enfin avec D'Alembert. Il mourra à Saint Malo en 1759 où il se refugia en 1756.
Voltaire, Lettres philosophiques et Diatribe du Docteur Akakia, Pléiade.
Jean Orieux, Voltaire, Champs Flammarion
Elisabeth Badinter, Les passions intellectuelles, 2 tomes, Fayard
D'Alembert, Essai sur la société des gens de lettres, Internet
Michel Paty, D'Alembert, Belles Lettres
J. P. Maury, Newton, Découvertes Gallimard
Frédéric II, Les plus belles pages, Mercure de France
Un ultra dans la méthode
Michel Onfray nous rappelle donc que Maupertuis a écrit un Essai de philosophie morale, édité en 1749 en Allemand, puis en 1751 en français, suivi d'une édition avec réponse aux questions les plus fréquentes: Misanthropie, suicide, impiété, bigoterie, style sec... Cette oeuvre se plaît aux oxymores: christianisme hédonique, philosophe scientiste, utilitarisme altruiste, ... Le "calcul des plaisirs" est une idée du temps, c'est aussi d'après lui une idée de bon sens, et une idée du 17ème siècle: Descartes, Leibniz, Newton, Spinoza. Il définit ensuite une mathématique des plaisirs, qui permettrait de construire son plaisir, calculant en permanence, avec cependant un grand pessimisme. Il choisit l'hédonisme chrétien, qui donne des règles de conduite "utiles pour réaliser le bonheur ici bas", sans doute "cela même qui doit nous conduire au bonheur éternel".
Maupertuis, Essai de philosophie morale, éd. originale
Mochel Valentin, Maupertuis. Un savant oublié, La découvrance
Actes de la journée Maupertuis, Vrin
John Stuart Mill, L'utilitarisme. Essai sur Bentham, PUF Quadrige
Ruwen Ogien, Penser la pornographie, PUF
Helvétius, percepteur gauchiste
Helvétius, Le bonheur, éd. originale
Albert Keim, Helvétius, sa vie et son oeuvre, Alcan
Kh. Momdjian, La philosophie d'Helvétius, éd. de Moscou
Althusser, Helvétius révolutionnaire, "Anthologie sonore de la pensée française par les philosophes du XX° siècle", coffret de CD aux éditions Frémeaux & Associés
Questions du public (3/4)
Echanges entre Michel Onfray et le public de l'Université populaire.
Utilitariste anti-kantien
Dans cette conférence, Michel Onfray nous expose la philosophie d'Helvétius. Dans un premier, il nous le montre empiriste, sensualiste, hédoniste, utilitariste. Helvétius constate dans la nature humaine, le "désir de plaisir", l'amour de soi, le fait que chacun veut jouir et ne pas souffrir. Il "déconstruit" l'amour, l'amitié, l'amour des enfants, la charité, montrant que dans ces sentiments, l'homme agit par intérêt. Dans un second temps, c'est la querelle Helvétius/Kant qui préoccupe Michel Onfray: ils s'opposent sur presque tout. Enfin Helvétius est un utilitariste qu'on peut opposer à la déontologie kantienne.
La religion d'un mécréant
Ce sont les convictions religieuses d'Helvétius qui nous sont exposées ici. Helvétius oppose vraie et fausse religion. Sa critique porte sur le clergé, les moines, le pape, les jésuites, les jansénistes, l'histoire catholique. Il fait l'éloge de la douceur évangélique.
Il dit sa préférence pour le protestantisme: moins coûteux, moins de bobards, moins de politiques déplorables. Il est pour une religion "civique', qui prône le bien public, la tolérance, la paix, le refus de la pauvreté, le savoir. Tout ce qu'il ne trouve pas dans le catholicisme. Il propose de couper les crédits de l'église pour les redistribuer aux pauvres. Il veut lutter contre tout despotisme. C'est un réformiste cependant et non un révolutionnaire. Ce n'est pas un communiste: il propose l'accès à la propriété pour chacun, la journée de 7/8 heures, alléger les impôts. C'est un franc-maçon, qui croit en l'éducation.
Helvétius meurt en 1771, détesté par beaucoup.
D'Holbach, l'ogre philosophique
Comme de coutume, Michel Onfray nous présente d'abord la biographie de D'Holbach. Né en 1723, mort en 1789, c'est un athée mais vertueux: il est pour le mariage, contre l'adultère, contre le mariage précoce, contre le célibat, contre les grandes disparités sociales, pour la simplification du divorce, pour le mariage des prêtres... Il a travaillé 15 ans avec Diderot à l'encyclopédie, fait et édité des traductions, des ouvrages scientifiques et philosophiques. Il a participé à maints salons et écrit sous pseudonyme. C'est Naigeon, 20 après sa mort, qui revèle ses écrits. C'est une quintessence de la philosophie des lumières, il y déconstruit le christiannisme, y affirme un matérialisme athée, et décrit une politique utilitaire qui veut le bonheur de tous. Il écrit 6500pages de 1761 à 1776. Cette oeuvre a fait l'objet de pamphlets, d'opposition du clergé et de Voltaire.
Déconstruire le christianisme
Cette deuxième conférence à propos de D'Holbach explicite l'un des points importants de sa théorie: il prend point par point le christianisme et le contre: les chrétiens sont des ignorants, la religion est une tradition, les écritures sont un conte pour les simples. S'en suivent les "démontages" de différentes croyances: Dieu, Jésus, les révélations, les miracles, les sacrements, Histoire de l'Eglise, haine du corps, du monde. D'Holbach prône le matérialisme: connaître les lois de la nature permet de faire reculer la religion. L'ame est matérielle, elle est affectée par les désordres du corps, le cerveau est le siège des sentiments.Les lois de la nature nous font agir par nécéssité, les causes ne sont pas forcémént connues. Est-il donc possible d'agir sur ce monde de pure nécéssité?
D'Holbach, Oeuvres complètes, 4 vol, Coda et Alive
Schopenhauer, Essai sur le libre arbitre, éd. D'aujourd'hui
Stéphane Ferret, Le philosophe et son scalpel. Le problème de l'identité personnelle, éd. de Minuit
Stéphane Ferret, Le bateau de Thésée. Le problème de l'identité à travers le temps, éd. de Minuit
John Searle, Le mystère de la conscience, Odile Jacob
L'identité, Textes choisis et présentés par Stéphane Ferret, Garnier Flammarion
Questions du public (4/4)
Echanges entre Michel Onfray et le public de l'Université populaire.
L'eudémonisme social
Cette conférence explicite toujours l'oeuvre de D'Holbach. Michel Onfray rappelle d'abord le principe que le bien du plus grand nombre est supérieur à celui de quelques uns, justifiant ainsi toute "punition", malgré les actions des humains conduites par la nécéssité et non la volonté propre. L'aporie: "nécéssité" et "liberté" se résoud alors: on peut rendre moins nécéssaire le nécéssaire et lutter contre le déterminisme, par l'éducation, la politique. Michel Onfray nous expose les principes d' éthocratie de D'Holbach: les bonnes lois, les devoirs du roi, les vertus sociales, la justice, la tolérance. Il nous signale enfin la rareté de l'athéisme.
D'Holbach, Ethocratie, Georg Olms
Robert Mauzi, L'idée du bonheur dans la littérature et la pensée au XVIII° siècle, Slatkine
Ernst Cassirer, La philosophie des lumières, Fayard
Beccaria, Des délits et des peines, Garnier Flammarion
Sade, le philosophe féodal
Sade est né le 2 Juin 1740 dans la haute noblesse, son père a été arrêté pour drague homo, il a fait ses études chez les jésuites à Louis le Grand. Il a été militaire. Il s'est marié, a eut deux fils et une fille, il a trompé sa femme très souvent. Il pratique un double langage: il réprouve l'homosexualité, la prostitution, mais enlève des femmes, les blesse, les viole. Il se dit monarchiste, mais écrit " Français, encore un effort pour être républicains...", il défend cependant les aristocrates. C'est un grand délinquant sexuel, mais son opportunisme le protège des sanctions. Il devient une légende, on invente le mot sadisme. Il a été entouré, approuvé, critiqué. On oublie ses forfaits: il a probablement tué. La déconsidération des pauvres, prostituées,chômeuses, ouvrières, celle aussi des victimes sont courantes à cette époque. Sade affirme que les juges et les victimes sont de mauvaise foi, que les femmes sont consentantes. Il y a une inversion des valeurs: Sade devient une victime!
Gilbert Lély, Vie du marquis de Sade, Pauvert
Jean Jacques Pauvert, Sade vivant (3 vol), Robert Laffont
Françoise Laugaa-Traut, Lectures de Sade, Armand Colin
Bataille, La littérature et le mal, Folio
Foucault, Histoire de la folie, Tel Gallimard
Deleuze, Présentation de Sacher Masoch, Minuit
François Dosse, Histoire du structuralisme, Biblio Essais
Kraftt-Ebing, Psychopathia sexualis, Payot
Barthes, Sade, Fourier, Loyola, Seuil
Svein Eirik Fauskevag, Sade dans le surréalisme, Privat
Fatalité, inégalité, cruauté
Ici Michel Onfray nous entretient de Sade, philosophe. On retrouve le double langage de Sade: il intercale scènes sexuelles et philosophie. Il emprunte aux autres: matérialisme, critique de Dieu chez Montesquieu, Rousseau. Il récuse les matérialistes tels Helvétius, D'Holbach. Mais il a aussi un accept spécifique: il est ennemi des lois, il pratique le culte de l'individu fort et la cruauté. Michel Onfray parle d'un "La Mettrie satanique", il en relève les points communs et les divergences. Sade est adepte de la violence et pense que l'être humain n'existe que pour lui même et qu'une partie du monde existe pour subir la loi de l'autre. Sade, dans La nouvelle Justine, célèbre la monarchie, christianisme, justifie la dictature de l'aristocratie sur la populace, il nous indique la recette pour parvenir à sa révolution.
Sade, La philosophie dans le boudoir, Folio
Chantal Thomas, Sade, Seuil
Pierre Klossowski, Sade mon prochain, Seuil
Annie Le Brun, Sade, aller et détours, Plon
Annie Le Brun, Soudain, un bloc d'abîme, Sade, Pauvert
Sollers, Sade contre l'être suprême, Gallimard
Jean Jacques Brochier, Le marquis de Sade et la conquête de l'unique, Losfeld
120 journées fascistes
La formule "Liberté, Egalité, Fraternité" est remplacée par Sade par "Fatalité, Inégalité, Cruauté". Sade écrit Les 120 Journées de Sodome montrant sa féodalité.
Ce texte inachevé est un texte fasciste; évidemment rempli de sexe, sous toutes ses formes. L' hédonisme féodal est celui d'une impulsion de mort, on retrouve le matérialisme, il délire 400pages, certaines de ses suggestions seront prises par la Gestapo, les états totalitaires, les milices. En fin de compte, on garde une leçon: un fascisme est une crainte d'impuissance; une promesse: connaître cette thèse du féodalisme historique permet de la combattre; improgrès: le sexe entre dans la philosophie; sa philosophie est sapée par 1789.
Sade, Oeuvres, Pléiade
Beauvoir, Faut-il brûler Sade?
Svein-Erik Fauskeväg, Sade ou la tentation totalitaire, Honoré Champion
Camus, L'homme révolté, Gallimard
Horkheimer-Adorno, Dialectique de la raison, Tel Gallimard
Arendt, Les origines du totalitarisme, Gallimard
Sartre, L'être et le néant, Gallimard
Giorgio Agamben, Moyens sans fins, Rivages
Giorgio Agamben, État d'exception, Seuil
Les deux révolutions françaises
Aucun Ultra n'a connu la Révolution Française, sauf Sade. Robespierre, bourgeois libéral, défend l'idée de l'être suprême et déclare les athées sans foi ni loi. Le peuple a fait les frais de cette révolution et la bourgeoisie remplace la noblesse aux affaires. Il existe deux lignes de force radicale. Dans la première, Robespierre fait triompher les idées de Voltaire. Dans la seconde ligne de force radicale (ou ultra), ce sont les idées de Meslier qui sont suivies, elles menent à un essai de dechristianisation. Ces essais sont arretés par Robespierre. Après la Révolution Française, les vainqueurs libéraux et bourgeois célèbrent Voltaire. L'Université Napoléonnienne libère des pensées de 1789. Se met en place la philosophie des "professeurs", avec une fasciation pour l'idéalisme allemand, horizon indépassable de la philosophie officielle, il y a des descendants de l'utilitarisme français, en Angleterre et aux Etats-Unis: Godwin, Bentham, Mill, Sidgwick, Thoreau, Emerson... Pour l'année prochaine...
Patrick Kessel, Les gauchistes de 89, 10/18
Maurice Dommanget, Babeuf et la conjuration des égaux, Spartacus
Maurice Dommanget, 1793 Les enragés contre la vie chère et Les curés rouges, Spartacus
Serge Bianchi, La révolution culturelle de l'an II, Aubier
Daniel Guérin, Bourgeois et bras nus, Idées Gallimard
Patrice Vermeren, Victor Cousin. Le jeu de la philosophie et de l'Etat, L'Harmattan
Pierre F. Daled, Le matérialisme occulté et la genèse du "sensualisme", Vrin
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