decrire

"L’unité du monde apparaît dans l’unité des conditions oppressives d’aujourd’hui: sa crise est également unitaire. Partout cette unité fondamentale de l’aliénation se traduit en ségrégations, en divisions, en incohérences, en contrôles tâtillons (le contrôle de l’art rejoint nécessairement le contrôle général du pouvoir, à mesure que les idéologies en même temps s’affaiblissent et, par doses toujours plus massives, doivent "programmer" chaque détail de la vie). [...] Notre jugement est désabusé parce qu’il est historique. Tout emploi, pour nous, des modes de communication permis, doit donc être et ne pas être le refus de cette communication: une communication contenant son refus ; un refus contenant la communication, c’est-à-dire le renversement de ce refus en projet positif. Tout cela doit mener quelque part. La communication va maintenant contenir sa propre critique. [...] S’il faut faire face, avec des "modèles", aux "modèles" qui sont aujourd’hui les points de convergence de la pensée technocratique (que ce soit la concurrence totale ou la planification totale) notre "modèle" est la communication totale. Que l’on ne nous parle plus d’utopie. Il faut reconnaître là une hypothèse qui, évidemment, n’est jamais réalisée exactement dans le réel, pas plus que les autres. Mais nous tenons nous-mêmes son facteur complémentaire avec la théorie du potlatch comme expression irréversible. [...] En fait, la racine du manque d’imagination régnant ne peut se comprendre si l’on n’accède pas à l’imagination du manque; c’est-à-dire à concevoir ce qui est absent, interdit, caché, et pourtant possible, dans la vie moderne."
guy debord.
en lignes:
Panorama intelligent de l’avant-garde à la fin de 1955
Pourquoi le lettrisme? 1955
Introduction à une critique de la géographie urbaine 1955
Projets d’embellissements rationnels de la ville de Paris 1955
la theorie de la derive 1956
Theses sur la revolution culturelle 1958
Sur l’emploi du temps libre 1960
Le Questionnaire de l’I.S. 1964
La société du spectacle 1967
Bibliographie sur le situationnisme
guy debord cineaste, le site

[the morning jacket, z, WORDLESS CHORUS] SO MUCH GOIN ON THESE DAYS - FORGET ABOUT INSTINCT - IT'S NOT WHAT PAYS. PLEASURE - UP AND DOWN MY SMILE: 1. A CARTON OF EGGS THINK. 2. IT'S ALL WORTHWHILE. TELL ME SPIRIT - WHAT HAS NOT BEEN DONE? I'LL RUSH OUT AND DO IT. OR ARE WE DOIN IT NOW? WORDLESSCHORUS. FISSURE IS THE THRILL OF THE DAY - FORGET ABOUT FEELING - THAT'S NOT WHAT PAYS. BUT YOU KNOW - ALL OF THIS CAN CHANGE. REMEMBER THE PROMISE AS A KID YOU MADE. WORDLESSCHORUS. WE ARE THE INNOVATORS. THEY ARE THE IMITATORS. COME ON - HEY DON'T YOU KNOW HOW WE STARTED... WE FORGOT ABOUT LOVE - BUT WEREN'T BROKENHEARTED. WORDLESSCHORUS. Soeurs d'espérance//Par Paul Eluard/////Soeurs d'espérance ô femmes courageuses/Contre la mort vous avez fait un pacte/Celui d'unir les vertus de l'amour//O mes soeurs survivantes/Vous jouez votre vie/Pour que la vie triomphe//Le jour est proche ô mes soeurs de grandeur/Où nous rirons des mots guerre et misère/Rien ne tiendra de ce qui fut douleur//Chaque visage aura droit aux caresses.////- France, 1948 -//Ce poème provient du recueil intitulé

 



ecoutez jean-paul belmondo par the temporary thing (andrew gleason)
"total, une histoire d'amour..." in pierrot le fou.

«Une perversion de l'information»
Directeur de recherche au CNRS, Dominique Wolton s'insurge contre la marchandisation de l'information.
Par Christophe ALIX jeudi 04 août 2005 (Liberation.fr - 17:48)

Que vous inspire cette communication made in Orange?
D'abord c'est un contre-sens complet de faire payer une information comme cela. Les choses se disent gratuitement, pour tous, pas en exclusivité à un un opérateur de télécommunications. Deuxième information, annoncer son retour sur un site Internet n'est pas plus démocratique, tout le monde n'y a pas accès.
Les opérateurs mobiles peuvent-ils devenir des sources d'informations?
Orange n'est pas un média, pas un opérateur de presse, ni l'AFP. Ce genre de choses relève d'une perversion de l'information et est une grave entorse à la déontologique classique de la presse. Cet exemple de débordement de l'information par le marché est révélateur d'un phénénomène qui s'accentue de plus en plus. Après Orange, pourquoi pas demain un média Areva ou Total, première entreprise de France?
Sport, les médias sont-ils les maîtres du jeu? Avec Frédéric Bolotny. Comment remettre en cause cette évolution?
Il faudrait mettre au point une sorte de convention internationale de même nature que celle sur les prisonniers de guerre qui serait signée par les grands acteurs de la presse, les Etats et les organisations internationales comme l'ONU ou l'Unesco, etc. Cela ne résoudrait pas tout, loin de là, mais cela contribuerait au moins à fixer un cadre général pour tous et à poser des garde-fous. Le diamant pour tous aujourd'hui, c'est l'information mais il faut le protéger. Tout n'est pas une marchandise.


depeche (agence fourchet pierre) 28/09/2005 4:00
suite a des coupes budgetaires operees a l’irresponsabilite des bienheureux, la choativite du blog va etre endommagee et surtout sa maintenance releguee a des heures tardives le week end ou aleatoirement et parcimonieusement en semaine. je vous prie de pardonner. cela permettra sans doute aux integristes de ne plus se formaliser sur le caractere archiviste de celui-ci...

ce tableau est a vendre, veuillez me contacter si vous etes interesses Réseau terroriste ch. webmaster: Al-Qaeda recruterait dans les domaines de la production vidéo, de l'édition, et de la couverture éditoriale.
Par LB jeudi 06 octobre 2005 (Liberation.fr - 17:19)

l'annonce a été mise en ligne sur le site Internet du Asharq al-Awsat, un journal islamique basé à Londres: Al-Qaeda a "des besoins en personnel" dans les domaines de la production vidéo, de l'édition, et de la couverture éditoriale pour se faire l'écho de l'action des "militants" en Irak, dans les Territoires palestiniens, en Tchétchénie et dans d'autres zones où elle est active. Selon l'agence Reuters qui rapporte jeudi l'information, le journal précise que le "Global Islamic Media Front", une "agence de communication en ligne liée à Al-Qaeda", contactera les personnes intéressées par email. Mais l'article ne précise pas yemen210906.jpg comment manifester son intérêt pour cette proposition. Il n'est pas non plus fait mention du montants des indemnités envisagées pour la fonction.
L'annonce, qui peut aussi se révéler être un canular, ne se retrouve pour l'instant sur aucun des autres sites liés à Al-Qaeda ou à des groupes affiliés. Mais le "Global Islamic Media Front" semble très actif actuellement. Selon l'AFP, il vient ainsi de lancer sur l'Internet un bulletin vidéo d'informations hebdomadaire sur leurs "exploits" et les "atrocités" commises, selon eux, par leurs ennemis. Cette même "enseigne" avait produit "Top Ten", un film diffusé en août portant sur une sélection de dix attaques
anti-américaines en Irak.

Poste un peu trop restante (Reuters) - Vendredi 14 juillet 2006 - 11:01 Chaire de l'IMA : Al-Andalus, ou l'invention d'une Europe différente//L'Abencérage et la belle Jarifa : un couple maure à la conquête de l'imaginaire européen//Une conférence donnée par André Stoll, professeur de littératures et cultures romanes à l'Université de Bielefeld. Egalement directeur d'études à l'E.H.E.S.S. et visiting scholar à Harvard, André Stoll étudie les liens qui se sont tissés entre l'Europe et l'Orient, du XVe au XXe siècle, et effectue des recherches dans le domaine de la diversité culturelle, littéraire et artistique dans la France, l'Italie et le monde hispanique. Il a notamment écrit Averroes dialogado (Kassel, 1998) et La Creatividad femenina en el mundo barroco hispánico (Kassel, 1999).
 La police a découvert dans la cave d'un postier berlinois de 36 ans 90 cartons remplis de milliers de lettres non distribuées dont certaines remontaient au mois d'avril, rapporte vendredi le journal Bild.
Le postier s'est défendu en arguant qu'il était débordé par le volume de courrier qui lui était confié par la Poste et qu'il avait stocké chez lui toutes ces lettres en attendant de les distribuer plus tard avec des amis.
Il sera poursuivi pour violation de correspondance.




sondage

sondage, commentaires et vote
!!!!acces a internet pour les prisonniers!!!!
«On le sait mais on ne voit jamais de photos»
«Ceci n’est pas une prison», mais un centre de rétention d'étrangers sans papiers. Visite de l'expo avec Olivier Aubert, reporter et photojournaliste. (Par Alexandra Bogaert et Hervé Marchon).

Libération ne peut être tenu responsable du contenu de ces liens.
nous sommes pris de torpeur et de honte au sort des skwateurs de paris, nous sommes aussi sous le coup d’une deferlante de mauvaises raisons au sujet des delocalises, immigrants, pauvres, ou bien encore entreprises toujours plus a la recherche de profits gagnes sur le prix du travail, aujourd’hui je m’interroge moi aussi, egoistement comme victime car voila, je me demande surtout a propos de ce droit, de mon droit a se plaindre.
c’est une histoire assez simple: vous tombez par hasard sur une annonce, vous cherchez un logement, et l’annonce d’un promoteur, appelons-le surouj, vous propose un apartement de 50 mo, gratuit, disponibilite immediate, avec juste le probleme d’avoir pour seule fenetre un miroir. les services sont bons, gardiennage, laverie, assistance et meubles, il y a meme l’eau chaude (et le compteur est hors d’usage), vous etes pres de vos activites regulieres, le supermarche est un peu loin mais avec les transports… vous emmenagez, et puis vous decidez de changer un peu la deco, vous dechirez les vieux papiers peints,
le bois du sol grince, vous l’arrachez, et la, dessous, surprise, vous decouvrez: des braises encore fumantes, non; une centrale nucleaire, non; une maison close, oui juste une maison close mais des lors il vous vient a l’idee de justement ne plus pouvoir avoir d’idee sans sentir venir s’y glisser une d’abord douce et delectable, puis frustre et detestable piraterie du bonheur.
je trouve un joli message avertisseur sur un de mes sites familiers, et je continue a m’interroger, moi, sur cet appartement, les murs, en grattant l’enduit deja surement saturnien, se sont reveles etre une (pardonnez le cliché) toile d’araignee, et les chambres a cote sont a votre vue comme d’avoir seulement a ouvrir les yeux. puis la fatigue, les cris aidant, meme vos reves, votre sommeil sont investis d’images (pardonnez l’onomatopee) obscenes. vous hesitez encore, poliment, ne sachant pas si tous les voisinages se ressemblent, si le promoteur est aussi proprietaire de celui-ci, si il ne sert pas de bouc emissaire, a juste cacher cette activite generalisee maintenant a ces yeux; mais si c’est deja trop, il vous vient l’envie, après le degout plusieurs fois reveille par l’etrangete de votre propre volonte (sic), de poser une bombe, de tout sacrifier au nom du capital, de departiciper le ridicule d’etre consommateur et habitant du village. mais vous savez etre responsable, vous nier la colere comme votre jouissance. pourtant la police des opinions vient faire une descente chez vous, vous la prenez pour la brigade des moeurs, elle vous passe les menotes, une cagoule dedigitaliseuse sur la tete et vous (r)enmene au poste, vous avez pourtant besoin d’un long sejour naturaliste en plein desert.
alors…

le tribunal revolu'ionnaire de la semaine: avec Jean-marie Colombani...
alors, vous essayez durant les premieres heures de garde a vue de solidariser l’etude d’une gouvernance de la necessite.
mer si.

 
appel d'offre

  a seule ame male est comme,

j'ai ete contacte a plusieurs reprises pour chanter dans des restaurants.
je ne dispose d'aucune piste ici, ni meme de cd ou de mp3.
je vous demande de l'aide:
je vous prie s'il vous plait de consulter la playlist et de me meler les fichiers mp3 des morceaux concernes.

merci.

besmillah.
mohammed ibrahim noor,
pierre.
Vendredi 9 mai 2008 5 09 /05 /Mai /2008 22:38

Source: http://english.hizbollah.tv/catessays.php?cid=231   08-05-2008

His Eminence Hizbullah Secretary General Sayyed Hassan Nasrallah held a press conference today in which he commented on recent developments and decisions made by the unconstitutional government. It came as follows:

In the Name of Allah, the Beneficent, the merciful. Praise be to Allah Lord of the Worlds.

Peace and Prayers be upon Mohammad, The Last Prophet, and on his family and elected followers, and upon all the messengers and prophets. May Allah's peace and mercy be upon you all.

Certainly, the subject of this press conference that we hold which is the first since the end on the July (2006) war the important and dangerous developments that have been occurring for the past few days in Lebanon.

In the beginning I must say that after the decisions taken by the ruling party on that dark night, a completely new era has begun in Lebanon. Meaning that the date of that session to us is like March 14, 2005, the earthquake of the assassination of PM Rafik Hariri that sent Lebanon into an entirely new era. Lebanon after that dark gloomy session is not what it was before. The ruling party must know that it has entered Lebanon in a completely new phase due to the seriousness, backgrounds and dimensions of the decisions it took.

I will discuss several headlines:

First: The Resistance's communication networks. In this conference we shall call a spade a spade...the phase is difficult but it is also a phase for logic, thinking, and wise decisions.

Second: The airport and Officer Shokeir.

Third: The current severe political dilemma, dealing with it, and the way out of it.

In the first point I have a definition. In Lebanon people may understand what the Resistance communication network is, but foreigners might think that we have set up a private phone network and a ministry of communication which brings us proceeds illegally, and to answer the deductions made by the ruling party that knows the truth but denies it.

There is a code-weapon in all armies in the world even in armies in the past. Various codes were used, including birds and sounds among other things. Every time infantry and firearms and combat tactics developed, the code or communications developed simultaneously. Hence, any fighting group be it an army or party or militia or security team, all need communication between the leadership and groups and cadres and individuals. This weapon is an elementary part of the administrative organization and control if not the primary factor in any victory and battle leadership.

These communications take various forms and it is a technical issue. Hence, it is crucial that I mention it. There are various radio frequency communications such as a walkie-talkie and cellular phones in which sound is transferred by waves and they take several technological forms. There's also the wire in which sound is not broadcasted in waves. It is transferred in wires from one instrument to another and sound is usually confined. Usually non-wired communications are facilitated and easier, and every person can take his receiver from place to place. Now each of you can hold a cellular phone and talk from the street from any place you chose. It is not so with cables, not so flexible. There is a group of problems with non-wired communication, and I tell u, there is no non-wired communication in Lebanon or the world that is surveillance-proof and cannot be decoded and analyzed.

This is a fact given the technological development in the world. There is an issue of surveillance. Second, there is the issue of interference. The enemy may log onto the communication channel and jam it disconnecting the leadership from the cadres and bases and centers. In result, the entire leadership and control network disperses.

The third issue is targeting. Quite simple, a cellphone tower can be bombed. The wireless network can be bombed similar to what occurred in the (2006) war and in previous wars. Yet the wired communication network, especially if it is secret, is difficult to bomb in the first few days, and may be employed in a wider margin. We in the resistance do not have the capabilities of large armies or the technology of the USA nor the ‘Israeli' technology. Naturally, when we are faced with complicated advanced technology we resort to simplified technology since in the technological scale we cannot match. The best and most effective means to face complex technology is simplification. In result came the wired network. To be precise I can say the wired resistance network is a communication center and a group of cables connected to houses of leaders and centers and resistance related posts. This is the wired communication network. Wired communication is a part of the code weapon of the resistance in Lebanon. It is not a secondary weapon; it is the most fundamental one in the battle, and in any battle. Before the year 2000, one of the most important reasons behind the success of the resistance operations is that when 200, 300 or 400 resistance fighter attack ‘Israeli' posts in the occupied zone, the ‘Israeli' only knew about the attack the second the first shot was fired. This is because we didn't rely on wireless equipment, but on the wired network. In the July (2006) war the most important point, our greatest point of strength, was leadership and control because communication was upheld between the leadership and command centers and operational combat posts. The enemy admitted to this. Remember after the second Qana massacre when a ceasefire was agreed upon for 48 hours to facilitate the exit of the injured and others, how were we able to stop firing when we are not an regular army? It was due to our ability to communicate with all our points in those posts.

As to the declaration of the Minister of Information, and I regret this since he was an old friend, that it is wrong to consider that this weapon protects Hizbullah. I would like to say that many of our leaders have died due to wireless communications and cellular phones. And in the July (2006) war in many posts where we lost wired communication and were forced to communicate wirelessly and by cellular phones, cadres and leaders were killed in operation.

Today, when we approach the Winograd report we find that the most important recommendation by Winograd was the necessity to destroy the organization and capacity of leadership and control of Hizbullah in which the communication constitutes a decisive factor. This is the Winograd recommendation which we must not forget, and you can go back to it.

We come to the negotiations that were going on between us and the ruling party in the recent past. You all know that this (communication) network existed before the year 2000 and continued after that, and it is not a new or a recently introduced network. Yes, it is true that it has been developed and advanced, and this is a natural and logical issue. I would like to remind them that when we agreed with them in the sinister quadric-partite alliance that the network was existent then and wasn't a aggression of sovereignty, law, or public money. When the ministerial Declaration was made and talked about the resistance and its arms, and this is part of its arms, this network wasn't an aggression on sovereignty and public money.

Now, at this moment, the four-party accord is a dream, an illusion, the matter which angered some members of the ruling party. I pronounce that it is an illusion; they will not see it in this life or in the afterlife. In any case, we will not meet in the afterlife. Yet in this life they will never see it. After the Winnograd recommendations, and after Welch's recommendations and the ‘hot Summer', and after the Lebanese crisis was magnified and after (Terje Rod) Larsen and his report that is useless unless the Lebanese government says, "The Lebanese Government says..." ...and after the insulting report of the US State Department to the (Lebanese) government...the Government came and reopened the case even though in the past few months we were negotiating and had reached a certain defined agreement and had answered all the questions. They had come before and we had communicated, the subject was brought up and high levels of Lebanese security institution chiefs were put in charge of communicating with us and discussing the (phone) communication network with us and certain distressing issues. We met and answered their issues and they said, "Fine, you have addressed our issues and we have no problems, but there is a cable laid between the (southern) suburb and western Beirut." This cable was laid out in the July 2006 war a few days after the suburb was bombed and not on the first day; we laid a cable between the suburb and Beirut. They told us that this cable spurs fear from this person and that person, and hope u can remove it, and in case of a new war God forbid, we, the official security forces, vow to lay out a new cable. We agreed to that with our hearts, and told them if it relieves you, remove it, and we have removed it. End of the story.

The region is undergoing a phase. The issue is not about the wired network. There were gambles on the Government that lost. Certain gambles were put on regional and international developments that lost, lost gambles on wars. Therefore, the war in Iraq and Palestine and Lebanon and even with Iran and Syria was required to be waged in a different manner. They came and opened the issue of the wired (network). The officers came and a meeting was held. What's the problem? They said we have a group of issues you must solve for us. We are a people of negotiation and solving issues, and we want to keep our weapons. We don't want to fight for our weapons. Fighting is not our objective. They said we want to lay out a network in Jubeil and Kisirwaan. We told them that it is untrue. And the one (Jumblat) who held a press conference and lied for 25 years knows that he was lying. We informed the officers who informed the ministerial committee who in turn informed the unconstitutional government that Hizbullah says, as a matter of fact that it doesn't want to lay down a network in Jubeil and Kisirwaan, and we told them that we lay it only in places where there are leaders and centers and where there are targets. They said, "Fine, what about the North?" We responded that not even in the North. They said, "fine...And the line between the suburb and the South?" We answered, "It is natural. It is crucial since it provides communication between the suburb and the south." They said, "We fear you might lay lines to your allies in the Choof." We said, "We will not lay lines to the Choof, and we vow not to lay lines to our allies." This is the first time I discuss such information. We said, "Fine, There's no problem." They said, "One more thing. This network is a replacement of the Government's network and in effect it will deprive the treasury of proceeds." We told them that this network is for the sole use of the leaders and cadres of the resistance and is not for public use. And if you want to make sure, be our guests. They said there's a third issue, that this network may be used for making international calls. We told them that it isn't possible, and despite that, you can pick up any international call. Be our guests and tell us where the international calls are and let us deal with it. We believe that international calls of this sort are illegal and are deemed a source of dissolute money and a theft of public money. They said this is perfect. The officers went and said the atmosphere was positive and matters were going well. Then they came back and said we have a deal: we overlook your wired communication network in trade for stopping the strike in Beirut. They want a compromise to overlook the resistance's wired network. Here, I would like to ask: Had we accepted this proposal, would the resistance network have become legal and not against the law and a theft of public money? What kind of government is this? This isn't a government, it's a gang! It is not a government of law or institutions. It's a gang. It's not even a militia. Shame on it! It's a shame to use internal issues to overlook the issue of the resistance's weapons. It is a patriotic internal issue associated with defending this country and confronting the Zionist enemy. Second, the communication network's decision is mine, but the decisions relating to the strike camp lies in the hands of all the opposition.

The issue ended at this level and we provided assurances and showed our willingness (to cooperate) by saying ‘be our guests and come examine (this network) and see that there are no international calls on it and that it isn't for public use and that it takes nothing from the government given the fact that there are phone networks in various places in Lebanon for religious institutions and political parties in Lebanon some of which are licensed and others not so. Allah willing the members of parliament will soon reveal some details in relations to this. But apart from this side, this issue is related to the resistance, with the struggle with ‘Israel', and with defending this country. Yet the topic has risen to the surface again via the Prime Minister Mr. Walid Jumbtatt since it has become clear to me that it is wrongful to say ‘the government of Fuad Saniora' since Fuad Saniora is a poor employee for Walid Jumblaat. And when the latter wants to fire an employee he tells the employees (like Mr. Saniora) to fire them. Of course he (Jumblaat) is an employee for Condaleeza Rice...The Government of Mr. Walid Jumblaat has returned to stir up the topic again and waged a comprehensive attack starting from the camera and conluding with the airport. And it is possible the he (Jumblaat) brought the French Member of Parliament to the suburb. And on the occasion, have you any idea where the mp was arrested? He was arrested in the very alley of my house with camera taking pictures! Who took him there? A person from the Progressive Socialist party!
They took him so that we would arrest him! I tell you, we will not be merciful with the security of any of our leaders at all. They will say kidnap or detainment, not a problem. The issue was brought up and reopened and, hence, the government held a meeting and took decisions that you are aware of. This is what happened up to now.

The second point in the issue of the wired network is describing the decision. I would like to describe the government's decision after the report of the US Department of State which ‘insulted' them. They used the same phrase which came in the State Department's report. They are employees that abide to the text. Fine. A ‘hot summer' and internationalization and after 10 hours of calls made to the countries and capitals that covered the July War, the sinister decision was made which you heard of and which considered the Hizbullah's resistances wired network an aggression against sovereignty, and law and public money, and they requested from the judicial authorities and security forces to pursue everyone that is charged with establishing this network. First, this decision is a declaration of war and a commencement of war from the government of Walid Jumblatt on the resistance and its weapons and a commencement of war from the government of Walid Jumblatt on the resistance and its arms on behalf of and for the benefit of the United States and ‘Israel'. We have no doubts or confusion on the subject. It's as clear as the sun at midday.

Second: this decision revealed the truth of this party and its backgrounds, the truth of its commitments, and the truth of its behavior and performance during the July 2006 war the results of which saddened it (the party).

Third: This decision aims at confiscating the prime factor that protects the resistance's leadership, cadres and infrastructure, and aims at exposing (the resistance) as an introduction to assassination and death, and the destruction of its infrastructure. Hence they become partners in killing and assassinating even if by only providing introductions and opening the way.

Fourth: This decision is aimed at stirring discord between the national Lebanese army, security forces and the resistance after the failure of all previous conspiracies and collusions that were foiled by the patience, wisdom, attention, and responsibility of the resistance and the army leadership. Today they want to push the Lebanese army and the Lebanese security forces into direct combat with the resistance through assigning the issue of removing and disabling this network to them. This is our description of the decision, of course it is also aimed at providing subject matter for Mr. Larsen for the UNSC, supervising UNSCR 1959 so that it is not said ‘Larsen said...' but ‘The government said...' In its simplest terms this is our description of the decision. I wish not to venture regionally and internationally, and into Bush's visit to the region and very long commitments...

Our response to this decision is, naturally, that he who declares war against us and begins a war with us, be he a father or brother, it is our right to face them with defending our rights and weapons and resistance and existence. The wired network is the most crucial part of the resistance's weapons, not just a crucial part. From Bint Jubeil I talked about it and was clear and transparent during that election period. And I wasn't searching for electoral voices. The government's Prime Minister Mr. Walid Jumblaat was present sitting and swaying his feet around while I was giving a speech and clearly said, "The hand that extends to the resistance's weapons whomever it is for and wherever it comes from...we will cut it!" Today is the day of truthfulness to that decision.

The ‘Israeli' hand extended to the resistance's weapons in the July war and it was cut. In the interior (Lebanon), there have been attempts that have not yet reached the level of seriousness, action, and the commencement of a war. But after the gloomy decisions of the dark government we consider that a war has been waged and it is our duty to defend our weapons and resistance, and the legality of our decisions. "He who has warned is excused!" To us the issue has passed all red lines. There will be no lenience with anyone whoever it be wherever it be. We also know, and our information confirms that the issue of the wired network is but a first step to be followed by other steps. And if we are tolerant with the wired network issue, tomorrow we will face a battle on the missile and anti-armor missiles and on every capability the resistance has to defend itself and its country or to confront any future ‘Israeli' aggression.
Second: Te subject of judicial reference. This communication network is under the control of Hizbullah, and therefore Hizbullah owns the network. I, the Secretary General, am the owner of the network and its editor-in-chief, as the media might put it, and it's main financer, and I am a user of this network in which many loyal mujahidin worked implementing my decisions. Despite the illegal reference from the unconstitutional government and I don't believe in the legality of this reference, the Lebanese judiciary can send a judge in the appropriate place on the level of security and allow me to meet him, for I too have a litigation against those who took the decision that they have taken a decision in favor of the US and ‘Israel' and to ignite a civil war. Let the law (rule) between us. As to the rest, the people who facilitated, aided, and considered that they helped the resistance, they are untouchable, be that person an engineer, a company, a mayor, an employee, a contractor, a day laborer... Harming them is equivalent to harming me. Harming any cadre in the resistance in Lebanon is unacceptable, and is equivalent to harming our weapons.

Forgive me. We are in a completely new era. We will arrest those who seek to arrest us. We will shoot anyone who shoots at us. We will cut the hand that extends to (hurt) those young men. There is no need for this entire story. Come, let us talk and see who contradicts the law and who is assaulting public money. It is a shame that, today, the Lebanese Prime Minister (Walid Jumblaat) confesses that he is a thief and admits on TV that he has two notebooks. He admits to lying - the difference between lying and a liar is that lying becomes a second nature to a liar. He's a liar with 25 years of experience in his confession and a killer in his confession. Today, the person ruling the country, and it is required of leaders, religious leaders, and sects to follow his plan, is a liar, a thief, a murderer! He heads the government today, gives out orders, and lays out red lines...while the resistance and the fathers and sons of martyrs who, if not for them Lebanon would have become ‘Israeli', are to be sent to court?! Nobody will take anyone to court! This is not a government. It's a gang dominating people even if the whole world supported them, even if Bush rendered his support to it daily. This is a condemnation in their right, not ours!

The second title: The issue of the airport. Its subject is not General Wafik Shokeir though its title is General Wafik Shokeir. After the parliamentary elections we were massively pressured to dismiss General Wafik Shokeir in order to bring a new general I don't want to name. Many names were presented and we rejected them. There were problems over this issue. Why the insistence? I would like to say that General Shokeir doesn't belong to Amal movement or Hizbullah or to any other opposition party. He's a general in the national institution (the Army), and we all agree on its patriotism and its pioneering unifying role. We all agree on the army. (He is) Like all other patriotic officers that are the sons of this institution, they were raised to apply the law and not abide to (party) leaders.

The issue from the beginning is when this government was formed they wanted to put their hand on the airport not to steal because they already are stealing. Now in the airport there are several issues, entering and exiting, that concern them (the government), and even General Shokeir doesn't know about them. Many are the boxes and baggage that have entered and left the airport and God knows what is in them: weapons, money, white (drugs), green (money), black (weapons)....God knows. This is existent. Yet this is not the story. The issue is that it is required of the Beirut airport to become a base for the FBI, CIA, and ‘Israeli' Mossad. Quite honestly this is the issue. If not, where is the security disorder in the airport? Trips arrive and depart and so are people, and there is no problem at the airport or in its vicinity at all. Yes, the presence of a patriotic general that abides to the law whom they know very well through his patriotism is an obstacle in transforming Beirut's Martyr Rafiik Hariri airport into a spying base for the United States and the Mossad, Shabak, Shin Bet, etc. This is the issue. That's why it is required that General Wafik Shokeir should be fired meanwhile they weren't able to in the past. Even after we resigned from the government they attempted that, but they faced the obstacle of His Excellency President Emile Lahoud who would refuse to sign such decree.

Now this unconstitutional government which believes that it has the jurisdiction of the president has taken this step. What is intended is bringing a general loyal to one of those leaders who are employed by the CIA and FBI. This is the airport's story in a nutshell.
Quite frankly we cannot tolerate the presence of a CIA, FBI, or Mossad base in our neighborhood. People's blood, dignity, and safety are more precious and over any other consideration. Yet the logic of the government and gang exists. His Eminence Sheikh Abdul Amir Qabalan called the Deputy Prime Minister Fouad Saniora and told him that this issue can't be dealt with in this manner, and if General Shokeir was negligent in the issue of the cameras which is a ridiculously absurd obvious issue, let there be an investigation and send it to court...We will not defend negligent generals that have broken the law. And if he is not negligent, why do you want to fire him?

His Eminence Sheikh Qabalan and everyone that has stood by General Shokeir in this matter is not defending a Shiite general; he's defending a patriotic general. Since when General Shokeir is desecrated all patriotic generals in Lebanon will be desecrated. And every general will observe that his security institution and government are not protecting him, and that the ones that protect him are the political leaders. The last thing left in this country is the army, and if it crumples nothing will be left. These couple of days what has stopped a civil war from breaking out is a national willpower in the country and the presence of a military institution... and if the patriotic generals are desecrated the country is gone. We look at the issue at a deeper level than the airport and farther than the issue of General Shokeir. The issue is preserving what has been left of this country, the army with the hope that matters in this country will straighten up again. He (Saniora) promised him (Qabalan) and told the latter "Allah willing..." But he (Saniora) is but an employee. The true Premier (Jumblat) told them no, he had taken the decision to fire General Wafik Shokeir. Why didn't he (Jumblat) hold a press conference in Clemenseau, but went to Al Mukhtara and make the decision to fire (Shokeir) from there? Employees must follow their orders

They didn't investigate or prosecute or even give General Shokeir a chance to defend himself. And what is he charged with anyway? This is how gangs work: We are the government and are not a government within a government. The day of Mar Mokhayel incidents seven young men like primrose were killed, slaughtered. We did not take revenge on anyone or judge anyone. All we did was be bear the pains of our wounds and said that we wanted an investigation, a prosecution, and that the negligent be held responsible. Who is the government and who is the gang in this country? Who had the logic of a government and who has the logic of a gang in this country?...the ones who are killed , slaughtered, pleading for an investigation and prosecution or the ones who in absentia prosecute the chief of airport security after tens of years of military service as a result of a absurd ridiculous charge titled as a surveillance camera on a container in the presence of thousands of similar cameras in the area and in Lebanon? Who is the gang and who is the government? Therefore in this matter the decision that is issued by an unconstitutional government is unconstitutional... and General Shokeir will keep his post as chief of airport security and will bear his responsibilities in airport security. And any other offices that takes this post is an impersonator and must be aware that he is an impersonator and that he is previously adjudicated of coming to implement a decision to transform Rafik Hariri International Airport into a base for the CIA, FBI, and Mossad... whomever the officer may be... Shiite, Sunni, Durzi, Christian, or Muslim, they are all the same! Treason and treachery have no religion, have no sect!

The third and final title is the current crisis. They are the ones who pushed matters to this current crisis. We were being patient. We were killed, and killed, and killed...and we remained patient. We considered that we were killed in a homeland issue and that it is fine as long as there is a government, Judiciary, and a power struggle. But when they took these decisions they created a new crisis.

To us, we have entered a new stage. Here, I do not declare war. I declare (our) oppression and a decision to defend ourselves. I declare that after that dark gloomy night's decisions is different from before them. After today, we will not be killed in the streets anymore! No longer will we accept being fired at from anyone! We will not allow conspiracies against our weapons! We won't tolerate any subjection of our existence and legality anymore! ... Even if all the armies in the world came (to subject us)... This is our decision today in all clarity and transparency.

Whoever wants dialogue will get dialogue. Whoever wants a settlement will find the doors to settlement wide open. What is the way out of the crisis? Two phrases. First, annulling the unconstitutional decisions of Walid Jumblaat's unconstitutional government. Second, answering Chairman Nabih Berri's previous call for national dialogue. There is no other way out nor is there any (other) solution. There is a party that declared war on another party, and we are not the ones who started. A party declared war on another party and you tell me to come and solve the issue. This is how we solve the matter and we have no problems on our part.
I would also like to address the Arab and Muslim nations which everyone in Lebanon is addressing today. Yesterday we heard voices we didn't hear throughout the July war for 33 days, and didn't observe this warmth, these emotions and enthusiasm when ‘Israel' had forced the evacuation of over a million Lebanese, destroyed more than a hundred thousand homes, ruined the infrastructure and threatened all of Lebanon. I would like to address them all by saying: Had the struggle been over a partnership government or power, we would have settled with a political stance, demonstrating, and strikes. A thousand times I said we are not competing for power, the government, a ministry, or any position within the government. All what has been said to the Arab and Islamic world about a coup and government is worthless. The truth of what is happening now in Lebanon is that there is a pro-American subsidiary serving committed party that is implementing a scheme that America and ‘Israel' have failed to impose, which is the disarmament of the resistances arms. That party has provided commitments in this regard since 2005 and has failed to live up to the commitments.

Therefore I don't seek aid of assistance from anyone just like I did in the July war. All of Lebanon and the (southern) suburb was bombed, and I was in the suburb, and I said this then that we do not seek aid or assistance from anyone, and he who wants to assist was welcome, but I wasn't asking for anything. But today I do ask something. I ask for understanding and that the Arab and Islamic public opinion not be mislead, since they always threaten us upon the smallest issue: Look, if you stand up there may be a Sunni-Shiite affliction. They have always threatened us with this sectarian affliction.

Therefore, today I declare that we are no longer worried about this Shiite-Sunni affliction. This topic is over. This weapon cannot be used anymore. The battle today is not between Sunnis and Shiites or among some Sunnis and some Shiites. No. Today there is a noble national resistance project and an American project building up. There is no regard to whomever is on that (American) side, even if wears a hundred Amamas (Islamic sheikh head dress) or a hundred caps or a hundred costume of a Muslim religious man nor of Christian religious man or of a politician.

I am the most person that used to fear and worry (about sectarian violence) and they have always betted on that. When they took these decisions they were betting that Hizbullah wouldn't do anything or would merely issue a statement that would relieve its base (followers). Why? Because Hizbullah is very cautious of two points: One, sectarian violence which they always face us with. Here I would like to inform you that, to me, he who extends his hand to the resistance's arms, be he a Sunni, he is not deemed Sunni, and be he a Shiite, he is not deemed Shiite, and be he a Muslim, he is not deemed a Muslim, and be he a Christian, he is no way related to Jesus. Two, using arms on the homefront. We will not use our arms in the interior for a coup nor to change the government, or to impose a status-quo. Rather, the weapons will be used to protect the weapons from anyone.

You have crossed the red lines. We have no more red lines. And we are not afraid of Sunni-Shiite violence for two reasons. First, all the Arab and Islamic world know the nature of the conflict in the country. After the July war we were subjected to a libelous campaign sponsored by millions of dollars from the Arab and Islamic world in the form of media sources, satellite TV stations, authors, newspapers, and even some religious personalities that roamed the entire Arab world to say that Hizbullah is Iranian, is Syrian, is Shiite, is, is.....but no mention of anything related to ‘Israel'. In the past two years millions of dollars have been spent in order to disfigure our image in the Arab and Islamic world, but it has not been disfigured because Hizbullah's image is as bright and clear as the sun and cannot be disfigured by anyone. This is one thing.

The second thing: today, the Amamas and addresses of the Sunnis that have been employed most certainly know our relationship with them. Because they know our stance, faith, and belief that they, the Sunnis, -even if we disagree with them- are our brothers in religion, in the country, in the resistance, and in fate. And because there are among the gracious Sunni sect some deep-rooted patriotic leaderships, households, and religious and patriotic parties and movements. And because there are religious scholars that are faithful and sincere and can say the truth to all the Arab and Islamic world....(because of all this) there won't be Sunni-Shiite violence in Lebanon. We are past the subject now, and I hope nobody intimidates with it.
Today we are in this position. Our decision is clear. And this is our diagnosis of the new stage: The government of Mr. Walid Jumblaat, the government of Mr. David Welch, the government of Ms. Condaleeza Rice... in which there are employees from some sects. And corresponding to our diagnosis is our decision. There are two hands. One extended for dialogue on grounds of annulling the wrongful decisions and sitting at a table for dialogue inn answer to calls from Chairman Nabih Berri. In the other there is a weapon, and this weapon is not for assaulting anyone or to carry out a coup. In Hizbullah, it is our conviction that if all Lebanese, Arabs, Muslims, and international community joined and told Hizbullah that we are good guys and that our administration is a good one, that we don't steal public money, and said that they will hand over the government in Lebanon for us to rule the country...we would apologize and say that we are not capable of bearing the responsibility because the salvation of the country requires everyone.

We are not seeking authority nor are we planning to overthrow the government nor are we weak, frightened, or terrified. Our hopes for the future are very large. You (the unconstitutional government) are the ones whose dreams have begun to vanish. It is you who have fired at our dreams and not at us when you took those dark decisions on that dark gloomy night. We don't want to assault anyone, nor do we want to perform a coup or usurp the country. They talk of a coup. What coup? Had there been a coup you would have awoke to find yourselves cast in prison or in the sea. But we have never, for a day, resorted to this means. We have always said that there is a political crisis, a political struggle in the country. Its tools are political tools; the resolutions are political, and the means are political be it dialogue, early elections, consensus, poll...and never was a day when we talked of arms.

What is required to exit the crisis: We thank those who call and say they care for the country. The way out of the ongoing (political) congestion is by annulling the unconstitutional governments' decisions and sitting at the table for dialogue. Opposing will take us somewhere else. The game being played is a dangerous one. We care for the country and this is how we are devoted to it and how we can overcome the current ongoing crisis in Lebanon.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 13:56

Par Michaël Parenti
Un des meilleurs analystes de l'impérialisme US révèle les dessous du "mythe du Tibet", du Dalaï Lama et de certains aspects du bouddhisme... Comment vivait-on lorsque les moines dirigeaient le Tibet ? Quelle a vraiment été la politique de la Chine dans cette région ? Et celle de la CIA ?

L’histoire du Christianisme, celle du Judaïsme, celle de l'Hindouisme et celle de l'Islam sont fortement marquées par la violence. A travers les âges, les religieux ont toujours invoqué un mandat divin pour massacrer des infidèles, des hérétiques, et même d'autres dévots au sein de leurs propres rangs. Certaines personnes soutiennent que le Bouddhisme est différent, qu'il se distingue nettement de la violence chronique des autres religions. Certes, pour certains praticiens à l’Ouest, le Bouddhisme est plus une discipline spirituelle et psychologique qu'une théologie au sens habituel. Il offre des techniques méditatives censées promouvoir la lumière et l'harmonie en soi. Mais à l’instar de n’importe quel autre système de croyance, le Bouddhisme ne doit pas être appréhendé uniquement par ses enseignements, mais aussi en fonction du comportement effectif de ses partisans.
Le bouddhisme est-il une exception ?
Un regard sur l'histoire révèle que les organisations bouddhistes ne se sont pas abstenues d'actes violents si caractéristiques aux groupes religieux. Au Tibet, du début du dix-septième siècle jusqu’au sein du dix-huitième siècle, des sectes bouddhistes rivales se sont livrées à des affrontements armés et à des exécutions sommaires.1 Au vingtième siècle, en Thaïlande, en Birmanie, en Corée, au Japon, et ailleurs, des Bouddhistes se sont battus aussi bien entre eux qu’avec des non-bouddhistes. Au Sri Lanka, des batailles rangées au nom du Bouddhisme font partie de l'histoire cingalaise.2
Il y a juste quelques années en Corée du Sud, des milliers de moines de l'ordre bouddhiste Chogye se sont battus entre eux à grand renfort de coup de poings, de pierres, de bombes incendiaires et de gourdins, dans des batailles rangées qui ont duré plusieurs semaines. Ils rivalisaient pour le contrôle de l'ordre, le plus grand en Corée du Sud, avec un budget annuel de 9,2 millions de dollars, auquel il faut ajouter des millions de dollars en biens immobiliers ainsi que le privilège d’appointer 1.700 moines à des devoirs divers. Les bagarres ont en partie détruit les principaux sanctuaires bouddhistes et ont fait des dizaines de blessés parmi les moines, dont certains sérieusement. Le public coréen manifesta son dédain envers les deux camps, estimant que quelque soit la clique de moines qui prendrait le contrôle, "elle utiliserait les dons des fidèles pour acquérir des maisons luxueuses et des voitures onéreuses".3
Mais qu’en était-il du Dalaï-lama et du Tibet qu'il a présidé avant l'intervention chinoise en 1959 ? Il est largement répandu par beaucoup de dévots bouddhistes que l’ancien Tibet était un royaume consacré à la spiritualité, exempt de styles de vie égoïstes, de matérialisme vide et de vices corrupteurs qui infestent la société industrialisée moderne. Les mass media occidentaux, les livres de voyage, les romans et les films Hollywoodiens ont dépeint la théocratie tibétaine comme un véritable Shangri-La (paradis terrestre).
Le Dalaï-lama, lui-même, a affirmé que "l'influence pénétrante du Bouddhisme" au Tibet, "au milieu des espaces grand ouverts d'un environnement non corrompu a eu pour effet de produire une société consacrée à la paix et à l'harmonie. Nous jouissions de la liberté et du contentement."4 Une lecture de l'histoire du Tibet suggère une image différente. Au treizième siècle, l'Empereur Kublai Khan a créé le premier Grand Lama, qui devait présider tous les autres lamas à l'instar d'un pape qui préside ses évêques. Plusieurs siècles plus tard, l'Empereur de Chine a envoyé une armée au Tibet pour soutenir le Grand Lama, un homme ambitieux de 25 ans, qui s'est alors donné le titre de Dalaï (Océan) lama, dirigeant de tout le Tibet. C'est tout à fait une ironie de l’histoire : le premier Dalaï-lama a été installé par une armée chinoise.
Pour élever son autorité, le premier Dalaï-lama saisit les monastères qui n'appartenaient pas à sa secte et aurait détruit les écritures bouddhistes qui étaient en désaccord avec sa revendication à la divinité. Le Dalaï-lama qui lui a succédé a poursuivi une vie sybaritique, jouissant de la compagnie de beaucoup de maîtresses, faisant la fête avec des amis, et agissant entre autres façons considérées inconvenantes pour une divinité incarnée. Pour cela, il fut éliminé par ses prêtres. Durant 170 ans, malgré leur statut reconnu de dieu, cinq Dalaï-lama ont été assassinés par leurs grands prêtres ou par d'autres courtisans.5 Shangri-La (pour Seigneurs et Lamas)
Les religions ont eu un rapport étroit non seulement avec la violence mais aussi avec l'exploitation économique. En effet, c'est souvent l'exploitation économique qui nécessite la violence. Tel était le cas avec la théocratie tibétaine. Jusque 1959, quand le Dalaï-lama a fini de présider le Tibet, la plupart de la terre arable était toujours organisée en domaines seigneuriaux travaillés par des serfs. Même un auteur sympathisant du vieil ordre admet que "bon nombre de domaines ont appartenu aux monastères et la plupart d'entre eux ont amassé d’immenses richesses.... De plus, certains moines et lamas individuellement ont pu accumuler une grande richesse par la participation active dans le commerce et le prêt d'argent."6 Le monastère de Drepung était un des plus grands propriétaires terriens dans le monde, avec ses 185 manoirs, 25.000 serfs, 300 grands pâturages et 16.000 bergers. La richesse des monastères est allée aux lamas ayant le grade le plus élevé, beaucoup d'entre eux étant les rejetons de familles aristocratiques.
Les leaders séculiers firent aussi bien. Un exemple notable était le commandant en chef de l'armée tibétaine, qui possédait 4.000 kilomètres carrés de terre et 3.500 serfs. Il était aussi un membre du Cabinet intime du Dalaï-lama.7 Le vieux Tibet a été faussement représenté par certains de ses admirateurs Occidentaux comme "une nation qui n'a exigé aucune police parce que ses gens ont volontairement observé les lois du karma."8 En fait, il avait une armée professionnelle, bien que petite, qui a servi comme une gendarmerie en faveur des propriétaires pour maintenir l'ordre et traquer des serfs fugitifs.
De jeunes garçons tibétains ont été régulièrement enlevés à leurs familles et emmenés dans les monastères pour être formés comme moines. Une fois là, ils étaient internés à vie. Tashì-Tsering, un moine, rapporte qu’il était courant que des enfants de paysans soient sexuellement maltraités dans les monastères. Lui-même était une victime de viol répété à partir de l’âge de neuf ans.9 Les domaines monastiques enrôlèrent de force des enfants de paysans aux fins de servitude perpétuelle comme domestiques, danseurs et soldats.
Dans le vieux Tibet, il y avait un petit nombre de fermiers qui subsistaient comme une sorte de paysannerie libre, et, peut-être, en plus, 10.000 personnes qui composaient la classe moyenne constituée des familles de marchands, de commerçants et de petits négociants. Des milliers d'autres étaient des mendiants. Une petite minorité était des esclaves, la plupart du temps des domestiques qui ne possédaient rien. Leur descendance naissait dans l'esclavage.10 La plus grande partie de la population rurale - environ 700.000 sur une population totale évaluée à 1.250.000 - était des serfs. Les serfs et d'autres paysans vivaient généralement un peu mieux que les esclaves. Ils n’avaient pas de scolarité ni de soins médicaux. Ils passaient la plupart de leur temps à peiner pour les lamas de haut rang, ou pour une aristocratie foncière séculière. Leurs maîtres leur disaient quelle culture produire et quels animaux élever. Ils ne pouvaient pas se marier sans le consentement de leur seigneur ou lama. Et ils pouvaient facilement être séparé de leur famille s’il plaisait au propriétaire de les envoyer travailler dans un endroit éloigné.11
Une femme de 22 ans, elle-même une serve fugitive rapporte : "De jolies filles de serfs étaient habituellement emmenées par le propriétaire comme domestiques de maison et utilisées comme il le souhaitait". Elles "étaient juste des esclaves sans droits".12 Les serfs devaient avoir une permission pour tous leurs déplacements. Les propriétaires terriens avaient l'autorité légale pour capturer ceux qui essayaient de fuir. Un serf fugitif de 24 ans a accueilli l'intervention chinoise comme "une libération". Il affirmait que pendant le temps où il était un serf, il était soumis à un travail dur incessant, à la faim et au froid, incapable de lire ou d'écrire et ne sachant rien du tout. Après sa troisième tentative de fuite ratée, il fût impitoyablement battu par les hommes du propriétaire terrien jusqu’à ce que le sang lui coule du nez et de la bouche ; puis, ils ont versé de l'alcool et de la soude caustique sur les blessures pour augmenter la douleur.13
Les serfs étaient dans l’obligation de travailler à vie la terre du seigneur - ou la terre du monastère - sans être payés, de réparer les maisons du seigneur, de transporter sa récolte et de rassembler son bois de chauffage. Ils étaient aussi supposés fournir les animaux de transport et le transport sur demande.14 Ils étaient taxés sur le mariage, taxé sur la naissance de chaque enfant et sur chaque mort dans la famille. Ils étaient taxés sur la plantation d’un nouvel arbre dans leur terrain et sur la possession d’animaux. Il y avait des impôts pour les festivals religieux, pour le chant, la danse, le tambourinage et la sonnerie de cloche. Les gens étaient taxés quand ils étaient envoyés en prison et quand ils en sortaient. Ceux qui ne pouvaient pas trouver de travail étaient taxés pour être sans emploi et s'ils allaient dans un autre village à la recherche de travail, ils devaient payer un impôt de passage. Quand les gens ne pouvaient pas payer, les monastères leur prêtaient de l'argent à un taux d'intérêt de 20 à 50 pour cent. Certaines dettes étaient passées du père au fils et au petit-fils. Les débiteurs qui ne pouvaient pas honorer leurs obligations risquaient d’être réduits en esclavage, parfois pour le reste de leur vie.15
Les enseignements religieux de la théocratie soutenaient cet ordre de classe. Le pauvre et l’affligé apprenaient qu'ils devaient supporter leurs ennuis à cause de leurs mauvaises manières dans des vies précédentes. Donc, ils devaient accepter la misère de leur existence présente comme une rédemption karmique et en prévision de ce que leur sort s'améliorerait une fois réincarné. Le riche et le puissant, bien sûr, considéraient leur bonne fortune comme une récompense, et une preuve tangible de leur vertu dans les vies passées et présentes.
Torture et Mutilation
Au Tibet du Dalaï-lama, la torture et la mutilation - incluant l’énucléation, l’arrachage de la langue, le sectionnement du tendon du jarret et l’amputation - étaient des punitions favorites infligées aux serfs fugitifs et aux voleurs. En voyageant à travers le Tibet dans les années 1960, Stuart et Roma Gelder ont interviewé un ancien serf, Tsereh Wang Tuei, qui avait volé deux moutons appartenant à un monastère. Pour cela, il a eu les yeux énucléés et la main mutilée afin de ne plus pouvoir l’utiliser. Il explique qu'il n'est plus un Bouddhiste : "quand un saint lama leur a dit de m'aveugler, j'ai pensé qu'il n’y avait rien de bon dans la religion".16 . Bien qu’il était contraire aux enseignements bouddhistes de prendre la vie humaine, quelques contrevenants étaient sévèrement fouettés et ensuite "abandonnés à Dieu" dans la nuit glaciale pour y mourir. "Les parallèles entre le Tibet et l'Europe médiévale sont saisissantes", conclut Tom Grunfeld dans son livre sur le Tibet.17
En 1959, Anna Louise Strong a visité une exposition d'équipement de torture qui avait été utilisé par les suzerains tibétains. Il y avait des menottes de toutes les tailles, y compris de petites pour des enfants, et des instruments pour couper le nez et les oreilles, pour énucléer les yeux et pour briser les mains. Il y avait des instruments pour couper les rotules et les talons, ou paralyser les jambes. Il y avait des fers chauds, des fouets et des instruments spéciaux pour éviscérer.18
L'exposition a présenté des photographies et les témoignages des victimes qui avaient été aveuglées ou estropiées ou subi des amputations pour raison de vol. Il y avait le berger dont le maître lui devait un remboursement en yuan et du blé, mais a refusé de payer. Alors, il a pris une des vaches du maître ; pour cela, il eut les mains coupées. Un autre berger qui s'est opposé à ce que sa femme lui soit prise par son seigneur a eu les mains broyées. Il y avait les images d’activistes communistes dont le nez et la lèvre supérieure ont été coupées et celles d’une femme qui a été violée, et puis, dont le nez a été coupé en tranches.19
D’anciens visiteurs du Tibet commentent le despotisme théocratique. En 1895, un anglais, le docteur A. L. Waddell, a écrit que la population était sous la "tyrannie intolérable de moines" et les superstitions diaboliques qu’ils avaient fabriquées pour terroriser les gens. En 1904, Perceval Landon a décrit l'autorité du Dalaï-lama comme "une machine d'oppression". À peu près au même moment, un autre voyageur anglais, le Capitaine W.F.T. O'Connor, a observé que "les grands propriétaires terriens et les prêtres .. exercent chacun dans leur domaine respectif un pouvoir despotique sans aucun appel", tandis que les gens sont "opprimés par une fabrique de prêtres et de monachisme des plus monstrueuses". Les dirigeants tibétains ont "inventé des légendes dégradantes et ont stimulé un esprit de superstition" parmi le peuple. En 1937, un autre visiteur, Spencer Chapman, a écrit, "le moine lamaïste ne passe pas son temps à administrer les gens ou à les éduquer…. Le mendiant sur le bord de la route n'est rien pour le moine. La connaissance est la prérogative jalousement gardée des monastères et est utilisée pour augmenter leur influence et leur richesse."20
Occupation et révolte
Les communistes chinois ont occupé le Tibet en 1951, revendiquant la souveraineté sur ce pays. Le traité de 1951 prévoyait l'autonomie apparente sous l'autorité du Dalaï-lama, mais confiait à la Chine le contrôle militaire et le droit exclusif de conduire les relations avec l'étranger. Les Chinois disposaient aussi d’un rôle direct dans l'administration interne "pour promouvoir des réformes sociales". D'abord, ils réformèrent lentement, comptant surtout sur la persuasion comme tentative pour effectuer le changement. Parmi les premières réformes qu’ils ont appliquées, il y avait la réduction des taux d'intérêt usuraires et la construction de quelques hôpitaux et de routes. "Contrairement à la croyance populaire à l'Ouest", écrit un observateur, les Chinois "prirent soin de montrer du respect pour la culture et la religion tibétaines". Aucune propriété aristocratique ou monastique n'a été confisquée, et les seigneurs féodaux continuèrent à régner sur les paysans qui leur étaient héréditairement attachés."21 Les seigneurs et les lamas tibétains avaient vu les Chinois aller et venir au cours des siècles et avaient joui de bonnes relations avec le Generalissimo Chiang Kaishek et son pouvoir réactionnaire sur la Chine avec le Kuomintang.22 L'approbation du gouvernement Kuomintang était nécessaire pour valider le choix du Dalaï-lama et du Panchen Lama. Quand le jeune Dalaï-lama a été installé à Lhassa, c’était avec une escorte armée des troupes chinoises et un ministre chinois conformément à la tradition vieille de plusieurs siècles. Ce qui contrariait les seigneurs et lamas tibétains, c’était que ces derniers chinois étaient des communistes. C'était seulement une question de temps, ils en étaient sûrs, avant que les Communistes ne commencent à imposer leurs solutions collectivistes égalitaires au Tibet.
En 1956-57, des bandes armées tibétaines tendirent une embuscade à des convois de l'Armée Populaire de Libération chinoise. Le soulèvement reçut un appui important de la Central Intelligence Agency américaine (C.I.A.), comprenant un entraînement militaire, des camps d'appui au Népal et de nombreux ponts aériens.23 Pendant ce temps, aux Etats-Unis, la Société américaine pour une Asie libre, un front de la C.I.A., avait énergiquement fait la publicité de la cause de la résistance tibétaine avec le frère aîné du Dalaï-lama, Thubtan Norbu, qui jouât un rôle actif dans ce groupe. Le second frère aîné du Dalaï-lama, Gyalo Thondup, mis sur pied une opération de renseignements avec la C.I.A. en 1951. Il remit ça plus tard dans une unité de guérilla entraînée par la C.I.A. dont les recrues furent parachutées à nouveau au Tibet.24
Beaucoup de commandos et d’agents tibétains que la C.I.A. avait déposé dans le pays étaient les chefs de clans aristocratiques ou les fils des chefs. Pour nonante pour cent d'entre eux, on n'en entendit jamais plus parler, selon un rapport de la C.I.A. elle-même, signifiant en cela qu’ils avaient probablement étaient capturés ou tués.25 "Beaucoup de lamas et de membres séculiers de l'élite et le gros de l'armée tibétaine ont rejoint le soulèvement, mais, en général, la population ne l'a pas fait, ce qui entraîna son échec", écrit Hugh Deane.26 Dans leur livre sur le Tibet, Ginsburg et Mathos arrivent à une conclusion semblable : "Autant qu'il peut être vérifié, la plupart du peuple de Lhassa et de la campagne attenante ne rejoignis pas le combat contre les Chinois, aussi bien quand il commença qu’au cours de son déroulement."27 Finalement, la résistance s’effondra.
Les communistes entrent
Quels que furent les maux et les nouvelles oppressions introduits par les chinois au Tibet après 1959, ils ont supprimé l'esclavage et le système de servage de travail impayé et mirent un terme aux flagellations, aux mutilations et aux amputations comme méthodes de sanctions criminelles. Ils ont éliminé les nombreux impôts écrasants, commencé des projets de grands travaux et ont énormément réduit le chômage et la mendicité. Ils ont instauré l'éducation laïque, brisant ainsi le monopole de l'éducation des monastères. Ils ont mis en place la distribution d'eau courante et d'électricité dans Lhassa.28
Heinrich Harrer (il fut ultérieurement révélé que Harrer avait été un sergent dans les SS d'Hitler) a écrit un best-seller racontant ses expériences au Tibet et qui a été montré dans un film populaire de Hollywood. Il rapporta que les Tibétains qui ont résisté aux Chinois "étaient principalement les nobles, les semi-nobles et les lamas ; ils ont été punis en étant contraint de devoir exécuter les tâches les plus humbles, comme travailler sur des routes et des ponts. Ils furent encore plus humiliés par le fait de devoir nettoyer la ville avant l’arrivée des touristes". Ils ont aussi dû vivre dans un camp à l'origine réservé aux mendiants et aux vagabonds.29
En 1961, les Chinois ont exproprié les propriétés foncières tenues par les seigneurs et les lamas et ont réorganisé les paysans en centaines de communes. Ils distribuèrent des centaines de milliers d'acres à des fermiers locataires et à des paysans sans terre. Les troupeaux qui appartenaient auparavant à la noblesse ont été rendu à des collectifs de bergers pauvres. Des améliorations ont été faites dans la reproduction du bétail et des nouvelles variétés de légumes et des nouvelles souches de blé et d'orge ont été introduites ; avec des améliorations en matière d'irrigation, tout cela aurait mené à une augmentation de la production agraire.30
Beaucoup de paysans sont restés aussi religieux qu’avant, donnant l'aumône au clergé. Mais les nombreux moines qui avaient été enrôlés de force dans les ordres religieux quand ils étaient enfants étaient maintenant libres de renoncer à la vie monastique, ce que des milliers ont fait, particulièrement les plus jeunes. Le clergé restant a vécu sur des bourses modestes dispensées par le gouvernement et sur le revenu supplémentaire gagné en officiant des services de prière, des mariages et des obsèques.31
Tant le Dalaï-lama que son conseiller et frère le plus jeune, Tendzin Choegyal, ont prétendu que "plus de 1,2 millions de Tibétains sont morts en conséquence de l'occupation chinoise."32 Mais le recensement officiel de 1953 - six ans avant les sévères mesures chinoises - a enregistré la population entière résidant au Tibet au nombre de 1.274.000.33 D'autres comptes de recensement évaluent la population tibétaine ethnique dans le pays à environ deux millions. Si les Chinois avaient tué 1,2 millions de Tibétains au début des années 1960, alors des villes entières et d’importantes parties de la campagne, en fait presque tout le Tibet, auraient été dépeuplé, transformé en un champ de batailles parsemé de camps de la mort et de charniers - dont nous n'avons vu aucune preuve. Les minces forces armées chinoises présentes au Tibet n'étaient pas assez importantes pour regrouper, pourchasser et exterminer autant de personnes même si elles y avaient consacré tout leur temps en ne faisant rien d'autre.
Les autorités chinoises reconnaissent "des erreurs", particulièrement pendant la Révolution Culturelle en 1966-76 quand la persécution religieuse a atteint une haute vague tant en Chine qu'au Tibet. Après le soulèvement à la fin des années 1950, des milliers de Tibétains ont été incarcérés. Pendant le Grand bond en avant, la collectivisation obligatoire et l'agriculture de grain ont été imposées à la paysannerie, parfois avec un effet désastreux. À la fin des années 1970, la Chine a commencé à relâcher le contrôle sur le Tibet "et a essayé de réparer certains des dégâts provoqué pendant les deux décennies précédentes."34
En 1980, le gouvernement chinois a amorcé des réformes censément conçues pour accorder au Tibet un degré plus grand d'autonomie et d'auto-administration. Les Tibétains seraient dès lors autorisé à cultiver des parcelles privées, à vendre leurs surplus de moisson, à décider eux-mêmes quel produit cultiver et à garder des yaks et des moutons. La communication avec le monde extérieur était de nouveau permise et les contrôles aux frontières furent facilités pour permettre aux Tibétains de visiter des parents exilés en Inde et au Népal.35
Dans les années 1990, les Hans, le plus grand groupe ethnique comprenant plus de 95 pour cent de la population énorme de la Chine, ont commencé à se déplacer en nombre substantiel au Tibet et dans diverses provinces occidentales. Dans les rues de Lhassa et de Shigatse, les signes de la prééminence han sont aisément visibles. Les Chinois dirigent les usines et beaucoup des magasins et des stands de vente. De grands immeubles de bureaux et de grands centres commerciaux ont été construits avec des fonds qui auraient été mieux dépensés pour des usines de traitement d'eau et des logements. Les cadres chinois au Tibet ont souvent considéré leurs voisins tibétains comme arriérés et paresseux, ayant besoin d'un développement économique et d'une "éducation patriotique". Pendant les années 1990, des employés du gouvernement tibétain soupçonnés d'entretenir des sympathies nationalistes ont été licenciés et des campagnes ont été lancées pour discréditer le Dalaï-lama. Des Tibétains ont, selon certaines sources, été arrêtés, emprisonnés et soumis au travail obligatoire pour avoir mené des activités séparatistes et s'être engagé dans "la subversion" politique. Certaines des personnes appréhendées ont été retenues en détention administrative sans eau et alimentation adéquates, sans couvertures, sujettes à des menaces, des coups et d'autres mauvais traitements.36
Les règlements de planning familial chinois permettent une limite de trois enfants par familles tibétaines. (Pendant des années, les familles hans étaient soumises à la limite de l’enfant unique) Si un couple dépasse la limite, les enfants en excès peuvent être interdits d'accès à la garderie subventionnée, aux services médicaux, au logement et à l'éducation. Ces pénalités ont été appliquées de manière irrégulière et varièrent selon le district. Par ailleurs, l'histoire, la culture et la religion tibétaines sont négligées dans les écoles. Les matériels pédagogiques, quoique traduits en tibétain, se concentrent sur l'histoire et la culture chinoises.37
Élites, émigrés et la C.I.A.
Pour les lamas et les seigneurs riches, l'intervention communiste était une calamité. La plupart d'entre eux se sont enfuis à l'étranger, ainsi fît le Dalaï-lama lui-même, qui a été aidé dans sa fuite par la C.I.A. Certains ont découvert avec horreur qu'ils devraient travailler pour vivre. Pourtant, pendant les années 1960, la communauté tibétaine en exil a secrètement empoché 1,7 millions de $ par an provenant de la C.I.A. selon des documents rendus publics par le Département d'Etat en 1998. Une fois que ce fait a été rendu public, l'organisation du Dalaï-lama lui-même a publié une déclaration admettant qu'il avait reçu des millions de dollars de la C.I.A. pendant les années 1960 pour envoyer des escadrons armés d'exilés au Tibet pour saper la révolution maoïste. Le revenu annuel du Dalaï-lama dispensé par le C.I.A. était de 186.000 $. Les services secrets indiens l'ont aussi financé ainsi que d'autres exilés tibétains. Il a refusé de dire si lui ou ses frères travaillaient pour la C.I.A. L'agence s’est aussi abstenue de faire des commentaires.38
En 1995, le News & Observer de Raleigh en Caroline du Nord, a publié en couverture une photographie couleur montrant le Dalaï-lama recevant l’accolade du sénateur Républicain réactionnaire Jesse Helms, sous le titre "le Bouddhiste fascine le Héros des droits religieux".39 En avril 1999, avec Margareth Thatcher, le Pape Jean Paul II et George Bush premier, le Dalaï-lama a lancé un appel au gouvernement britannique afin qu'il libère Augusto Pinochet, l'ancien dictateur fasciste du Chili et un client de longue date de la C.I.A. et qui avait été appréhendé alors qu'il était en visite en Angleterre. Il a vivement recommandé que Pinochet ne soit pas forcé d'aller en Espagne où il était requis par un juge espagnol pour passer en justice pour des crimes contre l'humanité.
Aujourd'hui, surtout via la National Endowment for Democracy (NED) et d'autres canaux qui sonnent plus respectablement que la C.I.A., le Congrès US continue d'allouer 2 millions de $ par an aux Tibétains en Inde, plus quelques millions complémentaires pour "des activités démocratiques" dans la communauté d'exil tibétaine. Le Dalaï-lama obtient aussi de l'argent du financier George Soros, qui dirige Radio Free Europe/Radio Liberty, la radio créée par la C.I.A., ainsi que d'autres instituts.40
La question de la culture
On nous a dit que quand le Dalaï-lama gouvernait le Tibet, le peuple vivait dans une symbiose satisfaisante et tranquille avec leurs seigneurs monastiques et séculiers, selon un ordre social fondé sur une culture profondément spirituelle et non violente inspirée par des enseignements religieux humains et pacifiques. La culture religieuse tibétaine était le ciment social et le baume réconfortant qui maintenaient les lamas riches et les paysans pauvres liés spirituellement et … pour soutenir ces prosélytes qui considèrent le vieux Tibet comme un modèle de pureté culturelle, un paradis terrestre. On peut se rappeler les images idéalisées de l'Europe féodale présentées par des catholiques conservateurs contemporains comme G. K. Chesterton et Hilaire Belloc. Pour eux, la chrétienté médiévale était un monde de paysans satisfaits vivant dans un lien spirituel profond avec leur Église, sous la protection de leurs seigneurs.41 A nouveau, nous sommes invités à accepter une culture particulière selon ses propres canons, qui signifie l'accepter tel qu'elle est présentée par sa classe privilégiée, par ceux du sommet qui en ont profité le plus. L'image du Shangri-La du Tibet n'a pas plus de ressemblance avec la réalité historique que ne l'a l'image idéalisée de l'Europe médiévale.
Quand il est vu dans toute son effroyable réalité, le vieux Tibet confirme que la culture n’est absolument pas neutre. La culture peut faire office de couverture de légitimation à une foule de graves injustices, bénéficiant à une portion de la population d’une société au grave détriment d’autres segments de cette population. Dans le Tibet théocratique, les intérêts dominants manipulaient la culture traditionnelle pour consolider leur richesse et leur pouvoir. La théocratie assimilait les pensées et les actions rebelles à des influences sataniques. Elle propageait la supposition générale de la supériorité du seigneur et de l’infériorité du paysan. Le riche était représenté comme méritant sa belle vie et le pauvre comme méritant sa misérable existence, le tout codifié en enseignements à propos de la succession karmique des vertus et des vices issus de vies passées et présenté comme l’expression de la volonté de Dieu.
Il pourrait être dit que nous, citoyens du monde laïc moderne, ne pouvons pas saisir les équations du bonheur et de la douleur, le contentement et la coutume qui caractérisent des sociétés plus traditionnellement spirituelles. Cela peut être vrai et cela peut expliquer pourquoi certains d'entre nous idéalisent de telles sociétés. Mais tout de même, un œil énucléé est un œil énucléé, une flagellation est une flagellation, et l'exploitation oppressante des serfs et des esclaves est toujours une injustice de classe brutale quels que soient ses emballages culturels. Il y a une différence entre un lien spirituel et un esclavage humain, même quand tous les deux existent côte à côte.
Bon nombre de Tibétains ordinaires souhaitent le retour du Dalaï-lama dans leur pays mais il apparaît que relativement peu souhaite un retour à l’ordre ancien qu’il représente. Une histoire publiée en 1999 dans le "Washington Post" note qu’il continue à être révéré au Tibet, mais …
... peu de Tibétains accueilleraient un retour des clans aristocratiques corrompus qui se sont enfuis avec lui en 1959, et cela comprend la plus grande partie de ses conseillers. Beaucoup de fermiers tibétains, par exemple, n'ont aucun intérêt à recéder la terre qu'ils ont gagnée pendant la réforme agraire que la Chine a imposée aux clans. Les anciens esclaves du Tibet disent qu'ils, eux aussi, ne veulent pas que leurs anciens maîtres reviennent au pouvoir.
"J'ai déjà vécu cette vie une fois auparavant", a dit Wangchuk, un ancien esclave de 67 ans qui portait ses meilleurs vêtements pour son pèlerinage annuel vers Shigatse, un des sites les plus saints du Bouddhisme tibétain. Il a dit qu'il vénérait le Dalaï-lama, mais a ajouté, "je ne peux pas être libre sous le communisme chinois, mais je suis dans de meilleures conditions que quand j'étais un esclave."42
Kim Lewis qui a étudié les méthodes de guérison avec un moine bouddhiste à Berkeley en Californie a eu l’occasion de parler longuement avec plus d’une dizaine de femmes tibétaines qui vivaient dans le bâtiment du moine. Quand elle demanda comment elles se sentaient à l’idée de retourner dans leur pays d’origine, le sentiment était unanimement négatif. Au début, Lewis pensait que leur répugnance avait un rapport avec l’occupation chinoise mais elles l’informèrent vite qu’il en était tout autrement. Elles dirent qu’elles étaient extrêmement reconnaissante "de ne pas avoir du se marier à 4 ou 5 hommes, de ne pas devoir être enceinte presque tout le temps", ou de devoir supporter des maladies sexuellement transmissibles contractées par un mari errant. Les plus jeunes femmes "étaient enchantées de recevoir une éducation et ne voulaient absolument rien à voir avec une quelconque religion, et se demandaient pourquoi les Américains étaient si naïfs". Elles racontèrent les histoires des épreuves de leur grand-mère avec des moines qui les utilisaient comme "épouses de sagesse", leur disant "qu’elles gagneraient énormément de mérites en fournissant les ‘moyens de l’éblouissement’ – après tout, Buddha avait besoin d’être avec une femme pour atteindre l’illumination".
Les femmes interviewées par Lewis parlèrent avec amertume au sujet de la confiscation de leurs jeunes garçons par les monastères au Tibet. Quand un enfant criait après sa mère, il lui était dit "Pourquoi la réclames-tu, elle t’a abandonné – elle est juste une femme." Parmi les autres problèmes, il y avait notamment "l’homosexualité endémique dans la secte Gelugpa. Tout n’était pas parfait au Shangri-la", opine Lewis."43
Les moines qui ont obtenu l’asile politique en Californie ont fait une demande pour obtenir la sécurité sociale. Lewis, elle-même une partisane pendant un temps, les a aidé pour les documents administratifs. Elle observe qu’ils continuent à recevoir des chèques de la sécurité sociale d’un montant de 550 à 700 dollars par mois avec Medicare et MediCal. En plus, les moines résident sans payer de loyer dans d’agréables appartements équipés. "Ils ne paient aucune charge, ils ont l’accès gratuit à internet avec des ordinateurs mis à leur disposition, ainsi que des fax, des téléphones fixes et portables et la télévision câblée." En plus, ils reçoivent un traitement mensuel de leur ordre. Et le centre dharma prend une collection spéciale de ses membres (tous américains), distinct de leurs devoirs de membres. Certains membres effectuent avec passion les tâches ménagères pour les moines, notamment les courses chez l’épicier, l’entretien de leurs appartements et leurs toilettes. Ces même saints hommes "ne voient aucun problème à critiquer l’obsession des Américains pour les choses matérielles".44
Soutenir le renversement de la vieille théocratie féodale par la Chine ne signifie pas applaudir à tout ce que fait l'autorité chinoise au Tibet. Ce point est rarement compris par les adhérents du Shangri-La aujourd'hui à l'Ouest.
L'inverse est aussi vrai. Dénoncer l'occupation chinoise ne signifie pas que nous devons idéaliser l'ancien régime féodal. Une complainte commune parmi les prosélytes bouddhistes à l'Ouest est que la culture religieuse du Tibet est sapée par l’occupation. Cela semble vraiment être le cas. Nombre de monastères sont fermés et la théocratie est passée dans l’histoire. Ce que je mets en doute ici est la nature soi-disant admirable et essentiellement spirituelle de cette culture d'avant l'invasion. En bref, nous pouvons préconiser la liberté religieuse et l'indépendance pour le Tibet sans devoir embrasser la mythologie d'un Paradis Perdu.
Finalement, il devrait être noté que la critique posée ici ne doit pas être considérée comme une attaque personnelle contre le Dalaï-lama. Quel que soit ses associations passées avec la C.I.A. et certains réactionnaires, il parle souvent de paix, d'amour et de non-violence. Et il ne peut lui-même être réellement blâmé pour les abus de l’ancien régime, n’ayant que 15 ans quand il s’enfuit en exil. En 1994, dans une interview avec Melvyn Goldstein, il dit en privé qu'il était depuis sa jeunesse en faveur de la construction d'écoles, "de machines" et de routes dans son pays. Il prétend qu'il pensait que la corvée (travail forcé non payé d’un serf au profit du seigneur) et certains impôts imposés aux paysans étaient "extrêmement mauvais". Et il n'aimait pas la façon dont les gens étaient surchargés avec des vieilles dettes parfois transmises de génération en génération.45 En outre, il propose maintenant la démocratie pour le Tibet, caractérisée par une constitution écrite, une assemblée représentative et d'autres attributs démocratiques essentiels.46
En 1996, le Dalaï-lama a fait un communiqué qui a du avoir un effet dérangeant dans la communauté en exil. Il dit en partie ceci :
De toutes les théories économiques modernes, le système économique marxiste est fondé sur des principes moraux, tandis que le capitalisme n’est fondé que sur le gain et la rentabilité. Le marxisme est basé sur la distribution de la richesse sur une base égale et sur l'utilisation équitable des moyens de production. Il est aussi concerné par le destin des travailleurs - qui sont la majorité - aussi bien que par le destin d'entre ceux qui sont défavorisés et dans le besoin, et le marxisme se soucie des victimes de minorités exploitées. Pour ces raisons, le système m'interpelle et il semble juste ... Je me considère moi-même comme demi-marxiste et demi-bouddhiste.47
Et plus récemment, en 2001, en visitant la Californie, il a fait remarquer que "le Tibet, matériellement, est très, très en arrière. Spirituellement, il est tout assez riche. Mais la spiritualité ne peut pas remplir nos estomacs."48 Voici un message qui devrait être pris en compte par les prosélytes bouddhistes bien alimentés en Occident qui dissertent avec nostalgie sur le vieux Tibet.
Ce que j'ai essayé de défier, ce sont le mythe du Tibet, l'image du Paradis perdu d'un ordre social qui, en fait, n’était rien de plus qu'une théocratie rétrograde de servage et de pauvreté, où une minorité privilégiée vivait richement et puissamment au prix du sang, de la sueur et des larmes de la majorité. On est loin du Shangri-la.

Notes :
1. Melvyn C. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon : China, Tibet, and the Dalai Lama (Berkeley : University of California Press, 1995), 6-16.
2. Mark Juergensmeyer, Terror in the Mind of God, (Berkeley : University of California Press, 2000), 113.
3. Kyong-Hwa Seok, "Korean Monk Gangs Battle for Temple Turf", San Francisco Examiner, December 3, 1998.
4. Dalai Lama quoted in Donald Lopez Jr., Prisoners of Shangri-La : Tibetan Buddhism and the West (Chicago and London : Chicago University Press, 1998), 205. 5. Stuart Gelder and Roma Gelder, The Timely Rain : Travels in New Tibet (New York : Monthly Review Press, 1964), 119, 123.
6. Pradyumna P. Karan, The Changing Face of Tibet : The Impact of Chinese Communist Ideology on the Landscape (Lexington, Kentucky : University Press of Kentucky, 1976), 64.
7. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 62 and 174.
8. As skeptically noted by Lopez, Prisoners of Shangri-La, 9.
9. Melvyn Goldstein, William Siebenschuh, and Tashì-Tsering, The Struggle for Modern Tibet : The Autobiography of Tashì-Tsering (Armonk, N.Y. : M.E. Sharpe, 1997).
10. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 110.
11. Anna Louise Strong, Tibetan Interviews (Peking : New World Press, 1929), 15, 19-21, 24.
12. Quoted in Strong, Tibetan Interviews, 25.
13. Strong, Tibetan Interviews, 31.
14. Melvyn C. Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951 (Berkeley : University of California Press, 1989), 5.
15. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 175-176; and Strong, Tibetan Interviews, 25-26.
16. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 113.
17. A. Tom Grunfeld, The Making of Modern Tibet rev. ed. (Armonk, N.Y. and London : 1996), 9 and 7-33 for a general discussion of feudal Tibet; see also Felix Greene, A Curtain of Ignorance (Garden City, N.Y. : Doubleday, 1961), 241-249; Goldstein, A History of Modern Tibet 1913-1951, 3-5; and Lopez, Prisoners of Shangri-La, passim.
18. Strong, Tibetan Interviews, 91-92.
19. Strong, Tibetan Interviews, 92-96.
20. Waddell, Landon, and O'Connor are quoted in Gelder and Gelder, The Timely Rain, 123-125.
21. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 52.
22. Heinrich Harrer, Return to Tibet (New York : Schocken, 1985), 29.
23. See Kenneth Conboy and James Morrison, The CIA's Secret War in Tibet (Lawrence, Kansas : University of Kansas Press, 2002); and William Leary, "Secret Mission to Tibet", Air & Space, December 1997/January 1998.
24. On the CIA's links to the Dalai Lama and his family and entourage, see Loren Coleman, Tom Slick and the Search for the Yeti (London : Faber and Faber, 1989).
25. Leary, "Secret Mission to Tibet".
26. Hugh Deane, "The Cold War in Tibet", CovertAction Quarterly (Winter 1987).
27. George Ginsburg and Michael Mathos, Communist China and Tibet (1964), quoted in Deane, "The Cold War in Tibet". Deane notes that author Bina Roy reached a similar conclusion.
28. See Greene, A Curtain of Ignorance, 248 and passim; and Grunfeld, The Making of Modern Tibet, passim.
29. Harrer, Return to Tibet, 54.
30. Karan, The Changing Face of Tibet, 36-38, 41, 57-58; London Times, 4 July 1966.
31. Gelder and Gelder, The Timely Rain, 29 and 47-48.
32. Tendzin Choegyal, "The Truth about Tibet", Imprimis (publication of Hillsdale College, Michigan), April 1999.
33. Karan, The Changing Face of Tibet, 52-53.
34. Elaine Kurtenbach, Associate Press report, San Francisco Chronicle, 12 February 1998.
35. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 47-48.
36. Report by the International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril (Berkeley Calif. : 2001), passim.
37. International Committee of Lawyers for Tibet, A Generation in Peril, 66-68, 98.
38. Jim Mann, "CIA Gave Aid to Tibetan Exiles in '60s, Files Show", Los Angeles Times, 15 September 1998; and New York Times, 1 October, 1998; and Morrison, The CIA's Secret War in Tibet.
39. News & Observer, 6 September 1995, cited in Lopez, Prisoners of Shangri-La, 3.
40. Heather Cottin, "George Soros, Imperial Wizard", CovertAction Quarterly no. 74 (Fall 2002).
41. The Gelders draw this comparison, The Timely Rain, 64.
42. John Pomfret, "Tibet Caught in China's Web", Washington Post, 23 July 1999.
43. Kim Lewis, correspondence to me, 15 July 2004.
44. Kim Lewis, additional correspondence to me, 16 July 2004.
45. Goldstein, The Snow Lion and the Dragon, 51.
46. Tendzin Choegyal, "The Truth about Tibet."
47. The Dalai Lama in Marianne Dresser (ed.), Beyond Dogma : Dialogues and Discourses (Berkeley, Calif. : North Atlantic Books, 1996).
48. Quoted in San Francisco Chronicle, 17 May 2001.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Dimanche 20 janvier 2008 7 20 /01 /Jan /2008 13:43

Review
'Voice of Hezbollah' attempts to bring the voice of Hassan Nasrallah to the page
By Jim Quilty, Daily Star staff, Friday, January 18, 2008

BEIRUT - Hizbullah is a contentious subject and the Party of God provokes a remarkably wide range of responses and interpretations, both within Lebanon and without. Nationalist and leftist apologists tend to stress the party's popularity and legitimacy as an integral part of Lebanon's social and political landscape. They predictably highlight the development and social-welfare services the party supplies to significant segments of Lebanon's Shiite community - contrasting this with the systemic neglect with which Lebanon's state has historically treated the marginal regions of the country - and contrast the party members' image of incorruptibility to the systemic graft of Lebanon's "allotment state." Those with a soft spot for social justice also appreciate Hizbullah's championing of the Palestinian cause.
Washington and its allies, on the other hand, vilify Hizbullah as a terrorist organization, frequently speaking of it in the same breath as "Islamo-fascists," like Al-Qaeda. They cite devastating suicide attacks against US and French interests in Lebanon during the worst days of Lebanon's Civil War (credit for which the party has denied) as well as its intransigent militancy against Israeli policies, indeed its very existence.
Washington's Lebanese allies express various anxieties vis-a-vis the party. Most common among politicians is that the party is a tool of Tehran and Damascus - though Lebanon's political class (including Hizbullah's present accusers) has habitually depended on friendly foreign powers to advance their own domestic interests.
Some distrust a party whose Islamist ideology is represented as the highest form of confessionalism, long the bete noire of the secular left. Others find strong echoes of fascism (or at least authoritarianism) in Hizbullah - whether in its ideological premises in the festering injustices afflicting Palestinians and Lebanon's Shiite population, the closed decision-making process of its leadership or its culture of militancy. They fear the party's anti-sectarian rhetoric would erase Lebanon's "confessional democracy" within an effectively Islamist state.
It's been difficult for Western audiences to form opinions independent of those of the news media, not least because Hizbullah's core leadership, unlike that of its counterparts presently running the Lebanese government, rarely if ever speaks publicly in English or French.

Intent on coming to the rescue are Nicholas Noe and Ellen Khouri, who have collaborated to produce "Voice of Hezbollah: The Statements of Sayyed Hassan Nasrallah." Noe, who includes among his credits a stint as a "news editor" at this very publication, is the ambitious young founder and editor in chief of the Beirut-based news translation service mideastwire.com. Khouri is a veteran translator, editor, human-rights consultant and managing director of the Lebanese publishing house Al-Kutba. Both provide introductory essays, as does another alumnus of this paper, Nicholas Blanford - who for years covered Hizbullah's resistance activities in Israel's erstwhile South Lebanon occupation zone (from 1978 to 2000).
The book's raison d'etre is a simple and laudable one. Noe and Khouri have fished up a collection of Nasrallah's interviews and speeches spanning from March 1986 to August 2006, translated them and offered them up as a bound primary source. In these 20 years, Nasrallah rose from a relatively obscure party spokesman, to Hizbullah secretary general (in the wake of Abbas Mussawi's assassination), to a figure of virtually unrivaled prestige in Lebanon and the region.

The book records his comments on a range of incidents including Israel's air assaults on Lebanon in 1993, 1996 and 2006; Israel's withdrawal from South Lebanon; the rise of Al-Qaeda; the events of September 11, 2001, and their repercussions in Iraq; the second intifada; United Nations Security Council Resolution 1559 and the mounting pressure on the resistance to disarm in the wake of the February 2005 assassination of Lebanon's former Prime Minister Rafik Hariri. It bundles these chapters into three sections - "Radicalism and Resistance, 1986-1999," "Repositioning, 2000-2004," and "February 14, 2005 and After."
Underlying this selection like a leitmotif is the question of Hizbullah's "Lebanon-ization." The premise is that under Mussawi and the early days of Nasrallah's leadership, the party was a creature of the 1979 Iranian Revolution that abjured Lebanese politics and bent its mind to fighting Israel. As the party became more institutionalized, it also grew more adaptable to Lebanese realities.
The existential question arising from this evolution is whether the accommodation was merely rhetorical or reflects more profound changes in the party's ideology and organization. In his introduction Blanford chooses to address this issue by invoking the term taqiyya, which in Jaafari jurisprudence allows believers to pretend to be something else. It's a regrettably orientalist decision - not because there is no taqiyya but because dissimulation (aka "lying") has been no stranger to political practice, regardless of what religion the politicians happen to be.
Readers will find no answer to this existential question here but they will find evidence of the political, or at least rhetorical, evolution of the party over these 20 years. Nasrallah's remarks in the 1980s systematically underline that Hizbullah has no relationship to the Lebanese political system. It has no wish, he says, to establish its own canton (in contrast to the decentralized sectarian model put forth by the Lebanese Forces), nor to compete for pieces of the confessional political pie.

In response to fears that Hizbullah would foist an Islamic state upon Lebanon's mixed bag of confessional communities, he reiterates some well-worn Koranic injunctions against forced conversions on one hand, and champions the rights of non-Muslims on the other. Khouri's translation has Nasrallah gone so far as to reject the legitimacy of Lebanon's national boundaries, saying all colonially drawn borders are illegitimate. It samples an anti-colonialist discourse that might have been lifted straight from a revolutionary Arabist tract of the 1950s and 1960s, recast in Islamic terms.
By 1992, two years after the end of the Civil War and the imposition of the Taif Accord, Nasrallah explains that the party rejects the Taif agreement because it takes the custom of political sectarianism and enshrines it at a constitutional level. Confessionalism is anathema to Hizbullah, he explains, because it contradicts the democratic principle of one man-one vote. He further reiterates the party's refusal to participate in any government whose object is to implement Taif.

Later, the resistance casts its work in increasingly Lebanese-patriotic terms. By 1996, Nasrallah's depiction of Hizbullah's agenda increasingly accentuates the correspondence between the party and the other political groupings in Lebanon's sectarian system. The party, at this point, also champions Taif. In his speech on March 8, 2005, to some 800,000-plus supporters, Nasrallah remarks that the Syrian Army's withdrawal from Lebanon should be pursued as the implementation of Taif, rather than compliance to Resolution 1559.
In his introduction, Noe acknowledges that this book is only a primer that focuses almost exclusively on the party's role in conducting and/or fomenting militancy against the state of Israel. Indeed, the book raises more methodological questions than it answers. By using Nasrallah's interviews and speeches as equally valuable barometers of change in the party's rhetorical-political line, the editors never address the question of whether the secretary general even writes his own speeches.
Though the book does a great service to a readership with an interest in the contemporary Middle East but without the Arabic-language skills to grasp primary sources on their own, it can only scratch the surface in terms of conveying Nasrallah's appeal. The nature of translation itself ensures these statements represent only a pale shadow of Nasrallah's rhetorical profile on the Lebanese and Arab landscape.
His remarks may be faithfully reproduced in English, but it is fiendishly difficult for the translator to capture the impact of Nasrallah's Arabic fluency upon his intended audience. This is the difficult terrain of charisma, which has defied satisfying methodological treatment for ages, even for those fluent in the cultural cues in which it's embedded.
As is inevitable in a book like this, a great deal of context is missing. Noe and Khouri preface each statement with introductory remarks to set the scene and highlight changes of rhetoric, and footnotes point out when Nasrallah's remarks stray from the historical record, sometimes suggesting countervailing interpretations.
Missing from the equation, at least for anyone wanting to understand Nasrallah's reception, are the quips, jibes and broadsides - comic, self-serving, bizarre - of Nasrallah's counterparts in the political class. This is significant because his style has endeared him to his followers (and has earned him the grudging respect of his rivals) because he has tended to say what he does and do what he says. It's a reputation unmatched by all except the one Lebanese politician of Nasrallah's stature, the late Rafik Hariri.
A single anecdote may convey some sense of the complexity of Nasrallah's reception in Lebanon. Part and parcel of his popular appeal is his sense of humor, completely ignored here. Some time after the summer 2006 war, a young, non-Shiite woman had one of Nasrallah's more amusing speeches recorded on her mobile phone. She took some delight in sharing his humor with her pals.
Recorded on the same mobile phone was a clandestine video shot of a couple engaged in a tryst, circulated because the young woman bore an uncanny resemblance to a well known Lebanese pop star.
"Voice of Hezbollah: The Statements of Sayyed Hassan Nasrallah" is published by Verso and available at Virgin Megastores throughout the Middle East

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 23:13

Par François Cusset Publié le lundi 14 janvier 2008

Sous forme de tribune [1], nous publions ci-dessous, avec l’autorisation de l’auteur (et avec des sous-titres de notre choix), un « Intermezzo » extrait de l’ouvrage de François Cusset La Décennie. Le Grand cauchemar des années 80 (La Découverte, octobre 2006). Avant de débattre avec son auteur, jeudi 31 janvier 2008, lors d’un Jeudi d’Acrimed à Paris sur le thème suivant « Le cauchemar médiatique des années 80 : extase télévisuelle et cynisme éditorial » (Acrimed).

« Les nouvelles guerres ont ceci d’extraordinaire que grâce […]
à la télévision, elles font vivre plus de gens qu’elles n’en tuent ».
Patrick Sébastien.

Difficile de raconter la France des années 1980 sans raconter sa télévision. Rien de plus ambivalent, pourtant, que le statut de la télévision dans une telle histoire : transparente et opaque, elle est à la fois ce qui nous montre l’idéologie des années 1980 en train de se faire, ce qui nous montre le monde du point de vue des pouvoirs, et ce qui en dissimule les mécanismes, ce qui produit non seulement mensonges et propagande mais, plus largement, la fiction d’un pur spectacle sans metteur en scène ni même de monde extérieur.
La télévision, fenêtre sur le pouvoir, est l’écran diaphane par lequel observer au plus près la production d’un discours et d’une vision du monde. Tout en étant, miroir déformant, ce qui fait écran à une juste compréhension du monde, ce qui le déréalise et l’éloigne toujours plus. Elle est l’écran de cette décennie-là, écran de contrôle autant qu’écran de fumée. Car elle est d’un côté le parfait reflet de tout ce qui s’y joue, à commencer par la transformation de la télévision aux mains de la génération soixante-huitarde dominant partout ailleurs — et qui en a fait l’instrument majeur de son pouvoir, de Bernard Tapie à Pierre Lescure, Bernard Kouchner à la productrice pionnière Pascale Breugnot. Et elle est en même temps l’inflation, l’exagération, la déformation sélective de tout ce qui s’y passe.
La révolution de la télévision
C’est que les années 1980 sont aussi celles de la révolution de la télévision française, qui prend une place, au fil de la décennie, qu’elle n’avait jamais eue, tant dans la vie politique, économique et culturelle qu’au cœur de l’existence quotidienne des Français. Elle passe devant la presse magazine pour les recettes publicitaires dès 1983 (quand les spots sont autorisés sur FR3), imposant à la presse écrite sa concurrence et bientôt ses méthodes. De 1980 à 1989, voit le taux d’équipement des foyers en téléviseurs passe de 44 % à 85 % (et pour les magnétoscopes, de 1 % à 31 %), l’offre de programmes décuple presque (avec au moins quatre chaînes de plus), la diffusion de ses produits dérivés hebdomadaires (de Télé-7 jours à Télé-poche) double pour atteindre bientôt près de 30 millions de Français, et la durée moyenne passée chaque jour devant le petit écran augmente de plus d’une heure.
Une telle évolution se poursuivra bien sûr au-delà des années 1980, au point qu’aujourd’hui, avec 77 300 heures passées devant la télévision pour une durée de vie moyenne, soit plus de huit ans, elle est devenue la principale occupation des Français (le phénomène est bien sûr identique à l’étranger), devant le travail et juste derrière… le sommeil. Cette explosion horaire s’est accompagnée d’une segmentation de plus en plus fine de la journée, qui a permis à la télévision de coloniser l’après-midi (la continuité de programmes est assurée dès 1982), le début de matinée (Télé-matin commence en 1986), et bien entendu la soirée et le début de soirée — que les experts nomment, dès 1984, le prime time et l’access-prime time.
Ainsi sa puissance est-elle d’abord quantitative. Son pouvoir est même celui d’une seule mesure chiffrée. En 1981, l’arrivée de la gauche au pouvoir est beaucoup moins décisive, en ce sens, que la mise au point d’un dispositif audiométrique tenant dans un petit boîtier branché sur le poste : c’est l’invention d’un système de mesure passive de l’audience - l’audimat – autrement plus efficace que les questionnaires d’évaluation utilisés jusqu’alors par le Centre d’étude de l’opinion. La production de contenus télévisés ne dépendra plus, dès lors, que d’un seul argument, qui est déjà d’usage courant à cette époque dans toutes les industries culturelles, mais dont le petit écran va faire l’unique règle intangible de la vie nationale : le plébiscite de l’audience, le succès chiffré de tel ou tel programme. Puisque la majorité ne saurait avoir tort, le boîtier en question invente l’incontestable jugement populaire, et la légitimation populiste, de l’offre télévisuelle.
Les intellectuels qui se lancent dans la carrière au même moment en savent quelque chose : critiquer sa récente prestation télévisée à « Apostrophes », se défend Bernard-Henri Lévy dès juillet 1977, reviendrait à mépriser les « simples gens » qui ont choisi de la regarder, et qu’il faut enfin libérer de l’élitisme jaloux ou de l’académisme d’arrière-garde qui leur interdisent encore l’accès aux « idées [2] ». Un tel chantage tiendra lieu désormais de seule justification, et souvent de seule réflexion sur l’impact du petit écran. Car malgré la pléthore d’essais sur le sujet, l’Hexagone peine alors (et toujours) à penser sa télévision, à produire la théorie de ses reflets télévisuels. Il faut dire qu’en France, la critique de la télévision, diabolisante ou condescendante, celle des marxistes ou celle de l’élite culturelle, a longtemps dominé la question. Et elle se prolonge au cours de la décennie 1980 dans le discours « téléphobe » récurrent de la caste intellectuelle — qu’il s’agisse de reprocher au petit écran le nivellement de toutes nos valeurs, chez Finkielkraut, la déchéance des liens collectifs et de l’esprit critique, comme chez le sociologue de la communication Lucien Sfez, ou plus classiquement la seule « dictature de l’audimat », titre d’un essai de Noël Mamère, lui-même ancien présentateur passé à la politique chez les Verts [3].
Mais au milieu des années 1980, une position « postcritique », ou « empirique », élaborée au CNRS et dans l’université, s’impose peu à peu face à ce moralisme téléphobique, en pêchant cette fois au contraire par angélisme téléphilique : des spécialistes des médias comme l’économiste Jean-Louis Missika et le sociologue Dominique Wolton, proches des pouvoirs d’État (celui-là a dirigé le service de presse de Matignon, et celui-ci divers rapports gouvernementaux), analysent la télévision comme un « nouvel espace public », une démocratie vulgaire mais juste, la nouvelle « télévision de société » (et non plus d’État) courant simplement « les risques du pluralisme [4] ». On postule ainsi une relative neutralité du médium télévision, et applique à son cas des idées de Tocqueville ou de Raymond Aron sur les paradoxes de la démocratie, avancées pourtant bien avant l’âge de la télévision — parallèlement à l’essor des savoirs experts sur le petit écran, son audience, sa programmation, son économie, qui voient exploser ce que Gérard Genette nomme le « médialecte », jargon de praticiens largement importé des États-Unis. Mais en face, la télévision, au nom de la noble exigence de l’Esprit, ou de la nostalgie des hiérarchies culturelles de jadis, est au contraire l’occasion d’exprimer une véritable répugnance pour la démocratie. Car l’écœurement des clercs devant la déferlante d’émissions bas de gamme et de séries américaines, de l’irruption de Dallas en 1982 jusqu’aux prémisses de la télé-réalité, est davantage un haut-le-cœur devant l’irréductible « vulgarité » du peuple, celui qui regarde ou celui qui s’exhibe, qu’un dégoût plus critique face aux dispositifs cathodiques — comme on l’a vu encore à propos de « Loft Story ». Pris entre la haine du grossier petit écran et l’éloge de la démocratie télévisuelle, ces dispositifs n’ont finalement jamais été pensés en tant que tels, du moins jusqu’à une période très récente : ni la stratégie des programmateurs, ni les mécanismes de l’image, ni l’agencement scénique et politique des talk-shows n’ont fait l’objet en France d’études sérieuses au cours des années 1980.
Ils l’auraient pourtant mérité, compte tenu de la métamorphose que subit d’un bout à l’autre de la décennie l’offre télévisuelle française. Des années 1970 aux années 1990, la télévision n’est plus la même — elle n’est plus la lucarne, mais le cadre général. En 1980, l’enterrement de Sartre et les foules qu’il attire sont l’objet d’une séquence du Journal télévisé. En 1990, le dixième anniversaire de sa mort est l’occasion d’une « nuit Sartre » sur Antenne 2, présentée en direct du Café de Flore par Frédéric Mitterrand. À la fin des années 1970, la France s’entiche d’une vieille paysanne normande vantant une marque de machine à laver. En janvier 1989, la disparition à Saint-Hymer de Jeanne Denis, 95 ans, suscite un deuil national. Sous Giscard, la soirée parisienne séparait ceux qui la passaient devant le petit écran, avec pour vedettes d’alors les peu glamour Denise Fabre, Léon Zitrone et autre Roger Gicquel, et les habitués du Palace et des Bains-Douches préférant les pistes de danse aux chaînes publiques. Sous Mitterrand, les premières émissions de minuit de Thierry Ardisson le samedi soir permettent à 2 millions de Français d’explorer sans se déplacer la faune des Bains ou du Shéhérazade, discothèques parisiennes où sont tournés respectivement « Bains de Minuit » et « Lunettes noires pour nuits blanches ».
Avant 1981, le journaliste chargé d’interviewer les plus hauts personnages de l’État leur servait avant tout de faire-valoir, une règle du jeu qu’incarna longtemps le docile Michel Droit face au général de Gaulle. Au début de la décennie 1990, de Karl Zéro à Guillaume Durand, l’irrévérence complice et les questions (faussement) inquisitrices sont les seules règles des discussions de plateau avec des politiques. Au-delà, séries américaines et jeux télévisés ont proliféré, les émissions de plateau se sont entièrement renouvelées, l’audace et la provocation planifiées ont succédé à une placidité tranquille, et le strass et les paillettes, à la cravate et au col roulé.
En une quinzaine d’années, la télévision est passée de vision du monde en monde parallèle, autonome, cohérent. Elle a glissé de la foi dans les valeurs dominantes à la croyance dans sa seule puissance, ou pour parler comme Serge Daney, du « référentiel au référendum », de programmes renvoyant au monde extérieur en tant que référent, à des programmes ne renvoyant plus qu’à leur seul plébiscite par l’audimat. L’information télévisée, en effet, fut longtemps une branche abâtardie de la connaissance scolaire, et une vulgarisation des propagandes d’État. Elle est devenue, sous le nom d’« actualité », ce flux continu auquel tout le reste se rapporte. Elle est passée elle-même, en une décennie, du journaliste au présentateur, du documentaire au seul document (le scoop), du travelling qui contextualise au zoom qui focalise, et d’une démarche plus ou moins didactique à cette « proxémie phobique [5] », pour reprendre une autre formule de Daney, qui permet à la télévision à la fois de nous éloigner du monde et de nous le rendre effrayant — de produire continûment la peur.
Le meilleur exemple de cette fonction, dévolue désormais à l’information, de vecteur idéologique et de production de la peur est peut-être l’évolution de la représentation de l’Islam à la télévision française sur ces mêmes quinze années. Un regard qui se veut neutre et se dit « objectif », et qu’a passé en revue le chercheur Thomas Deltombe. En 1983, « Dimanche Magazine » oppose l’efficacité des chaînes de montage japonaises et les travailleurs immigrés de chez Renault avec leurs tentations « grévistes ». En 1987, l’émission « L’Islam en France » emboîte le pas, sous prétexte de les écarter, aux discours du Figaro Magazine sur l’immigration comme dissolution de l’identité nationale. En 1989-1990, une noria d’émissions juxtaposent de façon pernicieuse des questions sans rapport (la fatwa contre Salman Rushdie et le port du voile à l’école, le terrorisme et l’immigration) et intronisent des experts de l’Islam dont la liste ne variera plus, de Gilles Kepel à Bruno Etienne. Et au début des années 1990, le « Droit de savoir » sur TF1 et quelques autres magazines de reportages multiplient les faux témoignages (venus de « complices » de la chaîne, comme Rachid Kaci ou Mohammed Sifaoui), les montages biaisés, les images stéréotypées (femmes toujours voilées ou hommes toujours barbus et en groupe) sinon les bidonnages purs et simples [6] — si bien qu’après quinze ans de clichés télévisuels, les amalgames entre Islam et terrorisme, banlieue et violence, immigration et intégrisme religieux sont tout bonnement inévitables.
Ainsi la propagande n’est-elle plus la même qu’à l’époque où le ministre de l’Information du général de Gaulle, Alain Peyrefitte, pouvait présenter la nouvelle mouture qu’il avait imaginée du Journal télévisé. Car la télévision est passée, sous Mitterrand, du « tout État » au (presque) « tout privé ». La date charnière, ici, est moins la création de Canal + ou la vente de TF1 que l’inauguration de la Haute autorité de l’audiovisuel, le 31 août 1982, séparation officielle de l’État et de l’audiovisuel, comme la loi de 1905 avait séparé l’Église de l’État. Le tube cathodique distille dorénavant une idéologie d’ensemble, complète, protéiforme, réactionnaire et conviviale, liée à son financement publicitaire et à ses partenaires commerciaux, et qui n’est donc plus la seule vision des pouvoirs d’État. Cette évolution des programmes n’a été planifiée par aucune instance, et s’est faite aussi par tâtonnements, soumission aux caprices des uns et aux airs du temps. Aussi n’a-t-elle pas empêché la télévision des années 1980 de produire quelques anomalies au pays des Patrick (Le Lay, Sabatier ou Sébastien) — une poignée de programmes audacieux qui ont eu valeur de libertés de transition entre la télévision doctrinale d’État et la télévision idéologique de marché.
L’année 1982 en est l’archétype, pour l’expérience pionnière, fût-elle médiocre, du « Collaro-show », ou pour « Droit de réponse » de Michel Polac, dont la seule édition du 2 janvier (avec Renaud, Gainsbourg, Cavanna et l’équipe de Hara-Kiri, dont le professeur Choron insultant tout le monde) choquera davantage les élites bien-pensantes que dix ans d’émissions de Karl Zéro. C’est l’époque des « Enfants du Rock » de Pierre Lescure, bientôt des premières émissions intimistes de Pascale Breugnot (de « Moi, je » à « Psy-show ») qui débordent encore de quelques imprévus avant de devenir des dispositifs rôdés. C’est l’époque où Canal + invente pour ses premiers pas une langue et une conception nouvelles du divertissement télévisé. C’est même l’époque où l’on hésite encore à diffuser (on ne le fera finalement pas) France tour détour deux enfants, la série de douze petits films décapants sur la France de ce tournant de décennie commandée en 1977 à Jean-Luc Godard. Une télévision de transition encore amateure, riche de ses enclaves, empruntant ses discours au cinéma ou à la presse écrite, mais que les bouleversements du paysage audiovisuel français à partir de 1986 vont vite aligner sur le modèle italo-américain du divertissement généralisé.
Une nouvelle scénographie
Au fil de la décennie, la parole politique officielle à la télévision change radicalement : l’évolution de sa mise en scène télévisuelle est même un parfait résumé de la métamorphose en question. En mai 1982, Antenne 2 inaugure « L’Heure de vérité » de François-Henri de Virieu. C’est un passage bientôt obligé pour tous les ténors de droite et de gauche, mais que son interactivité nouvelle, assurée par le verdict final des téléspectateurs, et son atmosphère de « ring » (comme s’en émeuvent les invités soumis à l’épreuve) n’empêchent pas de maintenir un dispositif traditionnel : dialogue entre une personnalité politique et les professionnels de la presse parisienne, topographie du plateau reproduisant la hiérarchie sociale, rhétorique rationnelle et didactique sur le modèle du texte écrit. Mais dès la fin de la décennie, ce type d’émission, dont l’audience chute, sera déprogrammé ou repoussé plus tard dans la soirée. Une nouvelle scénographie de la parole politique s’impose alors : dispositif simplifié, thèmes plus moraux ou personnels qu’économiques ou sociaux, interlocuteurs ordinaires (téléspectateurs) ou atypiques (stars et provocateurs), parole intimiste et narrative, dûment « oralisée ».
Ce dispositif, quelques expériences pionnières lui servent de test, et de consécration. C’est d’abord le face-à-face informel entre François Mitterrand et Yves Mourousi (« Ça nous intéresse, monsieur le président »), qui donna lieu la première fois, début 1985, au numéro de séduction d‘un président à la page, maniant le verlan et le techno-jargon en vogue (il s’y dit plutôt « câblé » que « branché »). Il se dit même, signe qu’une logique intégralement spectaculaire organise déjà le rapport des politiques aux médias, que Mitterrand aurait accédé finalement à la demande de Mourousi pour avoir particulièrement apprécié son sketch polonais, quand il ouvrit le Journal télévisé, le jour de la visite à Paris du général Jaruzelski, en portant des lunettes noires et en saluant les téléspectateurs dans la langue de Waleza (« Dziendobry ! »).
On assiste aussi, au même moment, aux causeries télévisées mensuelles du Premier ministre Laurent Fabius. Plus tard, en mai 1990, celui-ci ira jusqu’à justifier son passage, en chemise rose et costume décontracté, sur le plateau très bas-de-gamme de « Si on se disait tout ? » de Patrick Sabatier, en expliquant au Nouvel Observateur qu’on ne rate pas une telle occasion de révéler la vérité de l’homme privé : « ce n’est pas de la variété […], [c’est] montrer le bonhomme, et plus seulement le politique, l’homme derrière le personnage [7]  ». Mais c’est dès 1985 aussi que certains politiques jugent opportun d’aller pousser la chansonnette en prime time, Lionel Jospin et François Léotard ouvrant le bal en allant chanter, respectivement, « Les Feuilles mortes » et « L’Ajaccienne » sur le plateau de Patrick Sébastien.
Le succès, en fin de décennie, de l’émission « Questions à domicile », qui montre le politique dans son décor intime et commentant sa vie quotidienne, achève ce processus d’« intimisation » de la parole politique — qui parle dès lors surtout la langue des médias. Plus qu’un parti ou un programme, c’est la télévision elle-même désormais qui s’exprime par la bouche des politiques qui y sont invités. Double essor télévisuel de la politique-intime et de la politique-spectacle qui explique aussi, au fil des années 1980, la banalisation des thèses du Front national, dont le leader agité et ses provocations régulières sont du pain bénit pour toutes les chaînes françaises.
En ce sens, la télévision est devenue en France le lieu par excellence de production de la politique, en y instaurant le jeu médiatico-électoral, la personnalisation de la vie publique et la règle populiste du plébiscite chiffré. Mais elle l’est devenue aussi par défaut, en rognant à ce point sur l’espace public traditionnel qu’elle en est désormais l’ultime ersatz, peut-être même la dernière scène démocratique. Une scène où le souci de justice n’est plus que la hargne contagieuse des petits procureurs, où le problème de la parole n’est plus que celui de sa mise en scène, et où la question de l’égalité est devenue celle du quart d’heure de notoriété de l’homme ordinaire. Et si elle a profondément altéré le jeu politique, la télévision a fait de même pour les univers artistique, littéraire, scientifique, juridique ou économique, qui à leur tour sont déterminés de l’intérieur par le plébiscite de l’audience et la reproduction divertissante d’un discours consensuel.
Pourtant, dans chaque cas, son impact consiste moins à dicter leur contenu à ces univers, à leur inspirer de nouveaux discours, qu’à simplement les formater. La grande affaire de la télévision est son effet de formatage, indissociable de la logique concurrentielle et publicitaire qu’impose le nouveau paysage audiovisuel des années 1980. Ce formatage relève grosso modo du théorème un peu fruste auquel se réfère, pour recruter ses collaborateurs, le patron Bernard Tapie, qui n’est donc pas devenu par hasard l’outsider le plus télégénique de la décennie : c’est sa « règle des trois 20 », soit « les 20 centimètres du visage, les 20 premiers mots, les 20 premières secondes [8]  ». Le format est aussi celui des différents usages des téléspectateurs en matière de changement de chaîne, la généralisation de la télécommande au milieu des années 1980 favorisant l’hyperfragmentation des programmes : il y a non seulement le zapping, mais aussi ses variantes mises à jour outre-Atlantique sous les noms de « zipping », « flipping », « grazing »…
Le format désigne également le rôle-clé du montage, qui est d’abord sélection, désorganisation et recombinaison du réel, et qui consiste surtout, comme le dit Pierre Bourdieu, à « cacher en montant [9]  ». Le format, c’est aussi celui, bientôt dominant, du talk-show, qui organise la parole selon quelques règles immuables : sa brièveté, ses petites variations, son extrême simplification, sa mise en scène physique et sonore, et l’embrigadement de ses énonciateurs — ceux qui dérogent en direct à ces règles de bonne communication sont d’ailleurs si rares, aujourd’hui comme hier, qu’en voir passer un à l’écran fait toujours figure de petit événement. Et le format le plus décisif est celui qu’impose à chaque émission le découpage de la grille de programmes en fonction des coupures publicitaires : à cette fragmentation obligatoire du flux des programmes, tout doit contribuer, le maintien d’un rythme continu mais aussi l’organisation de chaque section d’un programme (entre deux spots) comme une entité autonome, par sa théâtralisation, son suspense provisoire, sa temporalité propre. C’est cette même contrainte de format qui a imposé la pensée-minute dans le champ intellectuel, la petite phrase dans le jeu politique, ou encore partout ailleurs ces « débats d’idées » que la télévision annexe et qu’elle « [lance] comme des tubes », ainsi que le notait Daniel Schneidermann en 1989 : « Heidegger était-il nazi ? La France est-elle en déclin ? L’égalitarisme est-il condamné ? Un débat médiatique se reconnaît à ce qu’il appelle une réponse par oui ou par non. […] Au bout d’un certain temps, l’idée s’épuise d’elle-même, pressée jusqu’à la dernière minute. Il est temps de passer au débat suivant [10]  ».
Le format est bel et bien le facteur-clé. C’est ce qu’avait compris Régis Debray en 1979 lorsqu’il avançait, dans Le Pouvoir intellectuel en France, que le déclin intellectuel du marxisme et l’ascension à sa place d’un nouveau moralisme de la démocratie étaient moins le fait d’une guerre entre clercs opposés que des nouvelles règles audiovisuelles — auxquelles la morale démocratique est parfaitement ajustée, avec ses coups de force et ses petites phrases, là où le marxisme, lourd et explicatif, n’est plus adapté du tout à l’ère du petit écran.
Et c’est ce qu’avait compris BHL lui-même qui, malgré ses odes à la neutralité des médias, fut pris bientôt en flagrant délit d’optimisation scénique de sa télégénique présence : pour son « Grand Echiquier » sur Antenne 2, le 20 octobre 1985, il a tout organisé, commandant le décor à Andrée Putman, le mobilier à Starck, les œuvres d’art à César, un défilé au styliste Yamamoto, des chansons à Gainsbourg et Michel Boujenah, la lecture de ses textes à Sami Frey et jusqu’au passage amical « à l’improviste » de Raquel Welsh. « Vive le spectacle », disait-il déjà en 1980, prenant alors bien soin d’associer ce slogan provocateur à l’impératif catégorique de la morale antitotalitaire : « [surtout] quand, par le spectacle, nous devenons contemporains, immédiatement voisins, des charniers et des holocaustes [11] ». Que le spectacle pût les déréaliser, les banaliser, les normaliser même ne lui est jamais venu à l’esprit.
Et le format, enfin, est celui des postures spectatrices. C’est l’alignement invisible devant un même écran de corps plus ou moins absorbés, de corps reliés par leur seule léthargie, leur interpassivité en quelque sorte (par opposition à l’interactivité), des corps réunis seulement désormais par cette communauté d’écran. Une « télévision cérémonielle » les rassemble, du couronnement de la reine d’Angleterre au Mondial de Football, qu’ont analysée les chercheurs Daniel Dayan et Elihu Katz pour comprendre le rôle de ces « événements publics qui existent, mais n’ont plus besoin d’avoir lieu [12]  ». Cette posture du téléspectateur procède aussi d’une régression fusionnelle, intra-utérine, de ce que les psychanalystes appellent une « pseudo-sublimation » et une « forclusion paranoïde du réel » : l’abandon à un certain ordre imaginaire et le retour à l’enfance, chez le téléspectateur absorbé, lui permettent de substituer à une société qui fait peur l’illusion de la toute-puissance de son désir. Mais cette même posture renvoie aussi à l’intrusion par l’écran, au cœur du foyer, de l’autre et du lointain, cette « intrusion [de l’étranger] chez moi et par moi désirée » dont Jacques Derrida notait qu’elle renforce, en réaction, le désir d’être chez soi, de n’en plus sortir, et qu’elle s’oppose dès lors, presque symétriquement, à ce qu’il appelle l’« hospitalité [13] » : en ce sens, individualisme et xénophobie, méfiance et désabusement, ces traits connus des années 1980, sont peut-être des effets de la posture téléspectatrice beaucoup plus que d’une évolution sociologique ou idéologique spécifique.
Ces histoires de format rappellent aussi que la télévision doit son triomphe, en particulier pendant cette décennie-là, à sa totale absence de contenu propre, à sa dimension de communication pure, d’autant plus fluide qu’elle ne véhicule rien, sauf une fascination ravie — et l’autopromotion de ce vide par lui-même. La télévision n’a qu’une basse idée d’elle-même, comme en témoignent constamment ce mépris que lui vouent ceux qui la font (ce mépris qui est comme inclus dans l’image), mais aussi le mépris que se sentent obligés de lui adresser les téléspectateurs dans leur bonne volonté téléphobe : ils enragent en 1991 contre cette guerre par écrans interposés, mais ne manquent pas un seul détail de l’opération « Tempête du désert », et pesteront quelques années plus tard contre la vulgarité de « Loft Story », sans en rater bien sûr une seule journée.
Mais la télévision, ajoutent-ils aussitôt, apporte aussi la seule preuve valable de quelque chose, puisqu’elle nous le rend visible — vieille croyance tenace dans le statut du visible comme critère ultime de vérité. C’est qu’elle est, surtout, le seul méta-média, celui qui absorbe tous les autres, qui est vierge de tout contenu préétabli, et qui, en fin de compte, parle en continu avant tout de lui-même. C’est même ce cran-là, décisif, que fait franchir à la société française sa télévision des années 1980 : en exhibant moins un quelconque contenu que juste son propre enthousiasme télévisuel, elle ouvre un gouffre où tout semble appelé à disparaître.
À partir des années 1980, la télévision ne cessera plus de se raconter. Certes, la « réflexivité télévisuelle », comme l’appellent les chercheurs, a toujours existé, mais avant 1980, elle était encore didactique, liée à la participation du téléspectateur : des émissions des années 1970 comme « Vocations », « Boîte à malices » ou « Télétests » (qui invite à reconnaître, sur trois témoignages présentés à l’écran, les deux qui sont faux) pariaient chez le spectateur sur une certaine critique de la représentation, sur un jeu avec les codes narratifs du petit écran, sur un « éveil de la conscience téléspectatrice », comme l’espérait le pionnier Jean Frapat. À partir des années 1980, des émissions sur la télévision comme « Téléthèque », « Bonjour la télé » ou « Trente ans de télévision » ne véhiculent plus que l’amour cathodique et la nostalgie des vieux programmes, mais aussi, plus prosaïquement, la concurrence entre chaînes, qui déclinent ainsi, au second degré, leurs programmes-fétiches.
On montera d’un cran encore en 1992 avec la mort en direct de La Cinq, et ces semaines d’agonie au cours desquelles l’ex-chaîne à scandales s’est mise à parler d’elle-même, de sa naissance, de ses changements de propriétaire, de sa fin probable : cette fois, c’est sûr, « La Cinq est une personne [14]  ». La télévision est ainsi passée du statut de médium de contenu (fût-il biaisé) à celui de pur médium de séduction, allégée de tout bagage et entourée de l’aura que confère le narcissisme spontané — je parle de moi car je ne sais rien d’autre. Cette tentation est celle de tous les médias généralistes au cours de la décennie, de la radio à la publicité et même au journal Libération (avec ses numéros spéciaux sur lui-même, « Je t’aime moi non plus » ou « Les années Libé »). Mais la télévision en est l’unique source, et le modèle sans cesse renouvelé.
Pourtant, un autre scénario eût été possible — au vu des premières années expérimentales, des enclaves inventives, ou des usages plus locaux et plus engagés qu’on a pu faire ici et là, plus récemment, des ondes hertziennes ou satellite. Si la télévision est au cœur de l’idéologie 80, ne serait-ce que parce qu’elle ne cesse d’exhiber la servitude, celle des invités ou des victimes, des spectateurs ou des joueurs, elle aurait pu tout aussi bien être le lieu d’un travail critique sur ce tournant idéologique, comme quelques émissions ont bien tenté de le faire. Autrement dit, si la société télévisuelle des années 1980 est une société-écran, opaque à elle-même et faussement transparente, c’est moins le médium lui-même qui est en cause que l’usage qui en fut fait, un usage qui n’a plus cessé depuis lors de se généraliser.
Or, pour retrouver un usage critique possible de la télévision, il faut se souvenir que ses contraintes (ou ses limites) elles-mêmes peuvent être réappropriées, détournées, lui échapper. Il faut garder à l’esprit, contre le simplisme des téléphobes aussi bien que le cynisme des téléphiles, une distinction capitale, celle qu’avançaient en 1980 Gilles Deleuze et Félix Guattari entre « l’asservissement machinique », cette absorption de chacun dans le dispositif technique du pouvoir, et « l’assujettissement social », qui laisse la place à une certaine production de soi par les contraintes elles-mêmes du dispositif : on peut faire de la télévision une arme, en ce sens, si on la détourne du bain intimiste et narcissique où elle flotte depuis les années 1980, car « un peu de subjectivation nous éloignait de l’asservissement machinique, mais beaucoup nous y ramène [15] ». On a été trop longtemps asservis au petit écran, le temps est venu de ne lui être qu’assujetti — ce serait déjà ça.

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

[2] « Réponse aux maîtres-censeurs », Le Nouvel Observateur, 11 au 17 juillet 1977.
[3] Lucien Sfez, Critique de la communication, Seuil, Paris, 1992 et Noël Mamère, La dictature de l’audimat, La Découverte, Paris, 1988.
[4] Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, La folle du logis, La télévision dans les sociétés démocratiques, Gallimard, Paris, 1983.
[5] Serge Daney, Devant la recrudescence des vols de sacs à main, Aléas, 1999, pp. 176-177.
[6] Thomas Deltombe, L’Islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, La Découverte, Paris, 2005, notamment pp. 53, 75-76, 132-138 et 191-192.
[7] Cité in Le Nouvel Observateur, 24 au 30 mai 1990.
[8] Bernard Tapie, Gagner, Lafont, Paris, 1986 p. 124.
[9] Pierre Bourdieu, Sur la télévision, Liber-Raisons d’agir, Paris, 1996, p. 32.
[10] Daniel Schneidermann, Où sont les caméras ? Traité de la gloire médiatique, Belfond, Paris, 1989, p. 221.
[11] Le Monde, 20 janvier 1980 (entretien).
[12] Daniel Dayan et Elihu Katz, La Télévision cérémonielle. Anthropologie et histoire en direct, PUF, Paris, 1996.
[13] Jacques Derrida et Bernard Stiegler, Echographies. De la télévision, Galilée/INA, Paris, 1996.
[14] Virginie Spies, La Télévision dans le miroir. Théorie, histoire et analyse des émissions réflexives, L’Harmattan, Paris, 2004, p. 338.
[15] Gilles Deleuze, Mille plateaux, Minuit, Paris, 1980, p. 572.

Jeudi d’Acrimed
Jeudi d’Acrimed, le 31 janvier 2008, à 19 heures, Bourse du travail, 3 rue du Château d’eau 75010 Paris. Métro République.
« Le cauchemar médiatique des années 80 : extase télévisuelle et cynisme éditorial »
Avec François Cusset auteur de La Décennie. Le Grand cauchemar des années 80 (La Découverte, octobre 2006)

Médiatique autant qu’intellectuel ou politique, le grand cauchemar des années 80 qu’analyse François Cusset n’est pas terminé.
1987 est une date charnière. La privatisation de TF1 en 1987, mais aussi le lancement de France Info et de Voici (ainsi que l’achèvement de la transformation de Libération) amorcent un tournant médiatique et culturel, dont les effets, notamment politiques, se font encore sentir aujourd’hui.
Revenir sur ce passé et arpenter le trajet qui permet de comprendre cet aujourd’hui : tels seront les objectifs du débat proposé par Acrimed.


***

En guise de présentation, brefs extraits de La Décennie
« Ce samedi 4 avril vers 14h25, les téléspectateurs s’ennuient ferme devant les programmes de TF1. Ils ne remarquent qu’à peine, entre une série américaine et un documentaire animalier, une courte annonce faite à l’écran d’une voix monocorde : la première chaîne française vient d’être rachetée par le groupe Bouygues, géant mondial des travaux publics. […]
On peut penser que TF1 est devenu, sous sa houlette [celle de Francis Bouygues] , un cas d’exception au sein des grandes démocraties occidentales : celui d’une nation entière identifiée à une seule chaîne hertzienne (là où aucune chaîne ne domine aussi nettement les réseaux hertziens en Grande-Bretagne, en Allemagne et encore moins aux Etats-Unis), donc en dernier ressort à son propriétaire tout-puissant. Le cas unique, en quelque sorte, d’une forme avancée de nationalisme cathodique, ou plus exactement, car TF1 n’a pas le monopole en France du chauvinisme sur petit écran, d’une forme piteuse de vie intérieure nationale réduite à une seule chaîne de télévision. […] Et la télévision, à partir de 1987, n’est plus seulement ce qui parle en France mais aussi, partout, ce dont il convient de parler.[…]
C’est aussi l’époque où Serge July, ayant achevé la mue de Libération en quotidien de la gauche libérale, et fêté la privatisation de TF1 en titrant “ TF1 déchaînée, A2 enchaînée [1] ”, recule peu à peu l’heure de bouclage du quotidien du matin de 20h à 20h30, comme le raconte un ancien journaliste [2] : on regarde le JT avant de confirmer la « une » ou le « chemin de fer » (le déroulé des sections page par page) du journal. Ainsi le JT, qui s’est longtemps inspiré de la presse écrite, lui dicte-t-il désormais sa loi, puisqu’elle suivra servilement la fonction d’agenda (sélection des nouvelles pertinentes du jour, et ordre de leur présentation) propre à l’information télévisuelle.
[…] C’est également en 1987 que démarrent en France deux médias d’un genre nouveau, qui accélèrent la transition du simple flux à la pléthore d’informations. Le 1er juin à 7h du matin, commence d’émettre France Info, la dernière-née du groupe Radio-France et le média pionnier dans l’Hexagone pour l’information en continu : shopping ou embouteillages seront vécus désormais au rythme lancinant de ses nouvelles en boucle, avec un journal toutes les sept minutes. Et le groupe allemand Prisma d’Axel Ganz lance le 28 novembre le premier numéro de l’hebdomadaire Voici, inventant un créneau particulièrement juteux entre les chroniques à l’ancienne de la vie des princes et une presse people sans contenu rédactionnel. »

[1] Libération, 15 mai 1986.
[2] Cité in Pierre Rimbert, Libération de Sartre à Rothschild, Raisons d’Agir éditions, 2005,p. 56.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : larmes futiles
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 13:47

La concurrence à distance entre deux logiques d’action jihadistes différentes pour la captation des cœurs et des esprits de l’Umma 1
Par Rayan Haddad, Cultures & Conflits n°66 (été 2007), pp. 157-177
Cet article a pour objet de montrer, à travers notamment un examen transversal des crises du 11 septembre, de l’Afghanistan, d’Irak, de Palestine et du Liban, que l’on peut relever dans certains cas l’existence d’une « concurrence idéologique » entre le Hezbollah et Al Qaïda s’agissant de la captation des cœurs et des esprits d’une « audience panislamique globale ». Cette rivalité tournant autour de l’identité du « meilleur jihadisme » en présence sur la « scène islamique mondiale » (étant entendu qu’il ne s’agit pas du même jihad dans les deux cas) conduit surtout à un déploiement de « stratégies de distinction » entre les deux parties…

Une analyse relationnelle axée sur les logiques d’action concurrentes d’Al Qaïda 2 et du Hezbollah peut de prime abord surprendre le lecteur méconnaissant la scène moyen-orientale. Les deux parties, malgré leurs distinctions identitaires (et pas n’importe lesquelles puisque la division « sunnite / chiite » est un peu partout présentée comme la « clef de voûte analytique » d’un Orient finalement bien compliqué…), ne relèvent-elles pas finalement d’un même phénomène d’islamisme radical décrié par un grand nombre de médias contemporains ? L’approche peut de même provoquer un froncement de sourcils chez ceux qui connaissent mieux la géopolitique régionale. Malgré la similitude parfois de leur mode de violence opérationnel (« kamikaze »), la mouvance salafiste jihadiste n’est-elle pas la manifestation d’une contestation fanatique et déterritorialisée de l’ordre mondial, alors que le « parti de Dieu » s’inscrit dans l’optique de la libération (« légitime ») d’un territoire national ? Comment dès lors parler de concurrence ? Les deux parties n’ont pas les mêmes référents idéologiques (khomeynisme / salafisme), pas la même définition de leur champ d’action ni – par conséquent – la même hiérarchisation (effective et non rhétorique) de l’ennemi (Israël dans un cas, les Etats-Unis et l’Occident dans l’autre), pas les mêmes valeurs jihadistes (illégitimité / légitimité de prendre pour cible des civils occidentaux), pas la même organisation structurelle (fortement centralisée / décentralisée), et ne s’adresseraient pas a priori à un même public islamiste (localiste ou régionaliste d’une part, transnational de l’autre). En réalité, bien qu’elle soit virtuelle et à distance, l’objet de cet article est de montrer qu’il y a bel et bien dans certains cas concurrence idéologique entre le Hezbollah et Al Qaïda au niveau de la captation des cœurs et des esprits d’une audience panislamique mondiale, conduisant (peut-être parfois) à une logique de mimétisme, mais surtout à des stratégies de distinction entre les deux parties. Cette concurrence a pour toile de fond un contexte moyen-oriental où les sentiments anti-impérialistes battent son plein, et où l’on observe un processus de réactivation d’identités religieuses transfrontalières questionnant la légitimité de l’ordre régional. Nous proposons de présenter tout d’abord les contextes respectifs d’émergence des contestations khomeynistes et salafistes jihadistes.
Mutations du fondamentalisme islamique
Le revivalisme islamique a pris un essor considérable au début des années 1970 grâce à la conjonction de deux facteurs : la défaite des régimes panarabes « laïcisants » dans la guerre des Six Jours (1967) et l’augmentation des revenus pétroliers sur fond de guerre israélo-arabe en 1973. C’est à cette période que l’Arabie Saoudite commence à prendre un avantage idéologique déterminant sur l’influence massive qu’avaient eue auparavant les mouvements révolutionnaires « socialisants » sur les opinions publiques arabes ; des sommes considérables sont consacrées à la « résurgence de l’islam » dans tous les domaines de la vie politique, économique et sociale 3.
« Les Saoudiens se sont rendus compte que la stabilité de leur règne sur la péninsule du pétrole […] requiert deux éléments fondamentaux : la consolidation de la légitimité religieuse sur laquelle est basé leur règne […], et le soutien actif de la plus grande puissance occidentale, les Etats-Unis 4 ».
Seulement, la révolution iranienne de 1979 contribue à un changement radical d’atmosphère idéologique que l’intégrisme islamique « conservateur » avait entamé une décennie auparavant. La libération de la Palestine, la lutte contre le « faux panislamisme » des régimes « clients des Etats-Unis » et l’exportation de la Révolution deviennent les thèmes majeurs de la politique iranienne 5. Désormais, deux grands types d’idéologie islamique sont en concurrence dans le monde. En participant activement au financement du jihad afghan contre l’URSS, Riyad réussit à contenir et concurrencer le zèle islamiste iranien dans les milieux sunnites et à confirmer, par conjonction d’intérêts, son alliance avec Washington 6. Mais la guerre du Golfe allait fragiliser la crédibilité islamique de la monarchie. Obligée d’assurer sa sécurité par un appel à l’aide occidentale, elle va permettre la présence de centaines de milliers de soldats américains sur la terre des lieux saints de l’islam 7. Pour la première fois allait apparaître au sein même de l’establishment religieux wahhabite, un salafisme de plus en plus opposé à la politique officielle légitimant la présence de « croisés » sur son sol sacré. A cette opposition « salafiste intellectuelle » de l’intérieur allait s’ajouter le sentiment de trahison de la mouvance salafiste jihadiste transnationale.
« C’était là le plus grand choc de sa vie [Ben Laden], parce qu’il s’agissait – selon lui – de la première fois depuis l’âge d’or de la Prophétie (soit depuis près de quinze siècles) que les impies imposaient leur hégémonie militaire sur la péninsule arabique. Il fut aussi choqué parce que les forces américaines ne pénétraient pas à la suite d’une occupation ou à l’insu du plein gré des dirigeants, mais à leur demande expresse 8 ».
Dès lors, et sans relater ses péripéties (qui l’amèneront de l’Afghanistan au Soudan en 1992, puis à faire la trajectoire inverse en 1996 9), Ben Laden diffusera en 1996 une Déclaration de jihad contre « l’occupation américaine de la terre des lieux saints ». La création en 1998 du « Front islamique mondial pour la guerre sainte contre les juifs et les croisés » s’inscrit dans cette continuité. Désormais, et par l’entremise d’une fatwa, « chaque musulman qui en est capable a le devoir personnel de tuer les Américains et leurs alliés, civils et militaires, en tout pays où cela est possible 10 ». Contrairement à la vision de Raymond Williams : « Pensez à l’échelle mondiale, agissez au niveau local », on pourrait dire que Ben Laden et son entourage pensent désormais localement et agissent globalement 11. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya le 7 août 1998, contre l’USS Cole en octobre 2000, avant le choc du 11 septembre. Jusque-là, on ne voit pas encore quel rapport de concurrence peut exister entre Al Qaïda et le Hezbollah, bien que l’on commence à entrevoir qu’un tel état ne serait pas incohérent de la part de parties opposées (chacune à leur façon) à l’» ordre américain » au Moyen-Orient et représentant les fils spirituels (respectivement « illégitimes » et « légitimes ») du salafisme officiel et de la prédication khomeyniste.
Contestation systémique convergente, normes et logiques d’action divergentes
« L’Amérique est le chef des criminels impliqués dans le crime de la création de l’Etat d’Israël qui reste récurrent depuis 50 ans. […] Votre gouvernement encercle les enfants d’Irak et les massacre horriblement. Il soutient totalement les régimes corrompus dans nos pays. Peuple américain, sache que ton gouvernement te mène à une nouvelle guerre perdue d’avance. Rappelle-toi qu’il a subi la défaite au Vietnam, qu’il a déguerpi apeuré du Liban, qu’il s’est enfui de Somalie et qu’il a été frappé à Aden ». Ayman al Zawahiri, extraits de son intervention diffusée par Al Jazira, le 7 octobre 2001
« Ces jours-ci, les chars israéliens pénètrent partout pour répandre la désolation en Palestine, à Jénine, Ramallah, Rafah, Bayt Jala […] sans que l’on entende personne élever la voix ou agir. […] Quand des centaines de milliers de petits et grands sont tués […] au Japon, cela ne constitue pas un crime à leurs yeux, mais juste une affaire qui peut faire l’objet d’un débat. Ce qui se passe en Irak est aussi une affaire qui peut être débattue. Mais quand des dizaines parmi eux sont tués à Nairobi et Dar al Salam, l’Afghanistan et l’Irak ont été bombardés et toute la fausseté du monde s’est tenue aux côtés de […] l’Amérique et ceux qui la soutiennent ». Oussama Ben Laden, Al Jazira, le 7 octobre 2001
En choisissant de faire passer leur premier message après le 11 septembre sur Al Jazira le jour du début de l’offensive américaine en Afghanistan, les dirigeants d’Al Qaïda faisaient preuve d’une grande maîtrise de l’instrument médiatique. Vis-à-vis de l’audience qu’ils cherchent à capter, ils peuvent en effet se placer plus aisément dans une posture « victimaire » et faire appel à l’Umma 12 pour s’engager dans un jihad globalisé contre « les actes d’agression des croisés ». Comme le souligne Gilles Kepel, « l’attaque spectaculaire de cibles américaines […] est censée résoudre le problème majeur qui a hypothéqué le succès des islamistes [d’Al Qaïda] jusqu’alors : l’absence d’adhésion populaire à leur projet 13 ». Pour tenter de s’attirer la bienveillance du « public islamique », rien ne vaut aussi de soulever les questions de Palestine et d’Irak. Mais les leaders d’Al Qaïda ont été plus loin que cela ; ils ont semblé « universaliser » leur procès anti-américain en évoquant Hiroshima et Nagazaki (Ben Laden), et le Vietnam (Zawahiri). La première évocation s’inscrit dans le cadre d’une condamnation éthique, la seconde dans le cadre d’un rappel des défaites subies par l’Amérique. Sur ce plan, Zawahiri n’hésite pas à mentionner le grand revers subi par les Etats-Unis au Liban dans les années 1980, alors que celui-ci est survenu par le biais du Hezbollah chiite 14. Il ne sera pas le seul à se référer à cet épisode. A la suite du 11 septembre, le retrait des forces multinationales du Liban en 1984 sera rétrospectivement considéré par de grands responsables américains comme un faux pas stratégique majeur sur le plan de la « lutte anti-terroriste ».
« Malgré notre supériorité militaire, nous étions incapables de contrer la ferveur religieuse de cette faction soutenue par l’Iran et la Syrie. […] Reagan ordonna aux forces américaines d’évacuer le Liban. Dans tout le Moyen-Orient, on releva la facilité avec laquelle on pouvait chasser une superpuissance […]. Des années plus tard, Oussama Ben Laden devait citer parmi les succès du terrorisme le fait d’avoir chassé les Américains de Beyrouth 15 ».
Richard Clarke (ancien responsable de la coordination antiterroriste au Conseil national de sécurité américain) ne se trompe pas ; Ben Laden avait eu l’occasion – avant même Zawahiri – de relever la « lâcheté américaine » au Liban :
« Il y a quelques jours, les agences de presse ont transmis une déclaration du ministre de la Défense américain [William Cohen], croisé et occupant, dans lequel il disait qu’il n’avait retenu qu’une leçon des explosions de Riyad et d’al-Khobar : ne pas reculer devant les lâches terroristes. Eh bien, nous disons à ce ministre […] où était cette prétendue bravoure, à Beyrouth, après l’attentat de 1403 [1983] qui a fait de vos 241 Marines des paillettes éparpillées et des membres déchiquetés, et où est cette prétendue bravoure à Aden dont vous êtes partis précipitamment, 24 heures après les deux attentats ? 16 »
Ainsi, Zawahiri mentionne le Liban en tant que premier cas arabe et « islamique » ayant provoqué une déroute américaine, alors que Ben Laden fait mention, dans une même lignée, des attentats à la voiture piégée survenus contre des représentations officielles ou militaires américaines à Riyad en 1995, à Khobar en 1996 (indépendamment du fait de savoir si Al Qaïda était derrière ces attentats ou non 17), à Aden en 1992 18, et tout d’abord à Beyrouth. Les méthodes du Hezbollah dans les années 1980 19 auraient-elles constitué une « source d’inspiration » pour les leaders d’Al Qaïda, non seulement au niveau des moyens utilisés, mais aussi au niveau de l’effectivité présumée des attentats ? En réalité, aucun élément ne permet de prouver cette hypothèse. Ce n’est donc pas dans une quelconque « filiation opérationnelle » que nous trouverons des points de convergence sectoriels entre Al Qaïda et le Hezbollah, mais dans leur contestation de l’» ordre américain » au Moyen-Orient, étant entendu que les prémisses et la nature jihadiste de cette contestation constituent un point de divergence fondamental entre les deux parties. Le discours anti-américain de la mouvance n’est en effet pas le même que celui adopté par l’Iran et le Hezbollah. En dépit des slogans de « Mort à l’Amérique » véhiculés par les entrepreneurs de l’idéologie khomeyniste, ceux-ci prennent soin de souligner que s’ils s’opposent aux politiques officielles américaines, ils n’ont « rien contre le peuple américain » (ou d’autres peuples occidentaux) :
« Pour nous, la bataille principale est la Palestine […]. Notre problème n’est pas avec le peuple américain. […] Notre mission envers les peuples occidentaux doit être de leur faire parvenir convenablement nos revendications et l’image de nos justes causes. […] On ne peut pas porter un jugement global sur l’ensemble des gens en Occident. Le dialogue est absolument nécessaire 20 ».
En ce sens, il convient de relever qu’il existe une différence de nature entre les attentats « kamikazes » libanais ou palestiniens et ceux du 11 septembre au niveau de la définition de l’ennemi et de la visée contextuelle du combat 21. Ainsi, même si « le Hezbollah et la prédication khomeyniste ont les moyens d’une structuration en réseau à l’étranger 22 », voire d’une implication dans une violence opérationnelle bien au-delà des frontières libanaises 23, il reste que ce mode d’action (si avéré) constitue pour la mouvance khomeyniste, contrairement à Al Qaïda, un « cas exceptionnel » à ses règles de combat localistes 24. Mais comment le Hezbollah a-t-il réagi aux attentats du 11 septembre ?
L’Amérique sous le choc, le Hezbollah « défié »
Le retrait israélien inconditionnel du Liban-Sud en 2000 fut considéré dans le monde arabe comme le premier succès militaire remporté contre Tsahal. Le Hezbollah pouvait alors asseoir le large capital de sympathie qu’il avait acquis dans cette aire (majoritairement sunnite) tout au long de ses années de combat contre Israël. La rhétorique du « parti de Dieu » sur l’efficacité des « opérations-martyre » et du harcèlement militaire – propagée par sa télévision satellitaire Al Manar – gagnait en crédibilité dans la région 25. La « preuve » était en effet apportée que la société israélienne « occidentalisée » ne pouvait plus consentir à une logique de sacrifice afin de maintenir ses conquêtes ; que le retrait était un signe de faiblesse dont il fallait tirer profit ; qu’une décennie de négociations israélo-palestiniennes n’avait pas abouti à la restitution des territoires occupés alors qu’une décennie de résistance au Liban l’avait fait. L’effectivité de cette rhétorique ne saurait être sous-estimée en tant que facteur d’incitation au déclenchement le 28 septembre 2000 de l’Intifada d’al Aqsa. Fort de cette victoire, le Hezbollah verra son impact politique consolidé sur la scène interne vu le grand contrôle social et sécuritaire qu’il exercera désormais de facto au Sud. Ce contrôle sera renforcé par la décision de l’Etat libanais (en fait de son tuteur syrien) de refuser l’application de l’Accord d’armistice libano-israélien de 1949, le déploiement de son armée au Sud et le désarmement du Hezbollah tant qu’une solution ne sera pas trouvée au problème des réfugiés palestiniens au Liban, et – trouvaille stratégique damascène – tant qu’Israël maintiendra son occupation des hameaux de Chebaa 26. Comme le combat jihadiste contre Israël constitue un objectif majeur du Hezbollah, comme, selon les termes de Sayyed Nawaf al Moussawi 27, « il n’est pas possible de parler du désengagement d’une partie arabe du combat avant la fin du conflit israélo-arabe », et comme la Syrie est le garant qui détient principalement les clefs de ce combat, une alliance du parti avec la Syrie est incontournable. Suivant cette équation, le Sud reste donc ouvert aux vents de confrontation régionale… C’est dans ce contexte de consécration du jihadisme hezbollahi que surviennent les attentats du 11 septembre. De tous les partis au Liban, c’est le Hezbollah qui a la stratégie la plus élaborée quant au traitement des événements. Le fait qu’il représente le cas local le plus susceptible d’être dans la ligne de mire américaine (dans le cadre de la « lutte anti-terroriste ») n’est pas étranger à cela. Son communiqué initial comprend un degré minimal de condamnation et invite surtout à prendre garde à d’éventuelles instrumentalisations politiques des attentats de la part de Washington 28. En réalité, ceux-ci constituent un défi majeur pour le Hezbollah sur un double plan. D’un côté, alors que son « image de marque » s’est bâtie autour des « opérations-martyre » (au point de susciter un processus émulatif dans les territoires palestiniens 29), le contexte créé par le 11 septembre risquait de condamner définitivement sur la scène internationale la logique sacrificielle 30 motivant ces opérations et de favoriser la (re)labellisation du parti en tant qu’» organisation terroriste ». D’autre part :
« Alors qu’il se considérait comme l’avant-garde jihadiste dans le monde arabe et islamique au niveau de la lutte contre Israël et les politiques américaines, il se rendait compte que cette grande attaque contre les Etats-Unis mettait en valeur Ben Laden et rendait son image subitement marginale dans cette lutte. En plus, quelles que soient critiques les positions sunnites vis-à-vis de Ben Laden, il peut représenter dans ces milieux une sorte de symbole et cela préoccupe le Hezbollah parce qu’il est soucieux de sauvegarder son capital de sympathie acquis sur la scène sunnite globale après la libération du Sud 31 ».
Ainsi, même si la Schadenfreude 32 existant dans certains milieux sunnites – au Liban et ailleurs – constituait moins une adhésion au programme de Ben Laden qu’une expression d’hostilité envers l’Amérique (liée à ses positions emplies de partialité dans le conflit israélo-palestinien), le Hezbollah se devait de réagir pour éviter, outre les risques d’amalgame sur la scène mondiale entre « terrorisme » et « résistance », ceux de marginalisation (au niveau de son combat jihadiste). Il le fera en menant une offensive discursive par le biais de son secrétaire général, « véritable maître en mass-communication 33 » :
« Il existe une grande différence entre la résistance et le terrorisme. Les terroristes n’ont pas de sentiments humains. Ce sont des assassins et des criminels politiques. Ils tuent pour tuer et non pour une cause noble […] alors que la résistance qui combat pour les déshérités est emplie d’amour et déborde de compassion. Cherchez dans les cœurs de Sharon, Pérès, Barak, Bush père et fils et vous n’y trouverez pas de miséricorde mais vous les trouverez emplis d’égoïsme et de corruption 34 ».
Lorsque les distinctions entre « terroristes » et « résistants » sont dressées, à aucun moment Ben Laden n’est mentionné, contrairement à plusieurs dirigeants israéliens et américains, ce qui ne peut manquer de séduire le public islamiste visé 35. Lorsque Sayyed Nasrallah affirme en outre dans le contexte de la guerre en Afghanistan que les Etats-Unis « font la guerre à tous les musulmans qui refusent de se soumettre et de s’agenouiller devant eux 36 », on ne peut manquer de voir que cette catégorie – large il est vrai – inclut Ben Laden et Al Qaïda, et peut constituer un clin d’œil aux milieux sunnites qui ressentent une empathie envers eux sans pour autant souscrire à leur idéologie salafiste jihadiste. Le Hezbollah prendra donc position contre la guerre menée par les Etats-Unis, mettant de côté l’hostilité ressentie envers les Talibans en milieu chiite. Outre la perception d’un danger militaire américain aux frontières du « parrain » iranien et le souhait objectif de voir les Etats-Unis s’enliser dans un bourbier, et même si « la nouvelle donne régionale n’était pas sans bénéfices pour Téhéran 37 », le parti était soucieux de sauvegarder son capital de sympathie auprès des milieux sunnites solidaires de la « cause afghane ». La posture du Hezbollah n’était néanmoins pas simple puisqu’il était aussi soucieux de marginaliser dans ses médias la rhétorique de Ben Laden. On pourrait relever qu’Al Manar n’a pas diffusé les interventions du 7 octobre 2001 des leaders d’Al Qaïda 38. Le parti semblait conscient des dangers à long terme du discours salafiste jihadiste (non dénué de takfirisme). La couverture exclusive de la guerre par Al Jazira n’était donc pas sans l’indisposer, d’autant plus qu’elle était loin de laisser indifférente une certaine audience arabophone 39. Il reste que les stratégies de démarcation vis-à-vis d’Al Qaïda se feront de manière très subtile à partir de la fin décembre 2001, c’est-à-dire après la défaite apparente des Talibans contre les Etats-Unis. C’est le moment que choisit le parti pour réaffirmer la centralité pour l’Umma de la question palestinienne, tout en faisant allusion aux orientations stratégiques « erronées » prises par la mouvance :
« Ô Umma, gouvernants et peuples… Venez donc nous concentrer sur notre combat et notre bataille dans le bon endroit, au bon moment et avec la juste responsabilité. Sortons des batailles, des champs et des conjonctures erronés. Soyons responsables et répondons à l’appel de ce peuple injustement frappé et offrant des sacrifices en Palestine 40 ».
Le point nodal palestinien ou la lutte entre la fonctionnalité régionale du Hezbollah et la stratégie d’adjonction d’Al Qaïda
Nul besoin de s’étendre ici sur la valeur que revêt la Palestine dans l’imaginaire du Hezbollah. Ayant combattu Tsahal pour une majeure partie de son histoire, le parti est bien placé pour s’identifier au combat des forces islamistes palestiniennes contre l’occupation. Mais pour lui, la Palestine ne relève pas seulement du domaine de l’affektuel weberien. Alors que ses « coreligionnaires » ont longtemps dû composer avec – voire se révolter contre – le statut périphérique de la Békaa et du Sud au sein de l’Etat libanais, le Hezbollah réussira à doter ce territoire d’une valeur stratégique majeure sur le plan moyen-oriental (prenant en cela une revanche objective contre l’Etat) du fait de la jonction accomplie dès le début des années 1980 entre la charge émotionnelle que ressent envers la Palestine toute mouvance islamique du Maroc à l’Indonésie et la politique de puissance régionale iranienne (à travers notamment le concept de wilâyat al faqîh) 41. Le soutien à la « libération de la Palestine » constitue en effet une source majeure de légitimité politique dans le monde islamique (surtout que la « lutte » que cette stratégie implique peut aisément être opposée à la « lâcheté » de nombreuses capitales arabes « tournant autour de l’orbite américain »). L’apport du Hezbollah est d’autant plus précieux à cet égard pour la République islamique qu’il a, contrairement à elle, la capacité de s’exprimer sans laisser une impression d’» intrusion » dans l’espace de sens arabe. A partir de là, la « récupération » (partielle du moins, nous le verrons) des leaders d’Al Qaïda de la question palestinienne ne peut qu’indisposer le Hezbollah et l’Iran, et il ne sera guère étonnant dès lors de voir le « parti de Dieu » entreprendre une offensive discursive axée sur la défense authentique de cette cause, ni de constater qu’il cherchera à discréditer (implicitement bien entendu pour ne pas heurter certaines sensibilités sunnites) la mouvance en pointant sur son « égarement stratégique » et son implication dans des « batailles erronées » éloignées du point nodal de l’Umma 42. Mais quelles sont les motivations ayant poussé Ben Laden et Zawahiri à investir cette cause et à la placer au cœur de leur débat, alors qu’ils n’étaient pas connus pour accorder une telle place à la Palestine ? Ce questionnement nous amène à examiner de manière plus approfondie les orientations stratégiques de la nébuleuse. Olivier Roy souligne qu’elle ne propose que « la vengeance à la frustration », et n’adopte aucune stratégie si ce n’est la tentative de provoquer « un fossé insurmontable entre l’Occident et le monde islamique », et de « conscientiser le “peuple” musulman par l’exemple des martyrs et l’effet des attentats qui frappent au cœur de la Babylone moderne » 43.
« Il [Ben Laden] n’a pas de stratégie ni d’objectifs politiques : rien n’était prévu pour le lendemain du 11 septembre. Contrairement aux islamistes “classiques” dont la violence, même sous la forme terroriste, vise un but stratégique et national […] et peut donc être “négociée”, les nouveaux radicaux ne se soucient ni de programme ni de résultat concret. Ils meurent pour la signification du geste mais pas pour son résultat, ils sont dans la réalisation de soi et donc dans une dimension mystique, mais pas dans l’ordre politique. Il n’y a donc rien à négocier 44 ».
Nous ne sommes pas d’accord avec l’idée que Ben Laden « n’a pas de stratégie ni d’objectifs politiques » ou qu’il ne se soucie pas de « résultat concret ». L’absence de clairvoyance stratégique ne signifie pas qu’il n’y a pas de pensée stratégique. Radicalement convaincus que les discours – voire les attentats jihadistes précédents – adressés à « l’Occident » n’ont pas eu d’effets déterminants, l’objectif des dirigeants de la mouvance était de répondre par la vengeance à l’» aveuglement » américain, mais aussi provoquer un électrochoc destiné à entraîner un questionnement quant aux raisons de cette expression de haine identitaire, et dissuader l’Amérique de continuer à exercer ses politiques jugées criminelles envers l’Umma. Tout cela relève (en plus d’une dimension eschatologique) d’une visée éminemment politique. Ici, Al Qaïda ne cherche effectivement pas à négocier mais à renverser le « rapport d’humiliation » existant avec l’Amérique et prétendre lui opposer, à elle et ses « suppôts », directement ou indirectement 45, une équation d’» équilibre de terreur » dans la logique de la loi du Talion 46. On ne saurait occulter non plus un objectif majeur de la mouvance : le jihad contre l’» occupation de la terre des lieux saints » perçue comme « la plus grande de toutes les agressions 47 ». Dans ce cadre, Ben Laden et Zawahiri semblent avoir été conscients des limites de la capacité de ralliement de la seule cause de « libération de la péninsule » auprès des audiences islamiques. Ils auraient été alors conscients de la nécessité d’adjoindre à celle-ci, celles notamment de Palestine et d’Irak, plus « parlantes » à l’opinion ciblée 48. Ici, nous ne sommes pas en présence d’une pure instrumentalisation (ces questions sont aussi importantes pour les hérauts d’Al Qaïda), mais d’une stratégie d’emphase (qui occulte l’ordre de préférence normative pour une meilleure efficience de propagande). L’opportunisme de cette stratégie d’adjonction peut être déduit du passé activiste de la mouvance en Afghanistan. En effet, quoiqu’ils puissent en dire à ce sujet, Ben Laden et ses compagnons ne semblaient pas choqués outre mesure des « 70 ans d’humiliation subis par l’Umma 49 » (notamment en Palestine) lorsqu’ils étaient objectivement alliés aux Américains dans le combat anti-soviétique, avant l’installation des premiers GI’s dans la péninsule arabique. L’opportunisme de cette stratégie peut aussi être révélé par le discours de Ben Laden du 7 octobre : il y accorde une grande importance à la question palestinienne en évoquant notamment les souffrances de quatre villes cisjordaniennes. Son mot de fin semble même placer la sécurité de la Palestine au cœur du nouvel « équilibre de la terreur » imposé aux Etats-Unis, mais la question centrale (pour lui) de la péninsule arabique enveloppe notablement sa péroraison :
« Tout musulman doit se soulever à l’appel de sa religion, et les vents de la foi et du changement se soulèvent pour mettre fin à l’injustice et à la fausseté religieuse dans la péninsule de Mohammad, paix sur lui. Quant à l’Amérique, je lui adresse à elle et son peuple des mots succincts : je jure par Dieu tout puissant que l’Amérique et ceux qui y vivent ne pourront jouir de sécurité tant que celle-ci ne sera pas effectivement une réalité en Palestine, et tant que les armées impies ne se retireront pas de la terre de Mohammad, paix sur lui ».
Mais cet opportunisme sera le mieux manifesté lorsque Zawahiri, après avoir martelé (dans son ouvrage Chevaliers sous la bannière du Prophète) la nécessité pour Al Qaïda de « se rapprocher des masses » et de « tenter de leur faire comprendre sa cause dans un style qui rende la vérité accessible à tous ceux qui veulent la connaître », constate (bien après l’Iran et le Hezbollah il faut dire) que « le slogan que l’Umma a bien compris et auquel elle adhère, depuis cinquante ans, est l’appel au jihad contre Israël » 50. Il sera manifesté enfin par défaut à partir de 2003 où l’on verra la Palestine (inaccessible) cesser d’occuper conjoncturellement le devant de la scène rhétorique de Ben Laden et ses acolytes (les faisant éviter ainsi un aveu d’impuissance) au profit de l’Irak (aux frontières bien plus perméables), nouveau théâtre de prédilection jihadiste contre « les Infidèles » 51.
Zarkawi contre les chiites d’Irak et du Hezbollah
Si Al Qaïda a pu à ce point délaisser une approche discursive axée sur la Palestine, c’est que Washington et Londres lui ont bien donné une occasion de le faire. Par le biais de leur invasion de l’Irak, la mouvance avait en effet une potentialité d’insertion jihadiste majeure dans ce pays. En fait, « les Américains n’ont pas pu saisir, malgré les signaux qui étaient déjà là, qu’Al-Qaida pourrait utiliser l’Irak comme un terrain de combat 52 ». Profitant d’un « choc psychologique de dépossession » ambiant en milieu arabo-sunnite 53, le salafiste jihadiste jordanien Abou Mous’ab al Zarkawi réussit à rallier divers islamistes radicaux, arabes et irakiens, candidats au jihad contre l’Amérique. Si leur nombre est minoritaire par rapport aux autres agents de l’» insurrection sunnite 54 », leur impact se fait surtout sentir au niveau de leur combat idéologique contre « les chiites ». Dans le « Message à l’Umma » qui lui est attribué, Zarkawi les accuse d’être – propos d’Ibn Taymiya à l’appui 55 – les suppôts intemporels des ennemis de l’Umma. Plus récemment, l’Amérique a bien compris que ces « firaq bâtiniya » (parties qui cachent leur jeu) et « râfida » (hérétiques) constituent « un cheval de Troie par lequel les fils de l’islam peuvent être pris à revers ». Mis à part leur « mainmise » sur les postes sensibles (police, armée…) en Irak, « ils » sont surtout accusés de projeter l’instauration d’un « Etat hérétique qui s’étend de l’Iran en passant par l’Irak, la Syrie [qualifiée de bâtiniya en allusion à son « régime alaouite »], le Liban hezbollahi, et les monarchies du Golfe en carton dont le territoire est parsemé de repères hérétiques 56 ». Ainsi, le Hezbollah – qui constitue l’une des parties chiites qui s’est le plus opposée à l’invasion américaine et qui a même soutenu la voie de la « résistance armée » dans l’Irak d’après-guerre 57 – se retrouve sous le feu des diatribes de Zarkawi. Les chiites semblent ainsi exécrés pour ce qu’ils sont, bien plus que pour ce qu’ils font. Pour autant, l’attentat à la voiture piégée du 29 août 2003 devant le mausolée de l’imam Ali à Najaf (causant la mort de l’ayatollah Mohammad Baqer al Hakim 58 et de plus de quatre-vingt pèlerins) s’inscrit dans une optique éminemment politique : faire payer au « chiisme irakien » ses accointances supposées ou réelles avec les Etats-Unis et l’Iran, et provoquer la fitna (grande discorde), seule jugée capable d’aboutir au « sursaut des sunnites » face à leurs ennemis. C’est dans cet esprit qu’aura lieu aussi, à l’occasion de la commémoration d’Ashura 59 le 2 mars 2004, une série d’attentats-suicides faisant plus de 180 morts et 500 blessés à Karbala et Bagdad. Les attentats zarkawistes 60 ne sont pas sans provoquer un malaise sécuritaire en milieu chiite glocal. Au Liban, il nous sera révélé « en coulisse » par la phrase laconique suivante : « Le phénomène des attentats-suicides contre les chiites en Irak ne tranquillise personne. Qui sait si demain certains ne viendraient pas se faire exploser au Liban ? 61 »
Ces craintes ne sont pas irréalistes lorsque l’on sait que Zarkawi jouit d’une grande popularité au sein du groupe salafiste palestinien Usbat al Ansar situé dans le camp de Aïn al Heloué à Saïda, à quelques kilomètres de la banlieue sud de Beyrouth 62. Elles ne sont pas irréalistes d’autant plus que ce groupe n’est pas seulement virtuellement lié au salafisme jihadiste ; sa participation dès 2003 – bien qu’à petite échelle – à l’activisme jihadiste en Irak est avérée tant au niveau de son embrigadement d’islamistes palestiniens que libanais 63. Elles ne sont pas irréalistes enfin lorsque l’on saura que peu de temps avant sa mort, et dans un message audio diffusé sur Internet, Zarkawi avait vertement critiqué le Hezbollah en considérant qu’il servait comme un « bouclier protecteur à l’ennemi sioniste face aux attaques des mujâhidîn [sunnites] à partir du Liban 64 ». En tentant de « décrédibiliser » l’aptitude jihadiste du Hezbollah, ce message s’inscrit sans nul doute à notre sens dans une optique de surenchère identitaire (tournant autour du « meilleur jihadisme » en présence sur la scène islamique), destinée à « marquer des points » contre le parti khomeyniste libanais dans le cadre de la conquête des cœurs et des esprits islamiques.
Verve explosive du Hezbollah contre le salafisme jihadiste et recentrage sur la Palestine
Avant même la charge verbale zarkawiste à son encontre, les attentats-suicides d’août 2003 et de mars 2004 vont amener le Hezbollah à changer sensiblement son approche de la scène irakienne. S’il y a maintien absolu des critiques à l’encontre des Etats-Unis, il y a aussi plus grande attention au niveau des assignations données aux « opérations armées » (elles ne sont plus automatiquement catégorisées en tant qu’» actions de résistance ») et dépréciation explicite du salafisme jihadiste.
« Lors de la commémoration de la mort de Sayyed Hakim, j’ai dit et aujourd’hui je répète : si le Mossad ou la CIA sont derrière ces attentats, cela constituera une consolation pour nous tous. Mais si derrière se tient un groupe extrémiste et sclérosé qui vit encore au Moyen-Age, qui n’a ni raison ni cœur, ni religion ni morale et qui prétend relever de l’islam… C’est là le grand danger et la tragédie que doit confronter l’Umma. […] Je vous assure que tout groupe sclérosé dont la religion est la mort et le versement du sang est honni de la part des sunnites avant les chiites. […] Qui exécute donc des opérations-martyre et suicide de nos jours à part les “gens dogmatisés” ? […] C’est là une marque fondamentale qui pointe [sur l’identité des instigateurs] 65 ».
Le souci du Hezbollah de marginaliser identitairement les instigateurs est – outre son caractère véridique – de mise pour juguler toute fitna, encourager une condamnation « sunnite » sans appel des attentats et sauvegarder son capital de sympathie panislamique. Or nous l’avons vu, ce capital dérive en grande partie de son approche de la question palestinienne, d’où la nécessité pour lui de voir préservé le caractère fondamental de cette question dans l’imaginaire de l’Umma. Ainsi (et contrairement à Al Qaïda), c’est la Palestine et non l’Irak qui constitue la question centrale pour le parti et c’est elle qui détermine prioritairement son agenda 66. Dès lors, et face aux « manquements de résistance chiite en Irak » 67 et aux projets de fitna zarkawistes, l’entreprise de (re)focalisation du Hezbollah sur la Palestine relève, plus que jamais, d’une tentative de réorientation du « public islamique » vers la scène qui lui assure le plus de crédibilité, d’aisance et de sécurité identitaire. Après le coup retentissant de la libération de centaines de prisonniers des geôles israéliennes (fin janvier 2004) 68, l’assassinat par Israël, le 22 mars 2004, du guide spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassin, donnera l’occasion au Hezbollah d’afficher à nouveau une solidarité sans faille avec cette cause (avec le pilonnage notamment des postes de Tsahal à Chebaa) 69.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 13:04

La concurrence à distance entre deux logiques d’action jihadistes différentes pour la captation des cœurs et des esprits de l’Umma (1)
Par Rayan Haddad, Cultures & Conflits n°66 (été 2007), pp. 157-177

La guerre de l’été 2006 et la « victoire divine » du Hezbollah… sur Al Qaïda
« Ce qui impose aux peuples palestinien et libanais la voie de la résistance armée est la position israélienne qui ne donne rien sans qu’elle n’y soit contrainte par la force. La question des prisonniers libérés en est une illustration. […] Le peuple palestinien exerce son droit à la résistance et nous pensons que le Liban ne peut pas rester les bras croisés ». Entretien avec Sayyed Nawaf al Moussawi, chargé des relations internationales au sein du Hezbollah, mars 2004.
Après la capture de deux soldats israéliens le 12 juillet 2006 par un commando du Hezbollah infiltré en Israël (et la mort de huit autres tentant une incursion en territoire libanais pour les récupérer), le parti s’attendait à une confrontation qui suivrait les règles implicites respectées jusqu’alors : une vive réplique israélienne suivie de longues négociations (à travers une tierce partie) pour l’échange des prisonniers (Tel Aviv détenant encore trois ressortissants libanais dans ses geôles). Tel ne fut pas le cas. L’envergure de la réaction israélienne prit clairement de court les responsables du Hezbollah
70. Bien qu’il se soit gardé de faire publiquement le lien entre son opération et l’escalade israélienne dans la bande de Gaza à la suite de la capture par le Hamas d’un caporal israélien le 25 juin 71, il semble clair que son entreprise s’inscrivait dans un cadre régionaliste et non seulement nationaliste. Dans ce cadre, et contrairement à une idée reçue, l’intervention du parti n’était pas uniquement destinée à soutenir son « allié » islamiste, mais à s’assurer aussi du report de tout accord (indirect) entre le mouvement palestinien et Israël alors que des signes de progrès étaient perceptibles à ce niveau 72. La consommation conjoncturelle d’un tel échec faisait les intérêts de Téhéran confrontée à un examen critique de son dossier nucléaire et cherchant à parfaire ses cartes de marchandage dans ses négociations avec les responsables européens en jouant de la surenchère régionale. Elle allait aussi dans le sens des intérêts de Damas (ayant comme Téhéran une influence certaine sur le Hamas et cherchant une « réhabilitation » régionale – tout en miroitant ses capacités de nuisance – face à une administration américaine convaincue de la justesse du boycott de son régime à la suite de l’assassinat le 14 février 2005 de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri). La force du jeu de puissance iranien (et syrien) dans la région consisterait alors (en partie) en la supervision systémique exogène (plus ou moins efficace) d’une capacité de violence infra-étatique et transfrontalière dirigée notamment contre Israël, et la confiance dans le caractère « monnayable » du contrôle d’une telle capacité de nuisance 73.
« Pas le moindre petit mouvement ne peut être exécuté ou planifié du cru du Hezbollah. Pour une raison très simple : les Syriens et les Iraniens pensent que quoi qu’il fasse, ce sont eux qui vont se retrouver d’une façon ou d’une autre responsables de ses actions sur la scène internationale et qui devront en assumer les conséquences. […] C’est une politique qui réfléchit en termes d’effets de retour
74 ».
Si ces propos peuvent sembler exagérés car ils ne prennent pas assez en compte l’aptitude stratégique localiste d’un Hezbollah de plus en plus intégré dans les rouages de l’Etat libanais, ils le sont moins pour ce qui est de la dimension régionale de son action. Là où nous sommes (peut-être) en désaccord avec Charara, c’est qu’il s’agit bien d’une dynamique à prédominance exogène plutôt que d’un « unilatéralisme directionnel » qu’exercerait l’Iran vis-à-vis du Hezbollah. L’Iran a bien une influence primordiale sur le « parti de Dieu » – elle a même sans doute augmenté aux dépens de Damas depuis son retrait du Liban en avril 2005 – que ce soit par les biais idéologique
75, militaro-stratégique ou financier, et s’il ne fait pas de doute dans notre esprit que le Hezbollah a suivi des recommandations (pressantes ou permissives) de son wali al faqîh 76 allant dans un sens favorable à l’opération d’enlèvement, on ne peut manquer de voir qu’il existe aussi une dimension qui lui est propre au niveau de son entreprise. En ce début d’été 2006, le Hezbollah avait intérêt à ce que l’offensive israélienne n’aboutisse pas à une capitulation du Hamas, ni même à une restitution du caporal par le mouvement islamiste « sans contrepartie substantielle », étant donné qu’il ne voulait certainement pas voir un moyen d’action (qu’il avait largement contribué à « crédibiliser » et qu’il projetait sans doute d’employer encore à l’avenir) perdre de son efficience face à Israël. Mais, au-delà de son souci de voir sauvegardées « la résistance » et l’efficience d’une « technique de la résistance », le Hezbollah pensait avoir intérêt à agir afin de ne pas perdre de sa crédibilité en tant que « parti résistant » limitrophe d’Israël auprès des audiences islamiques choquées par les événements de Gaza. Plus particulièrement, il pouvait espérer obtenir à travers son action « retentissante » une sympathie importante (même si ambivalente 77) dans certains milieux islamistes sunnites libanais (et bien au-delà), alors que la fracture « sunno-chiite » semblait devenir une « réalité » palpable de la scène politique libanaise (sans même parler de l’Irak) 78. D’autres facteurs importants ont également joué. Soumis à de fortes pressions internationales – mais aussi internes – pour son désarmement, le Hezbollah pouvait placer l’ensemble de ses détracteurs devant le fait accompli de sa vocation armée et prendre une revanche symbolique sur la majorité parlementaire du pays en montrant qui était « le véritable maître » des destinées du Liban 79. Mais où réside dans ce contexte la concurrence avec Al Qaïda ? En réalité, et sans que cela ne fasse nécessairement partie des objectifs primordiaux du Hezbollah, son opération n’a pas manqué de jeter un discrédit total sur la rhétorique zarkawiste (datant seulement du 2 juin 2006) d’un Hezbollah servant de « bouclier protecteur à l’ennemi sioniste » et de juguler par la même occasion les velléités de la branche irakienne d’Al Qaïda d’exporter au Liban les germes d’une fitna « sunno-chiite », voire de postuler à un rôle jihadiste contre Israël 80. La guerre qui s’en est suivie n’a pas manqué non plus de marquer les différences normatives entre la mouvance et le parti (ce dernier étant soucieux d’infliger à l’ennemi plus de pertes militaires que civiles 81, sans chercher à s’investir dans des formes de violence sacrificielles). Mais la grande victoire du Hezbollah sur Al Qaïda ne se trouve pas là. Sans l’avoir sérieusement envisagée (à la suite d’une grande « misperception 82 » – ce qui ne revient pas à dire que les dirigeants israéliens n’ont pas eux-mêmes fait des choix terribles à ce sujet), la confrontation militaire du Hezbollah avec Tsahal et le combat efficace de la guérilla chiite tout au long des trente-trois jours de guerre (aux effets humiliants pour Israël) lui ont donné une stature panislamique sans doute jamais atteinte par le « parti de Dieu » auparavant. Si ce triomphe – la figure charismatique de Sayyed Nasrallah et ses apparitions médiatiques réussies sur Al Manar et Al Jazira y sont pour beaucoup – a inquiété les dirigeants des pays arabes proches de Washington 83, il a aussi manifestement préoccupé le leadership d’Al Qaïda. Non seulement celui-ci se retrouvait « marginalisé » sur la scène jihadiste mondiale, mais aussi objectivement désavoué au niveau de sa rhétorique takfiriste auprès des « masses islamiques », dont le soutien était par ailleurs clairement affiché au Hezbollah (un soutien public dont Al Qaïda n’a jamais pu bénéficier – à cette échelle du moins – dans son histoire) 84. La nébuleuse se devait de réagir et il n’était dès lors pas étonnant de voir son idéologue tenter de se faire une place dans le champ médiatique à l’occasion d’un enregistrement vidéo diffusé par Al Jazira le 27 juillet 2006. En considérant que le combat en Afghanistan, en Irak, en Palestine et au Liban faisait partie d’un même cercle jihadiste, en désignant les membres de sa mouvance comme les fils des premiers califes de l’islam, mais en se réclamant surtout aussi de l’imam Ali et de son fils Hussein (vénérés par les chiites), Zawahiri tentait nettement de sauvegarder une certaine crédibilité identitaire en prenant en compte la grande popularité du Hezbollah – jamais nommé – en milieu islamique global. Cet « effort d’ouverture » pouvait se faire de manière plus aisée après la mort de Zarkawi dont le bellicisme vertement anti-chiite n’était sans doute pas du goût du leadership d’Al Qaïda 85. La mouvance a-t-elle pour autant abandonné son exécration légendaire à l’endroit des chiites ? Non, et cela semble clair lorsque Zawahiri déclare espérer que « les événements de l’agression sioniste croisée contre les musulmans » puissent pousser « les traîtres en Irak à avoir honte et cesser de justifier et appuyer la présence américaine croisée ». Une façon subtile de rappeler à l’audience visée que l’orientation du Hezbollah ne devait pas faire oublier la « félonie de ses coreligionnaires en Irak » 86. L’Irak, un pays à travers lequel Zawahiri tentera de reprendre symboliquement le dessus sur le Hezbollah en mettant l’accent sur la priorité du jihad sur cette scène (où Al Qaïda se trouve être active) en tant que préalable à la libération de la Palestine (où Al Qaïda est absente mais dont l’importance de la charge affective est reconnue) :
« L’Irak a une qualité : sa proximité avec la Palestine. Ce fait doit pousser les musulmans à soutenir ses mujâhidîn jusqu’à l’instauration en son sein d’un émirat islamique jihadiste qui portera alors le jihad, avec l’aide de Dieu, aux frontières de la Palestine où les mujâhidîn s’uniront à ses confins pour la Grande Conquête, avec la bénédiction de Dieu ».
Mais rien sans doute, dans l’intervention de Zawahiri du 27 juillet, ne révèle plus le sentiment de marginalisation du leadership d’Al Qaïda vis-à-vis du Hezbollah que les propos suivants :
« Nous ne pouvons assister en spectateurs à ces missiles qui frappent nos frères à Gaza et au Liban en restant figés et résignés. […] Ces missiles […] ne sont pas seulement israéliens, mais parviennent de l’ensemble des Etats de la coalition croisée et sont financés par eux… Pour cela, tous ceux qui participent au crime doivent en payer le prix ».
Afin de s’extraire de leur confinement périphérique et reprendre un « avantage jihadiste » déterminant, les leaders d’Al Qaïda semblaient conscients du caractère insuffisant de leur rhétorique et de la nécessité de frapper un « grand coup ». Cette menace rappelle – alors que le Hezbollah savoure sa « victoire divine contre l’entité sioniste » – qu’Al Qaïda n’a peut-être pas dit son dernier mot dans cette affaire, même si (ou plutôt du fait qu’) elle n’a jamais paru autant coupée des réalités du monde qu’elle prétend défendre...

Notes de bas de page
1. L’auteur tient particulièrement à remercier M. Akl Awit pour ses encouragements.
2. Lorsque nous parlerons de la mouvance dans cet article, nous nous référerons essentiellement à ses leaders reconnus (Ben Laden, Zawahiri, etc.) et à leurs déclarations à partir desquelles nous pourrons (notamment) inférer une intentionnalité stratégique.
3. Voir Corm G., Le Proche-Orient éclaté. 1956-2003, Paris, Gallimard, 3e éd., 2003, pp. 316-317.
4. Darwish N., « ’An al mujtama’ al saoudi aydan », An Nahar, 6 novembre 2001, p. 10.
5. Voir Djalili M.R., Diplomatie islamique. Stratégie internationale du khomeynisme, Paris, PUF, 1989.
6. Voir Clarke R., Contre tous les ennemis. Au cœur de la guerre américaine contre le terrorisme, Paris, Albin Michel, 2004, pp. 82-83.
7. L’ensemble du territoire de l’Arabie Saoudite (où pour les musulmans s’est manifestée la révélation divine par l’intercession du Prophète) est considéré comme sacré.
8. Hussein F., Al Zarkawi. Al jîl al thâni lil Qaïda, Beyrouth, Dar al Khayal, 2005, p. 149.
9. Kepel G., Fitna. Guerre au coeur de l’islam, Paris, Gallimard, 2004, p. 156.
10. Voir Kepel G., Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme, Paris, Gallimard, 2e éd., 2002, pp. 474-476. « Le jihad […] se voit donc ici déterritorialisé et étendu à l’univers […], ce qui constitue une rupture claire avec la tradition classique », in Kepel G., Milelli J-P. (dir.), Al-Qaida dans le texte. Ecrits d’Oussama ben Laden, Abdallah Azzam, Ayman al-Zawahiri et Abou Moussab al-Zarqawi, Paris, PUF, 2005, p. 66.
11. Voir Lomnitz C., « Le monde après le 11 septembre » (table ronde, Paris, 8 octobre 2001), Critique internationale, n°14, janvier 2002, p. 60.
12. « Pour ceux qui s’y reconnaissent, l’Umma se passe de justification. Elle est le territoire actuel de l’islam, mais aussi sa mémoire, et l’un comme l’autre sont balisés par un lien de solidarité qui, s’il n’implique pas de rupture avec l’universel ou avec la contemporanéité, n’en est pas moins un lien spécifique », in Farag I., « Ces musulmans venus d’ailleurs : la Bosnie vue d’Egypte », Maghreb Machrek, n°151, janvier-mars 1996, p. 42.
13. Kepel G., op. cit. , p. 101.
14. Le 18 avril 1983, un attentat vise l’ambassade américaine à Beyrouth (63 morts dont 17 Américains et 8 hauts responsables de la CIA). Le 23 octobre 1983, un autre vise le quartier général des Marines (241 morts) et celui des militaires français (58 morts). Ces attentats imputés au Hezbollah avaient entraîné le retrait des forces multinationales du Liban le 31 avril 1984.
15. Clarke R., op. cit., pp. 67-68. Nous parlons de perception rétrospective à la lumière de la « légèreté » de certains commentaires passés : « Après de lourdes pertes françaises et américaines, nous nous sommes retirés dans la confusion et le désordre et avec un certain sentiment de colère. La position des Etats-Unis dans le monde arabe s’en est-elle ressentie pour autant ? Probablement pas. Pour nous aujourd’hui, il ne s’agit que de quelques décisions et actions américaines au Proche-Orient parmi d’autres », Brown D. (ancien envoyé spécial du président Ford au Moyen-Orient), « La politique des Etats-Unis au Liban », in Kodmani-Darwish B. (dir.), Liban : espoirs et réalités, Paris, IFRI, 1987, pp. 187-188.
16. Extraits de la Déclaration de jihad de 1996, in Kepel G., Milelli J.-P. (dir.), op. cit. , p. 55.
17. L’implication d’activistes salafistes jihadistes n’est pas avérée dans ces attentats. Clarke évoque des responsabilités iraniennes (Voir Clarke R., op. cit., pp. 155-160) sans que celles-ci soient à leur tour avérées.
18. « Ben Laden fait ici allusion aux attentats contre les deux hôtels Gold Mohur et Mövenpick à Aden, le 29 décembre 1992 […]. Les attentats ne tuèrent aucun soldat américain […]. Cependant, les attentats entrèrent dans la mythologie jihadiste comme un véritable succès, car les forces américaines quittèrent le Yémen quelques jours seulement après les explosions », Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., p. 54.
19. Le parti nie avoir perpétré les attentats (susmentionnés) au Liban et les attribue à des mouvances khomeynistes indépendantes. Un avis que ne semble pas partager Alain Chouet (ancien chef de poste des services extérieurs français à Beyrouth). Voir Charara W., Domont F., Le Hezbollah : un mouvement islamo-nationaliste, Paris, Fayard, 2004, pp. 125-127.
20. Entretien avec cheikh Ali Khazem, dignitaire chiite proche du Hezbollah, mars 2004.
21. Comme le souligne Joseph Maïla, « la similitude de la technique meurtrière ne doit pas conduire à des amalgames. […] Contrairement aux artificiers du 11 septembre, les “bombes humaines” palestiniennes […] agissent à chaud, sous la pression continuelle d’un environnement oppressant et, plutôt que pour une Palestine islamiste, meurent sans doute d’abord pour l’obtention d’une patrie », in Arkoun M., Maïla J., De Manhattan à Bagdad. Au-delà du Bien et du Mal, Paris, Desclée de Brouwer, 2003, p. 175.
22. Entretien avec Waddah Charara, sociologue libanais, spécialiste des questions islamiques, août 2004.
23. Un mois après l’assassinat par Israël le 16 février 1992 de Sayyed Abbas al Moussawi (prédécesseur de Sayyed Nasrallah) avec sa femme et son enfant, survient un attentat contre l’ambassade israélienne en Argentine tuant 29 personnes. Un mandat d’arrêt international est lancé en 1999 contre Imad Mughniyeh (haut responsable sécuritaire du Hezbollah). Le 25 octobre 2006, le procureur général de Buenos Aires accuse le gouvernement iranien et le Hezbollah d’être également impliqués dans l’attentat visant en 1994 l’Association mutuelle israélite (85 morts) dans la capitale argentine. A signaler que plusieurs observateurs argentins mettent en doute ces conclusions en soulevant les cas d’incompétence et les irrégularités dans la conduite de l’enquête mais aussi le « manque de preuves concluantes » dans cette affaire.
24. Le « cas exceptionnel » étant pour Al Qaïda dans cette configuration ses opérations localistes en Arabie Saoudite. Voir Laurens H., « Les Etats-Unis et l’Orient arabe » in Salam N. (dir.), Le Moyen Orient à l’épreuve de l’Irak, Paris, Actes Sud Sindbad, 2005, p. 25.
25. Ces opérations ont eu lieu pour la première fois en milieu khomeyniste libanais à la suite de l’invasion israélienne de 1982. Elles visent à combler une asymétrie militaire vis-à-vis d’Israël, à le dissuader de toute velléité d’invasion du Liban, à encourager l’Intifada et raviver l’espoir de libération en Palestine. Voir Qassem N. (vice secrétaire général du Hezbollah), Hizbullah : al manhaj, al tajriba, al mustaqbal, Beyrouth, Dar al Hadi, 2004, pp. 66-69.
26. Ces hameaux de 25 km² (passés sous contrôle syrien en 1957) seront occupés par Israël en 1982 en même temps que le Golan. Pour l’ONU, elles relèvent de la résolution 242 et non de la 425 exigeant le retrait des forces israéliennes du Liban. Voir Kaufman A., « Who owns the Shebaa Farms? Chronicle of a territorial dispute », The Middle East Journal, vol. 56, n°4, automne 2002, pp. 576-596.
27. Chargé des relations internationales au sein du Hezbollah, entretien, mars 2004.
28. Voir An Nahar, 17 septembre 2005, p. 5.
29. Sur ce concept, voir Rosenau J., « Toward the study of national-international linkages » in Rosenau J., (ed.), Linkage Politics. Essays on the Convergence of National and International Systems, New York, The Free Press, 1969, p. 46.
30. Sur la vivacité de cette logique en milieu chiite, voir Nicolas G., « De l’usage des victimes dans les stratégies politiques contemporaines », Cultures & Conflits, hiver 1992-1993, pp. 141-143.
31. Entretien avec Sayyed Hani Fahs, dignitaire relevant du Conseil supérieur chiite, août 2004. Le Conseil est l’instance religieuse représentative de la communauté chiite au Liban. Ses membres n’adhèrent pas au concept de wilâyat al faqîh (« jurisprudence du docte ») et portent allégeance à Sayyed Sistani à Najaf.
32. Désigne en allemand une « joie maligne et méchante ». Voir Arkoun M., Maïla J., op. cit. , p. 40.
33. Dixit Waddah Charara, entretien en août 2004.
34. An Nahar, 27 novembre 2001, p. 13.
35. A notre sens, la force de la tournure discursive du Hezbollah réside dans la multiplicité des « tiroirs rhétoriques » ouvertement adaptables aux divers publics visés. Le « public chiite » – auquel est directement destiné le message – peut facilement se retrouver dans les qualifications de « résistants ». D’un autre côté, le discours sur les « terroristes » peut très bien éveiller dans l’imaginaire de ce public, l’ombre d’Al Qaïda (produit d’une pensée salafiste takfiriste qui considère les chiites comme « impies »), outre celle d’Israël et des Etats-Unis. Ce public a en effet la possibilité de lire au départ une différence implicite au niveau de l’approche « martyrologique » entre le Hezbollah et Al Qaïda – « ils tuent pour tuer et non pour une cause noble » –, surtout que le discours commence par ce thème sans qu’il ne soit encore fait mention d’Israël et des Etats-Unis. Quand ces ennemis seront nommément désignés, le discours aura rétabli de manière performative sa visée panislamiste.
36. Voir An Nahar, 5 novembre 2001, p. 14.
37. Voir Bayart J.-F., « Que peut gagner l’Iran ? », Critique internationale, janvier 2002, n°14, p. 23.
38. Voir Amin A., « Tajamo’ al ‘ulama’ al muslimîn al jadîd ! », An Nahar, 22 octobre 2001, p. 10.
39. Al Jazira a souvent accordé de manière engagée une tribune aux thèses des Talibans et de leurs sympathisants. Il nous semble clair que c’est une orientation islamiste tribunitienne qui a prédominé lors de sa couverture de la guerre, même s’il existe également en son sein des orientations importantes « panarabistes » et libérales.
40. Discours de Sayyed Nasrallah lors de la Journée de Jérusalem, banlieue sud de Beyrouth, Al Intiqad, 21 décembre 2001, p. 3.
41. Les Pasdaran ont été un élément déterminant dans la formation du parti à la suite de l’invasion de 1982. Si le Hezbollah a réévalué son projet de constitution de république islamique au Liban après Taëf, il place toujours les directives de l’ayatollah Khameneï, en tant que wali al faqîh (le dignitaire le plus apte à mener l’Umma), au-dessus de toute considération.
42. Zawahiri s’était alors expliqué sur la nécessité de porter le jihad contre « l’ennemi lointain » dans son livre Chevaliers sous la bannière du Prophète dont certains extraits ont été publiés en décembre 2001 par le quotidien Asharq al Awsat. Voir Kepel G., op. cit., pp. 124-136.
43. Voir Roy O., « Ben Laden et ses frères », Politique internationale, n°93, automne 2001, pp. 67 et 80.
44 Roy O., L’islam mondialisé, Paris, Seuil, 2002, p. 28.
45. « Directement » lorsque le leadership d’Al Qaïda est primordialement impliqué dans l’élaboration d’attentats très « sophistiqués » (Afrique de l’Est, 11 septembre, etc.), « indirectement » lorsque celui-ci semble compter – du fait de son isolement géographique – sur son effet « inspirateur » (par le biais de ses discours relayés par les médias) auprès de sympathisants potentiels. Cela pose la question du lien entre le leadership et la profusion jihadiste s’en revendiquant. La visée stratégique d’Al Qaïda étant très large, il ne nous semble pas qu’il existe (et c’est à notre sens l’une des forces de la mouvance) d’incohérences stratégiques majeures entre les actions fomentées par le leadership et celles des groupes idéologiquement proches ou encore des « groupes décentralisés » (pour preuve d’ailleurs, le leadership ne les renie pas), ce qui ne revient pas à dire qu’il ne peut pas exister des divergences tactiques ou autres rivalités personnelles entre différents hérauts salafistes jihadistes.
46. La lecture de certains discours d’Al Qaïda ne laisse pas de doute à ce sujet. Voir par exemple le « Message au peuple américain » de Ben Laden diffusé par Al Jazira le 29 octobre 2004. Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., pp. 101, 105 et 111. Olivier Roy ne semble pas avoir changé pour autant ses positions sur le sujet. Voir son entretien dans An Nahar, 31 octobre 2004, p. 10.
47. Voir Kepel G., Jihad. Expansion et déclin de l’islamisme, op. cit., pp. 472-473. Nous soulignons.
48. Non sans réussite. « N’importe quel sondage d’opinion tranchera en faveur d’une écrasante majorité arabe soutenant les propos de Ben Laden sur les questions de la Palestine et de l’Irak », Samaha J., « Harb al Jazîra », As Safir, 9 octobre 2001. Cité par Lamloum O., Al-Jazira, miroir rebelle et ambigu du monde arabe, Paris, La Découverte, 2004, p. 46.
49. En référence aux « 80 ans d’humiliation » subis par l’Umma selon Ben Laden dans son discours du 7 octobre 2001.
50. Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., p. 293.
51. Se référer à titre d’illustration au message de Ben Laden « aux musulmans d’Irak » diffusé le 18 octobre 2003 sur Al Jazira. Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., pp. 91-99.
52. « Perspectives irakiennes, entretien avec Hamit Bozarslan », Esprit, août-septembre 2004, p. 174.
53. Dans ce cadre, l’entreprise américaine de démobilisation de l’armée et de « débaasification » des administrations allait s’avérer catastrophique.
54. Voir Hashim A., Insurgency and Counter-Insurgency in Iraq, New York, Cornell University Press, 2006.
55. Ibn Taymiya (1263-1328) est la référence doctrinale des salafistes.
56. Se référer à l’intégralité du message attribué à Zarkawi in Hussein F., op. cit., pp. 246-256. Pour une traduction française, voir Kepel G., Milelli J-P., (dir.), op. cit., pp. 381-415.
57. Sayyed Nasrallah le fera à l’occasion de la 3e commémoration de la libération du Liban Sud. Voir An Nahar, 27 mai 2003, p. 13. Le parti ne pouvait, sous peine de voir compromise sa crédibilité, garder le silence face à l’émergence d’un tel phénomène en Irak. C’était avant, il est vrai, qu’il ne soit entaché par les attentats salafistes jihadistes.
58. Fondateur du Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak (khomeyniste), il avait opéré le 10 mai 2003 un retour en Irak après 23 années d’exil en Iran.
59. Commémoration de la bataille de Karbala (680) au cours de laquelle eut lieu le martyre des proches du calife Ali (cousin et gendre du Prophète), et notamment de son fils Hussein. Cette tragédie pour les chiites (qui considèrent que les imams descendant d’Ali sont les seuls successeurs légitimes du Prophète) est commémorée chaque année par des foules en deuil.
60. Zarkawi n’avait pas encore rallié Al Qaïda (son réseau avait d’ailleurs une dénomination spécifique : « Jamâ’at al tawhîd wal jihad »). Il finira par prêter allégeance à Ben Laden le 17 octobre 2004.
61. Entretien avec un grand responsable médiatique du Hezbollah ayant souhaité garder l’anonymat, mai 2005.
62. Une semaine après l’assassinat de Zarkawi par les forces américaines le 7 juin 2006, pas moins de trois banderoles étaient érigées en l’honneur du salafiste jordanien dans le camp en question. Voir Dahsha M., « Yâfitât tubârik istish’hâd al Zarkawi fi taamîr Aïn al Héloué », Sada al Balad, 14 juin 2006, p. 8. Sur la montée de l’idéologie salafiste jihadiste dans certains camps palestiniens au Liban, voir Rougier B., Le Jihad au quotidien, Paris, PUF, 2004.
63. Ce micro-activisme (qui était toujours en cours en 2006) n’a pas échappé au Hezbollah. Voir Akil R., « “Hizbullah” yarsod taghalghol “Al Qaïda”. Maktab fi Aïn al Heloué yusaddir “al mujâhidîn” », An Nahar, 9 juillet 2006, p. 6.
64. Voir An Nahar, 3 juin 2006.
65. Extraits du discours de Sayyed Nasrallah dans la banlieue sud de Beyrouth, 3 mars 2004, An Nahar, 4 mars 2004, p. 6.
66. « J’invite l’Umma à s’intéresser à nouveau à la Palestine. Parmi les objectifs des Américains au niveau de la focalisation de l’attention sur l’Irak figure le fait qu’ils veulent faire oublier la Palestine », Sayyed Nasrallah. Voir An Nahar, 14 septembre 2002, p. 6.
67. Exception faite de l’insurrection sadriste (que le Hezbollah soutiendra dans ses médias sans pour autant heurter les orientations « pacifistes » des autres parties chiites irakiennes), restée limitée dans le temps.
68. A la suite d’une médiation allemande (qui a duré plus de 3 ans), plus de 400 prisonniers palestiniens, libanais et arabes furent relâchés en échange de la libération d’un colonel de réserve israélien et la restitution par le Hezbollah des dépouilles de 3 soldats de Tsahal.
69. Voir Bayram I., « “Hizbullah” wa marhalat mâ baada ightiyâl Yassin », An Nahar, 31 mars 2004, p. 4.
70. Voir « Quelle est la stratégie du Hezbollah ? », Extraits de « Israel/Palestine/Lebanon : Climbing out of the abyss », Crisis Group Middle East Report, 25 juillet 2006, publiés dans Esprit, octobre 2006, pp. 22-27. Le 29 août 2006, Sayyed Nasrallah déclarera à la chaîne locale New TV : « Si j’avais été au courant – ne serait-ce qu’à 1 % – que l’opération de kidnapping allait aboutir à une guerre de cette ampleur, alors, catégoriquement, nous ne l’aurions pas fait pour des raisons humanitaires, éthiques, militaires, sociales, sécuritaires et politiques ».
71. Le Hamas souhaitant obtenir par le biais d’un échange la libération d’un millier de prisonniers palestiniens parmi les 10 000 détenus en Israël.
72. La proximité d’un tel accord à l’époque et l’effet de l’opération du Hezbollah l’ajournant sine die sont mentionnés dans le Crisis Group Middle East Report, op. cit.
73. Nous ne sommes pas ici dans un jeu de « boules de billard » purement inter-étatique (Voir Wolfers A., Discord and Collaboration: Essays on International Politics, Baltimore, The John Hopkins University Press, 1962), dans le sens où le jeu des acteurs non étatiques participe tout autant à la dynamique du rapport de force régional. Si ce jeu peut être plus ou moins contrôlé par certains Etats (à travers une certaine ascendance « réaliste » sur des groupes comme le Hezbollah), il faut garder à l’esprit qu’il peut simultanément marquer une grave crise d’autorité dans d’autres (comme le Liban), mais aussi échapper totalement au contrôle des Etats supposés forts (Iran, Syrie) dans d’autres cas de figure (impliquant d’autres acteurs « libres de souveraineté »).
74. Entretien avec Waddah Charara, août 2004.
75. Nous sommes en présence ici d’un penetrative process : « A penetrative process occurs when members of one polity serve as participants in the political process of another. That is, they share with those in the penetrated polity the authority to allocate its values », Rosenau J., op. cit., p. 46.
76. Voir note n°41.
77. Voir Rougier B., « L’islamisme sunnite au Liban face au Hezbollah », in Mermier F., Picard E. (dir.), Liban, une guerre de trente-trois jours, Paris, La Découverte, 2007, pp. 111-119.
78. Voir Naoum S., « ’Amaliyat “Hizbullah” : as’ila wa khulâsât », An Nahar, 13 juillet 2006, p. 2. Sur fond d’un profond état de divergence entre les orientations des grands partis sunnites et chiites au Liban, et selon une information du quotidien As-Safir du 10 avril 2006 (confirmée par le Hezbollah), neuf individus (apparemment proches idéologiquement des milieux salafistes radicaux) auraient été arrêtés le 13 mars 2006 pour avoir planifié d’assassiner Sayyed Nasrallah.
79. Voir Maïla J., « Le Liban après la guerre », Esprit, octobre 2006, p. 21.
80. Ce n’était pas la première fois que la mouvance zarkawiste postulait pour un tel rôle. Le 29 décembre 2005, « Al Qaïda en Irak » revendiquait des tirs de roquettes contre l’Etat hébreu à partir du territoire libanais (survenus la veille et dont le Hezbollah ainsi que des factions palestiniennes ont nié en être responsables). Cette affaire reste énigmatique vu qu’il est difficile de croire qu’Al Qaïda (et surtout sa branche irakienne) pouvait opérer à partir d’une zone contrôlée par le Hezbollah. A cet égard, Damas (miroitant l’épouvantail d’Al Qaïda en tant que moyen pour pousser l’Etat hébreu à souhaiter un « retour aux affaires » de la Syrie au Liban, ou du moins à engager des discussions informelles avec elle) n’est peut-être pas étrangère à cette histoire.
81. Un bilan dont Israël ne peut pas se prévaloir.
82. Voir Jervis R., Perception and Misperception in International Politics, Princeton, Princeton University Press, 1976.
83. Voir Maïla J., op. cit., p. 21.
84. Voir Telhami S., « Hezbollah’s popularity exposes Al-Qaeda’s failure to win the hearts », San José Mercury News, 30 juillet 2006.
85. Cette hypothèse peut être corroborée par des propos tenus par Ben Laden en 1996 : « On ne peut repousser l’envahisseur qu’avec l’ensemble des musulmans, ces derniers doivent donc ignorer ce qui les divise, provisoirement, car fermer les yeux sur leurs divisions ne peut pas être plus grave que d’ignorer l’impiété capitale qui menace les musulmans ». Voir Kepel G., Milelli J-P. (dir.), op. cit., p. 55.
86. La branche irakienne d’Al Qaïda ne sera pas, quant à elle, disposée à accorder le moindre crédit aux « chiites libanais ». Abou Hamza al Mouhajer (successeur de Zarkawi) publicisera sur un site salafiste jihadiste une bande sonore le 10 novembre 2006 s’attaquant avec véhémence à l’Iran, au Hezbollah et à la Syrie. AFP, le 17 novembre 2006.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /Nov /2007 14:24
Recueilli par Patrick Vallélian et Sid Ahmed Hammouche («la Liberté») QUOTIDIEN : vendredi 30 novembre 2007

Autorité spirituelle la plus respectée des chiites libanais, l’ayatollah Mohammad Hussein Fadlallah, 71 ans, né à Najaf en Irak, a été l’un des inspirateurs du Hezbollah. Il s’exprime sur la crise au Liban, alors que le Parlement doit élire aujourd’hui son président.

Le Liban est bloqué depuis plusieurs mois. Que faire pour éviter un embrasement ?
C’est très difficile de trouver une issue à cette crise tant que l’Amérique a plein de projets diaboliques vis-à-vis de la région. Voyez ce qui se passe en Irak. Aujourd’hui, tous les ingrédients d’une guerre sont réunis au Liban. Il est d’ailleurs extravagant d’entendre les parties en présence appeler au dialogue, tout en posant des entraves psychologiques et politiques [...]. On assiste actuellement au retour en force des fractions et des querelles entre les différentes communautés religieuses.
Va-t-on vers un affrontement chiites contre sunnites au Liban ?
Jusqu’à présent, il n’y a pas de divergence entre les sunnites et les chiites libanais. Certes, nous représentons l’opposition chiite à un gouvernement qui compte des sunnites. Notre problème, c’est que l’Amérique joue un rôle diabolique. Après avoir semé la discorde entre les sunnites et les chiites irakiens, les Américains aimeraient faire de même dans notre pays.
Comment s’y prendraient-ils ?
L’animosité historique à l’encontre des chiites dans le monde musulman est réapparue avec ce qui se passe en Irak. En outre, les chiites sont considérés comme des «infidèles» par les grands savants religieux sunnites saoudiens. Ce sont les sunnites wahhabites qui ont créé ce problème. Ce sont eux les premiers qui ont commencé à tuer les chiites et à faire exploser les mosquées chiites, leurs commerces ainsi que leurs lieux d’habitation.
Les chiites ne sont-ils pas aussi responsables des violences en Irak ?
Oui, mais après coup. Les savants du chiisme ont refusé dans un premier temps que les chiites tuent des sunnites. Puis, après la destruction, en 2006 à Samara [en Irak, ndlr], des tombeaux des deux imams que vénèrent les chiites, certains ont pris les armes. Pour se venger. Maintenant, c’est la folie de la vengeance. Ce n’est pas une question de fatwa. C’est une question de défense. Les sunnites, qu’ils soient d’Al-Qaeda ou proches de Saddam Hussein, ont déclaré la guerre aux chiites.
Les chiites du Liban sont financés par l’Iran qui veut devenir une puissance nucléaire…
Le projet nucléaire de l’Iran a pour but d’assurer les ressources énergétiques du pays, le pétrole étant en voie de diminution. Le problème, c’est que l’Amérique et l’Europe ne veulent pas que l’Iran possède la connaissance nucléaire scientifique. Or toutes les forces politiques et religieuses de ce pays refusent le nucléaire militaire. D’ailleurs, l’Iran a mis ses usines et ses capacités atomiques sous la supervision de l’Agence atomique mondiale. Ce qui n’est pas le cas d’Israël qui n’a jamais signé de convention sur l’armement nucléaire et refuse de le faire. Pourtant, les Israéliens ont l’arme nucléaire même s’ils le nient. Pourquoi l’Amérique ne bombarde pas l’Etat hébreu ? Pourquoi ne le désarme-t-il pas ? Pourquoi ne le met-il pas au ban des nations ?
Dans votre prêche, vous avez critiqué les médias occidentaux. Pourquoi ?
La presse européenne est sous pression de l’Amérique. Lors du conflit au Liban entre Israël et le Hezbollah, il y a eu aussi une guerre mondiale contre notre mouvement. Les occidentaux soutiennent toujours nos ennemis. Cette injustice nous a beaucoup blessés. Nous pensions que l’Europe était différente de l’Amérique, qu’elle pouvait prendre ses distances vis-à-vis de la politique américaine. Mais nous constatons que le Vieux Continent est sous l’influence de Washington qui vise à mettre la main sur le monde arabo-musulman, sur ses richesses naturelles, ses marchés de consommation et sur ses bases politiques et culturelles. Tous les chefs d’Etat européens sont à la solde de Bush.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 07:44

L’élection du président libanais est à nouveau reportée, et le gouvernement Siniora assure l’intérim après le terme du mandat de Lahoud. Le Dr Elie Haddad, Président du Rassemblement Pour Le Liban, donne sa lecture de la crise actuelle.

La crise de la présidentielle libanaise, origines et issues

Par Elie Haddad, Rassemblement Pour Le Liban, 22 novembre 2007, Publication originale Tayyar.org

Le Liban fait partie des rares pays où la composition démographique constitue l’une des raisons principales de son existence.
Ce mélange unique de communautés religieuses vivant ensemble depuis des centaines d’années a poussé feu le Pape Jean Paul II à considérer le Liban comme pays message pour l’humanité.
En effet, dans ce monde moderne où le terrorisme s’est taillé une place prépondérante et l’intolérance s’est érigée comme moyen de communication, l’exemple que peut donner le Liban sur la coexistence entre ses différentes composantes devrait prouver que le choc des civilisations n’est pas une fatalité et que les êtres humains, avec un brin d’intelligence et de responsabilité, peuvent vivre ensemble et bâtir, en commun, leur société.
Au XIXème siècle, suite à des périodes successives de troubles internes, les libanais ont dû progressivement établir un régime sur des bases consensuelles (ou consociatives). Après l’indépendance en 1943 et avec l’aide de la France, pays mandataire, le Liban a définitivement adopté ce type de démocratie commune, privilégiant ainsi le partage du pouvoir entre les différentes composantes du pays. Cependant, le côté immuable de cette démocratie et son incapacité à évoluer avec le temps ont permis de fragiliser la société libanaise, pratiquement la seule démocratie dans un océan de théocraties et de dictatures. Ce fût ainsi la guerre dite « civile » ayant éclaté en 1975.
A la fin de cette dernière, en 1989, et pour pouvoir sortir de l’impasse, les libanais ont dû avoir recours, une fois de plus, à la même démocratie consensuelle avec cependant une nouvelle répartition des tâches au sein du pouvoir. Le président de la république était resté maronite mais a vu ses prérogatives fortement diminuées au profit d’un conseil des ministres toujours présidé par un sunnite. Le président du parlement devait sortir des rangs des chiites avec un rôle plus renforcé et une assise plus solide.
Cependant, l’occupation syrienne, qui a duré plus de 30 ans, n’a cessé de perturber cet équilibre, en privilégiant les alliés au profit des adversaires, dont la majorité était chrétienne.
Après le départ de l’armée syrienne, il était donc indispensable de rétablir l’équilibre socio-politique interne afin de permettre à chaque communauté d’être légitimement représentée au sein du pouvoir et de participer ainsi pleinement à l’entreprise de la reconstruction et la modernisation espérée après une longue période de guerre.
Ainsi, eurent lieu les élections législatives de 2005. Malgré les multiples et sérieuses irrégularités qui les ont entachées, tant sur le fond que sur la forme, ce premier scrutin a permis de dégager une grande force dans chacune des trois principales communautés composant le pays ; près de 70% des voix des sunnites ont plébiscité les listes du Courant du Futur de Saad Hariri, le même pourcentage du vote des chrétiens les listes du Courant du Général Michel Aoun. En parallèle, plus de 85% des chiites ont donné leur voix au tandem Hezbollah-Amal. Ainsi, selon la formule historique du Patriarche Sfeir prononcée au lendemain de ces élections, chaque communauté avait choisi son leader.
Dans la suite logique de ce processus, le Courant Hariri a proposé Mr Siniora comme premier ministre, les deux pôles chiites ont voulu confier le perchoir à Nabih Berri. Toutes les forces politiques en présence ont dû entériner ces choix en cohérence avec l’esprit consensuel.
Il se trouve cependant qu’actuellement, nous nous retrouvons aux portes d’une nouvelle échéance, celle d’élire le nouveau président de la république qui devrait succéder au Général Lahoud. Il parait donc indispensable, dans le respect de l’esprit et le cadre de cette même démocratie, de confier la magistrature suprême au plus populaire, donc plus légitime, des leaders chrétiens, en l’occurrence Michel Aoun, étant donné qu’il est lui-même candidat.
Or, nous constatons, à ce jour, une volonté de la part de ladite « majorité » actuelle dirigée par Saad Hariri, de rompre la règle en vigueur et de s’opposer à la candidature Aoun en demandant l’accession au pouvoir d’un maronite « consensuel », comprenez insipide et non représentatif.
Cette rupture unilatérale de la règle régissant la vie commune comporte des risques de mise en péril de la paix civile. Elle doit être justifiée et bien argumentée sinon elle ne peut être considérée qu’un affront -un de plus- adressé aux chrétiens libanais.
Avant de lancer des accusations, il serait utile de reprendre les griefs exprimés par la « majorité » à l’encontre de Michel Aoun.
On lui reproche d’abord son « alliance » avec le Hezbollah. En effet, la vérité historique démontre que le vrai allié du parti de Dieu, aux législatives de 2005 et au gouvernement de Siniora, était justement le tandem Hariri et Joumblatt formant ainsi, avec le parti Amal de Mr Berri l’alliance quadripartite. Grâce aux voix chiites d’ailleurs, cette coalition a pu asseoir sa supériorité numérique et revendiquer la majorité. Cette dernière n’a pu cependant résister aux pressions externes qui avaient en ligne de mire le Hezbollah et son armement. Ainsi, entre vire voltages et double langage, cette alliance commençait à montrer les prémices de son implosion, traduites sur le terrain par des débuts d’affrontements entres chiites, sunnites et druzes. Les premières scènes de l’Irakisation commençaient à s’installer, si bien que le Général Aoun a dû établir un dialogue avec la partie chiite pour tenter de trouver une issue pacifique au conflit. Ce fût ainsi le fameux « document d’entente » signé le 6 février 2006 entre les deux partis apportant, en 10 points, des réponses à des questions fondamentales et conflictuelles qui gangrenaient la société libanaise. L’analyse globale du document en question dépasse le cadre de cet article ; il est cependant utile de préciser qu’il présente un mécanisme pacifique, le seul à ce jour, pour l’application de la résolution 1559. (cf. texte en référence).
On lui reproche aussi un « prosyrianisme ». Permettez-moi de penser que là, nous frôlons le délire. L’Homme, qui était le premier à déclarer la guerre à l’armée syrienne en 1989, qui a donné 15 ans de sa vie en exil consacrant ses jours et ses nuits à la lutte contre cette occupation, soit taxé de prosyrianisme d’ailleurs par ceux-là même qui ont constitué, pendant toutes ces années, les proches collaborateurs et les hommes de main de la Syrie au Liban, relève tout simplement de l’irréel. Cependant, ces résistants de la 25ème heure doivent savoir qu’il est inutile pour le Liban, voire dangereux, de poursuivre une lutte contre un puissant voisin qui entoure 70% de son territoire. Quelque soient les attributs du régime syrien, le peuple libanais ne peut et ne doit, œuvrer à son remplacement du moment que son armée a évacué son territoire.
On lui reproche enfin, deux ans après les législatives de 2005, d’avoir perdu la légitimité du leader chrétien. Face à cette allégation, seules de nouvelles élections, auxquelles nous appelons de nos vœux depuis plus d’un an, peuvent rétablir une nouvelle légitimité. A défaut, les chiffres de 2005 restent les seules à prendre en considération. Cependant, il est important de préciser que tous les sondages d’opinion, toutes sources confondues, placent le Général Aoun en tête des présidentiables, loin devant ses adversaires.
En démontant ainsi, l’un après l’autre, ces arguments, nous pouvons légitimement suspecter une vraie volonté de poursuivre la marginalisation des chrétiens, dissimulée dans le refus de la personne de Michel Aoun.
En effet, dans le cadre de la crise régionale actuelle, nous assistons à une confrontation sunnite chiite ayant débuté en Irak et qui poursuit son chemin dans les autres pays du golfe. Le Liban n’aurait pas dû échapper à cette vague morbide mais la présence de la communauté chrétienne a permis de constituer un tampon entre ces deux communautés mahométanes et éviter leur clash. De surcroît, l’action politique du Général Aoun a permis de remettre ce conflit sur le terrain politique, privilégiant une confrontation entre une majorité et une opposition, empêchant ainsi le recours aux armes et épargnant au Liban et à la région une nouvelle plaie ouverte.
Il est clair pour nous que Mr Saad Hariri, chef de file du groupe dit « du 14 mars » ne fait pas partie des commanditaires dans cette déstabilisation globale, cependant par son action politique il ne peut que la conforter.
Ainsi, il nous semble hautement nécessaire que les gouvernements occidentaux, les européens en particulier, puissent prendre la vraie mesure des risques encourus à travers l’analyse de l’origine du problème et des solutions à proposer à la lumière de l’équilibre précaire à respecter entre les communautés.
Imposer un chrétien non représentatif à la tête de l’état alors que les deux autres présidents jouissent du plein soutien de leur communauté ne peut qu’aggraver les frustrations et élargir les fossés.
Solliciter les autorités religieuses chrétiennes pour proposer des noms et confier le choix aux deux autres leaders musulmans comporte deux risques majeurs : 1. Réduire les chrétiens à leur dimension religieuse, à l’instar des coptes d’Egypte, ce qui va leur ôter progressivement tout leur poids politique, 2. Créer un précédent grave à travers lequel les deux autres présidents musulmans pourront choisir le président chrétien sur proposition du clergé, tout en sachant que ce choix ne s’effectue qu’en sens unique.
L’immigration chrétienne n’a pas cessé de croître depuis 1975, atteignant actuellement le stade de l’hémorragie. Dans les conditions décrites plus haut, elle ne pourra que s’aggraver. Il est cependant utile de rappeler que cette tendance ne s’était réellement inversée qu’à deux occasions : en 1982 avec l’élection de Béchir Gemayel et en 2005 après le retour du Général Aoun, deux hommes forts, de confiance et fortement représentatifs de leur communauté.
Le Courant Patriotique Libre est, à l’image de son chef, profondément laïque et croit fermement que la solution définitive aux maux de la société libanaise ne vient qu’à travers une démocratie basée sur la citoyenneté ainsi que la vraie séparation des pouvoirs, y compris celui des religieux. Cependant, cette laïcité ne peut être que le fruit d’une évolution naturelle de cette société et exige, par conséquent, que toutes ses composantes aient pu retrouver, dans un premier temps, leur espace complet et leur appartenance.
La présidentielle libanaise devrait être, en réalité, une occasion de renforcer la paix civile et une étape décisive à travers laquelle tous les libanais, sans exception, se retrouvent pour bâtir leur pays. Au vu de l’évolution actuelle, elle risque fort d’être, malheureusement, une porte d’entrée vers une crise plus longue et plus coûteuse.
Il est encore temps de revoir les objectifs stratégiques et de proposer de vraies solutions dans la paix et dans le respect de la démocratie libanaise.

Lire aussi : Document d’entente entre le CPL et le Hezbollah pdf

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /Nov /2007 07:37

By Ali El-Saleh, 25/11/2007
Gaza, Asharq Al-Awsat - Said Siyam, one of five high ranking members of Hamas who have been accused by Fatah of being behind the coup that occurred in the Gaza Strip and ended with Hamas exercising its full control on 14 June 2007.
Asharq Al-Awsat sat down with the man known as the "strongman of Hamas" for an in-depth interview:

[Asharq Al-Awsat] On my way to meeting you there was a march by the Dialogue and Reconciliation Committee. Are there serious efforts to achieve that reconciliation and return to the negotiation table, or is it no more than throwing the ball to the other side of the court?
[Siyam] From the first moment that followed the events we in Hamas were prepared for unconditional dialogue, and we said all matters can be discussed at the negotiation table. We do not have a veto on any matter. However, regrettably, the main obstacle is that the desire not to hold a dialogue is a US-Israeli decision. After the events, the Palestinian Authority[PA] represented by its president made its choice in favor of the Americans and the Israelis, and they became hostages of the US-Zionist decision in the matter of agreeing or not agreeing to the internal dialogue. That is the first point. The second is: There is an influential clique and a bad retinue around President Mahmud Abbas that rejects such a dialogue. The best evidence of that are the statements that are made by those figures every now and then to increase tension and to draw in many sides that are likely to deepen the discord.
[Asharq Al-Awsat] At the same time there are those on the other side who accuse Hamas figures including Said Siyam, Mahmud al-Zahhar, and others of taking a hard line and rejecting dialogue. They also accuse you of staging a coup in the Gaza Strip?
[Siyam] We are accustomed to such lies that are made by such types. When Hamas and all its institutions say Hamas is for dialogue it is no one's business to say this or that, for ultimately Hamas is an institution. However, we are talking about names that say no to dialogue on the side of Fatah and on the part of influential figures in the presidency. Let them try. We have informed all the Arab and international sides and all the factions and quarters that contact us of our readiness to have a dialogue. Therefore the problem is not with us in Hamas.
[Asharq Al-Awsat] A few days ago Abu-Mazin [Mahmud Abbas] stated to Asharq Al-Awsat that he has no problem [with having a dialogue] and that he contacted several Arab sides, and he is prepared to have a dialogue with Hamas for it is a main faction if Hamas hands over the institutions to the PA. Is Hamas prepared to hand over the institutions and what are its conditions in order to do that?
[Siyam] I want to make it clear that sometimes there are conflicting statements that need to be understood. Abu-Mazin also informed Arab sides to work first on persuading the United States, and that means the matter does not depend on his person. The story is not that Hamas is an obstacle. When we talk about institutions we ask do they belong to the PA or to Fatah. Isn't Hamas part of the PA? After the elections Hamas became no. 1in the Palestinian political system. Therefore the institutions he is talking about are a trust that is with us, we in Hamas in the Gaza Strip. However, it is not his right to have them handed over to him as a trustee over them, because we are part of the political system and part of the social fabric and part of the government, and consequently we are part of the PA. We are not talking about parts; we are talking about a number of issues that must be raised. Yet despite that we said we do not have a problem in having those institutions -- particularly the security services -- handed over to the apparatuses that will be reformed on professional and national bases. Moreover, there are institutions in which we do not have a presence other than protecting and guarding them.
[Asharq Al-Awsat] Why does not Hamas undertake a goodwill initiative, contact Abu-Mazin and say to him: Mr. President, come to Gaza and take over Al-Muntada (the presidential headquarters) and the Hospitality Palace. Those are matters that concern the presidency. As for the other institutions they belong to everyone and can be discussed at the dialogue table.
[Siyam] First, where is the authority that will hand them over? In the Gaza Strip all the security services have been dissolved, so to whom do we hand over those bodies?
[Asharq Al-Awsat] I am not talking about institutions, but I mean the Al-Muntada (the presidency) and the Hospitality Palace.
[Siyam] Even the Al-Muntada. Who will take over the Al-Muntada from us?
[Asharq Al-Awsat] Abu-Mazin in his capacity as president will takeover. And you recognize him as president.
[Siyam] Will Abu-Mazin come to Gaza to be handed over the Al-Muntada?
[Asharq Al-Awsat] I am saying that Hamas takes the initiative and invite him. And let him refuse.
[Siyam] Why does not Abu-Mazin take the initiative by stopping the arrests of Hamas leaders and elements in the West Bank? Why does not Abu-Mazin take the initiative of reopening the charity societies and organizations that were closed down? Why does not Abu-Mazin take the initiative and stop the arrests and actions that aim to dismantle and fragment Hamas? Why the crocodile tears over buildings that are deserted and yet there are no tears for a movement, a resistance, institutions providing services, and the arrest of hundreds of leading figures and personages in the West Bank who are being tortured in the West Bank?
[Asharq Al-Awsat] Such a step could put the ball in Abu-Mazin's court?
[Siyam] Allow me to say that I view such an argument as oversimplification of the problem. I fully realize that the problem is not in the Al-Muntada or the Hospitality Palace which we are protecting and caring for more than we protect and care for our homes. The issue is bigger than that. We do not want to taken in on the pretext of good intentions or goodwill initiatives. We have experience. We have taken the initiative [in the past]. When he met with Abu-Mazin after the Mecca Agreement, brother Abu al Abd (Ismail Haniyeh), the Prime Minister, surprised everyone by tendering his resignation as a gesture of good intention. That initiative was misunderstood, and none of the clauses of the Mecca Agreement were implemented except the clause on forming a national unity government.
[Asharq Al-Awsat] How was that resignation construed?
[Siyam] In the March 2005 Cairo Agreement we had another experience. The PA and Fatah agreed to a number of conditions in order to have one of the conditions implemented before they disavowed the other conditions. For instance, the 2005 truce agreement was adopted but none of the other clauses of the Cairo Agreement were implemented. In the Mecca Agreement, the clause on forming the unity government was implemented while none of the other clauses were adopted. We have a series of calamities. I am not here to throw the ball or to put the president in a corner. I am talking very clearly. We are prepared to discuss matters here or in any Arab or Muslim country and to have all the points raised for discussion. We don't have a veto on any issue. I do not want to jump in the air with a proposal or take a futile step. Who will take over those institutions or that palace o that house while I am ruling the Gaza Strip now? I have been transferred to the national security service which is originally a presidency apparatus. Abu-Mazin's house and also the house of Umm-Jihad (Intisar al-Wazir, Khalil al-Wazir's wife [widow and a former minister] - the house is adjoining to Abu-Mazin's house in Gaza) as well as the Hospitality Palace are now under the command of the Palestinian National Security [service], which is a presidential security establishment that is open to all visitors, bodies, and establishments. You yourself asked to visit those places and we allowed you.
[Asharq Al-Awsat] We are not oversimplifying matters. However there is a real dilemma and split in the Palestinian arena. There is a complete blockade of the Gaza Strip and you I think reject it, and we are trying to get rid of it. The blockade must end. He who takes the initiative to rid the Palestinian people of this dilemma may win a round against the other side.
[Siyam] We took the initiative and said yes to dialogue. Their initiative was to say no to dialogue. We said: Unconditional dialogue. They said: A dialogue on such and such conditions. If anyone must apologize it is Abu-Mazin who should apologize to the Palestinian people, not Hamas. That is because it is Abu-Mazin who backed those leaders and elements, although we warned him, and many others including leaders from within Fatah have also warned him. We placed the facts before him and he did not lift a finger. Despite that, we did not place any conditions, and for us everything is open.
[Asharq Al-Awsat] The present situation leads to distancing Hamas from the Palestinian people, particularly as we are about to have a conference that could be fateful for the Palestine cause, the Annapolis conference.

[Siyam] Hamas is in the government but it does not rule. When we were in the 10th government (the Hamas government that preceded the unity government), the president did not participate with us in any meeting or visit on any level for a whole year. He worked separately from us. The reality in the Gaza Strip or the West Bank is not new, because complications have been in a state of ebb and flow with regard to the complications and the suffering that is increasing. Here I would like to put on record that the suffering or part of the suffering in the Gaza Strip is the result of a Palestinian decision - the decision of Abu-Mazin and the Ramallah government.
[Asharq Al-Awsat] What proof do you have of that?
[Siyam] The best proof of that is what happened at the United Nations where Palestine was represented by the international community on the basis that Hamas is an outlaw and is treated as being outside international law. A good proof of that are the (closed) crossings and the sick people who die there, the dearth in supplies, the cutting off of all operational material, and preventing pilgrims from traveling. It is not a secret, and you the media know the truth even though you may not have material evidence or a legal instrument but there is a consensus over it. The Gaza Strip is also blockaded by Palestinians. However, although four months have passed and there were wagers that Hamas will not persevere and stand fast, I say we stood fast and we are prepared to stand fast for long months and provide the people with what we can. Ultimately we are confident that by the resilience and steadfastness of the Gaza Strip and our good administration the siege will break down and the Gaza Strip will triumph over the besiegers.
[Asharq Al-Awsat] Do you not fear the possibility that there will be an eruption of anger against Hamas in the Gaza Strip?
[Siyam] You are in Gaza; have you felt any signs of an eruption? There are no such signs, and if there is anything it is the rallying of the masses around Hamas and around the government and its distinguished performance. Matters are heading positively toward correcting all the mistakes and transgressions of the past. Even the friction and the practices that were planned by some sides in Fatah have failed to provoke the public. The minimum [needs] are available to the people. There is suffering, that is true, but the Palestinian people have been accustomed to such suffering for about 60 years. In the West Bank the occupying forces are - alongside the Palestinian Authority forces - arresting the strugglers and that is a mark of disgrace in the history of the PA.
[Asharq Al-Awsat] There are fears that Hamas will dominate the West Bank, and some people say had it not been for Israel's presence Hamas would have been able to do so?
[Siyam] It is not on Hamas's agenda nor is it in its culture to dominate the Gaza Strip. We were truthful when we said that what happened was merely that security had deteriorated to the state we know. As the Prime Minister (Haniyeh) said, the Gaza Strip is a trust and we had a choice: either we allow it to head toward destruction or we shoulder our responsibility inputting the house in order and institutionalize it. What annoyed them is that Hamas was able to re-institutionalize work in the Gaza Strip in all fields, including the security services, the judiciary, the courts, and other institutions. They promote such rumors in the West Bank in order to find justification for the ferocious campaign that is being waged against Hamas. We did not come on the back of tanks. The weapons we possessed two years ago are the same weapons that are with us at present. Those weapons were not used to bring us to power, for we came to power through the ballot box. If we wanted to stage a coup we would have done so during the campaign against us in 1996, a campaign that involved pursuit, arrests, assassinations, dismantling of institutions, and so on. The people may be patient with such excesses - as brother Haniyeh said - but they will not remain patient indefinitely.
However, we repeat that it is not a matter of domination. We basically are a resistance movement under occupation. The PA is not a real state or a real authority or a real government. All those political meanings are for us in Hamas part of the philosophy of resistance. However, if matters remain as they are, no one will be able to stand in the way of an explosion in the West Bank. America with all its power and vigor was unable to maintain security in Iraq, because the Iraqi people do not embrace the occupiers, they embrace the resistance.
[Asharq Al-Awsat] At the same time there are those who say that after halting its operations Hamas is now seeking to cut off the wings of the Resistance, through its confrontations with Islamic Jihad and by destroying its rocket factories. Not only that, but under the cover of resistance, Hamas is meeting with the Israelis. Abu-Mazin has reaffirmed that to Asharq Al-Awsat.
[Siyam] Abu-Mazin said Hamas supports Al-Qaeda in the Gaza Strip and he knows quite well that it is not true. By such words he only aims to harm Hamas. As for resistance the reality refutes his words. Hamas daily offers martyrs in the Gaza Strip, and side by side with other forces it resists Israeli incursions. Who carried out the Snake Catching [Sayd al-Afai] operation? Hamas. In the course of a few days Hamas killed four Israeli soldiers and wounded several others. Hamas has not arrested anyone for engaging in resistance. Give the name of one person from Islamic Jihad, Fatah, or the Popular Front for the Liberation of Palestine [PFLP] who was arrested because he was resisting. On the contrary, a mistake occurred a few days ago when a quantity of bullets was seized. It was thought it was destined for a family to create anarchy, but it transpired that it was for the PFLP. The bullets were returned to the PFLP whose activity in the resistance field is low. The background of the incident that occurred with Islamic Jihad in Rafah was not one of resistance but a road accident. A Jihad member ran over a pedestrian with his car and then refused to appear at the police station. The literature of the Resistance - Fatah, the PFLP, and Islamic Jihad - all say that Hamas is the spearhead of the Resistance, and any harm that befalls Hamas befalls the entire Resistance in Palestine. Who is arresting those hunted among the Izzaldin al-Qassam Brigades in the West Bank? Is it not the PA? Who is besieging the Resistance and who has signed an agreement on decommissioning the resistors' weapons?
[Asharq Al-Awsat] When I said to Abu-Mazin that he exercised authority as a faction [Fatah] against Hamas in the West Bank, he said that is not true and that he began the action against the Al-Aqsa Brigades, Fatah's military wing, and that he is entitled to move similarly against Hamas...
[Siyam, interrupting] Can I ask a question?
[Asharq Al-Awsat] Please do.
[Siyam] How many Fatah elements have been arrested by the PA in the West Bank? Very few compared to the hundreds of Hamas detainees? They are evening dismantling [Hamas's] political organization and the Al-Da'wah [The Call], which is an administrative organization that has no connection with the Resistance. They are bargaining with the resistors over their weapons, and they are asking them to hand over their weapons in return for releasing them. That happened in Janin and Tulkarm in the northern West Bank. It is easy for a person to make any accusation in the market but it is difficult for him to prove it. As for Hamas meeting with Israelis, I will not say it is incorrect, but I will say it is a blatant lie. Hamas is a strong movement, and when it wants to meet with Israelis and others it will declare that publicly for it is its own master, and it is elected and the master of the Resistance in Palestine, and has nothing to hide. If he has the names of persons who met with Israelis let him disclose them. If Hamas itself has denied it and so has Israel, why this strange insistence? Perhaps they fear someone will compete with them in meeting with the Israelis. We say to them rest assured, let them monopolize such meetings and good luck to them.
[Asharq Al-Awsat] I have heard rumors that Hamas fines anyone who sings at weddings, and especially those who sing songs for Samih al-Madhun (a Fatah member who was executed by Hamas during the operation to take control of Gaza)?
[Siyam] I hear that from you, but I have not heard before. When you leave my house you will see yellow flags (Fatah flags, and he asked his guards to show them to me). The owner of the house on which the Fatah flags are flying invited me to their wedding. I sent them a bouquet of flowers and they sang a song for Samih al-Madhun at the wedding. Those accusations are not true. We only ban the firing of gunshots [in the air] at weddings. I think any state in the world will support us in that, because the result is that victims fall and people are frightened. It is an uncivilized scene. We have succeeded to a great extent in relieving society of such practices. As for singing, they can sing whatever they want. Their press is free to say what it wants. Al-Hayah al-Jadidah as well as Al-Ayam and Al-Quds enter the Gaza Strip although those newspapers vilify us and lie about the government. Observe their press conferences that are broadcast directly from Gaza in which they call on Hamas to back down. No one touches them. Fatah leaders in the Gaza Strip meet and no one touches them or harasses them.
[Asharq Al-Awsat] Why such importance has been given to Samih al-Madhun who is now considered a symbol of Fatah's resistance to Hamas's influence in the Gaza Strip? Is it because of the way in which he was killed? Did he commit ugly crimes so that he deserves such a death?
[Siyam] I will not stoop to such a level.
[Asharq Al-Awsat] Did he commit ugly crimes to deserve such a death?
[Siyam] Let us have a neutral investigation into the crimes committed by Samih al-Madhun and his group for those crimes which included killings and indescribable torture. There is a recording of Samih al-Madhun's voice that was broadcast by Fatah's Youth Radio. The tape exists and you can obtain it. In it he boasts of burning civilian homes to the ground. Al-Madhun ended the interview saying: Excuse me, I have to go to continue with the burning. That is Samih al-Madhun. Can Fatah deny that? His heroism in Fatah stems from the extent of his hostility to Hamas and the crimes he committed against Hamas elements and others. He killed people just because they had grown a beard. I do not want to talk about him as though he is a national hero.
[Asharq Al-Awsat] It is also said in Ramallah that you banned hubble-bubble cafes and more than doubled the price of cigarettes: from 12 to24 shekels for a packet of cigarettes and from 4 to 40 shekels for a box of hubble-bubble tobacco. Since Hamas elements do not smoke, the action is interpreted as burdening Fatah members with the price increase.
[Siyam] So that they behave and stop smoking (he said it jokingly). Regrettably, the media focuses on issues that should not be raised because they are not the essence...
[Asharq Al-Awsat] But they are matters that are raised in the street?
[Siyam] In light of the dearth in substances that enter the Gaza Strip it is natural for prices to rise. There are commodities whose prices have risen in the world, such as wheat. The price of fuel oil has increased as a result of the rise in oil prices. Hamas does not control the prices of such commodities. We do not price goods. For instance, you can have a vendor who sells a kilo of cucumbers for one shekel while another vendor sells it for two shekels. I cannot force him to sell it for one shekel. The tax on cigarettes is deducted from the importers in favor of the Ramallah authority. However, if some people are caught attempting to smuggle a large quantity of cigarettes through the crossings Hamas levies a customs tax on them, and that is our right as a government.
[Asharq Al-Awsat] Regarding financial issues, how does Hamas arrange its financial affairs and how does it pay the salaries of employees, the police, and members of the security forces? The US Congress claimed that Hamas collects from $12 million to $20 million a month in revenues.
[Siyam] That is absolutely incorrect.
[Asharq Al-Awsat] Then how do you arrange your financial situation?
[Siyam] Is Hamas a shop or a movement? Hamas is a movement that has its extensions and is a political address in the world. It is courted and countries and presidential palaces are opened to it. Thus it is not a movement from nothing or a nihilist movement. We have income and revenues from inside the country and the government can secure part of the money from the aid it collects to break the blockade. The expenditure of the Gaza Strip was assessed on the basis of the financial squandering and the thefts that used to take place. The Gaza Strip does not need $50 million to $60 million a month to arrange its matters. The fact is it does not need more than $5 million to $6million a month, more than half of which comes from revenues. We pay the salaries of those whose salaries have been cut off while they pay the salaries of their people. Yet when we were in the 10th government we - and I was one of them - used to come loaded with bags full of money to feed our people. The first people we used to feed were 90% of the Fatah guys and we did not stop anyone's salaries, not even the salaries of those who were hostile to us. However, one of the first actions of the prospective government in Ramallah was to fight people in their livelihood believing the people will turn against Hamas. However, God provides us and the people.
[Asharq Al-Awsat] Is there cooperation between Hamas and the Egyptian authorities, at least with regard to the people who have been stranded at the crossing points?
[Siyam] Contacts have not been severed. However, there have been no official visits after the [June] events.
[Asharq Al-Awsat] There are people who are [were] stranded at the Rafah crossing [between the Gaza Strip and Egypt]. There were Hamas leaders in Egypt and other states that were able to cross into the Gaza Strip after the border was closed as a result of what took place in Gaza. I mention in particular [MP and Hamas spokesman] Mushir al-Masri. How did they return and by which crossing?
[Siyam] Al-Masri was not the only person who returned to the Gaza Strip. All those who were stranded returned.
[Asharq Al-Awsat] Did that take place through the Rafah crossing?
[Siyam] Not, not through the Rafah crossing but through the Rafah border, because the Egyptian brothers did not want the opening of the Rafah crossing to be held against them if they open it. We did not enter through the crossing's buildings but we entered from another side and through coordination. I personally returned through the Rafah crossing. When the Rafah crossing was closed I was in Damascus. Thus I was not behind the decision to resolve the situation in the Gaza Strip [on 14 June 2007] as they claim, because at that moment I was outside the Gaza Strip. I heard about the resolution of the situation on the radio like other people. To return to the issue of the Rafah crossing, many of those stranded could not get through because they were wanted by Israel. That is why the Egyptian government thankfully agreed to their crossing through the border.

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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 12:22
Ramadan Shallah, secrétaire général du Jihad islamique: «Le sommet d’Annapolis a pour but de masquer l’échec américain et de préparer le camp de la modération pour une future guerre».
Dans une interview sur la chaîne al-Jazeera, diffusée le 12 novembre dernier, le secrétaire général du Jihad islamique définit les traits de la période présente en montrant la vanité des espoirs de ceux qui accourent vers les propositions américano-sionistes. (Exraits) Traduction Centre d'Information sur la Résistance en Palestine
Ghassan B.Jeddo (al-Jazeera) : Il y a quelques jours, nous avons commémoré le 90ème anniversaire de la déclaration Balfour, et aujourd’hui, nous continuons à vivre plus dramatiquement encore ses conséquences désastreuses : une situation étrange en Palestine, avec la division des Palestiniens, la division des élites et des régimes arabes à propos des choix et des stratégies, le retour à la formation de camps antagoniques, la poursuite de la guerre israélienne contre une partie des Arabes.
Notre présent indique des complications de la situation libanaise, semblables à la grotte d’Ali Baba et les 40 voleurs, notre présent parle d’une alerte syrienne, de champs minés irakiens, d’une mobilisation iranienne, d’une inquiétude arabe, d’un rôle saoudien, de la crainte des pays du Golfe, d’une crispation américaine, d’un entêtement arabe et islamique passionné par la résistance et le refus. Et parmi les symboles de cette résistance, qui ont réussi effectivement à consolider ses positions, à affermir sa vision, à maintenir son mouvement et proposer des choix à son courant islamique général et spécifiquement palestinien, l’un de ceux qui sont les plus poursuivis par le Mossad israélien, un Palestinien jusqu’à l’os, qui est né et a grandi à Ghaza, qui a étudié dans les universités anglaises et américaines, un nationaliste par la formation politique, un islamiste par l’identité et le choix, un radical par sa position et modéré par sa culture, comme il l’affirme, un parcours général en direction de la lutte et du refus de la logique du règlement, aimé et admiré par les uns, contesté par les adversaires, des élites et des décideurs. Nous parlons du docteur Ramadan Abdallah Shallah, secrétaire général du mouvement du Jihad islamique en Palestine.
Dr. Ramadan, tu avais déclaré que dans la région, les questions sont entremêlées et complexes, et qu’il y a course entre le règlement et l’affrontement dans la région. Que voit ton regard palestinien ?
Dr. Ramadan Shallah : Tu as parfaitement décrit la terrifiante situation que nous vivons, mais permets moi de préciser que la course ne se déroule pas entre le règlement et l’affrontement, et je commence par affirmer qu’il n’y a pas de règlement, mais la course se déroule entre la guerre dont on sent les préparatifs dans la région et entre ceux qui veulent empêcher cette guerre. La course se déroule entre ceux qui, à l’extérieur, veulent la guerre et ceux qui veulent l’empêcher, les populations de la région, quelles que soient leurs positions et leurs orientations. La région est encore soumise à une vaste attaque supposée engendrer le nouveau Moyen-Orient, une attaque américaine qui a commencé en Irak, qui a touché la Palestine, qui menace la Syrie, le Liban et l’Iran, ce nouveau Moyen-Orient et cette nouvelle carte qu’ils espèrent instaurer par les canons, dans la région, les populations de la région continuent à les refuser et à leur résister.
Il n’y a donc pas une course entre le règlement et l’affrontement, mais une course entre la guerre et ceux qui veulent l’empêcher.
Al-Jazeera : la guerre contre qui ?
Dr. Shallah : Ceux qui veulent la guerre, ce sont Israël et le front américano-israélien, qui dessinent le parcours de cette guerre prochaine, si jamais elle a lieu. Pourquoi ? Je ne décrirai pas en détail la situation dans la région, mais j’indiquerai comment l’ennemi voit la région, puis je dirai comment nous, nous la voyons. Je vais reprendre la description faite récemment par un des orientalistes israéliens connus, un américain-israélien, Martin Kramer, qui se trouve actuellement à Harvard, unn élève de Bernard Lewis. Concernant la relation d’Israël avec la région, le conflit avec Israël, il a défini trois étapes, la première, l’étape arabo-israélienne, lorsque la région a résisté et refusé la présence d’Israël, mais les Arabes ont subi des défaites, et cette étape s’est achevée, d’après lui, en 1979 lorsque l’Egypte s’est désengagée du conflit arabo-israélien. Puis il parle d’une seconde étape, celle du conflit palestino-israélien qui, selon Kramer, s’achève avec la mort de Arafat. La troisième étape qui commence est celle du conflit islamo-israélien, que les Etats-Unis considèrent comme un conflit islamo-occidental, et dans lequel ils se sont engagés dans le monde entier sous le slogan de lutte contre le terrorisme islamique.
Pour Kramer, la guerre israélienne contre le Liban en 2006 n’est pas une sixième guerre israélienne, mais une guerre israélo-islamique, ce qui veut dire que pour Israël et les Etats-Unis, qui veulent la guerre, Israël fait face à un danger qui menace son existence, danger représenté par l’alliance islamique, qui englobe les mouvements de la résistance, soutenue par la Syrie ainsi que par de nombreux mouvements et groupes nationalistes et islamiques arabes, ce qui s’appelle le front de la résistance et du refus.
Au congrès de Herzelia, qui s’est tenu au début de cette année, les six études stratégiques présentées évoquent le danger qui menace l’existence d’Israël. Israël affirme aujourd’hui qu’il est menacé d’éradication de la carte de la région, et c’est pourquoi il veut éradiquer tous ceux qui refusent Israël dans la région. C’est la profonde nature des événements dans la région.
Al-Jazeera : que penses-tu de la déclaration de Mofaz affirmant que toutes les alternatives sont possibles pour stopper le programme nucléaire de l’Iran, y compris l’alternative militaire. Penses-tu qu’il est sérieux ?
R. Shallah : Bien évidemment, l’incitation à la guerre dans la région au sujet du dossier nucléaire iranien est une incitation israélienne. Depuis des années, il essaie de convaincre l’administration américaine de frapper l’Iran, et si la décision était laissée à Israël, cette décision est déjà prise, aucune voix ne s’y oppose en Israël, mais ils admettent aujourd’hui qu’ils doivent laisser cette question à ce qui s’appelle la communauté internationale, qui doit exercer des sanctions contre l’Iran, mais l’alternative de la guerre est toujours là. La menace de Mofaz intervient dans une course contre la montre, l’administration américaine est toujours hésitante, ainsi que le ministre de la défense et la ministre des affaires étrangères, mais Dick Cheney et les nouveaux conservateurs souhaitent la guerre car pour eux, l’Iran est la base du projet islamique qui menace Israël. Lorsque la guerre contre le Liban a duré, ils ne voyaient que l’Iran dont ils voulaient casser le bras, pour l’isoler. Les attaques contre Barad’î font partie de cette course contre la montre, ils veulent réunir les preuves et les vendre à Bush, comme ils l’ont fait pour l’Irak, mais Barad’î ne veut pas jouer ce rôle, c’est pourquoi il est devenu la cible des Israéliens.
Al-Jazeera : Si Israël a déjà pris la décision, est-ce qu’il est prêt à frapper l’Iran ?
R. Shallah : Je parle du souhait israélien, mais non de la capacité israélienne. Si les choses sont laissées à Israël, il aurait pris la décision. Mais est-ce qu’Israël peut frapper l’Iran et réaliser ses objectifs ? C’est une autre question, plus complexe. Même les Etats-Unis étudient encore la question, et ce qui retarde la décision américaine, à mon avis, c’est qu’ils ne savent pas quelle sera la réaction de l’Iran, les Etats-Unis n’ont pas encore envisagé la nature des dommages qui pourraient en résulter.
Al-Jazeera : Certains disent que la frappe sera plutôt contre la Syrie, considérant qu’elle est l’anneau le plus faible ?
R. Shallah : Si nous revenons à l’analyse de Kramer, il considère que le danger vient de l’alliance islamique, dont la principale base est l’Iran et le Hizbullah, qu’ils qualifient de Shi’ites, pour ouvrir le conflit et la guerre interne entre Sunnites et Shi’ites. C’est ainsi que les Israéliens et les Américains préparent une stratégie délimitant l’Iran pour cible, ils ne veulent pas se lancer dans une attaque contre les Arabes, c’est-à-dire la Syrie, car frapper l’Iran est plus facile, à cause de ce qu’ils nomment l’hostilité arabo-sunnite contre les shi’ites ou les Safavides, comme ils le disent, donc ils essaient de séparer la Syrie de l’Iran. Ils essaient donc la politique du bâton et de la carotte envers la Syrie, mais cette dernière n’est pas nouvelle en politique, elle a compris le jeu. D’ailleurs, la guerre contre la Syrie n’est pas une promenade.
Si nous voulons comprendre comment pensent les Israéliens à propos de la guerre dans la région, il nous faut revenir en arrière, lors du désengagement de l’Egypte. Ils avaient dit à l’époque qu’il n’y a plus de guerre dans la région sans l’Egypte, mais la guerre de juillet 2006 a brisé cette règle. Ils considèrent que si un groupe comme le Hizbullah peut mener une guerre presque classique, avec une forme de guerilla et une capacité de lancement de fusées jusqu’au cœur d’Israël provoquant le déplacement de plus de 750.000 Israéliens, si le Hizbullah a réussi à faire cela, que pourra faire la Syrie ? Cet ennemi considère qu’il est menacé, il n’est pas à l’abri, il ne peut frapper sans subir les conséquences, car la Syrie possède une véritable capacité de se défendre. Avec la guerre de juillet, Israël a compris la leçon qu’elle n’a pas apprise de l’Irak, c’est que son aviation ne peut remporter la bataille. C’est pourquoi Israël et les Etats-Unis manoeuvrent en direction de la Syrie, pour la séparer de son alliance avec l’Iran.
Al-Jazeera : Si telle est la situation, donc une menace très sérieuse de guerre, où vous situez-vous ? Vous, le mouvement du Jihad islamique, qui est présent à l’intérieur de la Palestine ?
R. Shallah : D’abord, je dois te rassurer que je ne reconnais pas les frontières de Sykes-Picot. Je suis Palestinien, par le passeport ou l’identité, je suis un réfugié palestinien, je vis dans un pays qui s’appelle la Syrie, qui nous a accueillis et reçus lorsque le monde entier a fermé ses portes. Dans tout pays arabe où nous nous trouvons, que ce soit la Syrie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite, si ces pays sont menacés par une invasion étrangère, je suis légalement investi à défendre ce pays, si les autorités de ce pays me le demandent. Mon engagement légal, national, nationaliste, islamique, moral et humain me demandent de repousser toute agression contre un pays arabo-musulman.
Al-Jazeera : Plus précisément, vous êtes dans l’intérieur palestinien. Est-ce que vous participerez, en tant que mouvement du Jihad islamique, à l’intérieur et à l’extérieur des terres palestiniennes ?
R. Shallah : D’abord, à l’intérieur de la Palestine, notre guerre contre l’ennemi israélien se poursuit sans relâche, nous menons une guerre défensive et de consolidation.
Pour répondre plus exactement, revenons à la guerre de juillet 2006. Nous sommes au Liban, et c’est à la direction de la résistance, le Hizbullah, de décider si elle souhaite ou non notre participation. C’est pourquoi je ne peux dire à l’avance ce qu’il en sera. Chaque terrain a ses dirigeants, mais nous, nous sommes prêts à défendre toute parcelle de la terre arabo-islamique, et comme nous nous battons en Palestine, nous nous battrons pour défendre la terre arabo-musulmane.
Al-Jazeera : Tu as considéré la guerre de juillet 2006 comme une victoire. Et lors d’un discours télévisé dans le camp de Shaja’iya, à Gaza, tu avais déclaré en octobre 2006 qu’Israël est en voie de disparition, que nous devons pas penser aux négociations, ni au règlement, qui ne servent à rien, que la libération de la Palestine se fera par les armes car c’est par les armes et la force qu’elle a été conquise. Ne penses-tu pas que cette façon de penser est une contrainte envers toi-même, envers le mouvement, envers le peuple et l’opinion arabe ? Se détourner de toutes négociations ? Pourquoi ne pas les laisser essayer ?
R. Shallah : Il n’y a aucune contrainte, ni envers moi-même, ni envers le Jihad islamique. Je suis entièrement convaincu, ainsi que le mouvement du Jihad islamique, qu’Israël doit disparaître, car sinon, je mets en doute ma croyance en Dieu le Très-Haut. C’est une question de foi, la Palestine est pour moi un verset du saint Coran, elle est sacrée. Quant aux autres, je ne les contraint pas, mais les conseille, je leur demande de cesser de courir après cet égarement. Au Liban, il y a un adage : « celui qui essaie ce qui a déjà été essayé, a l’esprit dérangé ». Jusqu’à quand allons-nous poursuivre cet essai ?
Pour un règlement, la solution doit être soit palestinienne, soit israélienne, soit arabo-musulmane, soit internationale. Mais après la victoire des Etats-Unis dans sa guerre froide, et après la guerre du Golfe et l’effondrement de l’Union soviétique, on nous propose la solution israélienne, avec un soutien international. Une solution israélienne pour la question israélienne, la question juive. L’Occident s’est opposé à Hitler et aux massacres nazis, mais il ne s’est pas opposé au projet sioniste et à la déclaration Balfour qui ont créé la question israélienne sur les ruines de tout le peuple palestinien. 5 millions de réfugiés. Qu’ils se rendent à Annapolis ou ailleurs et qu’ils nous proposent une solution !
Depuis la déclaration Balfour jusqu’à 1979, en passant par la Nakba de 48, ce fut le rejet total d’Israël, nous ne les voulons pas, ils sont étrangers à la région, ils sont venus implanter, par le feu et le sang, une entité à la place d’un autre peuple. Quelle est cet humanisme, cette humanité, cette démocratie qui permettent cette oppression et cette sauvagerie ? Ils veulent actuellement nous obliger à accepter Israël, par la force. Dans l’imaginaire israélien, cette troisième étape est celle de l’admission volontaire et absolue d’Israël, Israël veut être notre être bien-aimé, notre voisin, il nous veut le bien, mais nos ennemis sont la Syrie, l’Iran, le Hizbullah, le Hamas et le Jihad. Nous inventons des ennemis illusoires de notre propre peau et notre propre corps.
Deux visions s’affrontent actuellement. Eux disent, votre crime c’est le Hizbullah, le Hamas, le Jihad, la résistance, vous voulez entraîner la région vers un conflit arabo-israélien, ou plutôt israélo-islamique, avec la présence des Indonésiens, des Iraniens, des Turcs, comme si l’arabité est opposée à l’islam ! Actuellement les peuples réclament que le conflit revienne à ses débuts, ils refusent la présence d’un corps étranger, ils résistent et remportent des victoires. Le Hizbullah a résisté et a remporté une victoire, mais les autres, Israël et les Etats-Unis veulent obliger la région à admettre Israël. Que signifie admettre Israël dans l’absolu ? C’est accepter qu’il soit une partie de Sykes-Picot. Quand Saddam a envahi le Koweit, les Arabes, les Américains et le monde entier se sont soulevés, et si un Palestinien, arabe et musulman veut « envahir » Israël, il est brisé par la communauté internationale
pour préserver, protéger et libérer « la terre d’Israël » qui se trouve au cœur même de cette région. Il en serai ainsi lorsque le droit à l’existence de cette entité sera reconnu comme une partie indissociable de la région.
Avec une participation arabe, bien évidemment. Je le rappelle, lorsque la phrase « aventure irrefléchie » a été prononcée (lors de la guerre de juillet 2006, à l’encontre du Hizbullah, ndlt), certaines explications ont avancé que les Arabes avaient l’intention d’accepter volontairement Israël alors que ce dernier n’avait rien offert, ce qui a signifié que ce dossier a été clos et il est retourné en arrière. Pourquoi Israël refuse l’initiative arabe ? Car il sait que tous ceux qui ont proposé cette initiative ont promis de normaliser leur relation mais Sharon a considéré qu’ils vendaient une carte qu’ils ne possédaient pas, qui est entre les mains de leurs peuples. Avec qui allait-il signer ? Avec ceux qui les combattent, combattent les Etats-Unis au Liban, en Palestine et en Irak ou avec ceux qui les soutiennent déjà ? Il n’y a pas de règlement, pas de solution définitive, Israël ne veut pas admettre qu’il doit se retirer pour fonder un Etat palestinien.
Al-Jazeera : Ceux qui t’entendent, les Israéliens, les Américains, et même les Arabes, parler de cette sorte, dire que vous êtes prêts à participer et riposter à la guerre, par investiture légale ou considérations politiques, que vous êtes toujours attachés à la disparition de l’Etat d’Israël, se posent la question : est-ce que vous êtes toujours attachés à la résistance armée ? y compris par les fusées, à l’intérieur de la scène palestinienne ?
R. Shallah : Si nous abandonnons notre droit à la résistance, par tous les moyens dont nous disposons, il n’y a plus de justification pour notre existence.
Nous sommes attachés au choix de la résistance dans tous les cas, mais la forme de la résistance, son moment, sa gestion, l’utilisation de certains de ses outils, dépendent des conditions et des considérations sur le terrain, de la situation de notre peuple, de nos relations internes qui régissent la manière de mener le combat.
Al-Jazeera : Ne donnez-vous pas le prétexte à Israël pour qu’il occupe Ghaza à nouveau ?
R. Shallah : Israël n’a pas besoin de prétextes, lorsqu’il a occupé la Palestine et nous a jetés dans l’exil. Israël ne veut pas de prétextes. L’Europe n’a pu régler la question juive, et Israël essaie de la régler en massacrant le peuple palestinien, par petites doses, cela devient une scène courante, normale. Même pour le président de l’Autorité palestinienne. Au moment où nous entendons qu’il y a cinq martyrs, ou dix martyrs en quelques jours, il ne peut s’empêcher de visiter Olmert ou de prendre soin de sa santé. Mais ceux qui sont écrasés par les bulldozers d’Olmert, personne ne s’en soucie.
Al-Jazeera : Nous sommes à la veille d’un sommet, celui d’Annapolis. Comment le définir ? Pourquoi vous refusez cette réunion ? Est-ce parce qu’il propose un règlement ou parce qu’il est considéré comme une étape cruciale contraire à votre stratégie ?
R. Shallah : D’abord, nous ne sommes pas gênés par ce congrès car nous considérons qu’il représente une étape pour un nouvel échec américain, Bush essaie d’en faire un succès pour masquer son échec en Irak, et nous sommes contre ce congrès parce qu’il ne vient pas d’une initiative palestinienne, arabe ou islamique, où l’on perçoit, nous les Palestiniens, les Arabes ou les musulmans, un intérêt car c’est un congrès avant tout israélien et américain.
Bush souhaite, par ce congrès, mobiliser et renforcer le camp de la modération. Le camp de la modération arabe pour masquer ses préparatifs de guerre l’Iran. Il veut masquer son échec en Irak, consolider la position d’Olmert et masquer l’échec de ce dernier au Liban. Il veut consolider la position d’Abu Mazen, relever son moral après les événements de Ghaza. Bush veut montrer au peuple américain qu’il est toujours maître des initiatives, qu’il est toujours le maître du monde, que les horizons de la paix sont entre ses mains. Il veut refroidir la scène palestinienne pour entamer une nouvelle phase. Bush prétend se conformer à l’idée de deux Etats, il propose d’en discuter mais il sait très bien que toutes les données sur le terrain ne le permettent pas. En réalité, il veut consolider le front de la modération.
Les Israéliens, quant à eux, veulent creuser la division en adoptant Abu Mazen qu’ils considèrent comme leur allié. L’alliance avec Abu Mazen et l’approfondissement de la division entre Palestiniens signifient que le conflit n’est plus israélo-palestinien mais palestinien-palestinien, ils veulent de nouvelles concessions, graves, de la part d’Abu Mazen, relatives au programme de l’OLP et de l’Etat sur les frontières de 67, et si tu veux qu’on parle des détails, ils sont très graves.
Ils veulent que l’Autorité revienne à la mission qu’ils lui ont inventée à Oslo, celle de préserver la sécurité d’Israël, de poursuivre les résistants en Cisjordanie, de fournir les renseignements et de collaborer avec les forces sécuritaires de l’occupation. Tout est dans leur intérêt, mais nos « amis » se dirigent vers ce sommet, croyant pourvoir fonder des négociations qui rapporteraient l’Etat de l’après-Hamas, consolider leur position en Cisjordanie, la légitimité d’Abu Mazen et de l’Autorité palestinienne à Ramallah, isoler Hamas. La question est donc interne, c’est ce qui la rend dangereuse. Si ce sommet aboutir à des négociations, leurs détails sont posés par Israël, et non par la partie palestinienne.

Al-Jazeera : Pourtant, l’Autorité lutte pour avoir des acquis, toutes les déclarations vont dans ce sens.
R. Shallah : D’abord, la situation n’est pas propice à des négociations, et je n’ai pas confiance dans cette voie pour récupérer nos droits. Malgré toutes les difficultés internes d’Olmert, il ne fera pas de concessions à Abu Mazen. Les Israéliens disent : si Olmert est un canard boiteux, Abu Mazen est un canard dont la patte est cassée. Abu Mazen réclame un Etat dans les frontières de 67, mais il n’y aura pas d’Etat dans ces frontières. Cela fait des mois qu’ils discutent et négocient, tout ce à quoi cela aboutira, c’est un échange de terrains, ils prennent des terres de la Cisjordanie et nous donnent en échange des terrains situés dans le Naqab, à l’Est de Ghaza, quelques mètres tout au plus. Ils parlent de démantèlement des colonies, mais regardez ce qui s’est passé dans la Palestine historique, où il y a trois regroupements de population, à Tel Aviv, dans al-Quds et à Haïfa. Un demi-million de colons, un second Israël, se trouve dans la ville d’al-Quds et en Cisjordanie, ils seront rassemblés dans trois regroupements, les colonies continueront à démanteler la Cisjordanie, qui sera divisée en cantons. Concernant les réfugiés, pour eux, il n’y a pas de retour des réfugiés. Il y a un mensonge grossier officiel, arabe et palestinien. Cent mille Palestiniens seront autorisés à retourner, dans un laps de plusieurs années, Israël définira leur âge, leur appartenance, leur poids, leur hauteur, ce qu’ils doivent manger et ce qu’ils doivent boire. Ils ont dédouané Israël de la question des réfugiés, qui ne se sentira plus obligé, moralement, de considérer ce qui se passe hors des frontières de ce qui s’appelle Israël. Que reste-t-il donc ? Al-Quds ? La knesset israélienne a l’intention de prendre une décision relative à l’indivisibilité d’al-Quds, qui sera la capitale de l’Etat d’Israël. Al-Quds consiste actuellement en quelques ruelles et quartiers.. Vous voulez discuter des questions religieuses ? L’accord de Wadi Araba a rattaché al-Quds à la Jordanie, au niveau des questions religieuses. Dans tous les cas, la Jordanie a un rôle à jouer, je ne suis pas entré dans les détails, mais quand j’ai évoqué l’analyse de Kramer concernant le conflit israélo-palestinien qui s’est achevé avec le décès de Arafat, l’intérêt palestinien était présent, mais actuellement, nous sommes occupés par les détails et sommes devenus des négociateurs.
Al-Jazeera : où se situe le danger ?
R. Shallah : Le danger ? Il faut lire l’article de Dani Rubenstein, qui affirme que le mouvement national palestinien est fini, soit le mouvement conduit par l’OLP. Qui va à présent combler ce vide ? Les mouvements islamiques, l’Egypte, la Jordanie. Oui, la Jordanie, qui va partager le rôle sécuritaire avec le reste de l’Autorité palestinienne de Ramallah, l’autorité de Abu Mazen et de Salam Fayyad. La situation est extrêmement grave !
Al-Jazeera : Cela est grave ! Donc, les négociations ne concernent pas les frontières de 67 ?
R. Shallah : Ils doivent cesser leurs mensonges ! Les négociations ne concernent pas les frontières de 67. Israël n’autorisera pas autre que le Jourdain comme frontière. Les Arabes assumeront leur responsabilité s’ils acceptent cela.
Al-Jazeera : Ceux qui vont à Annapolis vont-ils l’accepter ?
R. Shallah : A Annapolis, les lignes seront tracées pour parvenir à cette formule, mais espérons que nous n’y arriverons pas, le peuple palestinien ne peut l’accepter, Fateh ne doit pas l’accepter. Et je l’affirme, la solution des deux Etats est finie, la solution des deux Etats est actuellement une proposition israélienne. Shimon Pérès a déclaré que si nous voulons vivre dans un Etat démographiquement juif, il faut à nos côtés un Etat palestinien qui protège Israël, en tant qu’Etat juif.
Al-Jazeera : Par la même occasion, un rapport récemment émis par Fox, à la demande des Israéliens, consiste à préparer la réunion d’Annapolis. Les six points devant être définis sont : deux Etats d’après les frontières modifiées de 67, une solution juste pour les réfugiés, deux capitales dans al-Quds, où Israël domine les parties juives et les Palestiniens dominent les parties arabes, avec des arrangements pour les lieux sacrés qui seront ouverts à toutes les religions, et des arrangements sécuritaires, dont un Etat palestinien désarmé.
R. Shallah : Evidemment, j’ai consulté le rapport en entier. Ils reconnaissent la modification des frontières, ils reconnaissent qu’il n’y aura plus une question de réfugiés, ils ont inventé une capitale à Abu Dis, soit une capitale sur deux mètres carrés. Il n’y aura pas de solution. Concernant la Jordanie, et j’indique un point important, les républicains ne veulent pas d’un Etat palestinien, ils considèrent que la solution est une confédération avec la Jordanie. Ce sommet est une étape, mais il n’apportera pas de solution. Israël considère que la guerre se prépare dans la région, il veut jouer un rôle, il ne veut pas régler le conflit, mais que nous payions le prix.
Al-Jazeera : Pour finir, rapidement, comment envisagez-vous de gérer la situation à Ghaza ?
R. Shallah : Il est important de sortir de la situation conflictuelle interne et de retrouver l’unité et la collaboration entre nous. Nous voulons réduire les pertes. Personne, pour l’instant, ne peut réaliser des acquis, nous sommes dans la période de réduction des pertes et non celle de la réalisation des acquis. C’est pourquoi il faut un rôle arabe qui soutienne l’unité des rangs palestiniens, au lieu de réunir Abu Mazen avec les Israéliens et de superviser des accords de ce genre. Il faut que les Arabes jouent un rôle de rapprochement entre Fateh et Hamas, de rassemblement des rangs palestiniens. Il faut nous mettre d’accord pour contrôler la situation palestinienne et ne plus revenir aux combats inter-palestiniens. Si les combats de ce genre se poursuivent, la Palestine sera perdue, et nous supporterons la responsabilité, cette fois-ci, plus que notre ennemi.
Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Dimanche 4 novembre 2007 7 04 /11 /Nov /2007 06:40
Le président Musharraf a déclaré l'état d'urgence samedi. Les communications terrestres ont été interrompues. Le bâtiment de la cour suprême, qui devait statuer sur la réélection du général, est cerné par les forces de l'ordre. Les raisons avancées : la menace islamiste et des «interférences judiciaires».
Source AFP LIBERATION.FR : samedi 3 novembre 2007
Téléphone coupé, programmes télé partiellement interrompus, bruits de bottes…Pervez Musharraf a déclaré samedi l'état d'urgence. «Le chef des armées a proclamé l'état d'urgence dans le pays et a pris des dispositions provisoires sur le plan constitutionnel», a déclaré ce conseiller sous couvert de l'anonymat. Le président pakistanais doit s'exprimer samedi soir, mais selon une copie de l'ordre présidentiel obtenue par l'AFP, il a justifié l'imposition de l'état d'urgence samedi par l'insurrection islamiste et à cause d'"interférences" judiciaires.
Le président a suspendu la constitution, mais le Parlement fédéral et les assemblées provinciales continueront de fonctionner, selon les autorités. Peu auparavant, les retransmissions des télévisions privées pakistanaises avaient été soudainement interrompues. «Notre chaîne a été coupée et il semble que cela soit lié aux informations sur l'instauration de l'état d'urgence dans le pays», a déclaré à l'AFP un haut responsable de la chaîne de télévision de langue anglaise Dawn, Azhar Abbas.
Ce sont surtout les «interférences judiciaires» qui semblent, pour l'heure, occuper le général. Des rumeurs faisaient état d'une possible proclamation de mesures d'exception en cas d'invalidation par la Cour suprême de la réélection présidentielle, le 6 octobre, de Pervez Musharraf. La plus haute juridiction du pays devait statuer avant le 12 novembre. Or, la police et les troupes paramilitaires pakistanaises ont encerclé le siège de la Cour suprême à Islamabad peu après l'instauration de l'état d'urgence, a constaté un journaliste de l'AFP sur place. Le gouvernement du Pakistan a désigné un nouveau président de la cour suprême. La même cour qui, auparavant, avait tenté sans succès  d'invalider l'état d'urgence. Par ailleurs, les autorités pakistanaises ont procédé samedi à l'arrestation du principal avocat qui contestait la validité de la réélection de Musharraf, selon une télévision privée.
Mme Bhutto avait déclaré mercredi soir craindre l'instauration de "l'état d'urgence" et avait annulé tous ses déplacements à l'étranger. Elle est revenue sur sa décision jeudi et a quitté le Pakistan pour Dubaï où résident ses enfants et sa mère. Samedi , elle est finalement revenue au pays, alors qu'il fut un temps envisagé par son entourage qu'elle ne rentrât pas en raison de l'état d'urgence.
Le pays est confronté à une vague sans précédent de violences. Depuis la mi-juillet, le Pakistan - puissance nucléaire de 160 millions de musulmans - a été ensanglanté par une vingtaine d'attentats suicide, ayant tué 420 personnes, perpétrés par des islamistes ou attribués à cette mouvance radicale. Le pire attentat suicide de l'histoire du Pakistan a frappé Karachi, dans le sud du pays, le 18 octobre, tuant 139 personnes, le jour du retour d'exil de l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto.

La présidentielle au Pakistan tourne à l’imbroglio juridique
La Cour suprême examine la candidature de Musharraf. réélu samedi.
CELIA MERCIER QUOTIDIEN : lundi 8 octobre 2007 Islamabad  de notre correspondante
Le président sortant, le général Pervez Musharraf, a récolté 98 % des voix : les élections présidentielles au Pakistan, qui se sont déroulées samedi devant les députés du Parlement et des assemblées de province, ont tourné au ­plébiscite. Mais il ne pourra être confirmé officiellement qu’après le 17 octobre. Ainsi en a décidé la Cour suprême qui jugera à partir de cette date si le candidat Musharraf pouvait ou non se présenter aux présidentielles… Une situation rocambolesque : si la candidature de Musharraf est invalidée, de nouvelles élections devront avoir lieu.
Quelques jours avant le scrutin, les deux candidats rivaux de Musharraf, Amin Fahim du Parti du peuple pakistanais (le PPP de Benazir Bhutto) et Wajihuddin Ahmed, le candidat présenté par le mouvement des avocats anti-Musharraf, ont déposé devant la Cour un recours contre la candidature du général. Ils estiment que Musharraf n’a pas le droit de se présenter car il est chef de l’armée. Selon la Constitution, un fonctionnaire, et donc un militaire, doit d’abord démissionner et attendre deux ans avant de pouvoir être éligible. Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1999, Mu­sharraf avait jusqu’à présent conservé la double casquette de président et de chef de l’armée grâce à des «arrangements» avec la Constitution.
Les deux candidats considèrent aussi que les présidentielles auraient dû avoir lieu après les législatives, prévues a priori début 2008. «Les dern ières législatives de 2002, qui ont été truquées, ont permis à Musharraf d’avoir une majorité dans les assemblées , explique Athar Minallah, avocat au barreau de Rawalpindi et activiste du mouvement des avocats. Il serait logique d’attendre que les asse mblées soient renouvelées, avec des é lections justes, libres et transparentes, qui établiront les vrais équilibres politiques, avant d’élire le président.» Le scrutin de samedi pèche aussi en légitimité : 200 députés de l’opposition (sur un collège électoral de 1 200 élus) ont démissionné quelques jours avant le vote pour boycotter une élection qu’ils jugent illégale.
Il semble toutefois peu probable que la Cour suprême, d’une indépendance relative et soumise à des pressions énormes du gouvernement, prenne une décision défavorable au général. Les avocats, qui mènent la protestation contre le «dictateur militaire», ont toutefois un espoir. «Il y a des bases très solides pour invalider la candidature de Musharraf, assure Athar Minallah. Cette décision va être très délicate pour les juges .» A l’entrée du parlement d’Islamabad , samedi, alors que le scrutin venait de s’achever, Tarek Mehmood, juriste et partisan du juge Wajihuddin Ahmed, expliquait : «Les députés ont voté sous la direction de l’état-major des armées. La bataille légale se poursuit pour restaurer la démocratie au Pakistan».

reportage
Dans la province de Kandahar, entre bavures de l’Otan et joug des talibans
De notre envoyée spécialeà Kandahar Celia Mercier  QUOTIDIEN : mercredi 31 octobre 2007
Le taxi s’arrête devant le gardefrontière, qui scrute, menaçant, le visage des passagers. Chaman est la porte d’entrée vers l’Afghanistan depuis le Baloutchistan pakistanais ; une ville frontière de contrebandiers, dont les bazars recèlent les spécialités locales : armes et paradis artificiels. La «ligne Durand» qui traverse ces collines sur les cartes, sépare le peuple pachtoun entre le Pakistan et l’Afghanistan. Mais des papiers ne sont pas nécessaires pour traverser. A chaque point de passage, les gardes évaluent le montant du pot-de-vin. Les négociations se terminent en poignées de main qui laissent glisser quelques billets. Les barrières se lèvent, au fur et à mesure. Dans l’autre sens, un patient afghan est emmené vers un hôpital pakistanais.
Spin Boldak dépassé, le taxi file dans un sillage de poussière. Mais les passagers, pris de panique, se mettent soudain à crier. Un convoi de véhicules blindés de l’Otan arrive à vive allure dans la rue principale. Le chauffeur fait une embardée au dernier moment, se jetant sur le bord de la route. Il se fait injurier : «Tu es fou ! Tu aurais dû t’écarter immédiatement, ils ont failli nous tirer dessus». Dans ce sud pachtoun, en proie à la guérilla des talibans, alliés aux barons de la drogue, les militaires étrangers se déplacent dans la hantise d’une bombe télécommandée ou d’une voiture piégée.
Les Afghans ont pour ordre de se tenir à l’écart des convois. Le véhicule suspect qui s’approche trop est mitraillé, et, bien que tout le monde soit censé connaître les règles, de nombreuses bavures ont eu lieu.
Torchis. Kandahar est au bout de cette route qui sillonne un désert bordé de collines. La capitale du sud afghan reste tendue en permanence dans l’attente du prochain attentat. Mais c’est là que la famille d’Habib, une trentaine d’adultes et d’enfants, se sent le plus en sécurité. Au printemps, ils ont dû quitter leur demeure de l’Ourouzgan, leurs champs de blé et leurs abricotiers, pour s’entasser dans cette minuscule maison de torchis en banlieue de Kandahar. Plusieurs centaines de familles piégées entre les bombes de l’Otan et la guérilla talibane ont fui la province ces derniers mois.«La dernière fois, les talibans ont attaqué un point de passage de la police près de notre maison, explique Habib. Les avions de l’Otan sont alors venus bombarder le coin. Notre voisin et une de nos cousines ont été tués. Une roquette est tombée sur notre maison, la sixième en un mois. Et puis les Hazaras [une ethnie rivale des Pachtouns, ndlr] ont raconté aux Américains que nous étions une famille de talibans. Donc nous sommes partis.»
Cela fait trois ans que la guérilla s’est réorganisée dans leur province. Les habitants, déçus par un gouvernement qui ne leur a fourni qu’un ancien gouverneur illettré et cupide, les accueillent puis se retrouvent sous leur joug. Les milices islamistes installent leur propre «gouverneur», leur administration parallèle et leurs barrages sur les routes. Elles rendent la justice aux locaux et embusquent les convois des «infidèles». Une base de la coalition a même repoussé deux assauts au mois d’août.
Kidnappés. Les écoles et les hôpitaux de la province de l’Ourouzgan sont fermés, en dehors de la capitale Tirin Kot, ville natale du mollah Omar. Les enseignants et les médecins étaient kidnappés, passés à tabac, menacés de décapitation. «Les talibans tuent les gens qui sont pour le gouvernement, les policiers, les soldats, explique un autre homme de la famille. Ils sont des milliers et leur mouvement se renforce jour après jour. L’hiver, beaucoup vont au Pakistan, ils sont aussi entraînés là-bas
Dans un hôpital de Kandahar, un jeune garçon de 17 ans serre les dents sur son lit déglingué, un bras amputé et une jambe rongée par la gangrène. Il raconte : «Il y a dix jours, j’étais dehors pour vérifier l’irrigation des champs de hashish. Les talibans et l’Otan se sont affrontés pas très loin. Je courrais comme un fou pour me cacher mais un hélicoptère m’a visé.» Son père l’a retrouvé le lendemain. «C’est vrai que les talibans se cachent dans les villages, ils demandent à manger et un abri, mais qu’est ce que les gens peuvent bien faire ?» interroge un blessé. Le médecin de garde constate : «Depuis le début de l’année, nous avons reçu des centaines de patients blessés dans les bombardements, y compris des femmes et des enfants. Ils viennent de l’Ourouzgan, du Helmand, de Kandahar.» Un responsable de l’hôpital, furieux, vient couper court à l’entretien : «Il ne faut pas parler de ces patients-là, ce sont les ordres

Dans le nord du Pakistan règnent les talibans
La répression des islamistes par l’armée est de plus en plus impopulaire.
Celia Mercier QUOTIDIEN : samedi 6 octobre 2007 Peshawar  envoyée spéciale
Trois soldats décapités ont été retrouvés jeudi au bord d’une route dans la zone tribale du Sud-Waziristan, avec une lettre : «Nous allons tuer d’autres soldats si l’armée continue à harceler les habitants.» Depuis fin août, le commandant taliban Beatullah Mehsud, qui contrôle cette région, a kidnappé 260 soldats pakistanais, qui se sont rendus sans résister.
A Peshawar, les militaires ont désormais pour ordre de ne plus sortir en uniforme dans la ville. Un soldat, qui a servi au Waziristan plusieurs années, explique la démoralisation qui frappe les troupes : «Nombre d’officiers sont passés en cour martiale car ils refusaient de tirer sur leurs propres concitoyens. Moi-même, j’ai laissé des talibans s’échapper. Ce sont des musulmans, ce sont nos frères.» Il conclut : «Nous sommes les alliés de Bush, mais cela ne vient pas du fond du cœur. Cette guerre n’est pas la nôtre.»
«Burqa».  Sous la pression américaine, l’armée pakistanaise a mené une guerre dans les zones tribales jusqu’en 2006, pour détruire les sanctuaires d’Al-Qaeda et des talibans dans ces régions frontalières de l’Afghanistan. Résultat : la population locale s’est retournée contre l’armée, et les militants islamistes ont pris le pouvoir, massacrant les chefs traditionnels. La violence a ressurgi cet été au Waziristan après l’épisode sanglant de la Mosquée rouge, un bastion islamiste anéanti par l’armée au cœur de la capitale, Islamabad. Sans compter les nombreux attentats perpétrés depuis dans la province pachtoune et dans la capitale, ciblant pour la plupart les forces de l’ordre.
Dans la région pachtoune, les talibans gagnent du terrain et font sentir leur présence jusqu’à la lisière de Peshawar. Dans une banlieue de la ville, des islamistes en Land Cruiser ont menacé de mort des femmes qui faisaient leurs courses. «Ils patrouillent dans le marché et obligent les hommes à aller à la mosquée. Une école a été attaquée, et les filles doivent maintenant se couvrir d’une burqa. Personne n’ose critiquer les talibans, ils ont réduit les gens au silence par la peur. Ce sont des jeunes du coin, d’anciens délinquants qui ont reçu un entraînement des talibans et d’étrangers venus du Waziristan. Le plus étrange, c’est qu’il y a une garnison de l’armée à cinq minutes, mais ils restent cloîtrés dans leur camp», explique un enseignant terrorisé de Dara, un village voisin.
Un guide spirituel taliban, installé à Peshawar, se réjouit : «Nous espérons qu’il y aura un jour un émirat islamique dans la région. La guérilla est en cours. Nous haïssons le général Musharraf [le président pakistanais, ndlr] plus que tout, à cause de sa soit-disant guerre contre le terrorisme . Il est tout à fait conforme à l’islam d’attaquer les soldats et les policiers pakistanais, ils tuent des musulmans donc nous les considérons comme des infidèles.»
Les policiers se retrouvent dans la ligne de mire. «Un nouvel inspecteur a été tué hier alors qu’il était en patrouille. La liste s’allonge», se lamente un responsable de la police. «Les islamistes veulent déstabiliser le gouvernement en nous frappant. Ils dirigent ces attentats depuis les zones tribales. Tous les détonateurs que nous avons retrouvés sur des ceintures d’explosifs viennent de la même source.» Il poursuit : «Dans les zones tribales, les gens sont illettrés et ils sont facilement manipulés par des mollahs radicaux qui les transforment en bombe humaine. Les militants sont soutenus par Al-Qaeda qui a beaucoup d’argent.» Cette année il y a eu 20 attentats-suicides dans la province contre deux l’an dernier. Et près de 200 attaques, qui ont tué, en plus des civils, une centaine de membres des forces de l’ordre.
«Double jeu».  Un ancien bureaucrate, longtemps en poste dans les zones tribales, pointe du doigt le gouvernement local de la province, dirigé par les islamistes, alliés en coulisse au gouvernement : «Ils jouent un double jeu en protégeant ces talibans. Ils ont construit de nombreuses madrassas radicales dans les zones tribales.»
La talibanisation de la province pachtoune n’a fait qu’empirer sous la présidence de Pervez Musharraf. Elle constitue un danger, mais c’est aussi pour le général un moyen de justifier devant les Américains son maintien au pouvoir, et peut-être de conserver son poste de chef de l’armée qu’il est censé abandonner une fois élu.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 19:31

Book Review by Amir Taheri, 23/08/2007

ecrans-de-la-mer-de-chine-_tai-long-wan--s-beach--hong-kong--chine-populaire--011006--by-paul-yeung--reuters_.jpgDuring the past six months, more than 300 Muslims have been arrested in five European countries, and charged with involvement with terrorism. Most are young, often aged between 16 and 30. Almost all were born in Europe and hold the nationality of the European country in which they were plotting terrorist operations. European intelligence services claim that large numbers of young Muslims may have already stepped into the antechamber of terror. In Britain alone, the number of young Muslims suspected of flirting with terror is put at over 4000.
What is happening? Why are these young European Muslims drawn to terror? What should Europe do to integrate them into its pluralist culture?
All those pondering such questions would find Ed Husain's autobiographical book, "The Islamist", an interesting read.
This is not a work of academic scholarship or political analysis. It is one young man's personal story of how he was attracted by radial Islamist ideas at the age of 16 and how he spent more than five years of his life in a labyrinth of fanaticism, conspiracy and terror. Husain's book bears a subtitle that states his purpose in writing the book: Why I joined radical Islam in Britain, what I saw, and why I left?
Husain, who is of Bangladeshi origin, shows how Islam is used by some Britons of Asian background as the matrix of a peculiar form of identity politics. To these Britons who face or at least fear racism because of the colour of their skin, Islam becomes an invisible form of bonding. It is against that background that Husain, echoing the prevalent misunderstanding in Britain, speaks of "Muslims and whites" as if Islam were a form of racial identity.
Once Islam is adopted as a form of racial and ethnic self-expression rather than a religion with a universal appeal, the neo-Muslim of the type that Husain was starts looking around for opportunities for highlighting his Muslim-ness.
Husain's involvement with radical politics in the name of Islam included many episodes of duplicity, intimidation and even violence but stopped short of actual terrorism. Throughout those turbulent years, Husain's parents, devote traditional Muslims, opposed his politics and even banished him from their home.
Husain shows how little he and his militant colleagues knew about Islam as a religion.
Because they knew neither Arabic nor Persian, the two key languages of the Islamic civilisation, they had no access to the immense literature of Islamic theology, philosophy, history and jurisprudence.
Instead, they had to rely on a small number of pamphlets written by the late Pakistani militant Abu al-Ala Maudoodi and a certain Sheikh Nahbani, an obscure Jordanian cleric who founded the so-called Islamic Liberation Party (Hizb ut-Tahrir al-Islami).
Husain relates how he decided to travel to Syria to learn Arabic and to see how a Muslim society works.
After just a year in Damascus, however, he was disappointed. He found that most Syrians were not interested in religious matters, and dreamed of the freedoms and living standards available in Europe. Husain whose original first name is Muhammad claims that the Syrians he met found it bizarre that he bore the Prophet's name. This is why he decided to retain only the last two letters of his original name and transformed himself into Ed Husain.
Having decided that Syria was not the ideal Muslim society he wanted, Ed, by now married to a Bengali-British girl of equally fundamentalist persuasion, decided to move to Saudi Arabia. But even there, Ed and his wife did not feel happy. Ed says he dressed up as a Saudi sheikh and was thus able to avoid some of the racism that he claims is directed against people of Asian origin in the kingdom. He claims that young Saudi men harassed his wife while young Saudi women made passes at him.
At any rate, Ed and his wife ended up homesick for England, and realised that, whether they liked it or not, they were Britons.
Part of the book is devoted to Husain's effort to prove that his radical colleagues were wrong on virtually every point. The problem, however, is that Husain bases his arguments on his interpretation of the Koran. That can only lead to a war of interpretations in which Husain's former comrades could claim that he is wrong and they are right.
Husain has not taken the decisive leap that could set him free: that is to say thinking for himself rather than relying on the interpretation of this or that text. For example, do we need a hadith that killing innocent people in the name of whatever cause is a heinous crime? Cannot we reach that conclusion by using our own reason or simply by remembering that murder is a crime under British law?
In Husain's case the answer is no. This is why, having abandoned radical Islamism, he found a new home in a new brand of the faith that he labels "moderate Islam". From his account, it is hard to understand what this means. But it seems to be a mélange of half-baked Sufism and a pseudo-mysticism known as Hababib from Hadhramaut.
Husain claims that this new brand of the faith is conquering Britain and "re-injecting Muslims with love, compassion, and attachment to the Prophet."
Adepts of this new version of the faith come together in "gatherings remembering the Prophet's birthday, or mawalid (sic), replete with metaphysical meanings" and "lead lovers of the Prophet in song and emulate the Beloved's exemplary conduct."
Husain emerges as a confused young man whose quest for some form of certainty in an age of uncertainties has led him to many strange shores.
In the 1960s, he might have become a leftist terrorist, as was the case with many young Muslims.
With leftist ideologies all but dead, various brands of Islamism are in vogue. A generation ago, many Britons of Indo-Pakistani background were attracted to Trotskyism and other offshoots of Communism. Their children have become Islamists largely because radicalism of the left has lost its attraction.
Trying to understand Husain and other young Europeans of Muslim birth through the prism of religion would be a mistake.
Husain clearly shows that while he knows something about political issues such as Palestine, the war in Iraq and Kashmir, his knowledge of Islam as a religion is not of the highest kind. For example, he claims that the birthday of the Prophet is a " highlight of the Muslim cultural calendar across the Muslim world", implying the existence of a personality cult that has never had a place in Islam. Muslims honour and respect the Prophet but do not venerate or worship him. His birthday is not a kind of Islamic Christmas.
Husain says that while he was in Damascus he often went to the shrine of Hussain Ibn Ali, the third Imam of Shi'ism. But the shrine he went to is the burial place of Zeynab, Imam Hussain's sister. The Imam's own shrine is in Karbala, Iraq.
Husain's account of what he calls Wahhabism is based on the caricature peddled by the Western media. As a result he describes as Wahhabi a good part of the Salafi belief system.
Despite his break with Islamism, Husain is still unable to appreciate the core values of modern Europe.
He writes: " Many of my Muslim friends {in Britain} rightly ask what we are supposed to integrate into. ' Big Brother' life-style? Ladette culture? Binge drinking? Gambling?"
The implication is that Britain is that and only that.
However, Husain and his " Muslim friends" could integrate into a democratic system of politics, the rule of law, freedom of religious belief and practice, the universal charter of human rights, and educational, cultural and economic opportunities that the majority in the Muslim world could only dream of.
Nobody asks, let alone force, British Muslims to indulge in binge drinking or gambling. Nor are they even invited to abandon their weirdest doctrines and prejudices as long as these remain at the level of ideas and opinions. All that the British Muslims are required to do is to live their lives, practice their faith, and refrain from forming secret cells to plan and carry out mass murder.

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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 19:19

by Huda al Husseini, 24/08/2007, Huda al Husseini is a prominent Lebanese writer.
This is a season of attacks by individuals who seek to cause distress in the region in order to consolidate their positions and goals in Lebanon.
With the "celebrations" that have spread in Lebanon to mark the first anniversary of the war between Israel and Hezbollah, Hezbollah Secretary-General Hassan Nasrallah delivered three speeches that were broadcast from Ba'labakk, Bint Jubayl and the Southern Suburb of Beirut.
In his three speeches which were not delivered in person, Nasrallah focused on the quantity of rockets that are now in Hezbollah's possession. This caused horror among the Lebanese people as they wondered where Nasrallah wanted to take Lebanon! As he delivered his second speech, the Lebanese people noticed that a large number of those considered allies of Hezbollah and, consequently, should express their jubilation with what they heard from the Hezbollah secretary general, opted to appear on television stations that are affiliated with or support Hezbollah to attack Saudi Arabia and the Saudi Ambassador to Lebanon Abdulaziz Khujah.
The attacks against Saudi Arabia coincided with reports that France had put a stop to the French initiative that reportedly sought to convene a regional-international conference with the participation of Syria to resolve the Lebanese problem.
These attacks also followed a conference on Iraq held in Syria to discuss the security situation in that country, which Saudi Arabia boycotted. Some Lebanese agents "accredited" [by Syria] said, among other things, that Saudi Ambassador to Lebanon Khujah and the US Ambassador Geoffrey Feltman were the only diplomats who were acting in Lebanon to cause divisions among the Lebanese parties and to prevent them from meeting. These agents did not say that if there were a Syrian ambassador in Lebanon, problems would probably decrease. They also said that they "received information" that the international conference for which US President George Bush called for to discuss the Palestinian problem would convene only to provide an occasion for a photo of a handshake between the Saudi monarch, King Abdullah Bin Abdulaziz, and Israeli Prime Minister Ehud Olmert.
In his third speech delivered on 14 July, Nasrallah said that he had prepared a "surprise" for Israel that would change the face of the region. This "surprise" came as a surprise to the Lebanese people of whom some were convinced that Hezbollah might have nuclear weapons! Horror struck deep among the Lebanese who have not yet repaired the damage caused by last year's war. Others believed that the "surprise" might indicate Hezbollah's possession of chemical weapons. According to informed sources, Iranian military officials in the Islamic Revolution Guards Corps and Syrian officials last year entertained the notion of trying the use chemical weapons. These officials sought to push Hezbollah to use the Zilzal rockets, which carry chemical weapons, on a small-scale. This is why in the early days of the war the Israeli military aircraft concentrated on bombarding these rockets and their bases, having received confirmed reports that Hezbollah was planning to use chemical weapons. According to this information, Nasrallah was in Damascus a few days before the 1ast July attack [on Israeli patrol to capture 3 Israeli soldiers]. He voiced his concern that Israel might react by invading Lebanon, should he give the order to abduct Israeli soldiers. However, the Syrians and the Iranian Islamic Revolution Guards Corps--Al-Quds Brigades--proposed that should retaliate against any Israeli attempt at invasion by firing rockets carrying chemical weapons, This , they said, would have a resounding impact because the Israelis were not provided with gas masks.
When the conflict broke out, Israeli aircraft destroyed the Iranian Zilzal rockets and foiled Hezbollah's attempt to use chemical weapons. In the wake of Nasrallah's speech in which he revealed his "surprise," two developments worth noting occurred: First, the fiery attack that Syrian Vice President Faruq Al-Shara launched against Saudi Arabia prompted the Lebanese people to understand the significance of the preliminary attack begun by those Lebanese agents "accredited" by Syria. The second was Washington's announcement that it was considering placing the Islamic Revolution Guards Corpse on the list of terrorist organizations. Everyone, near and far, knows that since its establishment early in the 1980s, Hezbollah owes its weapons, training and funding to the Iranian Islamic Revolution Guards Corps. During last year's war, officers from this corps assisted Hezbollah's fighters and kept the military supply lines across Syria open. Nasrallah's anticipated "surprise" seems to have played a basic role in the US thinking that might turn into action next month. This mere thinking dealt a psychological blow to Iran because it affected its legitimacy as a regime. This thinking has also caused confusion in Syrian circles. Then came the announcement by Netherlands's Foreign Minister Maxime Verhagen's that his country is ready to host the international tribunal to try the killers of former Prime Minister Rafik al-Hariri. It is to be recalled that in 2005, leaks from the draft report prepared by Detlev Mehlis, [head of the International Independent Investigation Commission], for the United Nations noted that five senior Syrian officials were implicated in the bombing of the Al-Hariri's motorcade. And last month, Serge Brammertz pointed out that his team obtained names of a number of people who played a role in the attack on Al-Hariri, along with names of others who participated in other assassinations that were perpetrated in Lebanon.
Then came the resounding statement of Faruq al-Shara against "paralyzed" and "submissive" Saudi Arabia. All Lebanese parties, both in the opposition and government, realized the significance of this statement, as Al-Shara's political future is contingent upon having a Lebanese president, chosen by Syria, assume this post so that Syria can emphasize its actual influence in Lebanon, notwithstanding the withdrawal of its army. Al-Shara cannot lose every time he makes a bet. For before the assassination of Al-Hariri he said: "The Syrian troops will stay in Lebanon for two years," but only two months later the Syrian troops were withdrawn from Lebanon. He now said: "Israel knows that we do not wish to wage war, that Syria will always be ready to retaliate should Israel attack it, but that Syria will not be the first to start an attack. "Meanwhile, Turkish officials advised Israel to distinguish between Syria and Iran because the two countries differ over regional issues. They also told Israel that "achieving peace with Syria would be easier than achieving it with the Palestinians. "In his fiery statement, Al-Shara also attacked President Bush's initiative, saying that Syria will not participate in the international conference even if it were invited. No invitations have so far been extended to any party to attend the proposed conference. On July 1, Syrian Foreign Minister Walid al-Muallim said: Syria is ready to participate in an international conference on the Middle East under the auspices of the United States. He repeated this statement during his visit to India last week, when he urged Indian companies to invest in Syria and establish joint enterprises to benefit from "the climate of stability and security Syria enjoys under the leadership of President Bashar al-Assad." Wedo not know if during his visit to India al-Muallim was aware that a delegation of Muslim Indian leaders was touring Israel to spread the message of peace.
Maulana Jameel Ahmed Ilyasi, secretary-general of the All-India Association of Imams and Mosques, which includes 500,000 imams throughout India, said during his tour of Israel. We do not know whether Faruq al-Shara would accuse the Muslims of India totaling 147 million of being "agents" of Israel, or whether neither India nor its Muslims have any effect as long as Syria's road to Lebanon does not pass through India or its imams. It is regrettable that Syria is acting to turn Lebanon into an arena for conflict with Saudi Arabia. It seems that Syria insists on torpedoing the situation in Lebanon if it fails to re-impose its influence there. Syria believes that hosting a two-day security conference on Iraq in Syria was enough to end its international isolation and secure recognition of its role in Lebanon. Syria aspires to use the negotiations over Iraq to get political concessions in Lebanon and end its isolation through normalization of ties with the United States. Perhaps the motive for this stance is that the Syrian regime is aware that the United States and Israel tacitly want to maintain Bashar al-Assad's regime for fear of the unknown, particularly the Islamists, (the Muslim Brotherhood). Since the Syrian regime is not facing an impending danger, Al-Shara felt that raising the tone of accusations against Saudi Arabia and its role in Lebanon might prompt Washington, through Canada, the other secret mediator, to agree that Syria help restore calm in Iraq in return for offering Lebanon to Syria, this time on a red silver platter. The Lebanese people expect the worst to happen in the months ahead, and they do not rule out the possibility of bombings and assassinations against politicians, journalists, and even businessmen. Now that last year's war, the crippling of the government institutions, and the striking at the economy have all failed to bring to knee a large segment of the Lebanese, we have begun to hear leaks about postponing the election of a Lebanese president for over two years. For according to Al-Shara promise to President Al-Assad, Syria will continue to push for the formation of the so-called Lebanese national unity government so that this government can control the notional and presidential decision-making, even if "a half if formed a half hour before the election of a Lebanese president." Lebanon would thus head to the unknown, just as the "nationalists" had previously been in control of the war decision. Will the winds blow as Al-Shara wishes them to? Thanks to Al-Shara's efforts, not one single Arab country with normal relations with all Arab countries has such normal relations with Damascus to allow it to play the honest broker.
It seems that the conference on Iraq that was held in Syria has not convinced the Americans despite Damascus's efforts to demonstrate the Syrian president's openness to peace with Israel or its attempts to attract US attention to its "pivotal" role in the region. US Democratic Senator for Connecticut, Joseph Lieberman published an article in the Wall Street Journal on 20 July under the headline "Syria, the Al-Qaeda Travel Agency." He said: "When congress convenes next month, we must tell the Syrian regime, as we told the Iranian regime last month, that the passing of Al-Qaeda suicide bombers from Syrian to Iraq is unacceptable and must cease."Russia might resume its "courting" of Syria, but this does not change the reality that Syria and Iraq are about to fall in the Iranian lap. Syria will resort to "everything" to restore its powerful influence in Lebanon. But Lebanese, Saudi Arabia, the European Union, the United States, the United Nations and the international tribunal will be lying in wait for Syria. We hope that there will be no return to the days when a Lebanese was accused of siding with Israel if he was not siding with Syria.

A Crisis in Pan-Arabism's Beating Heart

by Mshari Al-Zaydi, 25/08/2007, A Saudi journalist and expert on Islamic movements and Islamic fundamentalism as well as Saudi affairs. Mshari is Asharq Al-Awsat’s opinion page Editor, where he also contributes a weekly column. Has worked for the local Saudi press occupying several posts at Al -Madina newspaper amongst others. He has been a guest on numerous news and current affairs programs as an expert on Islamic extremism.
The recent Saudi-Syrian ‘dispute’ has reshuffled the cards; scattering some, while reorganizing others.
Affiliated to the 8 March Coalition Forces, the Lebanese ‘As-Safir’ newspaper was the first to introduce the term ‘dispute’ to the relations between the two states. However, this was unfortunate timing given the upcoming presidential elections in Lebanon. The Lebanese ‘goodwill intermediary’ Nabih Berri had heavily relied on the Saudi-Syrian close proximity to help reconcile between the authority and the opposition in Lebanon. The intention was finding a president that would be agreed upon by all parties  but Shara’s winds have blown counter to the desire of Berri’s ships.
Saudi Arabia’s sharp statement against Syrian policy, and more specifically against Syrian Vice-President Faruq al Shara, perturbed the regime in Damascus, which is unaccustomed to such severity expressed by Saudi Arabia in the media. Within a day or two, two Syrian clarifications emerged: the first was a ‘quasi-reply’ to the Saudi statement, which said: We will not respond. What was said is untrue. Refer to the text of Faruq al Shara’s interview; it will suffice.
The second statement was issued last Sunday, 19 August, but this time with a calmer tone. Stressing the importance of Saudi-Syrian relations, it also upheld that al Shara’s statements had been “unjustly distorted and misconstrued”, which in accordance with Arab media is an indirect apology.
Regardless, in essence, the situation has surpassed this media clash to indicate a more grave and dangerous dimension: political clashes over regional issues. It has become evident that concealing the clash between Saudi and Syria has become impossible to hide. The chasm of discord has widened since the collapse of the Baathist regime in Iraq, amidst fears that the Syrian Baathist regime will suffer the same fate. Moreover, prior to that the Syrian regime had started to gradually lose some of its clout in the state by virtue of the efforts of the resistance forces in Lebanon.
This conflict peaked with the assassination of Lebanese Prime Minister Rafik Hariri, and after accusing fingers were pointed at the security system affiliated to Syria in Lebanon. This is in addition to what followed of a series of actions, especially following the UN Security Council resolution 1559 (September 2004), which stated upon the withdrawal of the Syrian troops from Lebanon.
However, the current Saudi-Syrian controversy has come out of the shadows and into broad daylight  what was once whispered in is now announced loud and clear. The reason for this is because the discord is one over policies and visions between Damascus and Riyadh. The Syrian regime during Bashar al Assad’s term has been linked in a fully strategic manner to the fundamentalist regime in Tehran, and has become the bridge that links between Hezbollah (the Iranian island in Lebanon) and the sources of funding, armament and guidance in Iran.
Of course, the Syrian regime is haggling over these services. It wants from Hezbollah, which has been fuelled and nourished by the Iranian revolution ideologically and militarily, services that are similar to those sought by the Iranian regime. For is it not, the Syrian regime that is, Tehran’s ally in sickness and in health?!
But likewise, Iran too wants a multitude of complex services from Syria; it is struggling in Iraq against Sunni parties and forces, and even non-Sunni movements, such as the Shiaa al Fadhila party (Islamic Virtue Part).
As such, Syria’s sabotage of the political situation in Iraq and its dispatch of suicide bombers over there serves the same aim as Iran’s endeavors in Iraq. The overt slogan raised by both regimes is: resisting the American occupation, and who can undermine the sanctity and purity of that noble resistance?!
However, in the complexity of these paths and the entanglement of various threads between the nationalists and the fundamentalists, the Sunnis and the Shiaa, and between the overlaps of which party is more envious of the other or more devoted to its Arab identity raises the question of Syria’s Arab identity: What does the Syrian regime really want?!
Does Syria still retain its position as the ‘throbbing heart of Arabism”? Or has that heart suffered a cardiac arrest?
But away from the notion of nationalism for now with all its definitions, ailments, and those who had used it as a vehicle to further their own interests or to eliminate personal enemies under its name, or even attacked reform in their own nation using it as a pretext. Away from the reality of this idea in this part of the world, and away from resisting the Islamic discourse addressing nations about the Arab national identity. Stepping away and distancing oneself from all these questions, the centrality of the ‘Levant’ must be acknowledged, in addition to its role in creating and endorsing the launch of Arab nationalism starting with Zaki al Arsuzi, Akram al Hourani, [Michel] Aflaq, and the Socialist Baath Party, which was responsible for creating Hafez al Assad’s regime. Al Assad was the first Alawite officer to reach the seat of power in the history of the Levant (1970).
What distinguished the political culture in Syria was the enduring talk and slogans raised championing nationalism and Arab unity. Battles unfolding between parties in the political game were conducted within the framework of the question: Who is the most faithful towards their Arab identity and sense of nationalism?
But following the passage of many stages to the incumbent Syrian President, Bashar al Assad, things have changed significantly. This is not by reason of Bashar’s close ties with Iran, along with his tight security circle. Indeed, Hafez al Assad had maintained a good relationship with Tehran even during the height of the Iraqi-Iranian war  the same war that was introduced to the Arab world as the new ‘Battle of al-Qadisiya’ against the Persians.
Hafez al Assad held the flag of nationalism in one hand, and interests of his own regime in the other. To the Arabs he justified his close proximity to Iran as one in which it played the role of a protector against Saddam’s Baghdad at the time. Meanwhile, whispers were circulating in the rumor mill about sectarian ties being forged between the Alawite Shiaa sect and the Shiaa of Tehran. And yet notwithstanding these rumors, senior clerics from the Twelver movement [the Shiaa Ithna ’Ashariyyah] do not recognize the legitimacy of the Alawite, Druze or Ismalili Shiaa sects, however politics has its own rules and the distant past follows its own logic.
What used to whispered inaudibly during Hafez al Assad’s days is now declared publicly in his son Bashar’s era, especially after the transformation of the relationship between Damascus and Tehran from one of an alliance to a relationship of subservience; Damascus being the submissive regime.
Scores of Iranians infiltrated into Syria; suffice it to say that the volume of Iranian staff members working on the Iranian diplomatic mission in Damascus is several hundred! Talk of political Shiism campaigns is constant. Al Jazeera online related that some time ago that those attending the Friday prayer sermon of Syrian Jurist Wahba al Zuhaili (among them preachers) said that al Zuhaili had warned against the threat posed by these campaigns in one of the towns of al Raqqa governorate, located northeast of Damascus. He furthermore urged people to verify this information.
In an online interview with Al Jazeera, the director of al Khesrofia secondary jurisprudence school, Sheikh Mahmoud Quul Aghassi said that the story had started in al Raqqa after Iranian institutions had built shrines for the Prophet’s companion Ammar Bin Yasser and his disciple Uwais al Qarni, both of whom enjoy an elevated status in the Shiaa vision of Islamic history. He also added that they had opened up a cultural office and had set up a cassette tape sale booth.
However, it does not stop there. There is talk buzzing about another strange phenomenon that has manifested in Syrian society; the proliferation of the ‘Qubaisiat’ women. Attributed to Sunni female preacher Munira al Qubaisi, this school of thought follows a Shafie Sunni path with Sufi inclinations and is fast spreading among the women in Syria  and even outside of it. Yet, Damascus remains to be the uncontested center of the movement.
The ideology of the movement preaches an extremist outlook to women that destroys all their past achievements towards openness and renaissance. According to ‘al Hayat’ newspaper, 70,000 females are affiliated to this movement (6 May 2003). Incidentally, among the Qubaisi movement is Ahmed Gibril’s sister; Gibril is the founder and leader of the Popular Front for the Liberation of Palestine - General Command (PFLP-GC). This is not to mention the flexibility in the Jihadi Salafist trend...
Yet, the question remains: What identity does the Damascus regime seek to endorse?
The Syrian foreign policy is undoubtedly of a Shiaa strain, while internally a battle is simmering between an unyielding Sunni extremism, as represented by the female followers of the Qubaisi movement, and a politicized Shiism, such as the active movements in al Raqqa and elsewhere. Adonis [eminent Syrian poet] expressed his distress in an article he wrote for ‘al Hayat’ newspaper regarding the prevalence of the ‘Qubaisiat’ women; whose influence has spread far and wide to Kuwait, Lebanon and Jordan. Meanwhile, the Shiism campaigns have equally disturbed the Sunni preachers who have publicly expressed their disapproval and opposition internally.
So what is left of Arabism and nationalism, and is that heart still throbbing?
To sum it up; we do not reject actions that are based on purely nationalistic premises because that is precisely what is required. However, we must be aware of the contradiction between the declared slogans and the current reality on the ground.
Whenever slogans are raised high and the voices that chant them ring loud; I always believe that something secretive and discreet is happening behind the scenes. Perhaps this is the case in Syria and elsewhere.

If Only Nasrallah Would!

by Tariq Alhomayed, 26/08/2007, Tariq Alhomayed is the Editor-in-Chief of Asharq Al-Awsat, the youngest person to be appointed that position. Mr. Alhomayed has an acclaimed and distinguished career as a Journalist and has held many key positions in the field including; Assistant Editor-in-Chief of Asharq Al-Awsat, Managing Editor of Asharq Al-Awsat in Saudi Arabia, Head of Asharq Al-Awsat Newspaper's Bureau-Jeddah, Correspondent for Al - Madina Newspaper in Washington D.C. from 1998 to Aug 2000. Mr. Alhomyed has been a guest analyst and commentator on numerous news and current affair programs including: the BBC, German TV, Al Arabiya, Al- Hurra, LBC and the acclaimed Imad Live’s four-part series on terrorism and reformation in Saudi Arabia. He is also the first Journalist to conduct an interview with Osama Bin Ladin's Mother. Mr. Alhomayed holds a BA degree in Media studies from King Abdul Aziz University in Jeddah, and has also completed his Introductory courses towards a Master’s degree from George Washington University in Washington D.C. He is based in London.
According to a report published in our newspaper a couple of days ago, Hezbollah's Secretary-General Hassan Nasrallah has moved out of his rented home to an undisclosed location in preparation for the rebuilding project slated for the Dahiya neighborhood destroyed by Israel's attack on Lebanon during last summer's thirty-six day war.
The story of the Dahiya quarter, or rather the "security compound", is much greater then that of a mere "leased home", and is more complex in its composition for it to be labeled as just a "residential neighborhood", for it is a sealed security area limited to Hezbollah, a story the people of Lebanon know only too well. But before celebrating the details of extensive renovation project, we wish Nasrallah would also restore the rest of Lebanon to its people.
What is meant here is that Lebanon, the nation, would serve the agenda of the Lebanese citizen and not that of Iran or Syria. The reconstruction of Lebanon will happen if Nasrallah chooses the unity of Lebanon, taking into account the composition of the country, which can only survive on its pluralism and the granting of others their space. Lebanon is an entangled country and the best solution for its dilemma would be not to manipulate it.
Today, the number of migrating Lebanese citizens is increasing; and this is not out of fear of escaping Israeli occupation but rather fleeing from the domestic absurdity which is tampering with the lives of Lebanese people, who are victims in this case.
Hezbollah has frequently wagered on the issues of resistance and the liberation of Lebanon. But today the party has run of credit and now must face the Lebanese people. and the should face their country's people knowing that last years war let to the deaths of approximately 1200 Lebanese , not to mention the damage and loss of properties!
Today, Hezbollah wants to wrap up Lebanon in its coat, turning against the pluralistic mosaic of the country.
Lebanon wants Syria out of Lebanon and demands a Syrian return to Lebanon in the form of an Ambassador with diplomatic relations just like other nations. Lebanon also wants Iran to stick to the rules of geography and remain behind their natural borders, instead of turning Beirut into a pawn, utilizing it according to political conflicts and ambitions of the Islamic Revolution. Yet the actions of Hezbollah resemble those of a Genie in a Magic Lantern, who pops up at Syria and Iran's beck and call saying "your wish is my command".
Furthermore, the news of Hezbollah's reconstruction project should not eclipse the news of them constructing their very own telephone network parallel to that of the official state. Building telephone networks is a new reality among movements and groups which work to eat away at their nations in the Arab world.
So now after accepting the fact that each group has its own flag, militia or army and television satellite channel, we now have to accept the establishment of one's own private telephone network as well.
I do hope Hassan Nasrallah would restore all of Lebanon to its people and their best interests, steering clear of subordination to any party.
Only then will Lebanon become a healthy state that breathes correct democracy and not the democracy of exclusion and the disruption of constitutional institutions. Restoring Lebanon to its people means reopening the doors of parliament, trying those accused of murder, respecting Lebanon's constitution and keeping Beirut free of foreign greed.

 

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Dimanche 26 août 2007 7 26 /08 /Août /2007 19:15

by Amir Taheri, 24/08/2007, was born in Iran and educated in Tehran, London and Paris. Between 1980 and 1984 he was Middle East editor for the London Sunday Times. Taheri has been a contributor to the International Herald Tribune since 1980. He has also written for The Wall Street Journal, The New York Times, and The Washington Post. Taheri has published nine books some of which have been translated into 20 languages, and In 1988 Publishers'' Weekly in New York chose his study of Islamist terrorism, "Holy Terror", as one of The Best Books of The Year. He has been a columnist Asharq Alawsat since 1987

 

For a quarter of a century, the regime established by Khomeini has been labelled a “mullahrchy”, a theocracy dominated by the Shi’ite clergy.
Now, however, those familiar with the Iranian situation know that a majority of Shi’ite clerics never converted to Khomeinism and did not endorse the Islamic Republic. In the past few years, especially since the election of Mahmoud Ahmadinejad as President in 2005, those mullahs who had converted to Khomeinism have lost some of their power privileges.
Today, it is safe to say that the dominant force within the ruling establishment in Tehran is the Islamic Revolutionary Guard Corps (IRGC). This is, perhaps, one reason the Bush administration in Washington is mulling the possibility of declaring the IRGC a “terrorist organisation”.
Were this to happen, the US would be labelling as “terrorist” the principal force that ensures the survival of the Islamic Republic.
The trouble, however, is that the IRGC is not a monolith, and to label all of its as “ terrorist” may make it difficult to make deals with parts of it when, and if, an opportunity arises.
Any analysis of the IRGC must take into account a number of facts.
First, the IRGC is not a revolutionary army in the sense that the ALN was in Algeria or the Vietcong in Vietnam. Those two were born during the so-called revolutionary wars in which they became key players.
The IRGC was created after the Khomeinist revolution had succeeded.
This fact is of crucial importance.
Those who joined the IRCG came from all sorts of backgrounds. The majority were opportunists who wanted to jump on the bandwagon. By joining the IRGC, an individual would not only obtain revolutionary credentials, often on fictitious grounds, but would also secure a well-paid job, at a time that economic collapse made jobs rare.
Joining the IRGC enabled many who had cooperated with the ancien regime to re-write their CVs and obtain a new “ revolutionary virginity”, so to speak.
Membership of the IRGC ensured access to rare goods and services, from colour television sets to more decent housing.
As the years went by, IRGC membership provided a fast track to social, political and economic success. Today, more than half Ahmadinejad’s Cabinet ministers are members of the IRCG, as is the president himself. IRCG members hold nearly a third of seats in the Islamic Consultative Assembly (Majlis), the ersatz parliament Khomeini created in 1979. Twenty of Iran’s 30 provinces have governors from the IRGC.
IRGC members have also started capturing key posts in the diplomatic service. Today, for the first time, the Islamic Republic’s ambassadors in such important places as the United Nations in New York and embassies in a dozen Western capitals are members of the IRGC.
More importantly, perhaps, the IRGC acts as a business conglomerate with interests in many sectors of the economy. By some accounts, the IRGC is Iran’s third corporation after the National Iranian Oil Company and the Imam Reza Foundation in Mash’had.
In 2004, a Tehran University study, estimated the annual turnover of IRGC businesses at $12 billion. The privatisation package prepared by Ahmadinejad is likely to increase the IRGC’s economic clout. Almost all of the public sector companies marked for privatisation, at a total value of $18 billion, are likely to end up in IRGC hands or its individual commanders.
The IRGC also controls the lucrative business of “exporting the revolution” estimated to be worth $1.2 billion a year. It finances branches of the Hezballah movement in at least 20 countries, including some in Europe, and provides money, arms and training for radical groups with leftist backgrounds. In recent years it has emerged as a major backer of the armed wing of the Palestinian Hamas and both Shi’ite and Sunni armed groups in Iraq, Afghanistan and Pakistan.
The Islamic Republic is believed to have invested some $20 billion in Lebanon since 1983. In most cases, the Lebanese branch of the Hezballah nominally in control. But a closer examination reveals that in most cases the Lebanese companies are fronts for Iranian concerns controlled by the IRGC. Hezballah’s business empire, the source of much of its power in Lebanon, is like a house of cards that could collapse with an adverse breeze from Tehran.
The crown jewel of the IRGC’s business empire is the Islamic Republic’s nuclear programme that has cost the nation over $10 billion so far. This is part of a broader scheme of arms purchases and manufacture, accounting for almost 11 per cent of the annual national budget.
For all that, IRGC is more of a franchise chain than a corporation controlled by a board of directors. This is why a more sophisticated approach may be needed in dealing with it.
The IRGC is divided into five commands, each of which has a direct line to the “Supreme Guide” Ali Khamenehi, a mid-ranking mullah, himself one of the earliest members of the force in 1980.
To minimise the risk of coup d’etat, IRGC’s senior officers of are not allowed to engage in “sustained communication” with one another on “sensitive subjects.”
Of the five commands in question, two could be regarded as“terrorist” according to the US State Department’s definition that, needless to say, is rejected by the Islamic Republic.
One, which includes the so-called Jerusalem (Quds) Corps, is in charge of exporting the revolution. Apart from Hezballah and Hamas it runs a number of radical groups across the globe.
The second command that could be targeted deals with internal repression. It operates through several auxiliary forces, including the notorious Karbala brigades charged with crushing popular revolts in Tehran. Many Iranians see these as instruments of terror.
The IRGC’s officers’ corps, including those in retirement, numbers around 55,000 and is as divided on domestic and foreign policies as the rest of the society.
Some IRGC former commanders who did not share the Islamic Republic’s goals have already defected to the United States. Hundreds of others have gone into low-profile exile, mostly as businessmen in The United Arab Emirates, Malaysia and Turkey. An unknown number were purged because they refused to kill anti-regime demonstrators in Iranian cities.
Many prominent IRGC commanders may be regarded as businessmen first and military leaders second. Usually, they have a brother or a cousin in Europe or Canada to look after their business interests and keep a channel open to small and big Satans in case the regime falls.
A few IRGC commanders, including some at the top, do not seek major military conflict with the United States that could wreck their business empires without offering victory on the battlefield.
There is no guarantee that, in case of a major war, all parts of the IRGC would show the same degree of commitment to the Islamic Republic. IRGC commanders may be prepared to kill unarmed Iranians or hire Lebanese, Palestinian and Iraqi radicals to kill others. But it is not certain they would be prepared to die for Ahmadinejad’s glory.
These concerns persuaded Khamenehi to announce a Defence Planning Commission last year, controlled by his office.
A blanket labelling of the IRGC, as opposed to targeting elements of it that do mischief against the Iranian people and others in the region and beyond, could prove counterproductive.
It could unite a deeply fractious force by leaving it no door through which some of its members could walk out of the dangerous situation they have helped create.

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Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /Août /2007 12:09
Vendredi, 24 août 2007 - Avec les agences de presse
Les femmes et les enfants des miliciens ont été évacués vendredi par l'armée de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, après avoir vécu plus de trois mois dans le camp palestinien livré aux combats entre l'armée et le Fatah al-Islam.
Les 59 civils, les derniers restés à Nahr al-Bared, ont pu sortir du camp au terme d'une médiation menée pendant quatre jours par des religieux palestiniens, avec qui les miliciens étaient entrés en contact lundi soir pour réclamer l'évacuation de leurs familles.
"26 femmes et 33 enfants sont entre nos mains", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'armée.
L'armée libanaise avait accepté d'observer une trêve dans les combats qui l'opposent depuis le 20 mai au Fatah al-Islam dans le camp de réfugiés palestiniens, afin de permettre ces évacuations, coordonnées par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
Le départ des civils pourrait donc permettre une accélération des opérations militaires, alors que l'armée ne parvient pas à venir à bout de la résistance des miliciens, retranchés dans les ruines piégées du camp.
Des équipes du Croissant rouge palestinien et de la Croix rouge libanaise attendaient les femmes et les enfants à la sortie du camp, avec des ambulances et du matériel médical d'urgence.
Après les contrôles d'usage, les civils devaient être examinés par le personnel de la Croix rouge, avant d'être emmenés "à bord de véhicules militaires", a précisé le porte-parole de l'armée.
Les fouilles devaient être effectuées par des femmes soldats.
Selon une source militaire, le groupe devait être emmené dans une caserne pour des interrogatoires et si des étrangers se trouvaient parmi eux, ils devaient être ensuite remis à leur ambassade.
Ces civils sont les derniers restés dans Nahr al-Bared après la fuite, dans les premières semaines de combat, des 31.000 habitants du camp, puis le départ, le 11 juillet, des tout derniers réfugiés et des militants des organisations palestiniennes qui assuraient la sécurité de Nahr al-Bared.
Depuis, l'armée a accusé à maintes reprises les miliciens d'utiliser leurs familles comme boucliers humains, et admis que la présence de ces civils était l'un des facteurs ralentissant la progression des soldats.
Des témoins sortis du camp en juillet avaient cependant affirmé que les femmes étaient restées par choix, préférant mourir aux côtés de leurs époux plutôt que de risquer d'être arrêtées par l'armée.
Depuis, les miliciens et leurs familles étaient retranchés dans des abris. Ces bunkers souterrains ont été édifiés au fil des années dans les camps palestiniens du Liban afin de résister aux raids aériens israéliens.
Depuis le 9 août, l'armée bombarde quotidiennement les positions tenues par les miliciens avec des bombes de 250 ou de 400 kilos larguées par des hélicoptères.
Mais ces bombardements, en plus des tirs d'artillerie et d'obus de chars, n'ont toujours pas permis aux soldats de venir à bout des derniers miliciens du Fatah al-Islam.
Ce groupe est composé de palestiniens, libanais et d'autres nationalités arabes, bien entraînés, bien armés, motivés et prêts à mourir. Il s'était infiltré en 2006 à Nahr al-Bared, l'un des plus grands camps palestiniens du Liban, et reconnaît des liens idéologiques avec al-Qaïda.
Selon l'armée, les miliciens seraient encore environ 70 à tenir tête aux soldats.
Plus de 200 personnes, dont 142 soldats, ont péri dans les combats, qui sont les plus meurtriers depuis la fin de la guerre civile au Liban en 1990.
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Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /Août /2007 12:07
Depuis le départ des islamistes, les incidents se multiplient.
Par C.A., QUOTIDIEN : samedi 25 août 2007
Un million et demi de dollars : c’est le montant qu’aurait payé un armateur danois pour obtenir la libération, cette semaine, de cinq marins et la restitution de son navire, pris en otages par des pirates somaliens. Sans confirmer le montant, avancé par la télévision danoise, un officiel du ministère des Affaires étrangères a confirmé à Copenhague le paiement d’une rançon. par la compagnie maritime Folmer.
Bombardé.  Le Danica White et son équipage étaient aux mains des pirates depuis le 2 juin. Le navire, qui transportait du matériel de construction, avait été attaqué à 240 milles nautiques de la côte. Dans les jours suivants, la marine de guerre américaine avait bombardé et pourchassé les pirates au large de la Somalie, en vain. Ces derniers s’étaient enfuis vers les eaux territoriales somaliennes.
Si ce kidnapping se termine bien, ce n’est pas le cas de tous les autres. Début juin, des pirates avaient tué un marin chinois pour faire pression sur le propriétaire d’un bateau taïwanais. Le paiement de rançons est devenu chose courante et les montants flambent : le Mariam Queen et ses 16 marins indiens avaient été relâchés en mai contre 100 000 dollars.
Depuis le début de l’année, 17 attaques ont eu lieu contre des navires au large des côtes somaliennes. Ce regain spectaculaire d’insécurité maritime coïncide exactement avec la victoire du Gouvernement fédéral de transition (GFT) et de ses alliés éthiopiens sur les islamistes, chassés de Mogadiscio à la fin décembre.
Pendant les six mois de leur «règne» dans la capitale et sur une grande partie du Sud du pays, de juin à décembre 2006, les tribunaux islamiques avaient mis fin aux attaques en menant un raid contre les principaux points de regroupement des pirates. Ces derniers, lourdement armés (lance-grenades, bazookas, etc.) et très bien organisés, se déplacent à bord de vedettes rapides équipées de GPS. Ils appartiennent pour la plupart à l’ancienne marine de guerre, tombée en déshérence après la chute de Siad Barré en 1991, ou sont des pêcheurs reconvertis dans le banditisme. Certains d’entre eux sont liés à des clans armés qui entretiennent la guerre civile depuis 1991.
Aide humanitaire.  Depuis l’installation du gouvernement légal, qui ne parvient même pas à assurer la sécurité dans la capitale, la piraterie est repartie de plus belle, au point de gêner la livraison de l’aide humanitaire du Programme alimentaire mondial (PAM) via le port de Mogadiscio.
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Samedi 25 août 2007 6 25 /08 /Août /2007 12:05
Le Hamas veut créer une justice parallèle dans le territoire palestinien qu’il contrôle.
Par Delphine Mathieussent, QUOTIDIEN : samedi 25 août 2007, Ramallah  envoyée spéciale
«J ’étais près du cimetière et j’ai vu deux hommes sortir trois corps de deux voitures et les enterrer à la hâte. J’ai immédiatement appelé un de mes amis de la force exécutive [force de police créé par le Hamas après sa victoire aux législatives pour faire pièce aux forces fidèles au président Mahmoud Abbas, ndlr], explique Yihya Mugheeb, un voisin. Il a déterré les corps. Deux jeunes filles avaient été égorgées et la troisième, recouverte d’un hijab, portait les traces de plusieurs coups de poignard».
Lina Juha, 16 ans, Suha Juha, 19 ans, Lubna Juha, 22 ans, les trois sœurs, originaires du centre de la bande de Gaza, ont été tuées le 22 juillet par leur cousin. Motif : soupçonnées de trafic de drogue et de prostitution, elles avaient sali l’honneur de leur famille. A la suite du témoignage de Yiha Mugheeb, le meurtrier a été arrêté par la force exécutive. Depuis la prise du pouvoir du mouvement islamiste dans la bande de Gaza, le 15 juin, les 6 000 hommes qui composent cette force se targuent d’avoir ramené la sécurité dans le territoire, secoué par des affrontements meurtriers entre membres du Hamas et du Fatah.
Mais dans le cas du meurtrier des sœurs Juha, comme dans celui des autres criminels arrêtés dans la bande de Gaza depuis la mi-juin, la justice pourrait être longue à être rendue. Le système judiciaire de l’Autorité palestinienne ne fonctionne plus à Gaza. Après le coup de force du Hamas, le président palestinien a ordonné aux tribunaux de cesser toute coopération avec les islamistes.
Torturer.  «Un vide judiciaire total sévit dans la bande de Gaza», explique Shawan Jabarin, directeur d’Al-Haq, une ONG palestinienne de défense des droits de l’homme. «Il n’y a plus ni police, ni tribunaux, ni procureur général. La force exécutive ne connaît que la force et ne se conforme à aucune procédure. C’est le domaine de l’arbitraire le plus complet. Lorsqu’ils arrêtent quelqu’un, ils peuvent le torturer, le menacer, le mettre en prison… ou le laisser partir. Apparemment, la sécurité règne à Gaza, mais à quel prix ? Le Hamas s’en prend aux libertés individuelles et aux droits de l’homme. Ils essayent de tout contrôler par la force.»
Un constat réfuté par le Hamas : «Nous faisons respecter la loi et l’ordre pendant que les hommes du Fatah sont assis à Ramallah et se moquent des problèmes des Palestiniens, explique Islam Shahwan, porte-parole de la force exécutive. Même si nous avions de nombreuses informations sur l’implication des sœurs Juha dans le trafic de drogue et la prostitution, nous n’acceptons pas que les Palestiniens prennent la justice entre leurs mains. Nous avons arrêté le meurtrier et nous le maintiendrons en détention jusqu’à ce que les tribunaux reprennent leur travail ou qu’il soit jugé par un nouveau système judiciaire.»
Mais la force exécutive ne semble pas prête à ce que les fonctionnaires du Fatah reprennent leur travail. La semaine dernière, le procureur général des territoires palestiniens, Ahmed al-Moughani, proche du Fatah, a été interpellé à son bureau par la force exécutive qui lui a ordonné de ne pas reprendre ses fonctions.
«J’ai refusé de signer le document m’engageant à respecter ces conditions car je ne reçois mes ordres que du président Mahmoud Abbas et de l’Autorité palestinienne et ce qui est arrivé est une violation de la loi», a-t-il affirmé, après avoir été relâché. Le Hamas avait motivé son interpellation en l’accusant d’avoir voulu saisir des documents compromettants sur la corruption du Fatah. Le cabinet du président Abbas a dénoncé l’arrestation du procureur général, la qualifiant «d’enlèvement». Le Hamas a commencé à mettre en place à Gaza des structures judiciaires parallèles à celles de l’Autorité palestinienne. Fin juillet, le mouvement islamiste a annoncé la création d’un «comité judiciaire spécial» ou «comité légal de la charia».
Charia.  «Le Hamas tente de combler le vide judiciaire avec le comité de la charia. Mais personne ne sait sur quelles bases , explique Shawan Jabarin. Eux-mêmes ne le savent pas. Chacun a une version différente des principes sur lesquels doit reposer le système judiciaire. Certains estiment que la priorité est le retour en prison des prisonniers libérés par le Fatah, d’autres voudraient l’instauration de tribunaux islamiques.» Cette dernière éventualité est démentie par le président du nouveau comité, Amin Nofal. «Le Hamas se conforme à la loi palestinienne. Il n’y a qu’une seule loi et les mêmes structures légales pour la bande de Gaza et pour la Cisjordanie. Ceux qui disent le contraire ont des motivations politiques», martèle-t-il.
Même son de cloche auprès d’Islam Shahwan, qui dénonce les déclarations sur l’établissement de tribunaux islamiques à Gaza, les qualifiant de «mensonges visant à diffamer le Hamas». «Les habitants de Gaza ne sont pas des extraterrestres. Ce sont des Palestiniens ordinaires soumis à la loi palestinienne», explique-t-il. Avant de préciser : «Le chef des prisons a cependant la prérogative d’encourager les prisonniers à adopter un comportement moral. Il a le droit d’amender la loi palestinienne dans ce but. Ainsi, si un prisonnier apprend tout le Coran par cœur, il peut obtenir une réduction de peine d’un an.»
Des tirs contre des manifestants. Des éléments armés du Hamas ont ouvert le feu sur des partisans du président palestinien Mahmoud Abbas vendredi dans la bande de Gaza lors de la plus importante manifestation organisée contre le mouvement islamiste depuis sa prise de contrôle du territoire en juin. Aucun blessé n’a été signalé.
Par ailleurs, selon un sondage mené par un organisme palestinien indépendant, le centre des médias, une majorité (57 %) souhaite de nouvelles élections, comme le propose le président palestinien.

Hamas: A Lawless Authority
By Saleh al Naeimi, 25/08/2007

Gaza, Asharq Al-Awsat- Thick traffic congestion caused a blockage at the crossroads leading to the Nuseirat and Bureij refugee camps in the Gaza Strip. This disruption lasted for some time while motorists waited patiently in their cars. When our taxi neared the top of the traffic bottleneck, we discovered that it had been caused by a fight among a group of traders in the sheep market adjacent to the junction.
And yet, the first observation made by the people was the fact that those involved in this brawl were using sticks and stones – unlike the situation before Hamas seized control of Gaza and the clans would use bombs and guns to settle their accounts with one another in the streets.
Hamas movement managed to forcefully seize control of Gaza and confiscate all the weapons from the citizens whilst quelling the influential families and clans that were previously responsible for spreading chaos. However, despite these achievements, Hamas seems incapable of establishing all the required elements, for an integrated system; services have deteriorated to the worst state yet and one crisis is shortly followed by another. Residents of the city maintain that it has become “miserable and suffocated”.
However, the proponents of the new Palestinian regime uphold that Hamas are not behind Gaza’s “misfortunes”. They believe it is the outcome of the war that the international community had declared upon them, along with the embargo, which they believe is supported by what they describe as the “government in the West Bank”.
According to Khalil Abu Shamala, the director of al Damir human rights organization, Hamas appears to be, “an authority where law is absent as a result of a paralysis in the legislative tools, which are the police, general prosecution [headquarters] and the judiciary – all of which have been replaced by Hamas’s Executive Force. Nowadays, if you need the police, all you have to do is dial ‘109’ to get through to the Executive Force.”
While some of the citizens enthusiastically welcomed the iron grip represented by the Executive Force, others upheld that it posed a threat.
Abu Abdullah a shop owner in Gaza said, “The Executive Force has disciplined some people,” while Siham, a 25-year-old secretary, stated, “It’s true that the levels of crime have decreased but I believe it stems from fear rather than conviction.”
Commenting on the fighting that takes place, Abu Abdullah said, “Whenever the fighting broke out a few months ago, it was likely that a lot of people would get killed.” But Hamas has banned the custom of firing shots into the air, which people used to sometimes practice as a celebratory act during weddings and parties. Today, they use fireworks and crackers to express their joy.
The head of the Palestinian Center for Human Rights (PCHR) and lawyer, Raji al Surani, said of the situation in Gaza, “It has not been this safe in years.” The PCHR is the largest and most important human rights center in the Palestinian territories.
Volunteers from Hamas assist the Executive Force in controlling the flow of traffic on the city’s busy streets, while drivers have become more committed to adhering to the road rules. One of the members of the Executive Force chased a car for 500 meters for breaking a red light. Meanwhile, car thefts have decreased dramatically, however theft in general remains quite rampant in Gaza, which is facing major economic troubles. Aziz Ammar, a taxi driver, said of Hamas, “They are faithful, God-fearing people. They are not corrupt.”
But this steely control over security is countered by a chaos in daily life that is both relentless and ongoing, especially in the health and sanitation services. This degenerated significantly after the recent electrical power cut crisis; the EU had suspended it funding for the Gaza power plant last Friday on suspicion that electricity revenues were being diverted. The EU has since resumed fuel payments last Wednesday, much to the relief of 600,000 Palestinians in Gaza.
During the power outage, the residents of Gaza lived without electricity and water, while the garbage filled the city’s streets. In the Sahaba Street area, a number of sewer pipes burst, flooding the area with sewage and prompting residents to shut down their shops and pile gravel in front of their homes to prevent the water from seeping in. In North Gaza the sewage water had reached several meters high, while warnings that the area would soon be flooded.
Palestinian housewives would stay up late into the night to await the brief electrical supply so as to fill their water tanks. Many were complaining that the food had rotted in their fridges, including restaurant owners and those selling foodstuffs. The authorities expressed their concern over the likelihood of food poisoning given the rotting food and the hot weather.
Faisal Abu Shahla, head of the Oversight Committee in the Palestinian Legislative Council (PLC) and one of the top leaders of the Fatah movement in the Gaza Strip, rejected the opinion that security had become more stable. He told Asharq Al-Awsat, “This façade of calm in security is the aftermath of the fear that has consumed people following Hamas seizing control of the state security headquarters.”
He questioned the so-called stabilization in security in light of the fact that even MPs from the PLC were subjected to attacks and assaults since Hamas took hold of the reins in Gaza. Abu Shahla referred to the attack in which Ashraf Gomaa and a number of his companions were physically assaulted, furthermore accusing the Executive Force affiliated to Ismail Haniyeh’s government of being implicated and covering up its crime.
“Haniyeh’s government continues to conduct arrests for political reasons,” Abu Shahla said while citing the campaigns in which many of Fatah activists have been detained. He added that, “Hamas, along with its coup, has dealt the national project with a deadly blow.” He called for the competition between the two movements, Fatah and Hamas, to be one that could service the Palestinian people so that they could be the one’s to judge.
Islam Shahwan, the spokesman for the Executive Power told Asharq Al-Awsat that he is extending the invitation to the Fatah leadership to visit the prisons in Gaza, challenging them to find one prisoner who is detained for political reasons. He pointed out that there were some among the detainees who had been arrested for fraud and moral corruption.
Regarding the assault on Gomaa, Shahwan said that it had become clear that those who had attacked the Fatah parliamentarian were elements from the Fatah movement and that four of them had been arrested. “Why is there no action taken against Abu Mazen’s security apparatus, which is responsible for arresting leaders and activists from Hamas? They shoot them and burned their homes down, such as the case with Palestinian Parliamentary Speaker, Aziz Dweik, whose detention is contributing nothing to helping his family,” he said.
One of the signs of danger in the way Haniyeh’s government is the contradictory nature of the decisions issued by the government and its institutions. For example, the Executive Force enforces a ban on organizing marches without obtaining a clearance beforehand. The decision was denounced by the Palestinian factions and the human rights organizations, which prompted Haniyeh’s government to amend it. And yet Hamas had organized numerous marches and events to protest against the practices of the occupation, which would have required a permit.
Another contradiction lies in the decision issued by Haniyeh’s government to stop Attorney-General Ahmed al Maghni from practicing. Haniyah’s bureau was quick to state that al Maghni had not been detained or banned from practice, while spokesmen for the Executive Force had confirmed that al Maghni had indeed been temporarily suspended from practice and that they were investigating his implication in attempting to conceal corruption cases linked to leadership figures in the security apparatus. The prevalent conception is that the Executive Force operates autonomously from the instructions issued by Haniyeh’s government.
Regarding the economic conditions, there is a general consensus that conditions have deteriorated. There had been a slight improvement after [Palestinian Prime Minister Salam] Fayyad’s government paid the salaries of tens of thousands of employees, in addition to Haniyeh’s government paying salaries to the staff and elements of the Executive Force – which Fayyad’s government had refused to pay.
However, according to lawyer Raji al Surani, this reimbursement is negligible since unemployment in Gaza is 90 percent, which means that the segment that benefited from these salaries is but a tiny portion of the whole.
But Hamas tries to bridge this wide gap by providing services for the poor and needy through charities affiliated to the movement. Al Salah Society is an example of these charities. The charity’s director, Ali Nassar, told Asharq Al-Awsat that it had recently provided 80,000 meals for the needy, in addition to providing for 8,000 orphans.
However, Hamas abilities for provision are very limited. Gaza was engulfed in darkness for a week due to a power outage after the EU suspended payments for the power plant. This followed accusations that Hamas was trying to impose taxes on electricity bills with the intention of using the money to fund its own activities. However, the movement refuted these allegations and proceeded to point an accusing fingers at Fayyad’s government alleging that it had been intending to cut off electricity so as to incite the public against Hamas and provoke it into revolting.
The crisis ended after Hamas agreed to allow the EU to examine the electrical company’s records. But after Hamas was saved from a sea of darkness, it began to drown in huge heaps of garbage. The piles continued to grow on a daily basis because the local workers were on strike after they were not paid their salaries for several months. And once again, the citizens of Gaza were forced to pay the price of the conflict between Hamas and Fayyad’s government. Moreover, Hamas accused Fayyad’s government of retracting its pledge to pay the local workers’ salaries – they had not been paid for eight months running.
However, the greatest challenged posed by Hamas is Fayyad’s government’s insistence on making Friday and Saturday the official weekly days off, while Hamas is equally insistent that it only be Friday. Fayyad’s government threatened that it will not pay salaries to the employees who follow Haniyeh’s instructions, which means that most of the staff will follow Fayyad’s decision – even those who support Hamas.
Another great challenge will be confronted in the education sector with the advent of the new school year this coming September. There is enormous pressure on Haniyeh’s government, especially by Hamas’s elite, to change its position and accept Fayyad’s position. Hamas’s present opposition means a disruption in the educational process. Additionally, there is a reshuffling among school principles, courtesy of Haniyeh’s government since they do not abide by the instructions issued by it. Fatah supporters who work in these institutions organize demonstrations to protest against these appointments, which results in paralyzing the work, in addition to the banishing many of the workers whom Fayyad’s government had guaranteed salaries.
Hamas tries to fill the huge gap caused by the absence of employees in service institutions, such as the health sector, for example. There is a marked absence of staff in hospitals and medical institutions, as well as the police and licensing institutions, which abide by Fayyad’s instructions and which go against Haniyeh’s.
Meanwhile, Hamas has recruited thousands of volunteers to substitute for the lack of personnel. For example, the people responsible for managing the traffic on Gaza’s streets are secondary school students who are affiliated to the movement. Hamas has also started to integrate its elements into the sectors in which they have experience and qualifications, while its institutions cover the rest of the requirements and make up for the lack. The heath service institutions affiliated to Al Salah Society alone offer services to approximately 1,000 patients daily for nominal rates. Hamas is also undertaking the construction of houses that have been demolished by Israeli attacks, in addition to providing financial assistance to the farmers whose farms were destroyed by the Israeli occupation.
Charitable organizations affiliated to Hamas strive to provide a multitude of services, which results in strengthening the movement’s relationship with a large segment of Palestinian society. However, matters have remained unchanged in the health and education sectors; Hamas’s efforts have done little to compensate for the absent staff, which has resulted in an unprecedented paralysis in both domains.
On the cultural and artistic level, Hamas has accomplished much, especially in theater. ‘Al Aqsa’ satellite channel and ‘Al Aqsa’ radio, both of which are affiliated to Hamas, have a theater troupe that performs plays and comedy sketches. The comedy star, Nabil al Khatib, who enjoys local fame in Gaza, leads the troupe.
The radio station in Gaza airs various plays; one of which is based on the political, social and economic reality of the present day. One such play makes harsh criticism of the Executive Force whose members are notoriously known for their speeding on the road.
Distinguished author and political science professor Walid al Mudallal maintains that the movement’s interest in the arts indicates its open approach. Furthermore, he refutes claims that its motive is to set up an ‘Emirate’ like that of the Taliban in Afghanistan. He declared these claims as unfounded and illogical.
Al Mudallal added that the evidence proving that the two movements (the Taliban and Hamas) are different lies in the firm manner in which Hamas dealt with the groups that were stirring up trouble in Gaza recently. These groups were attacking Internet cafes, hair dressing salons and the Christian circles in Gaza, deeming them to be Western influence. But Hamas crushed them swiftly and put an end to such acts of violence. Al Mudallal also added that no action is taken against women who go to places of work or education without headscarves.
Whilst some people may be against Hamas movement, al Mudallal said, it was important to note that, “it [Hamas] does not in any way adopt the ideology or follow the same practices as al Qaeda.” According to him, the difference is that, “Hamas believes in the rules of democracy and voting, in addition to its awareness of the importance of consolidating its relations on a regional and global level, whereas al Qaeda is strongly against these two premises.” 

Le temps des bombes humaines
Le 18 avril 1983, une camionnette lestée de TNT explose avec son chauffeur dans l’enceinte de l’ambassade américaine de Beyrouth. Ce n’est pas seulement un attentat meurtrier de plus, mais la naissance d’une nouvelle arme dans le combat terroriste au Proche-Orient. Une dizaine d’années plus tard, le Hamas palestinien entame une campagne de terreur sans précédent contre les civils israéliens à coups de bombes humaines.
Dans ce chapitre, le professeur Ariel Merari, spécialiste mondial du terrorisme suicidaire, nous fait partager un peu de son expertise.
Viveca Hazboun, psychiatre et psychanalyste palestinienne, elle-même fille de réfugiés de 1948, a ouvert à Bethléem un centre de traitement pour les jeunes Palestiniens traumatisés par la violence et qui ne rêvent que de devenir à leur tour des « martyrs ». Sa thérapie est aussi un combat pour redonner le goût de l’espoir et faire renaître un désir de vie dans ce paysage dévasté.
Ariel Merari.  Les travaux du professeur Merari, spécialiste israélien de la violence terroriste n’ont pas été traduits en français et peu de ses livres traduits en anglais sont disponibles, sauf « On Terrorism and Combating Terrorism », University Publications of America-1985. Mais on trouvera de nombreux articles et références sur l’Internet.
Viveca Hazboun..  On trouvera sur l’Internet quelques références aux travaux de Viveca Hazboun dont cet article : « A Psychotherapeutic View of Violence »/ Advocating psychotherapeutic intervention to help children living in the shadow of violence / publié dans Palestine-Israel Journal, périodique trimestriel, vol10, n°4/2003.
Eyad El Sarraj.  Eyad El Sarraj est un psychiatre palestinien qui travaille à Gaza. Nous n’avons malheureusement pu le rencontrer pour des raisons de santé au cours de notre séjour. Il n’a pas à notre connaissance publié de livres, mais on trouvera sur l’Internet plusieurs de ses articles et interventions, dont plusieurs traduits en français. Une consultation indispensable pour comprendre la société palestinienne contemporaine, les effets de 40 années d’occupation mais plus encore les conséquences de l’extrême violence dans laquelle elle est plongée depuis l’année 2000, à Gaza en particulier.

 
Quand le Diable s’invite à la table
Le conflit israélo-palestinien, depuis ses origines, est à la fois un conflit territorial et un conflit de légitimité. Il oppose deux entités qui revendiquent un même droit, exclusif, à la souveraineté sur la Palestine mandataire. Les fondamentalistes religieux existent et de puis longtemps mais ils sont marginalisés par les forces dominantes de chaque camp. Cela vaut autant les héritiers du sionisme des origines, celui de Theodor Herzl et de David Ben Gourion, qui ont gouverné Israël pendant 30 ans, que pour le nationalisme palestinien représenté par l’OLP sous la direction de Yasser Arafat. Tout commence à changer au tournant des années 90, même on ne l’aperçoit pas encore clairement. Au sein de l’Intifada palestinienne, le courant islamiste, incarné principalement par le mouvement Hamas, né en 1987, s’affirme désormais comme une force politique majeure. Du côté israélien, l’idéologie du « Grand Israël » triomphe avec le gouvernement de Yitzhak Shamir. Un sionisme messianique prend le relais du sionisme politique à bout de souffle, avec les « hommes en noir » de l’Agoudath Israël maintenant réunis avec les partis nationalistes religieux. Les accords d’Oslo vont donner un coup d’arrêt au rêve du Grand Israël. Mais leur échec -provisoire ?- ouvre la voie à l’islamisme radical sur la scène palestinienne et toutes les données du conflit pourraient en être changées. Le Diable, autrement dit le fondamentalisme religieux risque de transformer le conflit territorial avec une guerre de religions aux conséquences imprévisibles. Pour nous accompagner dans le chapitre, le professeur Menachem Friedmam, spécialiste de la société juive orthodoxe et nous meilleurs analystes des chapitres précédents, Iossi Alpher, Zeev Sternhell et Illan Greilsammer.
Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Dimanche 19 août 2007 7 19 /08 /Août /2007 10:52

Entretien avec le rapporteur spécial de l’ONU contre le Terrorisme
par Sandro Cruz, 17 août 2007. Depuis Genève (Suisse), Martin Scheinin est né le 4 novembre 1954 à Helsinki, Finlande. Il est professeur de Droit à la Abo Akademi University. Il a été désigné rapporteur spécial des Nations unies pour la protection des Droits de l’homme et des Libertés fondamentales et contre le Terrorisme pour la période 2005-2008. Sandro Cruz Administrateur du Réseau Voltaire et directeur de l’Agencia informe de prensa internacional (IPI). Les articles de cet auteur Envoyer un message

Martin Scheinin, rapporteur spécial des Nations unies pour la protection et la promotion des Droits de l’homme et des Libertés fondamentales et contre le Terrorisme affirme que celui qui commet un acte terroriste est un terroriste fusse-t-il un État. Dans un entretien accordé en juin dernier à Sandro Cruz, de l’agence péruvienne IPI et vice-président du Réseau Voltaire, il affirme que le programme CIA des prisons secrètes a été remplacé par un autre sous-traité à des États tiers. Il souligne n’y a pas de guerre contre le terrorisme et qu’Al Qaeda n’est qu’une métaphore. 

Sandro Cruz : Quelle est la conception actuelle du terrorisme selon l’ONU ? 
Martin Scheinin : Il n’existe pas d’accord sur une définition intégrale, universelle du terrorisme ; par contre, il existe de nombreuses conventions internationales contre des formes spécifiques de terrorisme et on peut donc résumer les définitions actuelles de formes particulières de terrorisme pour en élaborer une conception générale et internationale. 
La résolution 1566 a été conçue à partir des conventions existantes sur le terrorisme et ajoute que celui-ci se caractérise par des actes de violence qui entraînent la mort, et par d’autres actes de violence visant en particulier les civils. De mon point de vue, ceci est décisif : le terrorisme vise des personnes qui n’ont rien à voir avec de tels actes et sont cependant victimes d’une violence qui entraîne leur mort. 
Le terrorisme, c’est aussi l’utilisation sélective de certaines tactiques où ce qui compte est le moyen plus que la fin. Ce qui n’empêche que derrière le terrorisme se cachent aussi des fins politiques ou religieuses partagées par des terroristes qui soutiennent les intérêts d’organisations politiques. Pourtant, ce qui est décisif n’est pas la fin, mais la méthode qui consiste à recourir à la violence létale contre des innocents : voilà ce qui définit le terrorisme. 
Il n’existe pas d’accord sur la question parce que de nombreux gouvernements tiennent à conserver leur propre définition du terrorisme, ce qui permet souvent à chacun de coller l’étiquette de terroriste à ce qu’il rejette : un mouvement politique, une quelconque minorité, des groupes indigènes, des syndicats. C’est un des principaux problèmes auxquels je me heurte en ma qualité de rapporteur spécial pour les Droits de l’homme et contre le Terrorisme, précisément parce que de nouveaux gouvernements du monde continuent d’abuser du concept de terrorisme en l’appliquant à des groupes qui ne sont pas terroristes. 
Sandro Cruz : Vous estimez donc que certains États utilisent le concept de terrorisme à leurs propres fins politiques ? 
Martin Scheinin : Il est clair que de nombreux gouvernements utilisent le concept de terrorisme pour soutenir des intérêts politiques par la voie de la stigmatisation de leurs opposants, et ce phénomène prend bien des formes. L’une d’elles consiste à tirer profit d’actes de terrorisme isolés ou individuels en les attribuant à des groupes, des organisations, des mouvements politiques, des groupes ethniques, alors catalogués comme terroristes sans le moindre fondement. Dans d’autres cas un gouvernement tente tout simplement de neutraliser ses opposants en les traitant de terroristes sans qu’ils se soient jamais livrés à un acte de terrorisme. Dans les deux cas, il y a abus flagrant du concept de terrorisme. 
Sandro Cruz : Que pensez-vous, personnellement, du phénomène qu’on appelle « terrorisme d’État » ? 
Martin Scheinin : Pour moi, l’acte en soi est décisif. Quiconque commet un acte de terrorisme est un terroriste. Un acte de terrorisme est une attaque violente contre des membres de la population en général ou tout autre type d’acte de violence obéissant à des fins politiques, telles qu’obliger un gouvernement ou une organisation internationale à faire quelque chose de spécifique, ou terroriser la population. Les États peuvent en effet s’impliquer dans des actes de terrorisme ou se livrer en coulisses au terrorisme en recrutant ou en finançant des groupes terroristes qui réalisent des attaques terroristes. Je ne crois pas que les réponses à de tels actes puissent être différentes ; qu’il s’agisse d’un État ou d’un autre agent, ce sont les actes qui sont décisifs et qui les commet est un terroriste. 
Sandro Cruz : Pourriez-vous citer des exemples contemporains de terrorisme d’État ? 
Martin Scheinin : On peut effectivement regarder en arrière et constater que certains États ou gouvernements se sont trouvés dans les coulisses d’attaques terroristes, au moins en les finançant ou en les facilitant. 
Sandro Cruz : Dans ce cas, pourriez-vous en citer quelques-uns ? 
Martin Scheinin : Je préfère n’en citer aucun en particulier. 
Sandro Cruz : En Amérique latine, le nom de Luis Posada Carriles a acquis une certaine notoriété [1]. Pourriez-vous me donner votre avis sur ce cas ? 
Martin Scheinin : Je ne représente pas un tribunal de justice et je n’ai donc pas à me prononcer sur la culpabilité d’un individu ; il incombe aux États de rechercher des preuves, d’enquêter, et aux tribunaux de dicter sentence. Bien entendu, ce processus peut devenir variable s’il se base sur une optique sélective ; autrement dit, même un pays comme les États-Unis, très strict sur les questions de terrorisme, peut devenir sélectif sur telle ou telle forme particulière de terrorisme ou des individus contre lesquels pèsent des présomptions solides d’actes de terrorisme. J’ai évoqué ce cas avec les autorités nord-américaines pendant ma visite dans ce pays, mais je ne puis maintenant vous donner une réponse qui exprime ma position. Ce que je peux vous assurer, c’est que le cas a bel et bien été discuté. 
Sandro Cruz : De nombreuses organisations humanitaires s’inquiètent du centre de détention qui existe à la base militaire que les États-Unis conservent à Guantanamo, Cuba [2]. Que pensez-vous de cette affaire ? 
Martin Scheinin : La question de Guantanamo constituait un point important de l’agenda de ma visite aux États-Unis, et j’ai fait des déclarations à la presse sur plusieurs points liés aux détenus de Guantanamo. J’inclurai ce thème dans mon rapport final au Conseil des droits de l’homme. Il soulève de nombreuses questions légales, en particulier celles des conditions de détention et des méthodes d’interrogatoire dont on use contre les détenus. 
Je traiterai donc essentiellement ces deux aspects. Le premier concerne le statut légal des détenus de Guantanamo : sur quelle base sont-ils en détention, sur quelles bases seront-ils jugés d’ils finissent par l’être ? L’autre porte sur la fermeture de ce centre de déntention. 
Je suis très critique à l’égard de la loi qui a instauré les commissions et les tribunaux militaires (Military Commissions Act), créée pour fournir une couverture légale aux procès intentés aux suspects de Guantanamo. En ce moment, il semble que le système légal soit devenu si contradictoire que les commissions militaires sont dans l’impossibilité de faire leur travail. Dans ce sens, nous revenons au point de départ : ils sont prisonniers pour des raisons injustifiées, non conformes aux lois internationales ou aux lois des États-Unis, et ils le sont depuis longtemps, ce qui en fait une forme de détention arbitraire. 
En ce qui concerne la fermeture du camp de détention de Guantanamo, je recommande que ce trou noir dans la légalité soit éliminé aussitôt que possible. Je souligne que si ce sont les États-Unis qui ont créé la situation, ce sont aussi eux qui doivent trouver une solution en première instance. 
Bon nombre des détenus qui ne seront pas jugés et qui pourraient être libérés sont dans l’impossibilité de regagner leur pays d’origine où ils risqueraient de faire l’objet de tortures ou de poursuites. Dans ce cas, je recommande aux États-Unis d’inviter le Haut-Commissaire aux réfugiés des Nations unies pour qu’il émette une déclaration de statut de réfugiés et à de tiers pays d’accepter d’accueillir quelques-uns des détenus de Guantanamo. 
Sandro Cruz : La presse européenne a parlé des vols secrets de la CIA [3] et une enquête a même été ouverte… 
Martin Scheinin : C’est exact. J’ai parlé devant le comité ad-hoc du Parlement européen des vols secrets et des prisons secrètes. Je n’ai pas pu fournir d’informations supplémentaires, mais j’ai ajouté à la discussion des aspects de type légal, et j’inclurai dans mes futurs rapports le programme de la CIA pour les centres secrets de détentions, qu’on appelle aussi « localisations classées ». Je suis d’avis que les États-Unis n’ont pas abandonné ce programme, tout indique au contraire qu’il se poursuit, mais sous de nouvelles formes. Il existe presque quarante individus dont on sait qu’ils ont été détenus par la CIA, et le vieux programme des centres secrets semble avoir été remplacé par un autre qui s’appelle « détentions Proxy » ; autrement dit, d’autres pays assument maintenant le contrôle des détenus au nom ces États-Unis, au nom de la CIA. De nombreuses ONG suggèrent que l’Afrique est devenu le principal continent d’accueil des prisons secrètes, on parle de pays tels que le Maroc ou Djibouti, mais je ne veux pas ici en dresser la liste, ce ne sont que deux exemples. 
Sandro Cruz : Après le 11 Septembre, les États-Unis ont engagé ce qu’ils appellent une longue guerre globale contre la terreur. Qu’en pensez-vous ? 
Martin Scheinin : Mon opinion personnelle, qui n’est pas mon opinion officielle de rapporteur spécial, est qu’il n’existe aucune espèce de guerre globale contre la terreur. Il se peut que surgissent des situations transitoires où la guerre contre des groupes terroristes correspond à ce qu’on appelle un conflit armé, selon les Conventions de Genève et leurs protocoles, indépendamment du fait que nous parlions d’un conflit armé international, comme par exemple les conflits armés entre les États-Unis et le régime Taliban d’Afghanistan : ceci était bel et bien un conflit armé à caractère international. On peut aussi parler de conflits armés, mais pas à caractère international, entre un État ou plusieurs États d’un côté et un groupe terroriste de l’autre, organisé de telles façon qu’il puisse être considéré comme une force armée. 
Il peut exister des conflits de ce type, mais je ne considère pas vraiment qu’on puisse parler de guerre globale entre États. Quant à Al Qaeda, ce n’est qu’une métaphore. Je ne crois pas qu’Al Qaeda puisse être considéré comme une armée globale impliquée dans un conflit armé mondial sans fin. On peut trouver des foyers de ce type de situations dans des groupes hiérarchiquement bien constitués et dans des actes concrets de violence, mais ce n’est pas le cas dans la situation dont vous parlez. 
Dans toutes sortes d’évenements, je crois que la mondialisation joue un rôle important parce qu’elle implique que les États ont perdu une partie de leur contrôle sur ce qui se passe dans le monde. D’autres agents jouent aussi un rôle de plus en plus décisif, comme les entreprises multinationales, les institutions financières internationales, d’autres organisations intergouvernementales et, finalement, les organisations criminelles transfrontières, y compris violentes, comme les groupes terroristes ; ceux-ci sont devenus des agents qui agissent aux frontières nationales, tandis que les États perdent du terrain dans le contrôle des évènements. 
Pour toutes ces raisons, les nouvelles formes de terrorisme international sont maintenant plus dangereuses que les précédentes, sans qu’on puisse pour autant en arriver à la conclusion qu’il existe un conflit armé global sans fin, pouvant entrer dans la catégorie des guerres. Je ne crois pas que nous en soyons arrivés à ce point, ni que nous allions dans cette direction. J’estime qu’il s’agit d’une question liée au crime et de la lutte contre le crime à l’échelle internationale. 
Sandro Cruz : Merci beaucoup. 

[1] « Les confessions de Luis Posada Carriles », Réseau Voltaire, 14 juin 2005. 
[2] Lire notamment : « En vol pour Guantanamo », « Guantanamo, aux confins de l’état de droit » par Cyril Capdevielle, « L’autopsie des pendus de Guantánamo Bay » par Jürgen Cain Külbel, Réseau Voltaire, 22 novembre 2002, 2 mars 2006, 11 avril 2007. 
[3] « L’OTAN : du Gladio aux vols secrets de la CIA », par Ossama Lotfy, Réseau Voltaire, 24 avril 2007.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Samedi 18 août 2007 6 18 /08 /Août /2007 17:25

Source: Moqawama.org, 16-8-2007
The full text of the victory speech given by Hizbullah Secretary General, his eminence Sayyed Hassan Nasrallah on August 14, 2007, at al-Rayah (Banner) stadium.
I take refuge in God from Satan the outcast, in the name of God, Most Gracious, Most Merciful. Praise be to Allah, peace and prayers be upon our Lord and Seal of the Prophets Abu Kassim Mohammad the chosen and upon his infallible household, his chosen good companions and all the prophets and messengers.
My brothers and sisters oh most honorable, most generous and purest of all peoples, peace and God`s mercy and blessings be upon you.
Peace be upon you as you assemble here on this good land of earth, in the land of redemption, resistance, steadfastness, dignity and honour, the land of the Southern Dahia suburbs, the land of martyrs and resistance fighters, the enduring and God willing the victorious.
God Almighty says in his glorious book (SURAT AL-QASAS [STORIES] 4, 5, 6):
In the name of God, Most Gracious, Most Merciful
"Truly Pharaoh elated himself in the land and broke up its people into sections, depressing a small group among them: their sons he slew, but he kept alive their females: for he was indeed a maker of mischief. (4) And We wished to be Gracious to those who were being depressed in the land, to make them leaders (in Faith) and make them heirs, (5) To establish a firm place for them in the land, and to show Pharaoh, Haman, and their hosts, at their hands, the very things against which they were taking precautions. (6)
The 14th of August of this year is the first anniversary of the ‘Divine Victory’, the divine empowerment and divine promise, that enables the oppressed peoples and makes them the inheritors of the earth, and to ward the tyrants off them, tyrants who slaughtered their children and destroyed their homes.
This year’s anniversary is bounded by great holy festivities for both Christians and Moslems in Lebanon and the world.
This victory anniversary comes, just after the anniversary of the prophet`s Ascension (Israe’a wal Mi’raage), the day the Seal of the Prophets was ascended from the Al-Aqsa Sacred Mosque, from al-Quds (Jerusalem) to the heavens. It also falls on the anniversary of the delivery of the noble prophecy, when God sent his messenger, as mercy to the worlds, bearer of good news and harbinger.
This event today also falls on the anniversary of the birth of the grandson of the Prophet of God, lord of the martyrs Abi Abdullah Hussein (Peace be upon him), the ever rejecting injustice-leader, who taught us how to be in the arena, how to sacrifice and fight with our souls, sons and loved ones.
Also coincides with this anniversary the birth of Ali Bin Hussein Zine El Abidine (pbuh), the captive of Karbala, who taught us how to stand firm in the face of shackles, restrictions and torturers, and we will continue to speak a truth from which we will not budge an iota.
The birth of Abi Fadle al-Abbas (pbuh) also falls on this anniversary, the warrior and wounded soldier whose wounds did not hold him back from continuing his fight in defense of the cause, the leader, the sanctities and sanctums.
Also currently celebrated by the Christians of Lebanon and the world along with this anniversary is the transition of Virgin Mary, Our Holy Lady (pbuh).
These blessed anniversaries for Christians, Muslims and followers of heavenly religions bless the anniversary of our victory on the 14th of August.
Dear brothers and sisters,
Today, through you and through the Southern Dahia suburb, the enduring, steadfast and struggling for freedom, I wish to address the people of Lebanon, the peoples of the Arab and Islamic world, and all the peoples of the world.
First of all to thank the leaders, scholars, rulers, governments, nations and parties, forces of influence, movements, groups, associations, personalities, individuals and all those who stood by Lebanon and its resistance in the face of the July aggression, the American-"Israeli" aggression against Lebanon, against the people of Lebanon and the entire nation.
I also give thanks to all those who lent a helping hand after the war, in helping rebuild what was demolished, heal the wounds, wipe the tears and stand proud in the face of the coming challenges.
Dear brothers and sisters:
In the speeches of the previous evenings I talked about the goals, results and field events, as well as some of the political realities, but today my talk is about the people, the people of Lebanon, the resistance public, the peoples of the Arab and Islamic worlds and about all free people who stood in this battle and were among its elements of strength, steadfastness and ultimately among its elements of victory.
Here I will talk:
-First to the peoples of our Arab and Islamic worlds.
-Secondly, to the people of Lebanon and about what took place during the war with the people of Lebanon.
-Thirdly: to the resistance audience, hence briefly touch on the local situation and the reconstruction portfolio
- Then conclude with the prospects of the next phase, where the Zionists and the Americans are beating the drums of war, about the position and what we must do.
These are the titles of my speech tonight, I hope it finds enough time God willing, and accommodation in your big, great and loving hearts.
Dear brothers and sisters,
When this battle began, the United States and "Israel" tried to isolate the resistance and its public from the peoples of our Arab and Islamic worlds as well as the rest of the people and movements in Lebanon.
1- The political discourse and the mega-media owned by America and "Israel" in the world specifically focused on several titles in order to achieve this alienation, thus keep the resistance and its public alone in the face of this cruel and violent war.
First, they focused on the `terrorism` charge which they worked on it for many years. They might have affected some countries in the western world but no longer affecting the peoples of the Arab and Islamic worlds, or our people in Lebanon. This terrorism charge, for which they have employed all the media, incitement channels and diplomatic effort, began to break even in Europe and in many places; and we challenged them on it.
Today again, I challenge them to hold an international conference to identify a single definition of `terrorism`, to know whether the resistance in Lebanon is `terrorism`, whether it is correct to classify it as `terrorism`.
I say to you that despite the appeal by many of the world`s Governments and peoples, they did not act, because the United States knows very well that any definition put forward for `terrorism`, would apply to the United States as a terrorist state, and will apply to "Israel" as a `terrorist` entity. Therefore, they always avoid defining `terrorism`.
This did not work on the peoples of the Arab and Islamic worlds. On the contrary, people of the Arab and Muslim worlds rather know that America and "Israel" are the terrorists, and that the resistance movements are honest, clean and humane movements defending the right of their homelands and nation to exist in freedom, sovereignty, dignity and independence.
2- They went to say and strongly promote that this war is between "Israel" and an Iranian-Syrian tool, that it is a regional war with nothing to do with Lebanon, its fate as a homeland and as a people nor with the fates of the Arabs and Muslims on larger scale; that Hizbullah objective of the war is to disrupt the International Tribunal or to provide assistance to the Iranian nuclear file.
They worked on this issue in Lebanon and the world from the first day.
Even this claim collapsed before the large and main declared objectives, spoken about by Ehud Olmert at the beginning of the war, along with the goals announced by Condoleezza Rice.
And the world knew that this war against Lebanon and the Lebanese resistance, that it was to subjugate Lebanon to implement resolution 1559 in order to attach Lebanon to the American-Zionist project, and that it was to pave the way for the auspicious-birth of a new Middle East, a threat to all countries and peoples of the region.
So, since this accusation fell by the wayside, they went to the third accusation, a most dangerous and most malicious ever, they went to the sectarian subject.
They talked to Arabs and Muslims, to Christians and Muslims.
They said to the Christians: `this battle is against an Islamic group, and it has nothing to do with you nor does it target you`.
To the Sunni Muslims they said: `this battle is with a Shiite group, it targets a `Shiite project` and the `Shiite crescent`, etc. ...
They tried to concentrate on the sectarian and denominational titles. They even procured Fatwas (religious rulings) that even went so far as to question `if it is permissible to pray for the Lebanese resistance to be victorious?!`
Even the legitimacy of praying for victory was placed under question, not to mention demonstrating in to support of the resistance, or providing it with money, political support, material support or simply stand by its side.
Here, just frankly imagine opening the file of religious factionalism and sectarianism in the face of the resistance in Lebanon … and when? During the confrontation of the most extreme, violent and longest "Israeli"-Arab war, the Sixth war against an Arab country.
They wanted to drag the matter to the narrow and very limited circle, but with the grace of God Almighty, and the credit here goes back to the senior Sunni Muslim clergy and scholars in Lebanon and throughout the Arab and Islamic worlds, it goes to the leaders of the Islamic movements, thinkers and Politicians, both Muslims and Christians, who stood in the face of this rift, and persisted with stressing the national, Arab nationalist, Islamic and humanitarian dimension of this battle and confrontation.
Thanks also to the wise minds, courageous and sincere voices with whom we managed to thwart this sedition the Americans and the Zionists wanted. We saw demonstrations, sit-ins and positions taken throughout the Arab and Islamic worlds. We saw activities by Muslims and Christians, Shiites, Sunnis and Druze, and followers of different Islamic sects in support of the resistance.

Here, I must specify how I ought to define the thanks to all these minds, pens and voices, which addressed and tackled the seditious attempt, and the attempt to besiege the resistance in service to the Zionist enemy and the US in the region.
In reality, we did not expect more than this amount of sympathy and moral, political and psychological support from the peoples of the Arab and Islamic world.
We are realists and we know everyone`s circumstances. We did not ask for more than this. Oh Arab and Islamic peoples, O all you free people of the world, O Muslims, and Christians who stood by us, we cherish and honour your moral support. We prize your love and prayer.
Even after the victory, they wanted to circumvent it and disrupt its effects in Lebanon and the Arab and Muslim worlds, because the resistance defeated "Israel" and smashed its myth through this longest and heaviest of "Israeli" wars.

Because the resistance resurrected and re-ignited the spirit of hope, confidence and enthusiasm, because the resistance in Lebanon provided an actual alternative to liberate the land and defend the homeland, a substitute for humiliating negotiations imposed by American and "Israeli" conditions on governments and peoples, because the peoples of the world, Arab, Islamic and rest of the world regarded the resistance of Lebanon with high ranking and high symbolism.
They wanted to besiege and isolate the resistance again. So, again the focus was returned to the sectarian dimension, and attempts were made whenever they admitted to the victory, to paint it as a victory for a party or a religious group, and I assure you, as I said on August 14, of 2006, that this victory is for Lebanon, all of Lebanon, the Arabs, all Arabs, Muslims, all Muslims and for the free of the world.
They want us torn apart, divided in war and in battle, country by country, a people at a time, a religion at a time, faction by faction and party by party.
This is their plot, when we are segregated, in dispute, when some resist and others abandon them, they will prevail and we will be defeated.
As for us, in the war we said we fight on behalf of the entire nation, and some have tried to wrongly explain my words, and I said if we won the July war, it would be a victory for Lebanon and the entire nation, and if we lost it would b a defeat for Lebanon and the entire nation.
Had we been defeated in Lebanon imagine the fate Lebanon would have been in?
Would Lebanon be enjoying peace and stability, or would it be pushed into civil war?
Will it be turned to absolute American-"Israeli" control?
What will be the fate of the Palestinian cause? How about the Palestinian people?
What will be the fate of Syria, Iraq and even Jordan, which will be turned to an alternative State?
Even Saudi Arabia, which will be torn apart within the framework of a new Middle East?
What of Egypt even? And so on and so forth…
The New Middle East, which was declared at the beginning of the war, had it succeeded what fate would the region have today?
Had it succeeded, regrettably the Iraqi model of fighting, conflict, schisms and sectarianism would be the dominant model in the region’s countries.
With you we aborted this new Middle East, but they will attempt to revive it again. This is the point I want to conclude with as I address the Arab and Islamic worlds, before I come to address the Lebanese people.
Dear fellow Arabs and Muslims, dear Lebanese:
The Middle East project is originally an old project that dates back to the beginnings of the last century.
To verify this assertion listen to this script.
Theodor Herzl, founder of World Zionism wrote in 1897 in his diary: “A Middle East Commonwealth must be established”, which means there has been talk of a New Middle East since the late 1800, where there is no Arab or Islamic Worlds, but a New Middle East. “Within which the Jewish State”, Herzl says and not me “Jewish has an effective leadership standing, and a leading economic role, it would be the centre to attract investments, scientific research and expertise.”
Moreover, in 1907 published in London in the Campbell Benauman report, the then Minister of English colonies, which he submitted in a conference convened by a group of scholars of history, politics and economics with a number of European politicians during which the situation in the Arab region was discussed.
Look at the text in this report’s recommendation, worked on by Britain and Western countries and later inherited by America to which it renews its commitment with each passing phase.
The text appeared as follows: “the danger on the west lies in the Mediterranean Sea because of the interface it represents between East and West, on whose Southern and Eastern coasts lives one people that shares a unified history and language”; meaning the Arabic language and geography; “as well as all aspects of assembly and interdependence, with their revolutionary tendencies,” meaning not a dormant or subservient people; “and with large natural sources of wealth.”
The report also wondered as to “the fate of the region should education and culture spread”.
So you can see over the past decades the planning imposed even on our rulers to disallow the spread of education and culture, and for the majority to remain illiterate and ignorant, unable to learn and develop.
The report went on to answer that “should the spread of education occur, it will represent a knockout to the existing empires.”
The mentioned colonial Conference put in place schemes and ways to weaken this region and its peoples and facilitate the control and containment of its coasts and the containment of the will of their peoples, along with their resources and wealth to prevent their development, progress and unity.
He identified two main methods:
1- The first and very important thing comes in the formation of an alien human barrier so strange that it remains separate from the structure of this nation and strong so that it can achieve the goal of separating the easterly Arab states from al-Maghreb (westerly) states. The establishment of a force near the Suez Canal that is an enemy of the peoples of the region and friendly to the West.
So, the establishment of the strong state of "Israel" at this location, not because Palestine is the promised land, but because Palestine is the natural barrier between the eastern and western sectors of the nation, overlooking the coasts, the Suez Canal and the oil rich fields, this is first.
2- Second: Here religion, religious feelings and hopes are subjugated to serve the colonial project, employed in the fragmentation of the Arab world into states and multiple entities, which is what happened thus far.
The will of the nation, resistance movements and the aware peoples frustrated them each time they attempted to establish a New Middle East. Then, a time passes before they return again to the ‘New Middle East’ project.
Today, we thwarted this birth, but this does not mean that the Americans, the heirs of the old colonialism, will not re-attempt to fragment our world, to tear apart what is already fractured, and divide what is divided, but this time not on the basis of geography but the basis of sectarian, factional and ethnic basis, to leave them in dispute with one another, weakened by fighting among themselves to be ruled by a mighty "Israel", where America forms the only regional guarantor of civil liberties, ethnic and religious minorities.
Here, we need no mistakes in diagnosing the situation nor in diagnosing the enemy, the friend nor in the setting of priorities, where some collaborators, fools and madmen attempt to assist the original plotters in tearing up this nation and its peoples for the benefit of this project.
This requires that we stay together, together in this battle and in all arenas, to join forces and hands, to refuse whatever may divide us whether religious, as Muslims and Christians of the region, or on sectarian, denominational or ethnic basis, for we, the peoples of this region are its native landholders. We are this area’s real people, it is our natural, legitimate and legal right to live here freely in sovereignty and to enjoy our natural wealth, away from any looting, control or outside domination.
Now, I move onto the second title, to the people of Lebanon, also the proud and loyal in this battle, who was also one of the surprises of the July 2006 war.
In spite of the sharp divisions that existed or still exist, and there is nothing new about that, despite the political climate and media storm that occurred in the beginning of the war and continued during and after the war, what did the Zionists do?
As I said they focused their campaign trying to claim that the problem lies directly with the resistance environment, meaning with the Shiites in Lebanon. So, they attacked the towns, villages, markets, and all places. They displaced more than one million human beings.
When those are forced out of their homes in Lebanon and to Syria as the only neighboring country, under the existing divisions and sensitivities, the plan was for them to clash with the rest of the Lebanese population.
The "Israelis" and Americans expected the sensitivities in Lebanon to prevent the rest of the Lebanese from embracing the displaced, who will in turn be pushed to commit errors. Hence, a civil war will break out, which they were betting on.
But what actually happened?
The rest of the Lebanese sects, religions and movements received the displaced regardless of the political position and party affiliation. All the Lebanese acted humanely, ethically and with a high sense of patriotism. Yes, there was an odd case here and there in the capital Beirut in Mount Lebanon in the north in the Bekaa and in the rest of the south, but not worth mentioning.
Syria too, when the Syrians embraced the displaced they did not discriminate nor were they affected by atmosphere that had previously prevailed in Lebanon. They did not discriminate by sect or religious denomination that had been stirred earlier.
The displaced acted responsibility too, except in incidents also not worth mentioning. They acted responsibly, with a very high nationalist spirit.
Here was the embrace and the surprise. The United States and "Israel" waited for the towns and villages where the displaced went to burst in flames. Yet, the surprise was that the Lebanese accepted each other lovingly, sincerely and honestly.
Here and with all my heart I say to all the Lebanese, communities and movements, both institutions and societies, also the brothers in Syria, as leadership and a people who embraced each displaced person during the 34 day, I tell them that this embracing surprised our enemy and your enemy, and formed a significant component of strength for the resistance fighters and public, which led to making the victory.
Even after the victory and after this moral and humanitarian epic was expressed by the Lebanese socially and domestically, they tried to besiege this victory after the war and disrupt its effects and traces on the internal level, and I do not want to go into all aspects of this topic, but I will address one.
After the victory we stood and said this is a victory for Lebanon and the people of Lebanon, all of Lebanon. They came to play the game of intimidation between the faiths to instill fear between them.
Unfortunately, some leaders in Lebanon with no political plan, without ideology nor persuasion or a civilized thought, unable to accommodate a large group of people, they work through his/their religious denomination by raising their fear from other religions to strengthen his/their control over them.
This is happening in Lebanon and among all Lebanese religious denominations. There is someone without a political project, speech or literature within their religion except only to frighten his/their own people from others.
Now, precisely because of this trend, where they frighten others from the Shiite community in Lebanon, specifically from the Amal-Hizbullah alliance, from the resistance weapon and the like. They worked on this as they are still doing.
Today, we can frankly and clearly find in the Lebanese arena two leadership paths. Here, I am not talking about loyalists and opposition, but about two different paths:
- One being a path of conciliation believes in accord and unity that invites for building bridges, spreading of understanding, calls for the convergence of Lebanese, for internal settlement and to reach internal settlements on all internal issues over which we differ as Lebanese.
- Another being one of confrontation, domineering and intimidation, makes their position stronger by leaning on the American and international community, a path that considers a national partnership suicide, and internal settlement a betrayal deserving the death penalty.
This is the reality in Lebanon today; of course, we call for mutual understanding, extending of bridges to converge onto internal settlements.
Note this difference, to reach a settlement with the enemy some say let the captives stay in the "Israeli" prisons, and actually said this; they said let occupied Shibaa Farms and Kafr Shuba hills remain as they are, and they said that too.
They want to form a settlement with the "Israelis", at the expense of our occupied land and our prisoners in jails, our sovereignty and our future, something they do not see as treason!
Yet, a settlement between the Lebanese to come together, create understanding and cooperation to build one’s country is seen as treason, deserving the death punishment!
Alas, this is due to this methodology of intimidation, where some constantly place us in the position of the accused, who must defend themselves, always demanded to reassure the Lebanese and Lebanon, that is everyday and in every speech I must stand and speak for co-existence, civil peace, the Taif Accord, the unity of the Lebanese and that we have no undeclared goals or ulterior motives, nor a ‘three way power sharing’ of government etc…
I mean must I every day and in every speech re-iterate, as we constantly do, that we stand for co-existence, civil peace, the Taif Agreement, the unity of the Lebanese and that we have no hidden Goals or ulterior motives, that we do not want to take control of the government?
In fact, if one should ask for reassurances since year 2000, and again as was confirmed by what happened in 2006, in addition to what preceded in resolution 1559, the war that followed it, the threats and intimidations that ensued, all that places the resistance and its public in a position where it must be given assurances because it is the one targeted with murder, assassination, mass deportation and demographic change ...
We are tired of this discourse, and what to say, what additional reassurances do we provide?
We have provided everything we can. Our intentions are openly declared. Our conduct is evidently clear. Today nearing the birth of Imam Hussein (pbuh) I can only say a word said by Hussein (pbuh) himself: “he who accepts us as it is the truth, thus God is most worthy of truth; and he who rejects us, then we be patient until God judges between us and our people" then this is the honest truth we declare, these are our intentions and this is our conduct….
I mean what more than that could we do?!
In any case, this trend is a threat to Lebanon. The Americans work hard on this trend of intimidation, segmentation, slicing and raising of doubts and suspicions between sects and Lebanese forces, to introduce themselves as protector and guarantor, as is the case in Iraq.
But O Lebanese, do we not take a lesson and a warning from Iraq?
Has America in Iraq been able to be a protector of Christians?
And where are the Christians in Iraq today?
Has is it been able to be a protector of the Shiites or the Sunnis? And where are the Shiites and Sunnis today?
Was it able to protect the Turkmen or Kurds?
This is the lesson.
Should we return to ourselves or listen to those who meddle in our midst every day and night to disrupt any internal settlement?
Yes, we will once again support an internal settlement, the entrance to which is through a partnership government, away from all the erroneous and unjust interpretations given by some on the formation of a national unity government. Today, the renewed endeavours at reaching a compromise and conciliation are being conducted by the Parliamentary Speaker, and brother Nabih Berri to solve the crisis.
We affirm our support and cooperation with all the initiatives put forward, but who is it continues to declare sharing governing as suicide? Who is it that calls any settlement as an act of treason?
He who makes these declarations is clearly telling the Lebanese and the world who is responsible for closing doors – not us –he who disrupts settlements and initiatives, who insists on not forming a national unity government, on holding elections without constitutional quorum to bring in a President to be used to impose a government on the Lebanese.
Where can this situation push Lebanon to?!
The Lebanese here in politics are invited to a humanitarian, moral and ethical stance akin to the social position they took in the war days. This time not to embrace and save the displaced, but to save the nation and the entire people of Lebanon.
Third: I come to address the resistance community and its public to say that here was a targeting of the most serious, harshest, most violent and most painful one. Here laid the gamble wagered by the Americans and "Israelis", together with their researches and wrong information.
Their gamble was this: ‘if we came to Lebanon, kept aside other Lebanese communities, and focused on the Shiites by destroying their towns, villages, markets, religious institutions, schools and enterprises -of course the bombing touched everyone but clearly the focus was here- if they killed their women and children’.
This means that the destruction was deliberate, the killing of women and children was intentional, and bombing markets and businesses was on purpose.
The objective was the destruction of the infrastructure of the humanitarian, social and economic environment which preserves the resistance or produces it. That was deliberate, therefore, we find, for example, in the southern Dahiya suburb entire neighborhoods destroyed!
Were missiles being launched from al-Dahiya?! No, nothing came from al-Dahiya.
Many of these buildings did not contain even Hizbullah centers, but still they were destroyed. Entire towns and villages were destroyed in the south. Large numbers of houses demolished in the Bekaa and the North and elsewhere.
Why all this?
First, to punish the resistance community, and therefore to say to the Lebanese people and all peoples of the Arab world ‘this will be the punishment and reward for whoever supports, produces and embraces the resistance’.
Secondly, to incite the public against the resistance, to emerge in demonstrations and verbally abuse it, to detract from its stance, to question its path and leadership, to demand its surrender, to hand over its weapon and to say ‘enough, we cannot take it anymore, enough homes destroyed, enough women and children killed, we have given more than we can bear, enough is enough.’
Thus you notice many of the local, and unfortunately Arab and academic media alongside much of the political discourse tried to focus on this aspect. It is true that the sacrifices and the losses were great, but they worked on increasing it out of proportion by two and three fold, to erode the will, consciousness, faith, determination and embrace of the public behind the resistance.
That is what happened, but here we found the greater surprises by the resistance community. How did the resistance public deal with this harsher, most violent and most painful aspect of this war?
How did the people deal with this abuse in the Dahiya, the South, the Bekaa and other areas?
You and I do not forget the pictures of women who stayed back in the frontier villages carrying knives and boiling oil preparing to fight the occupation soldiers. This is our people, this is our public.
How did the displaced behave, how did they express their faith, hope and affection, while the whole world failed to capture even one wrong scene of the displaced, despite the harsh living conditions.
What was the behaviour of the families of the martyrs, the wounded, and those whose homes and livelihoods were destroyed?
They simply said “Fida al-Moqawama" ‘sacrifice toward the resistance’.
Yes, we, eastern people focus on the symbol and some faulted us when they were saying, “Fida e-Sayyed Hassan” ‘sacrifice toward Sayyed Hassan’, which is an emotional and sentimental expression with no basis in our culture.
You are not a sacrifice for a person, but you know as well as the families of the martyrs, the wounded, the prisoners and those whose homes were destroyed know that Sayyed Hassan himself, his soul, and his children are ready sacrifices toward you.
Then came the startling, surprising and unprecedented stand in the history of warfare. I searched this in depth during two weeks and did not find a precedent of a people or popular group who were displaced, whose homes destroyed, who were murdered, massacres committed against them, cluster bombs filled their fields and farms, with no cease-fire announced yet, yet upon hearing that there is a ‘halt of hostile activities’ at eight o’clock and at exactly eight their wheels start turning for the return trip, hundreds of thousands of displaced persons begin to head back to the Dahyia, to the South, the Bekaa and to all the villages and towns in Lebanon.
Here was the real victory and the culmination of the real triumph.
When the displaced people prepared for their return, they were told: to where do you return? To your houses, you no longer have homes to dwell in.
And they responded: ‘we return to our villages and put in place tents and inhabit them rather than remain displaced.’
They were told ‘more than a million cluster bombs were scattered in your fields, houses, farms and roads, and it will kill your children, it will explode under you.
They replied: ‘we will go back to our villages, towns and die under the olive tree, near our tobacco plant and would not remain displaced.
You were told: ‘to where do return and the war is not over yet, nor a ceasefire has been declared?’
You said the word of the self-assured ‘we defeated them and they will not dare do anything’.
You also returned as promised, as was your confidence and hope.
You returned home tall, heads high without favour from anyone and with the grace of God Almighty and the blessings of the blood of your martyrs.
The whole world saw hundreds of thousands return within one day, smiles on their faces, covering their tears and pain, declaring their hope, feeling proud and dignified with their victory.
Dear brothers, O Lebanese, O world,
After this epic legendary scene, that is unprecedented in history, do not such a people deserve to be called ‘most honourable, most pure and most kind’ of all people?
This stance taken towards the resistance community and its public is not incidental but a deep and rooted one whose credit goes back to the grand clergy and their culture, thought and unified position, credit too goes also to this historic and strategic alliance between Amal Movement and Hizbullah in Lebanon, and this awareness and maturity is the result of experience and suffering.
Today, the resistance community along with what it possesses and embraces of culture, wisdom and awareness, with this embrace by the Lebanese in the background and the shared understanding, the mutual love and established bridges form a cornerstone of this victory and a pillar of steadfastness.
One of the senior Zionist experts said: “what is the real question ‘Israel’ is facing with?”
The question is no longer on whether "Israel" lost its ability to deter or that "Israel" has failed to demoralize the opponent’s moral, this ended. But this expert says “if this opponent enjoys morale that is the highest since the establishment of ‘Israel’ until now," the question is then: “can ‘Israel’ in truth launch any war again?!”
Hence, he is looking at your confidence that remains intact.
Yes, this is the grass-roots level that is strong, sacrificing, faithful, conscious and rational on which the resistance is founded, a base the resistance still depends on in all its challenges. Therefore, as I said in the first days of the war in July, through trusting in God and my knowledge of you and of this people, and these resistance fighters and this enemy and as I used to always promise you victory, again I promise you victory now.
On the 14th of August, I promised you a good return.
Here, I will open the file of reconstruction, compensation and assistance. I will brief you with my report of what we did in the last year.
Certainly, there are countries, governments, and sides that made great efforts, I thank them for that.
Before and after the Lebanese government lost its legitimacy the government did something, but we all express irritation of this lag. I do not want to touch on this aspect, but I want to present my report:
Ever since August 14, we have tried to be in service of the displaced, the owners of destroyed and damaged homes, owners of institutions in general. I shall mention that what is provided is not considered compensation, but contributions and assistance to heal the wounds.
Compensation must be paid by the State. The State received nearly $ 1 billion to help those affected by the war. This $ 1 billion is the minimum right of the people and must be given to them. What we have done by ourselves, is paid money from a brother to his brother away from legal and official responsibilities. Therefore, it did not exempt the State from providing compensation in the same areas:
First: we started with what was called the "Accommodation file"
This means securing annual rent and house furniture so that no one is left in the street, and thank God for the accomplishment of this file, no one is left on the street. They wanted more than 25 thousand families at the minimum to remain in the streets, but the effort and cooperation with our friends and allies in the political and national forces in different regions, associations, we were able to accomplish this file quickly, including 28 thousand and 300 cases to the value of 133 million and 500 thousand dollars.
Second: repairing damaged houses, other than the houses that were destroyed
The damaged houses which were supposed to be restored -with the exception of the four towns adopted by the State of Qatar, thankfully- in remaining villages, towns and regions received in payments for 113 cases and 820 housing units so far to the value of 190 million and 700 thousand dollars.
Of course, the restoration file is not completed until now, which means there are buildings that will not be brought down, therefore will now be listed for restoration.
In some cases, there are shared sections in the Dahiya where work is still ongoing.
Third: assisting the economic and trade firms and institutions
This type of assistance I will talk about now is, in fact, a contribution and not compensation, and secondly a percentage is marked within it, i.e. we gave priority to homes to return to housing. What we presented is contribution and assistance for direct damages, and not indirect, and this file remains open. We are still trying to secure a communication to improve some of these contributions.
In the economic and trade institutions 12,500 cases worth $30 million
Helping direct agricultural damages to 1,300 cases worth $2 million
Assistance with direct animal damages, 2,000 cases, to the value of 3 million dollars
Assistance for public vehicles which are a source of livelihood, public taxi vehicle, a bulldozer and 2,300 cases worth $4 million.
Support to stricken villages, whose conditions were extremely harsh, $3 million
In order to launch the reconstruction project in southern Dahiya and not have to wait for anyone hoping they would join us later on in the process, $14 million have been paid so far through WAAD reconstruction project,
Support extended to fishermen 3500 cases, to the value of $700,000.
The total amount spent so far is $380,900,000 dollars, ‘now some get upset’ when I say ‘this money is Halal, legitimate and comes without political conditions.’
There are two points I want to stress before I move to the last section:
1- Regarding the subject of demolished homes that has not been treated yet, there exists a delay, and since the state has taken money and has received money to restore these demolished houses, we committed ourselves to pay the difference.
Even in the southern Dahiya, I was clear when I said ‘we and the people’ with the money they will receive as compensation from the State we will build the southern Dahiya. I did not say we alone from our funds alone will build the southern Dahiya. Therefore, the lag in the payment of compensation for demolished homes, led to the delay in the reconstruction of houses in all areas.
Considering that these families still have no homes to go back to, I declare to you that God willing we will again renew our contribution to all families who rented houses for periods ranging from one month to a year, hoping all the reconstruction of all demolished houses would be completed during this year, and we will not need to repeat this process later.
But to avoid any confusion or ambiguities, I want to emphasize that this contribution is for the actual tenant.
The actual tenant is the rent payer. Should the tenant still has a month, two or three or a year delay, we are committed God willing to rent contribution from a month to a year, so that no one goes to the street, nor incur the financial consequences of the delay in rebuilding the destroyed house so far.
Here, I must mention efforts spent by your brothers in the resistance, the Mujahideen, who have worked since the first days on dismantling and exploding cluster bombs especially in the habilitated villages. They were able within a few months of the cessation of hostilities to dismantle and explode 40,000 cluster bombs, offering in this process five dear martyrs from the Islamic Resistance fighters.
I reach the last section, to the position that we must deal with responsibly;
Since the end of the war, there is talk of whether we have seen the end of the "Israeli" wars on Lebanon?
Will we enjoy peace and security and not face a new war again?
Some people said that, and provided their strategic, political, security, military and psychological reading, and so on.
Some people say no. "Israel" will not acquiesce in defeat. It will work to regain its reputation, its ability of deterrence and prestige in the region because if it does not do so, it will be putting itself on the road to extinction; along with this reading those people also provide a strategic, political, military and security reading.
I do not want to enter into this debate to say yes or no, but I want to talk about a responsibility and remind of two matters:
1- First, that in our midst is an enemy whose nature is aggression with historic ambitions for our land, waters and natural wealth. Its plan is based on the logic of force, bullying, frightening and spooking others, where now it is the one spooked.
This is our enemy and this is its nature.
2-The second thing is, we cannot rely on the analysis to say there will be no war. Hence, rest easy and sleep on soft silk.
I do not say THERE WILL BE a war, God willing there is no war.
We, as I said in previous speeches do not want war. We did not even want the July war. they wanted this war for which they placed objectives on the level of the Middle East as a whole, and it was they who pushed the situation into this direction.
In all cases, precaution is our duty, thank God if no war erupts, for ‘and enough is God for the believers in their fight’, and if God forbid Lebanon was faced with a new challenge we would be able to meet this challenge. However, I tell you that preparedness and preparations for war, are the most important means of war prevention. This is what is called a balance of terror and deterrence.
From year 2000 to 2006, that which protected Lebanon and South Lebanon is this balance, because Barak and Sharon were committed to this balance. 2006 war, due to Olmert’s stupidity, and because he is carrying out an American decision where the decision to go to is not his, since the issue expands beyond the question of Lebanon and southern Lebanon to building a ‘New Middle East’ and remapping the region.
Hence, when our enemy understands, and we make him understand that we have the strength to confront, and stand firm, even the strength to win, this will stop and deter him from launching a new war. At the minimum level, it will make him very much hesitate before launching a war of this kind.
This is why when I spoke in a newspaper interview early on of the celebration days that the resistance possesses missiles able to hit every point in occupied Palestine, I was not trying to lure a war, but I worked to prevent one, because by that I am saying to the "Israeli" government, army and people that they must understand that any future war on Lebanon will cost them dearly.
We also learned from the July war experience, and made the required evaluation, discovered our strengths and weaknesses and those of the enemy’s and worked on them, and therefore in an upcoming war, the enemy must know that they will pay very dearly.
I tell the enemy this so they do not think of war.
Some say “you exercise psychological warfare”, true, and this is a part of the battle.
But I exercise honest psychological warfare. I am talking about facts and not lies. I am talking about truths. When the war started and I told them ‘if you want to go to an all out war, then, we will too and I promise you surprises”. It is true this was psychological warfare, but a truthful psychological warfare that was not based on lies.
The surprises came through the sea, when we hit their battle ship, the pride of the "Israeli" marine industry Saar 5. The surprise came also when we destroyed their Merkava IV-generation in the valleys, hills and entrances to villages. There was a surprise when our Mujahidin downed their helicopters in the night and day as well. The surprises continued when they were unable to destroy our rockets and we in turn were able to bomb their interior for the first time in “Israel`s” history over the entire 33 days without interruption. We surprised them with our command and control network. We surprised them with our public and resistance community the most honourable of people, with the Lebanese people, with the peoples of the Arab and Islamic nations and there was victory.
Today, I want to conclude the celebrations of this anniversary, and by the way I would like to thank all who joined us in this commemoration and this victory.
I want to conclude this ceremony and celebrations with a clear promise. Take it as psychological warfare if you like, but an honest psychological war, that if you ("Israelis") are to think of attacking Lebanon, and I do not advise you on this, should you think of declaring war on Lebanon, I will not promise you surprises like the previous ones, but I promise you the Great surprise that can change the fate of the war and the fate of the region God willing.
With this commitment, I place a substantial responsibility on myself and on the resistance. This commitment is an actual commitment. Now, I am not talking about anything related to the future. They themselves (“Israelis”) must analyze. I will not tell you nor tell them, because if I said what this thing is, it will not remain a surprise.
With the resistance I hold this commitment in order to protect Lebanon and the people of Lebanon, and should war breakout, God forbid -and again I repeat that we do not want war, we do not want it- we must be ready, as a resistance, as an army, as a people, as a State.
Yesterday, we all heard the commander of the Lebanese Army say that so far all the Lebanese Army has been provided with is promises, talk and some ammunition which had been paid for. I say paid for from the funds of the Lebanese people.
There is a ban on arming the Lebanese army until it removes ‘“Israel” is the enemy’ from its nationalistic creed. America has never given nor will it allow anyone give the Lebanese army what enables it to defend Lebanon, but the resistance stands alongside the national Lebanese army, its fighters alongside their soldiers, its martyrs along with the army’s, its vigor alongside their’s, and together with the people of Lebanon we will face this challenge.
God willing as we triumphed in May 2000, in August 2006, I forewarn and advise them ("Israelis") that here in Lebanon, resistance, army and people, are all a part of a nation that refuses subservience, rejects humiliation, only afraid of God, only kneels to Him, a nation that fights, every ready to sacrifice and win the decisive historic victory, God willing.
Again through trusting in God, my knowing of you, this people, the fighters of this resistance movement and this cowardly and lowly enemy, who is more fragile than a spider`s web, as I always promise you victory, I promise you victory again.

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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Jeudi 16 août 2007 4 16 /08 /Août /2007 20:14
Following are excerpts from an interview with Hizbullah Secretary-General Hassan Nasrallah, which aired on Al-Jazeera TV on July 23, 2007:un-mollah-et-sa-femme-a-un-meeting-de-ahmadinejad-_teheran--iran--041206--by-morteza-nikoubazi--reuters_.jpg

Hassan Nasrallah: We decided to take [soldiers] captive some time beforehand. The brothers planned this, and we were constantly ready in the area where the operation was carried out. I can tell you – and I don't know if this will be included among failures of the Israeli army, or not...
Interviewer: Do you mean the full Winograd report?
Hassan Nasrallah: Yes. The brothers stayed in that area for at least three months, with several short breaks. We were in that area, waiting in ambush for the Israeli patrol, and the Israelis did not detect us throughout that time. Civilian cars would pass through that area. Throughout the time we waited in ambush, no military vehicles passed by. Sometimes, there were military vehicles along with civilian cars. From the beginning, we did not intend to harm or capture civilians. We wanted an army vehicle and soldiers in uniform during the operation. Therefore, the brothers involved and I knew that at any moment, the operation could be carried out, and we made some preparations. When the shooting began, and we were notified that the operation had begun, the relevant people went to the operations room, in order to maintain contact with the brothers, and we began the procedure planned for such a situation.
Interviewer: You were present in person in the operations room?
Hassan Nasrallah: Of course. We began to evacuate our main headquarters, and even the people who lived in the vicinity of the general secretariat, because we expected them to bomb at least that area. Therefore, we evacuated it quickly, so there were no martyrs in the "security square" area throughout the war. We maintained contact with the brothers, who updated us about the progress of the operation. The capture was completed, and the two soldiers were transferred to the rear. Shortly after that, we were confident that the Israelis would not reach them. It was clear from what happened on the ground that the operation took the Israelis very much by surprise.
[...]
We made the decision [to attack the Israeli ship]. The men were ready. The weapon was ready, and so was the launching team. They moved to the location along the coast, opposite the Israeli military ship. They informed us that the ship was in the line of fire. Of course, launching this missile is no simple matter. It's complex. This is a smart missile, and launching it is a complex matter. It requires several calculations – the wind velocity, the speed of the ship, the height of the waves, the temperature, and so on. Many parameters should be taken into consideration, like the distance to the target...
Interviewer: It was said that the missile was launched from a rooftop... I don't know...
Hassan Nasrallah: Yes, it was from a rooftop... There was a certain launching mechanism, without going into details – whether it was stationary or mobile. I would prefer to keep these details secret.
Interviewer: But those who launched [the missiles] were experts form Hizbullah, engineers.
Hassan Nasrallah: They were young engineers of the resistance. One moment the Israelis said that they were Iranians, and the next moment they said that they were Chinese or Koreans... They are Lebanese men, with a history going back hundreds of years in Lebanon.
[...]
The Syrian leadership does not consult with us on a decision of such a level, especially since we were in a state of war and confrontation. But what I know for certain is that Syria – through mediators – informed the enemy government that if there is any [Israeli] advancement in the Al-'Arub region, towards Hasbaya and Rashaya, along the eastern mountain range, which is considered the security belt of Damascus, Syria would not sit on the sidelines, but would join the war.
[...]
Our ability to hit any target in north Palestine – Haifa and beyond Haifa – and our capacity to sustain this capability until the very last day of the war, was a very significant element of strength on our part. The entire Israeli air force, on which they rely, was unable to prevent the firing of these missiles to the very last day. Of course, until the last day, we were prepared to hit Tel Aviv, if Beirut was bombed. This capability existed until the very last moment.
Interviewer: Were you serious when you threatened to hit Tel Aviv?
Hassan Nasrallah: Of course.
Interviewer: What about beyond Tel Aviv?
Hassan Nasrallah: What about it? If we hit Tel Aviv, that would be it...
Interviewer: No, what I'm asking...
Hassan Nasrallah: Even in July-August 2006, there wasn't a single place in occupied Palestine that the missiles of the resistance could not reach, whether Tel Aviv or anywhere else. We could reach every corner in occupied Palestine, and the same is true today.

ecrans-de-la-mer-de-chine-_tai-long-wan--s-beach--hong-kong--chine-populaire--011006--by-paul-yeung--reuters_.jpg

 

Par pierre denis 'mohammed ibrahim noor' fourchet - Publié dans : ou bien... [...] aussi
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 france culture
les belles captives france culture a l'ecoute de l'institut du monde arabe Sharam Nazeri est né à Kermansha, en 1950, dans le Kurdistan iranien, dans une famille où la musique occupait une très grande place.Initié par son père, il participe dès l'âge de huit ans à des réunions soufis où il chante des poèmes du grand mystique persan Mevlana Djallaleddin Rûmi, fondateur de l'Ordre des Derviches Mevlevi.A l'âge de onze ans, ayant commencé l'étude du Radif, le complexe et ancien corpus de chants et musique ancienne iranienne, il fait ses premières apparitions à la télévision.Sharam Nazeri a été le disciple de certains des plus grands maîtres de la musique persane du siècle écoulé, tels que Abdollah Davani, Nourali Boroumand, Mahmood Karimi.En 1975, il remporte le premier prix de chant du plus prestigieux concours de musique traditionnelle d'Iran.Artiste vénéré dans son pays, ce chanteur doué d'une voix hors du commun - on l'appelle le rossignol persan - est un être totalement dédié à son art, vivant à l'écart des modes et des attraits faciles de l'agitation urbaine, bien que vivant à Téhéran.Homme d'une grande exigence, investi d'une façon très aigu de la portée spirituelle de la musique, il réduit ses concerts publics et ses enregistrements au minimum et s'entoure d'un très petit nombre d'élèves et de disciples. Sa voix chaude et profonde, aux accents parfois déchirants, chante, à travers les textes des grands poètes mystiques tels que Rûmi, Hafez ou Saadi, la quête de l'homme vers le Divin et sa soif inextinguible d'Amour et de Lumière.Au sein de son petit ensemble traditionnel, dans lequel il joue volontiers du Daf, le tambour sur cadre souvent utilisé dans la musique rituelle du Samà soufi, entouré par ses musiciens virtuoses, au Zarb, et au Tar, Sharam Nazeri, qui est l'un des artistes majeurs de la scène de la musique iranienne aujourd'hui, se produit dans le monde entier. Liu Fang est une virtuose du pipa - luth chinois - et de la cithare guzheng. Née à Kunming dans la province du Yunnan, elle donne son premier concert à l'âge de 9 ans et obtient plusieurs distinctions provinciales et nationales. Après avoir obtenu un diplôme du conservatoire de Shanghai en 1993, elle s'installe au Canada, entame une brillante carrière internationale et édite 4 disques. Le parcours de Liu Fang est remarquable : En plus d'être l'interprète de nombreuses compositions inédites, comme celle de R. Murray Schafer ou Melissa Hui, elle a également collaboré avec des musiciens traditionnels indiens, syriens, japonais, vietnamiens. Ainsi son jeu s'est enrichi de techniques et sonorités d'horizons divers, tout en restant fidèle à la tradition. A l'écoute de Liu Fang, on se rappelle que le luth fut un instrument itinérant entre moyen et extrême Orient mais aussi le compagnon des caravaniers de la route de la soie. Liu Fang s'est également produite en tant que soliste avec des ensembles comme le Moravia Symphony Orchestra à Prague, le Nouvel Ensemble Moderne et la SMCQ à Montréal, le Quatuor Alcan string à Québec, le Quatuor Paul Klee en Italie. Le destin du Luth piriforme n'a jamais été mieux servi que sous les doigts de cette musicienne pleine de grâce dont le talent est aussi libre dans la virtuosité que dans les inflexions expressives les plus délicates. radio chine interna'ional

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la seconde bobine prise au pakistan est consultable ici.
note: je disposais d'un appareil simple click sans reglage et d'un film noir et blanc tres bon marche achete en hindustan a madras (une roupie pour un cliche). je vous prie donc beaucoup de condescendance.

voici aussi ici les premiers cliches de notre court voyage en chine.
je fais aussi de la vente d'organe, si vous etes interesse par un oeil ou autre chose, contactez moi, cela reste negociable.
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laid dit triste
«Elle est plus que bienvenue, cette passerelle!» La passerelle Simone de Beauvoir, à Paris, est enfin ouverte au public. Les piétons peuvent désormais franchir la Seine entre le Parc de Bercy et la Bibliothèque Nationale de France. Par Thomas Rossi LIBERATION.FR : Jeudi 13 juillet 2006"My research interests lie primarily in the fields of existentialist thought and fiction and prison narratives. My current projects include work on the representation of carceral space, narrative authority in prison memoirs, and also the question of space, travel and tourism in the writings of Jean-Paul Sartre and Simone de Beauvoir.''
Amanda-jayne Crawley-Jackson
(enseignante)
jean-paul sartre et simone de beauvoir pendant l'entre-deux-guerres

"de toute facon je serai la, pas loin, souvent aux carrelets chinois,
tu connais mon rythme de vie..."
Muriel Valmont (photographe)


Xia Ye [feuille d'ete] (musicienne)


"Dès que la science moderne a fait son coup de force - rapporter le mouvement à l’instant quelconque, c’est à dire ériger le temps en variable indépendante - quelque chose devenait possible qui n’était pas possible aux anciens. Si le mouvement se rapporte à l’instantquelconque comment ne pas voir à ce moment là que tout ce qui compte, c’est ce qui se passe d’un instant à un autre, c’est ce qui se continue d’un instant à un autre, c’est ce qui croît d’un instant à un autre, c’est ce qui dure - en d’autres termes il n’y a que la durée de réelle."
gilles deleuze (philosophe)

Hurlements en faveur de Sade
(Guy Debord, 1952)

Introduction: Pour plus de la moitié d'un siècle l'école du défunt grand Ayatollah imam Abul Qassim al-khoïe a été une source d'enrichissement incontestable de la pensée islamique et du savoir. Dans son école graduèrent des douzaines de juristes, hommes de religion et des dignitaires qui avaient personnellement assurer de poursuivre sa voix idéologique qui fut pleins de réussites et de sacrifices au service de la foi, de la science et de la société Parmi ceux-là sont de remarquables professeurs des écoles paroissiales, surtout en ce qui concerne le saint Najaf et Qom. Certains parmi eux avaient atteint le niveau de
"il adviendra de celui dont la laideur du geste a ete revetue d’apparences trompeuses, consideree alors comme un bien: dieu egare et dirige comme il veut."
le coran, sourate 35.
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