decrire

"L’unité du monde apparaît dans l’unité des conditions oppressives d’aujourd’hui: sa crise est également unitaire. Partout cette unité fondamentale de l’aliénation se traduit en ségrégations, en divisions, en incohérences, en contrôles tâtillons (le contrôle de l’art rejoint nécessairement le contrôle général du pouvoir, à mesure que les idéologies en même temps s’affaiblissent et, par doses toujours plus massives, doivent "programmer" chaque détail de la vie). [...] Notre jugement est désabusé parce qu’il est historique. Tout emploi, pour nous, des modes de communication permis, doit donc être et ne pas être le refus de cette communication: une communication contenant son refus ; un refus contenant la communication, c’est-à-dire le renversement de ce refus en projet positif. Tout cela doit mener quelque part. La communication va maintenant contenir sa propre critique. [...] S’il faut faire face, avec des "modèles", aux "modèles" qui sont aujourd’hui les points de convergence de la pensée technocratique (que ce soit la concurrence totale ou la planification totale) notre "modèle" est la communication totale. Que l’on ne nous parle plus d’utopie. Il faut reconnaître là une hypothèse qui, évidemment, n’est jamais réalisée exactement dans le réel, pas plus que les autres. Mais nous tenons nous-mêmes son facteur complémentaire avec la théorie du potlatch comme expression irréversible. [...] En fait, la racine du manque d’imagination régnant ne peut se comprendre si l’on n’accède pas à l’imagination du manque; c’est-à-dire à concevoir ce qui est absent, interdit, caché, et pourtant possible, dans la vie moderne."
guy debord.
en lignes:
Panorama intelligent de l’avant-garde à la fin de 1955
Pourquoi le lettrisme? 1955
Introduction à une critique de la géographie urbaine 1955
Projets d’embellissements rationnels de la ville de Paris 1955
la theorie de la derive 1956
Theses sur la revolution culturelle 1958
Sur l’emploi du temps libre 1960
Le Questionnaire de l’I.S. 1964
La société du spectacle 1967
Bibliographie sur le situationnisme
guy debord cineaste, le site

[the morning jacket, z, WORDLESS CHORUS] SO MUCH GOIN ON THESE DAYS - FORGET ABOUT INSTINCT - IT'S NOT WHAT PAYS. PLEASURE - UP AND DOWN MY SMILE: 1. A CARTON OF EGGS THINK. 2. IT'S ALL WORTHWHILE. TELL ME SPIRIT - WHAT HAS NOT BEEN DONE? I'LL RUSH OUT AND DO IT. OR ARE WE DOIN IT NOW? WORDLESSCHORUS. FISSURE IS THE THRILL OF THE DAY - FORGET ABOUT FEELING - THAT'S NOT WHAT PAYS. BUT YOU KNOW - ALL OF THIS CAN CHANGE. REMEMBER THE PROMISE AS A KID YOU MADE. WORDLESSCHORUS. WE ARE THE INNOVATORS. THEY ARE THE IMITATORS. COME ON - HEY DON'T YOU KNOW HOW WE STARTED... WE FORGOT ABOUT LOVE - BUT WEREN'T BROKENHEARTED. WORDLESSCHORUS. Soeurs d'espérance//Par Paul Eluard/////Soeurs d'espérance ô femmes courageuses/Contre la mort vous avez fait un pacte/Celui d'unir les vertus de l'amour//O mes soeurs survivantes/Vous jouez votre vie/Pour que la vie triomphe//Le jour est proche ô mes soeurs de grandeur/Où nous rirons des mots guerre et misère/Rien ne tiendra de ce qui fut douleur//Chaque visage aura droit aux caresses.////- France, 1948 -//Ce poème provient du recueil intitulé

 



ecoutez jean-paul belmondo par the temporary thing (andrew gleason)
"total, une histoire d'amour..." in pierrot le fou.

«Une perversion de l'information»
Directeur de recherche au CNRS, Dominique Wolton s'insurge contre la marchandisation de l'information.
Par Christophe ALIX jeudi 04 août 2005 (Liberation.fr - 17:48)

Que vous inspire cette communication made in Orange?
D'abord c'est un contre-sens complet de faire payer une information comme cela. Les choses se disent gratuitement, pour tous, pas en exclusivité à un un opérateur de télécommunications. Deuxième information, annoncer son retour sur un site Internet n'est pas plus démocratique, tout le monde n'y a pas accès.
Les opérateurs mobiles peuvent-ils devenir des sources d'informations?
Orange n'est pas un média, pas un opérateur de presse, ni l'AFP. Ce genre de choses relève d'une perversion de l'information et est une grave entorse à la déontologique classique de la presse. Cet exemple de débordement de l'information par le marché est révélateur d'un phénénomène qui s'accentue de plus en plus. Après Orange, pourquoi pas demain un média Areva ou Total, première entreprise de France?
Sport, les médias sont-ils les maîtres du jeu? Avec Frédéric Bolotny. Comment remettre en cause cette évolution?
Il faudrait mettre au point une sorte de convention internationale de même nature que celle sur les prisonniers de guerre qui serait signée par les grands acteurs de la presse, les Etats et les organisations internationales comme l'ONU ou l'Unesco, etc. Cela ne résoudrait pas tout, loin de là, mais cela contribuerait au moins à fixer un cadre général pour tous et à poser des garde-fous. Le diamant pour tous aujourd'hui, c'est l'information mais il faut le protéger. Tout n'est pas une marchandise.


depeche (agence fourchet pierre) 28/09/2005 4:00
suite a des coupes budgetaires operees a l’irresponsabilite des bienheureux, la choativite du blog va etre endommagee et surtout sa maintenance releguee a des heures tardives le week end ou aleatoirement et parcimonieusement en semaine. je vous prie de pardonner. cela permettra sans doute aux integristes de ne plus se formaliser sur le caractere archiviste de celui-ci...

ce tableau est a vendre, veuillez me contacter si vous etes interesses Réseau terroriste ch. webmaster: Al-Qaeda recruterait dans les domaines de la production vidéo, de l'édition, et de la couverture éditoriale.
Par LB jeudi 06 octobre 2005 (Liberation.fr - 17:19)

l'annonce a été mise en ligne sur le site Internet du Asharq al-Awsat, un journal islamique basé à Londres: Al-Qaeda a "des besoins en personnel" dans les domaines de la production vidéo, de l'édition, et de la couverture éditoriale pour se faire l'écho de l'action des "militants" en Irak, dans les Territoires palestiniens, en Tchétchénie et dans d'autres zones où elle est active. Selon l'agence Reuters qui rapporte jeudi l'information, le journal précise que le "Global Islamic Media Front", une "agence de communication en ligne liée à Al-Qaeda", contactera les personnes intéressées par email. Mais l'article ne précise pas yemen210906.jpg comment manifester son intérêt pour cette proposition. Il n'est pas non plus fait mention du montants des indemnités envisagées pour la fonction.
L'annonce, qui peut aussi se révéler être un canular, ne se retrouve pour l'instant sur aucun des autres sites liés à Al-Qaeda ou à des groupes affiliés. Mais le "Global Islamic Media Front" semble très actif actuellement. Selon l'AFP, il vient ainsi de lancer sur l'Internet un bulletin vidéo d'informations hebdomadaire sur leurs "exploits" et les "atrocités" commises, selon eux, par leurs ennemis. Cette même "enseigne" avait produit "Top Ten", un film diffusé en août portant sur une sélection de dix attaques
anti-américaines en Irak.

Poste un peu trop restante (Reuters) - Vendredi 14 juillet 2006 - 11:01 Chaire de l'IMA : Al-Andalus, ou l'invention d'une Europe différente//L'Abencérage et la belle Jarifa : un couple maure à la conquête de l'imaginaire européen//Une conférence donnée par André Stoll, professeur de littératures et cultures romanes à l'Université de Bielefeld. Egalement directeur d'études à l'E.H.E.S.S. et visiting scholar à Harvard, André Stoll étudie les liens qui se sont tissés entre l'Europe et l'Orient, du XVe au XXe siècle, et effectue des recherches dans le domaine de la diversité culturelle, littéraire et artistique dans la France, l'Italie et le monde hispanique. Il a notamment écrit Averroes dialogado (Kassel, 1998) et La Creatividad femenina en el mundo barroco hispánico (Kassel, 1999).
 La police a découvert dans la cave d'un postier berlinois de 36 ans 90 cartons remplis de milliers de lettres non distribuées dont certaines remontaient au mois d'avril, rapporte vendredi le journal Bild.
Le postier s'est défendu en arguant qu'il était débordé par le volume de courrier qui lui était confié par la Poste et qu'il avait stocké chez lui toutes ces lettres en attendant de les distribuer plus tard avec des amis.
Il sera poursuivi pour violation de correspondance.




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sondage, commentaires et vote
!!!!acces a internet pour les prisonniers!!!!
«On le sait mais on ne voit jamais de photos»
«Ceci n’est pas une prison», mais un centre de rétention d'étrangers sans papiers. Visite de l'expo avec Olivier Aubert, reporter et photojournaliste. (Par Alexandra Bogaert et Hervé Marchon).

Libération ne peut être tenu responsable du contenu de ces liens.
nous sommes pris de torpeur et de honte au sort des skwateurs de paris, nous sommes aussi sous le coup d’une deferlante de mauvaises raisons au sujet des delocalises, immigrants, pauvres, ou bien encore entreprises toujours plus a la recherche de profits gagnes sur le prix du travail, aujourd’hui je m’interroge moi aussi, egoistement comme victime car voila, je me demande surtout a propos de ce droit, de mon droit a se plaindre.
c’est une histoire assez simple: vous tombez par hasard sur une annonce, vous cherchez un logement, et l’annonce d’un promoteur, appelons-le surouj, vous propose un apartement de 50 mo, gratuit, disponibilite immediate, avec juste le probleme d’avoir pour seule fenetre un miroir. les services sont bons, gardiennage, laverie, assistance et meubles, il y a meme l’eau chaude (et le compteur est hors d’usage), vous etes pres de vos activites regulieres, le supermarche est un peu loin mais avec les transports… vous emmenagez, et puis vous decidez de changer un peu la deco, vous dechirez les vieux papiers peints,
le bois du sol grince, vous l’arrachez, et la, dessous, surprise, vous decouvrez: des braises encore fumantes, non; une centrale nucleaire, non; une maison close, oui juste une maison close mais des lors il vous vient a l’idee de justement ne plus pouvoir avoir d’idee sans sentir venir s’y glisser une d’abord douce et delectable, puis frustre et detestable piraterie du bonheur.
je trouve un joli message avertisseur sur un de mes sites familiers, et je continue a m’interroger, moi, sur cet appartement, les murs, en grattant l’enduit deja surement saturnien, se sont reveles etre une (pardonnez le cliché) toile d’araignee, et les chambres a cote sont a votre vue comme d’avoir seulement a ouvrir les yeux. puis la fatigue, les cris aidant, meme vos reves, votre sommeil sont investis d’images (pardonnez l’onomatopee) obscenes. vous hesitez encore, poliment, ne sachant pas si tous les voisinages se ressemblent, si le promoteur est aussi proprietaire de celui-ci, si il ne sert pas de bouc emissaire, a juste cacher cette activite generalisee maintenant a ces yeux; mais si c’est deja trop, il vous vient l’envie, après le degout plusieurs fois reveille par l’etrangete de votre propre volonte (sic), de poser une bombe, de tout sacrifier au nom du capital, de departiciper le ridicule d’etre consommateur et habitant du village. mais vous savez etre responsable, vous nier la colere comme votre jouissance. pourtant la police des opinions vient faire une descente chez vous, vous la prenez pour la brigade des moeurs, elle vous passe les menotes, une cagoule dedigitaliseuse sur la tete et vous (r)enmene au poste, vous avez pourtant besoin d’un long sejour naturaliste en plein desert.
alors…

le tribunal revolu'ionnaire de la semaine: avec Jean-marie Colombani...
alors, vous essayez durant les premieres heures de garde a vue de solidariser l’etude d’une gouvernance de la necessite.
mer si.

 
appel d'offre

  a seule ame male est comme,

j'ai ete contacte a plusieurs reprises pour chanter dans des restaurants.
je ne dispose d'aucune piste ici, ni meme de cd ou de mp3.
je vous demande de l'aide:
je vous prie s'il vous plait de consulter la playlist et de me meler les fichiers mp3 des morceaux concernes.

merci.

besmillah.
mohammed ibrahim noor,
pierre.
Vendredi 7 décembre 2007

La concurrence à distance entre deux logiques d’action jihadistes différentes pour la captation des cœurs et des esprits de l’Umma (1)
Par Rayan Haddad, Cultures & Conflits n°66 (été 2007), pp. 157-177

La guerre de l’été 2006 et la « victoire divine » du Hezbollah… sur Al Qaïda
« Ce qui impose aux peuples palestinien et libanais la voie de la résistance armée est la position israélienne qui ne donne rien sans qu’elle n’y soit contrainte par la force. La question des prisonniers libérés en est une illustration. […] Le peuple palestinien exerce son droit à la résistance et nous pensons que le Liban ne peut pas rester les bras croisés ». Entretien avec Sayyed Nawaf al Moussawi, chargé des relations internationales au sein du Hezbollah, mars 2004.
Après la capture de deux soldats israéliens le 12 juillet 2006 par un commando du Hezbollah infiltré en Israël (et la mort de huit autres tentant une incursion en territoire libanais pour les récupérer), le parti s’attendait à une confrontation qui suivrait les règles implicites respectées jusqu’alors : une vive réplique israélienne suivie de longues négociations (à travers une tierce partie) pour l’échange des prisonniers (Tel Aviv détenant encore trois ressortissants libanais dans ses geôles). Tel ne fut pas le cas. L’envergure de la réaction israélienne prit clairement de court les responsables du Hezbollah
70. Bien qu’il se soit gardé de faire publiquement le lien entre son opération et l’escalade israélienne dans la bande de Gaza à la suite de la capture par le Hamas d’un caporal israélien le 25 juin 71, il semble clair que son entreprise s’inscrivait dans un cadre régionaliste et non seulement nationaliste. Dans ce cadre, et contrairement à une idée reçue, l’intervention du parti n’était pas uniquement destinée à soutenir son « allié » islamiste, mais à s’assurer aussi du report de tout accord (indirect) entre le mouvement palestinien et Israël alors que des signes de progrès étaient perceptibles à ce niveau 72. La consommation conjoncturelle d’un tel échec faisait les intérêts de Téhéran confrontée à un examen critique de son dossier nucléaire et cherchant à parfaire ses cartes de marchandage dans ses négociations avec les responsables européens en jouant de la surenchère régionale. Elle allait aussi dans le sens des intérêts de Damas (ayant comme Téhéran une influence certaine sur le Hamas et cherchant une « réhabilitation » régionale – tout en miroitant ses capacités de nuisance – face à une administration américaine convaincue de la justesse du boycott de son régime à la suite de l’assassinat le 14 février 2005 de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri). La force du jeu de puissance iranien (et syrien) dans la région consisterait alors (en partie) en la supervision systémique exogène (plus ou moins efficace) d’une capacité de violence infra-étatique et transfrontalière dirigée notamment contre Israël, et la confiance dans le caractère « monnayable » du contrôle d’une telle capacité de nuisance 73.
« Pas le moindre petit mouvement ne peut être exécuté ou planifié du cru du Hezbollah. Pour une raison très simple : les Syriens et les Iraniens pensent que quoi qu’il fasse, ce sont eux qui vont se retrouver d’une façon ou d’une autre responsables de ses actions sur la scène internationale et qui devront en assumer les conséquences. […] C’est une politique qui réfléchit en termes d’effets de retour
74 ».
Si ces propos peuvent sembler exagérés car ils ne prennent pas assez en compte l’aptitude stratégique localiste d’un Hezbollah de plus en plus intégré dans les rouages de l’Etat libanais, ils le sont moins pour ce qui est de la dimension régionale de son action. Là où nous sommes (peut-être) en désaccord avec Charara, c’est qu’il s’agit bien d’une dynamique à prédominance exogène plutôt que d’un « unilatéralisme directionnel » qu’exercerait l’Iran vis-à-vis du Hezbollah. L’Iran a bien une influence primordiale sur le « parti de Dieu » – elle a même sans doute augmenté aux dépens de Damas depuis son retrait du Liban en avril 2005 – que ce soit par les biais idéologique
75, militaro-stratégique ou financier, et s’il ne fait pas de doute dans notre esprit que le Hezbollah a suivi des recommandations (pressantes ou permissives) de son wali al faqîh 76 allant dans un sens favorable à l’opération d’enlèvement, on ne peut manquer de voir qu’il existe aussi une dimension qui lui est propre au niveau de son entreprise. En ce début d’été 2006, le Hezbollah avait intérêt à ce que l’offensive israélienne n’aboutisse pas à une capitulation du Hamas, ni même à une restitution du caporal par le mouvement islamiste « sans contrepartie substantielle », étant donné qu’il ne voulait certainement pas voir un moyen d’action (qu’il avait largement contribué à « crédibiliser » et qu’il projetait sans doute d’employer encore à l’avenir) perdre de son efficience face à Israël. Mais, au-delà de son souci de voir sauvegardées « la résistance » et l’efficience d’une « technique de la résistance », le Hezbollah pensait avoir intérêt à agir afin de ne pas perdre de sa crédibilité en tant que « parti résistant » limitrophe d’Israël auprès des audiences islamiques choquées par les événements de Gaza. Plus particulièrement, il pouvait espérer obtenir à travers son action « retentissante » une sympathie importante (même si ambivalente 77) dans certains milieux islamistes sunnites libanais (et bien au-delà), alors que la fracture « sunno-chiite » semblait devenir une « réalité » palpable de la scène politique libanaise (sans même parler de l’Irak) 78. D’autres facteurs importants ont également joué. Soumis à de fortes pressions internationales – mais aussi internes – pour son désarmement, le Hezbollah pouvait placer l’ensemble de ses détracteurs devant le fait accompli de sa vocation armée et prendre une revanche symbolique sur la majorité parlementaire du pays en montrant qui était « le véritable maître » des destinées du Liban 79. Mais où réside dans ce contexte la concurrence avec Al Qaïda ? En réalité, et sans que cela ne fasse nécessairement partie des objectifs primordiaux du Hezbollah, son opération n’a pas manqué de jeter un discrédit total sur la rhétorique zarkawiste (datant seulement du 2 juin 2006) d’un Hezbollah servant de « bouclier protecteur à l’ennemi sioniste » et de juguler par la même occasion les velléités de la branche irakienne d’Al Qaïda d’exporter au Liban les germes d’une fitna « sunno-chiite », voire de postuler à un rôle jihadiste contre Israël 80. La guerre qui s’en est suivie n’a pas manqué non plus de marquer les différences normatives entre la mouvance et le parti (ce dernier étant soucieux d’infliger à l’ennemi plus de pertes militaires que civiles 81, sans chercher à s’investir dans des formes de violence sacrificielles). Mais la grande victoire du Hezbollah sur Al Qaïda ne se trouve pas là. Sans l’avoir sérieusement envisagée (à la suite d’une grande « misperception 82 » – ce qui ne revient pas à dire que les dirigeants israéliens n’ont pas eux-mêmes fait des choix terribles à ce sujet), la confrontation militaire du Hezbollah avec Tsahal et le combat efficace de la guérilla chiite tout au long des trente-trois jours de guerre (aux effets humiliants pour Israël) lui ont donné une stature panislamique sans doute jamais atteinte par le « parti de Dieu » auparavant. Si ce triomphe – la figure charismatique de Sayyed Nasrallah et ses apparitions médiatiques réussies sur Al Manar et Al Jazira y sont pour beaucoup – a inquiété les dirigeants des pays arabes proches de Washington 83, il a aussi manifestement préoccupé le leadership d’Al Qaïda. Non seulement celui-ci se retrouvait « marginalisé » sur la scène jihadiste mondiale, mais aussi objectivement désavoué au niveau de sa rhétorique takfiriste auprès des « masses islamiques », dont le soutien était par ailleurs clairement affiché au Hezbollah (un soutien public dont Al Qaïda n’a jamais pu bénéficier – à cette échelle du moins – dans son histoire) 84. La nébuleuse se devait de réagir et il n’était dès lors pas étonnant de voir son idéologue tenter de se faire une place dans le champ médiatique à l’occasion d’un enregistrement vidéo diffusé par Al Jazira le 27 juillet 2006. En considérant que le combat en Afghanistan, en Irak, en Palestine et au Liban faisait partie d’un même cercle jihadiste, en désignant les membres de sa mouvance comme les fils des premiers califes de l’islam, mais en se réclamant surtout aussi de l’imam Ali et de son fils Hussein (vénérés par les chiites), Zawahiri tentait nettement de sauvegarder une certaine crédibilité identitaire en prenant en compte la grande popularité du Hezbollah – jamais nommé – en milieu islamique global. Cet « effort d’ouverture » pouvait se faire de manière plus aisée après la mort de Zarkawi dont le bellicisme vertement anti-chiite n’était sans doute pas du goût du leadership d’Al Qaïda 85. La mouvance a-t-elle pour autant abandonné son exécration légendaire à l’endroit des chiites ? Non, et cela semble clair lorsque Zawahiri déclare espérer que « les événements de l’agression sioniste croisée contre les musulmans » puissent pousser « les traîtres en Irak à avoir honte et cesser de justifier et appuyer la présence américaine croisée ». Une façon subtile de rappeler à l’audience visée que l’orientation du Hezbollah ne devait pas faire oublier la « félonie de ses coreligionnaires en Irak » 86. L’Irak, un pays à travers lequel Zawahiri tentera de reprendre symboliquement le dessus sur le Hezbollah en mettant l’accent sur la priorité du jihad sur cette scène (où Al Qaïda se trouve être active) en tant que préalable à la libération de la Palestine (où Al Qaïda est absente mais dont l’importance de la charge affective est reconnue) :
« L’Irak a une qualité : sa proximité avec la Palestine. Ce fait doit pousser les musulmans à soutenir ses mujâhidîn jusqu’à l’instauration en son sein d’un émirat islamique jihadiste qui portera alors le jihad, avec l’aide de Dieu, aux frontières de la Palestine où les mujâhidîn s’uniront à ses confins pour la Grande Conquête, avec la bénédiction de Dieu ».
Mais rien sans doute, dans l’intervention de Zawahiri du 27 juillet, ne révèle plus le sentiment de marginalisation du leadership d’Al Qaïda vis-à-vis du Hezbollah que les propos suivants :
« Nous ne pouvons assister en spectateurs à ces missiles qui frappent nos frères à Gaza et au Liban en restant figés et résignés. […] Ces missiles […] ne sont pas seulement israéliens, mais parviennent de l’ensemble des Etats de la coalition croisée et sont financés par eux… Pour cela, tous ceux qui participent au crime doivent en payer le prix ».
Afin de s’extraire de leur confinement périphérique et reprendre un « avantage jihadiste » déterminant, les leaders d’Al Qaïda semblaient conscients du caractère insuffisant de leur rhétorique et de la nécessité de frapper un « grand coup ». Cette menace rappelle – alors que le Hezbollah savoure sa « victoire divine contre l’entité sioniste » – qu’Al Qaïda n’a peut-être pas dit son dernier mot dans cette affaire, même si (ou plutôt du fait qu’) elle n’a jamais paru autant coupée des réalités du monde qu’elle prétend défendre...

Notes de bas de page
1. L’auteur tient particulièrement à remercier M. Akl Awit pour ses encouragements.
2. Lorsque nous parlerons de la mouvance dans cet article, nous nous référerons essentiellement à ses leaders reconnus (Ben Laden, Zawahiri, etc.) et à leurs déclarations à partir desquelles nous pourrons (notamment) inférer une intentionnalité stratégique.
3. Voir Corm G., Le Proche-Orient éclaté. 1956-2003, Paris, Gallimard, 3e éd., 2003, pp. 316-317.
4. Darwish N., « ’An al mujtama’ al saoudi aydan », An Nahar, 6 novembre 2001, p. 10.
5. Voir Djalili M.R., Diplomatie islamique. Stratégie internationale du khomeynisme, Paris, PUF, 1989.
6. Voir Clarke R., Contre tous les ennemis. Au cœur de la guerre américaine contre le terrorisme, Paris, Albin Michel, 2004, pp. 82-83.
7. L’ensemble du territoire de l’Arabie Saoudite (où pour les musulmans s’est manifestée la révélation divine par l’intercession du Prophète) est considéré comme sacré.
8. Hussein F., Al Zarkawi. Al jîl al thâni lil Qaïda, Beyrouth, Dar al Khayal, 2005, p. 149.
9. Kepel G., Fitna. Guerre au coeur de l’islam, Paris, Gallimard, 2004, p. 156.
10. Voir Kepel G., Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme, Paris, Gallimard, 2e éd., 2002, pp. 474-476. « Le jihad […] se voit donc ici déterritorialisé et étendu à l’univers […], ce qui constitue une rupture claire avec la tradition classique », in Kepel G., Milelli J-P. (dir.), Al-Qaida dans le texte. Ecrits d’Oussama ben Laden, Abdallah Azzam, Ayman al-Zawahiri et Abou Moussab al-Zarqawi, Paris, PUF, 2005, p. 66.
11. Voir Lomnitz C., « Le monde après le 11 septembre » (table ronde, Paris, 8 octobre 2001), Critique internationale, n°14, janvier 2002, p. 60.
12. « Pour ceux qui s’y reconnaissent, l’Umma se passe de justification. Elle est le territoire actuel de l’islam, mais aussi sa mémoire, et l’un comme l’autre sont balisés par un lien de solidarité qui, s’il n’implique pas de rupture avec l’universel ou avec la contemporanéité, n’en est pas moins un lien spécifique », in Farag I., « Ces musulmans venus d’ailleurs : la Bosnie vue d’Egypte », Maghreb Machrek, n°151, janvier-mars 1996, p. 42.
13. Kepel G., op. cit. , p. 101.
14. Le 18 avril 1983, un attentat vise l’ambassade américaine à Beyrouth (63 morts dont 17 Américains et 8 hauts responsables de la CIA). Le 23 octobre 1983, un autre vise le quartier général des Marines (241 morts) et celui des militaires français (58 morts). Ces attentats imputés au Hezbollah avaient entraîné le retrait des forces multinationales du Liban le 31 avril 1984.
15. Clarke R., op. cit., pp. 67-68. Nous parlons de perception rétrospective à la lumière de la « légèreté » de certains commentaires passés : « Après de lourdes pertes françaises et américaines, nous nous sommes retirés dans la confusion et le désordre et avec un certain sentiment de colère. La position des Etats-Unis dans le monde arabe s’en est-elle ressentie pour autant ? Probablement pas. Pour nous aujourd’hui, il ne s’agit que de quelques décisions et actions américaines au Proche-Orient parmi d’autres », Brown D. (ancien envoyé spécial du président Ford au Moyen-Orient), « La politique des Etats-Unis au Liban », in Kodmani-Darwish B. (dir.), Liban : espoirs et réalités, Paris, IFRI, 1987, pp. 187-188.
16. Extraits de la Déclaration de jihad de 1996, in Kepel G., Milelli J.-P. (dir.), op. cit. , p. 55.
17. L’implication d’activistes salafistes jihadistes n’est pas avérée dans ces attentats. Clarke évoque des responsabilités iraniennes (Voir Clarke R., op. cit., pp. 155-160) sans que celles-ci soient à leur tour avérées.
18. « Ben Laden fait ici allusion aux attentats contre les deux hôtels Gold Mohur et Mövenpick à Aden, le 29 décembre 1992 […]. Les attentats ne tuèrent aucun soldat américain […]. Cependant, les attentats entrèrent dans la mythologie jihadiste comme un véritable succès, car les forces américaines quittèrent le Yémen quelques jours seulement après les explosions », Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., p. 54.
19. Le parti nie avoir perpétré les attentats (susmentionnés) au Liban et les attribue à des mouvances khomeynistes indépendantes. Un avis que ne semble pas partager Alain Chouet (ancien chef de poste des services extérieurs français à Beyrouth). Voir Charara W., Domont F., Le Hezbollah : un mouvement islamo-nationaliste, Paris, Fayard, 2004, pp. 125-127.
20. Entretien avec cheikh Ali Khazem, dignitaire chiite proche du Hezbollah, mars 2004.
21. Comme le souligne Joseph Maïla, « la similitude de la technique meurtrière ne doit pas conduire à des amalgames. […] Contrairement aux artificiers du 11 septembre, les “bombes humaines” palestiniennes […] agissent à chaud, sous la pression continuelle d’un environnement oppressant et, plutôt que pour une Palestine islamiste, meurent sans doute d’abord pour l’obtention d’une patrie », in Arkoun M., Maïla J., De Manhattan à Bagdad. Au-delà du Bien et du Mal, Paris, Desclée de Brouwer, 2003, p. 175.
22. Entretien avec Waddah Charara, sociologue libanais, spécialiste des questions islamiques, août 2004.
23. Un mois après l’assassinat par Israël le 16 février 1992 de Sayyed Abbas al Moussawi (prédécesseur de Sayyed Nasrallah) avec sa femme et son enfant, survient un attentat contre l’ambassade israélienne en Argentine tuant 29 personnes. Un mandat d’arrêt international est lancé en 1999 contre Imad Mughniyeh (haut responsable sécuritaire du Hezbollah). Le 25 octobre 2006, le procureur général de Buenos Aires accuse le gouvernement iranien et le Hezbollah d’être également impliqués dans l’attentat visant en 1994 l’Association mutuelle israélite (85 morts) dans la capitale argentine. A signaler que plusieurs observateurs argentins mettent en doute ces conclusions en soulevant les cas d’incompétence et les irrégularités dans la conduite de l’enquête mais aussi le « manque de preuves concluantes » dans cette affaire.
24. Le « cas exceptionnel » étant pour Al Qaïda dans cette configuration ses opérations localistes en Arabie Saoudite. Voir Laurens H., « Les Etats-Unis et l’Orient arabe » in Salam N. (dir.), Le Moyen Orient à l’épreuve de l’Irak, Paris, Actes Sud Sindbad, 2005, p. 25.
25. Ces opérations ont eu lieu pour la première fois en milieu khomeyniste libanais à la suite de l’invasion israélienne de 1982. Elles visent à combler une asymétrie militaire vis-à-vis d’Israël, à le dissuader de toute velléité d’invasion du Liban, à encourager l’Intifada et raviver l’espoir de libération en Palestine. Voir Qassem N. (vice secrétaire général du Hezbollah), Hizbullah : al manhaj, al tajriba, al mustaqbal, Beyrouth, Dar al Hadi, 2004, pp. 66-69.
26. Ces hameaux de 25 km² (passés sous contrôle syrien en 1957) seront occupés par Israël en 1982 en même temps que le Golan. Pour l’ONU, elles relèvent de la résolution 242 et non de la 425 exigeant le retrait des forces israéliennes du Liban. Voir Kaufman A., « Who owns the Shebaa Farms? Chronicle of a territorial dispute », The Middle East Journal, vol. 56, n°4, automne 2002, pp. 576-596.
27. Chargé des relations internationales au sein du Hezbollah, entretien, mars 2004.
28. Voir An Nahar, 17 septembre 2005, p. 5.
29. Sur ce concept, voir Rosenau J., « Toward the study of national-international linkages » in Rosenau J., (ed.), Linkage Politics. Essays on the Convergence of National and International Systems, New York, The Free Press, 1969, p. 46.
30. Sur la vivacité de cette logique en milieu chiite, voir Nicolas G., « De l’usage des victimes dans les stratégies politiques contemporaines », Cultures & Conflits, hiver 1992-1993, pp. 141-143.
31. Entretien avec Sayyed Hani Fahs, dignitaire relevant du Conseil supérieur chiite, août 2004. Le Conseil est l’instance religieuse représentative de la communauté chiite au Liban. Ses membres n’adhèrent pas au concept de wilâyat al faqîh (« jurisprudence du docte ») et portent allégeance à Sayyed Sistani à Najaf.
32. Désigne en allemand une « joie maligne et méchante ». Voir Arkoun M., Maïla J., op. cit. , p. 40.
33. Dixit Waddah Charara, entretien en août 2004.
34. An Nahar, 27 novembre 2001, p. 13.
35. A notre sens, la force de la tournure discursive du Hezbollah réside dans la multiplicité des « tiroirs rhétoriques » ouvertement adaptables aux divers publics visés. Le « public chiite » – auquel est directement destiné le message – peut facilement se retrouver dans les qualifications de « résistants ». D’un autre côté, le discours sur les « terroristes » peut très bien éveiller dans l’imaginaire de ce public, l’ombre d’Al Qaïda (produit d’une pensée salafiste takfiriste qui considère les chiites comme « impies »), outre celle d’Israël et des Etats-Unis. Ce public a en effet la possibilité de lire au départ une différence implicite au niveau de l’approche « martyrologique » entre le Hezbollah et Al Qaïda – « ils tuent pour tuer et non pour une cause noble » –, surtout que le discours commence par ce thème sans qu’il ne soit encore fait mention d’Israël et des Etats-Unis. Quand ces ennemis seront nommément désignés, le discours aura rétabli de manière performative sa visée panislamiste.
36. Voir An Nahar, 5 novembre 2001, p. 14.
37. Voir Bayart J.-F., « Que peut gagner l’Iran ? », Critique internationale, janvier 2002, n°14, p. 23.
38. Voir Amin A., « Tajamo’ al ‘ulama’ al muslimîn al jadîd ! », An Nahar, 22 octobre 2001, p. 10.
39. Al Jazira a souvent accordé de manière engagée une tribune aux thèses des Talibans et de leurs sympathisants. Il nous semble clair que c’est une orientation islamiste tribunitienne qui a prédominé lors de sa couverture de la guerre, même s’il existe également en son sein des orientations importantes « panarabistes » et libérales.
40. Discours de Sayyed Nasrallah lors de la Journée de Jérusalem, banlieue sud de Beyrouth, Al Intiqad, 21 décembre 2001, p. 3.
41. Les Pasdaran ont été un élément déterminant dans la formation du parti à la suite de l’invasion de 1982. Si le Hezbollah a réévalué son projet de constitution de république islamique au Liban après Taëf, il place toujours les directives de l’ayatollah Khameneï, en tant que wali al faqîh (le dignitaire le plus apte à mener l’Umma), au-dessus de toute considération.
42. Zawahiri s’était alors expliqué sur la nécessité de porter le jihad contre « l’ennemi lointain » dans son livre Chevaliers sous la bannière du Prophète dont certains extraits ont été publiés en décembre 2001 par le quotidien Asharq al Awsat. Voir Kepel G., op. cit., pp. 124-136.
43. Voir Roy O., « Ben Laden et ses frères », Politique internationale, n°93, automne 2001, pp. 67 et 80.
44 Roy O., L’islam mondialisé, Paris, Seuil, 2002, p. 28.
45. « Directement » lorsque le leadership d’Al Qaïda est primordialement impliqué dans l’élaboration d’attentats très « sophistiqués » (Afrique de l’Est, 11 septembre, etc.), « indirectement » lorsque celui-ci semble compter – du fait de son isolement géographique – sur son effet « inspirateur » (par le biais de ses discours relayés par les médias) auprès de sympathisants potentiels. Cela pose la question du lien entre le leadership et la profusion jihadiste s’en revendiquant. La visée stratégique d’Al Qaïda étant très large, il ne nous semble pas qu’il existe (et c’est à notre sens l’une des forces de la mouvance) d’incohérences stratégiques majeures entre les actions fomentées par le leadership et celles des groupes idéologiquement proches ou encore des « groupes décentralisés » (pour preuve d’ailleurs, le leadership ne les renie pas), ce qui ne revient pas à dire qu’il ne peut pas exister des divergences tactiques ou autres rivalités personnelles entre différents hérauts salafistes jihadistes.
46. La lecture de certains discours d’Al Qaïda ne laisse pas de doute à ce sujet. Voir par exemple le « Message au peuple américain » de Ben Laden diffusé par Al Jazira le 29 octobre 2004. Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., pp. 101, 105 et 111. Olivier Roy ne semble pas avoir changé pour autant ses positions sur le sujet. Voir son entretien dans An Nahar, 31 octobre 2004, p. 10.
47. Voir Kepel G., Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme, op. cit., pp. 472-473. Nous soulignons.
48. Non sans réussite. « N’importe quel sondage d’opinion tranchera en faveur d’une écrasante majorité arabe soutenant les propos de Ben Laden sur les questions de la Palestine et de l’Irak », Samaha J., « Harb al Jazîra », As Safir, 9 octobre 2001. Cité par Lamloum O., Al-Jazira, miroir rebelle et ambigu du monde arabe, Paris, La Découverte, 2004, p. 46.
49. En référence aux « 80 ans d’humiliation » subis par l’Umma selon Ben Laden dans son discours du 7 octobre 2001.
50. Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., p. 293.
51. Se référer à titre d’illustration au message de Ben Laden « aux musulmans d’Irak » diffusé le 18 octobre 2003 sur Al Jazira. Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., pp. 91-99.
52. « Perspectives irakiennes, entretien avec Hamit Bozarslan », Esprit, août-septembre 2004, p. 174.
53. Dans ce cadre, l’entreprise américaine de démobilisation de l’armée et de « débaasification » des administrations allait s’avérer catastrophique.
54. Voir Hashim A., Insurgency and Counter-Insurgency in Iraq, New York, Cornell University Press, 2006.
55. Ibn Taymiya (1263-1328) est la référence doctrinale des salafistes.
56. Se référer à l’intégralité du message attribué à Zarkawi in Hussein F., op. cit., pp. 246-256. Pour une traduction française, voir Kepel G., Milelli J-P., (dir.), op. cit., pp. 381-415.
57. Sayyed Nasrallah le fera à l’occasion de la 3e commémoration de la libération du Liban Sud. Voir An Nahar, 27 mai 2003, p. 13. Le parti ne pouvait, sous peine de voir compromise sa crédibilité, garder le silence face à l’émergence d’un tel phénomène en Irak. C’était avant, il est vrai, qu’il ne soit entaché par les attentats salafistes jihadistes.
58. Fondateur du Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak (khomeyniste), il avait opéré le 10 mai 2003 un retour en Irak après 23 années d’exil en Iran.
59. Commémoration de la bataille de Karbala (680) au cours de laquelle eut lieu le martyre des proches du calife Ali (cousin et gendre du Prophète), et notamment de son fils Hussein. Cette tragédie pour les chiites (qui considèrent que les imams descendant d’Ali sont les seuls successeurs légitimes du Prophète) est commémorée chaque année par des foules en deuil.
60. Zarkawi n’avait pas encore rallié Al Qaïda (son réseau avait d’ailleurs une dénomination spécifique : « Jamâ’at al tawhîd wal jihad »). Il finira par prêter allégeance à Ben Laden le 17 octobre 2004.
61. Entretien avec un grand responsable médiatique du Hezbollah ayant souhaité garder l’anonymat, mai 2005.
62. Une semaine après l’assassinat de Zarkawi par les forces américaines le 7 juin 2006, pas moins de trois banderoles étaient érigées en l’honneur du salafiste jordanien dans le camp en question. Voir Dahsha M., « Yâfitât tubârik istish’hâd al Zarkawi fi taamîr Aïn al Héloué », Sada al Balad, 14 juin 2006, p. 8. Sur la montée de l’idéologie salafiste jihadiste dans certains camps palestiniens au Liban, voir Rougier B., Le Jihad au quotidien, Paris, PUF, 2004.
63. Ce micro-activisme (qui était toujours en cours en 2006) n’a pas échappé au Hezbollah. Voir Akil R., « “Hizbullah” yarsod taghalghol “Al Qaïda”. Maktab fi Aïn al Heloué yusaddir “al mujâhidîn” », An Nahar, 9 juillet 2006, p. 6.
64. Voir An Nahar, 3 juin 2006.
65. Extraits du discours de Sayyed Nasrallah dans la banlieue sud de Beyrouth, 3 mars 2004, An Nahar, 4 mars 2004, p. 6.
66. « J’invite l’Umma à s’intéresser à nouveau à la Palestine. Parmi les objectifs des Américains au niveau de la focalisation de l’attention sur l’Irak figure le fait qu’ils veulent faire oublier la Palestine », Sayyed Nasrallah. Voir An Nahar, 14 septembre 2002, p. 6.
67. Exception faite de l’insurrection sadriste (que le Hezbollah soutiendra dans ses médias sans pour autant heurter les orientations « pacifistes » des autres parties chiites irakiennes), restée limitée dans le temps.
68. A la suite d’une médiation allemande (qui a duré plus de 3 ans), plus de 400 prisonniers palestiniens, libanais et arabes furent relâchés en échange de la libération d’un colonel de réserve israélien et la restitution par le Hezbollah des dépouilles de 3 soldats de Tsahal.
69. Voir Bayram I., « “Hizbullah” wa marhalat mâ baada ightiyâl Yassin », An Nahar, 31 mars 2004, p. 4.
70. Voir « Quelle est la stratégie du Hezbollah ? », Extraits de « Israel/Palestine/Lebanon : Climbing out of the abyss », Crisis Group Middle East Report, 25 juillet 2006, publiés dans Esprit, octobre 2006, pp. 22-27. Le 29 août 2006, Sayyed Nasrallah déclarera à la chaîne locale New TV : « Si j’avais été au courant – ne serait-ce qu’à 1 % – que l’opération de kidnapping allait aboutir à une guerre de cette ampleur, alors, catégoriquement, nous ne l’aurions pas fait pour des raisons humanitaires, éthiques, militaires, sociales, sécuritaires et politiques ».
71. Le Hamas souhaitant obtenir par le biais d’un échange la libération d’un millier de prisonniers palestiniens parmi les 10 000 détenus en Israël.
72. La proximité d’un tel accord à l’époque et l’effet de l’opération du Hezbollah l’ajournant sine die sont mentionnés dans le Crisis Group Middle East Report, op. cit.
73. Nous ne sommes pas ici dans un jeu de « boules de billard » purement inter-étatique (Voir Wolfers A., Discord and Collaboration: Essays on International Politics, Baltimore, The John Hopkins University Press, 1962), dans le sens où le jeu des acteurs non étatiques participe tout autant à la dynamique du rapport de force régional. Si ce jeu peut être plus ou moins contrôlé par certains Etats (à travers une certaine ascendance « réaliste » sur des groupes comme le Hezbollah), il faut garder à l’esprit qu’il peut simultanément marquer une grave crise d’autorité dans d’autres (comme le Liban), mais aussi échapper totalement au contrôle des Etats supposés forts (Iran, Syrie) dans d’autres cas de figure (impliquant d’autres acteurs « libres de souveraineté »).
74. Entretien avec Waddah Charara, août 2004.
75. Nous sommes en présence ici d’un penetrative process : « A penetrative process occurs when members of one polity serve as participants in the political process of another. That is, they share with those in the penetrated polity the authority to allocate its values », Rosenau J., op. cit., p. 46.
76. Voir note n°41.
77. Voir Rougier B., « L’islamisme sunnite au Liban face au Hezbollah », in Mermier F., Picard E. (dir.), Liban, une guerre de trente-trois jours, Paris, La Découverte, 2007, pp. 111-119.
78. Voir Naoum S., « ’Amaliyat “Hizbullah” : as’ila wa khulâsât », An Nahar, 13 juillet 2006, p. 2. Sur fond d’un profond état de divergence entre les orientations des grands partis sunnites et chiites au Liban, et selon une information du quotidien As-Safir du 10 avril 2006 (confirmée par le Hezbollah), neuf individus (apparemment proches idéologiquement des milieux salafistes radicaux) auraient été arrêtés le 13 mars 2006 pour avoir planifié d’assassiner Sayyed Nasrallah.
79. Voir Maïla J., « Le Liban après la guerre », Esprit, octobre 2006, p. 21.
80. Ce n’était pas la première fois que la mouvance zarkawiste postulait pour un tel rôle. Le 29 décembre 2005, « Al Qaïda en Irak » revendiquait des tirs de roquettes contre l’Etat hébreu à partir du territoire libanais (survenus la veille et dont le Hezbollah ainsi que des factions palestiniennes ont nié en être responsables). Cette affaire reste énigmatique vu qu’il est difficile de croire qu’Al Qaïda (et surtout sa branche irakienne) pouvait opérer à partir d’une zone contrôlée par le Hezbollah. A cet égard, Damas (miroitant l’épouvantail d’Al Qaïda en tant que moyen pour pousser l’Etat hébreu à souhaiter un « retour aux affaires » de la Syrie au Liban, ou du moins à engager des discussions informelles avec elle) n’est peut-être pas étrangère à cette histoire.
81. Un bilan dont Israël ne peut pas se prévaloir.
82. Voir Jervis R., Perception and Misperception in International Politics, Princeton, Princeton University Press, 1976.
83. Voir Maïla J., op. cit., p. 21.
84. Voir Telhami S., « Hezbollah’s popularity exposes Al-Qaeda’s failure to win the hearts », San José Mercury News, 30 juillet 2006.
85. Cette hypothèse peut être corroborée par des propos tenus par Ben Laden en 1996 : « On ne peut repousser l’envahisseur qu’avec l’ensemble des musulmans, ces derniers doivent donc ignorer ce qui les divise, provisoirement, car fermer les yeux sur leurs divisions ne peut pas être plus grave que d’ignorer l’impiété capitale qui menace les musulmans ». Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., p. 55.
86. La branche irakienne d’Al Qaïda ne sera pas, quant à elle, disposée à accorder le moindre crédit aux « chiites libanais ». Abou Hamza al Mouhajer (successeur de Zarkawi) publicisera sur un site salafiste jihadiste une bande sonore le 10 novembre 2006 s’attaquant avec véhémence à l’Iran, au Hezbollah et à la Syrie. AFP, le 17 novembre 2006.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet
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les belles captives france culture a l'ecoute de l'institut du monde arabe Sharam Nazeri est né à Kermansha, en 1950, dans le Kurdistan iranien, dans une famille où la musique occupait une très grande place.Initié par son père, il participe dès l'âge de huit ans à des réunions soufis où il chante des poèmes du grand mystique persan Mevlana Djallaleddin Rûmi, fondateur de l'Ordre des Derviches Mevlevi.A l'âge de onze ans, ayant commencé l'étude du Radif, le complexe et ancien corpus de chants et musique ancienne iranienne, il fait ses premières apparitions à la télévision.Sharam Nazeri a été le disciple de certains des plus grands maîtres de la musique persane du siècle écoulé, tels que Abdollah Davani, Nourali Boroumand, Mahmood Karimi.En 1975, il remporte le premier prix de chant du plus prestigieux concours de musique traditionnelle d'Iran.Artiste vénéré dans son pays, ce chanteur doué d'une voix hors du commun - on l'appelle le rossignol persan - est un être totalement dédié à son art, vivant à l'écart des modes et des attraits faciles de l'agitation urbaine, bien que vivant à Téhéran.Homme d'une grande exigence, investi d'une façon très aigu de la portée spirituelle de la musique, il réduit ses concerts publics et ses enregistrements au minimum et s'entoure d'un très petit nombre d'élèves et de disciples. Sa voix chaude et profonde, aux accents parfois déchirants, chante, à travers les textes des grands poètes mystiques tels que Rûmi, Hafez ou Saadi, la quête de l'homme vers le Divin et sa soif inextinguible d'Amour et de Lumière.Au sein de son petit ensemble traditionnel, dans lequel il joue volontiers du Daf, le tambour sur cadre souvent utilisé dans la musique rituelle du Samà soufi, entouré par ses musiciens virtuoses, au Zarb, et au Tar, Sharam Nazeri, qui est l'un des artistes majeurs de la scène de la musique iranienne aujourd'hui, se produit dans le monde entier. Liu Fang est une virtuose du pipa - luth chinois - et de la cithare guzheng. Née à Kunming dans la province du Yunnan, elle donne son premier concert à l'âge de 9 ans et obtient plusieurs distinctions provinciales et nationales. Après avoir obtenu un diplôme du conservatoire de Shanghai en 1993, elle s'installe au Canada, entame une brillante carrière internationale et édite 4 disques. Le parcours de Liu Fang est remarquable : En plus d'être l'interprète de nombreuses compositions inédites, comme celle de R. Murray Schafer ou Melissa Hui, elle a également collaboré avec des musiciens traditionnels indiens, syriens, japonais, vietnamiens. Ainsi son jeu s'est enrichi de techniques et sonorités d'horizons divers, tout en restant fidèle à la tradition. A l'écoute de Liu Fang, on se rappelle que le luth fut un instrument itinérant entre moyen et extrême Orient mais aussi le compagnon des caravaniers de la route de la soie. Liu Fang s'est également produite en tant que soliste avec des ensembles comme le Moravia Symphony Orchestra à Prague, le Nouvel Ensemble Moderne et la SMCQ à Montréal, le Quatuor Alcan string à Québec, le Quatuor Paul Klee en Italie. Le destin du Luth piriforme n'a jamais été mieux servi que sous les doigts de cette musicienne pleine de grâce dont le talent est aussi libre dans la virtuosité que dans les inflexions expressives les plus délicates. radio chine interna'ional

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«Elle est plus que bienvenue, cette passerelle!» La passerelle Simone de Beauvoir, à Paris, est enfin ouverte au public. Les piétons peuvent désormais franchir la Seine entre le Parc de Bercy et la Bibliothèque Nationale de France. Par Thomas Rossi LIBERATION.FR : Jeudi 13 juillet 2006"My research interests lie primarily in the fields of existentialist thought and fiction and prison narratives. My current projects include work on the representation of carceral space, narrative authority in prison memoirs, and also the question of space, travel and tourism in the writings of Jean-Paul Sartre and Simone de Beauvoir.''
Amanda-jayne Crawley-Jackson
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jean-paul sartre et simone de beauvoir pendant l'entre-deux-guerres

"de toute facon je serai la, pas loin, souvent aux carrelets chinois,
tu connais mon rythme de vie..."
Muriel Valmont (photographe)


Xia Ye [feuille d'ete] (musicienne)


"Dès que la science moderne a fait son coup de force - rapporter le mouvement à l’instant quelconque, c’est à dire ériger le temps en variable indépendante - quelque chose devenait possible qui n’était pas possible aux anciens. Si le mouvement se rapporte à l’instantquelconque comment ne pas voir à ce moment là que tout ce qui compte, c’est ce qui se passe d’un instant à un autre, c’est ce qui se continue d’un instant à un autre, c’est ce qui croît d’un instant à un autre, c’est ce qui dure - en d’autres termes il n’y a que la durée de réelle."
gilles deleuze (philosophe)

Hurlements en faveur de Sade
(Guy Debord, 1952)

Introduction: Pour plus de la moitié d'un siècle l'école du défunt grand Ayatollah imam Abul Qassim al-khoïe a été une source d'enrichissement incontestable de la pensée islamique et du savoir. Dans son école graduèrent des douzaines de juristes, hommes de religion et des dignitaires qui avaient personnellement assurer de poursuivre sa voix idéologique qui fut pleins de réussites et de sacrifices au service de la foi, de la science et de la société Parmi ceux-là sont de remarquables professeurs des écoles paroissiales, surtout en ce qui concerne le saint Najaf et Qom. Certains parmi eux avaient atteint le niveau de
"il adviendra de celui dont la laideur du geste a ete revetue d’apparences trompeuses, consideree alors comme un bien: dieu egare et dirige comme il veut."
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